00:00 L'invité du 6/9
00:02 C'est un moment qui provoque toujours des crispations chez les enseignants et aussi évidemment chez les élus et les parents d'élèves.
00:09 Les arbitrages sur la carte scolaire. Quelle classe ouvre en septembre et à l'inverse quelle classe ferme ?
00:15 On en parle donc avec notre invitée Mélanie Juvé. C'est elle qui a signé la carte scolaire hier. C'est la directrice académique des Pyrénées-Orientales.
00:22 Anne-Laure Harino, bonjour.
00:23 Bonjour.
00:24 Les arbitrages sur la carte scolaire se sont faits donc hier à l'inspection d'académie.
00:29 26 classes ouvertes pour 34 classes fermées à la rentrée prochaine dans les EPO. Est-ce que vous assumez ce déséquilibre ?
00:37 Oui. Il apparaît comme un déséquilibre dans le chiffre. Mais pour les Pyrénées-Orientales, malgré une baisse démographique des élèves,
00:46 nous avons depuis 2019 moins 1 400 élèves sur le département des Pyrénées-Orientales.
00:51 C'est donc, malgré cette baisse démographique, pas de perte d'emploi pour les Pyrénées-Orientales.
00:57 Donc on est bien sur ce que vous disiez, 34 fermetures pour 26 ouvertures.
01:03 Mais il y aura aussi des emplois, 5 emplois, pour les postes de remplaçants.
01:07 Donc des postes aussi de l'emploi pour ouvrir des postes de remplaçants.
01:12 Remplaçants en seigneur ?
01:13 Exactement. Vous le savez, les parents d'élèves comme les élus m'ont beaucoup signalé cette difficulté du remplacement dans les Pyrénées-Orientales.
01:21 Donc on va y répondre et je vais y répondre dès à présent.
01:25 Et puis c'est un poste aussi, un emploi, pour travailler avec la maison départementale du handicap.
01:29 Donc on est sur la prise en compte des situations de handicap chez nos élèves.
01:33 Donc c'est aussi un emploi pour l'école inclusive.
01:37 Un emploi aussi pour le catalan, pour l'office public de langue catalane.
01:41 Un demi-emploi. Donc vous voyez bien que cette carte, cette année, est à l'équilibre
01:46 avec, depuis l'année dernière, 8 postes créés et plus d'une vingtaine d'autorisations de recrutement.
01:55 Donc depuis que je suis arrivé un an, on est sur plus d'une trentaine d'emplois supplémentaires malgré cette baisse démographique.
02:01 Donc oui, j'assume ça sans problème.
02:03 Vous dites équilibre, mais les syndicats, eux, parlent d'un déséquilibre plutôt territorial.
02:07 C'est-à-dire qu'on déshabille Pierre pour habiller Paul, pour le dire vulgairement.
02:13 Il y a justement le rural qui perd, des fermetures à Villemola, Castagelle, Aupoul, Angoustrine.
02:18 Pour compenser les besoins en ville, il n'y avait pas d'autre moyen ?
02:22 Alors, pour le coup, c'est exactement ça le travail de la carte scolaire.
02:25 Regarder là où on a besoin d'ouvrir.
02:27 Donc, bon, je ne suis pas tout à fait d'accord avec cet avis du rural qui perd,
02:31 puisque c'est quelque chose que j'ai regardé très fort pour les Pyrénées-Orientales.
02:35 Mais il y a aussi l'éducation prioritaire sur Perpignan,
02:37 qui va, pour la rentrée prochaine, voir des moyens qui vont arriver
02:41 pour le dédoublement des classes en éducation prioritaire.
02:44 - Les zones d'éducation prioritaire ?
02:45 - C'est Cornelia-Del-Vercol où ils étaient 29, 30 par classe.
02:49 C'est bon pass, où ils étaient 30 par classe.
02:51 Et l'ouverture permet un passage à 24 élèves par classe.
02:55 - C'est justement le maximum, le seuil...
02:57 - C'est le maximum. Et effectivement, quand il y a un rééquilibrage,
03:00 un équilibrage départemental, je regarde là où, effectivement,
03:04 je peux aller fermer une classe pour en ouvrir une autre.
03:07 - Vous voulez dire que vous avez fait le maximum pour ne pas fermer plus de classes en zone rurale ?
03:12 - Oui, on aurait pu en fermer beaucoup plus en zone rurale,
03:14 notamment sur la communauté de communes d'Aglyph-Nouyed.
03:17 Il n'y a eu aucune fermeture sur Maury, sur Codiès.
03:20 Au contraire, même un emploi qui va rester à Codiès,
03:23 qui avait été posé en septembre dernier,
03:25 souvenez-vous, aucune fermeture en septembre dernier,
03:28 grâce à ces emplois supplémentaires que j'avais pu obtenir,
03:31 et qui peuvent rester à la marge pour certains postes et pour certaines communes.
03:36 Donc aucune fermeture sur le territoire éducatif rural d'Aglyph-Nouyed.
03:40 - Alors vous dites les effectifs qui restent constants,
03:42 mais les syndicats y dénoncent... - Qui baissent.
03:44 - Voilà, non, les effectifs d'enseignants justement, qui restent constants, pas d'élèves.
03:49 Les syndicats qui dénoncent encore et toujours des sous-effectifs,
03:53 ils sont, eux disent, on n'a pas assez justement d'effectifs pour répondre à tous les élèves.
03:59 Qu'est-ce que vous leur répondez ?
04:00 - Bien évidemment qu'on aurait souhaité avoir plus de moyens
04:03 pour avoir des classes 22, 23, 24,
04:06 mais l'objectif d'essayer d'avoir un maximum de classes à 24 a été regardé,
04:10 j'ai regardé ça de très près,
04:12 d'où ce nombre d'ouvertures importantes qui va être, j'ai envie de dire, alimenté par ces fermetures.
04:18 Pour ces fermetures, je le répète, nous restons en dessous de 24.
04:22 Sur, par exemple, au Pouls, c'est 16 élèves par classe avant fermeture,
04:27 après fermeture on sera 18, 19.
04:30 Donc ça reste encore des effectifs dans la classe,
04:33 pour la plupart de ces fermetures, qui restent tout à fait corrects.
04:35 - Mais ça risque pas de tendre la situation à terme, justement ?
04:38 De rester, on va dire, à l'équilibre comme ça,
04:41 de ne pas avoir autant de recrutement, justement,
04:44 est-ce que ça va pas tendre la situation ?
04:46 - Et pour le coup, il nous faut regarder aussi cette baisse démographique,
04:49 est-ce qu'elle va être pérenne sur les Pyrénées-Orientales ?
04:51 - Elle est un peu moins dans les Pyrénées-Orientales que dans le reste de la France.
04:53 - Exactement, elle est moins dans les Pyrénées-Orientales que dans le reste de la France,
04:56 bien évidemment, elle est quand même présente,
04:59 mais elle a un emploi constant, à voir pour les années à venir,
05:02 ce qu'il restera, mais mon oeil sera toujours attiré par cette question de la ruralité,
05:06 pour faire attention, il y a encore quelques années,
05:09 l'éducation nationale fermait des écoles dans le rural, c'est fini.
05:12 Cette histoire-là est derrière nous,
05:14 et le regard est attentif sur la ruralité,
05:17 soyez-en assurés, comme sur l'éducation prioritaire,
05:20 comme sur les élèves en situation de handicap,
05:22 c'est bien cet équilibre-là qu'il me faut trouver.
05:25 - 8h au mois d'ici, en France Bleu, Roussillon,
05:27 notre invitée, Mélanie Juvé,
05:29 à l'Or, à Rhino, sur France Bleu Roussillon,
05:31 directrice académique des Pyrénées-Orientales.
05:33 - Alors, vous n'êtes pas sans le savoir,
05:35 le contexte dans l'éducation nationale est assez explosif en ce moment,
05:38 nouvelle manifestation aujourd'hui des enseignants,
05:41 alors là c'est le collège et le lycée contre les classes de niveau en maths et en français,
05:44 justement, avec la réforme,
05:46 il y a aussi la ministre de l'éducation qui est sous les feux des critiques en ce moment,
05:49 est-ce que c'est difficile pour vous de travailler dans un contexte
05:52 qui n'est pas si serein que ça ?
05:54 - Ah vous savez, je suis fonctionnaire,
05:56 donc je suis là aussi pour faire fonctionner,
05:58 et je vois plein de belles choses sur notre territoire, dans les écoles,
06:01 oui, les enseignants étaient en grève jeudi dernier,
06:04 le sont de nouveau ce matin devant la DSDEN,
06:07 j'irai bien évidemment à leur rencontre,
06:09 pour autant, cela n'entrave pas le travail que nous faisons au quotidien,
06:14 et la qualité de leur travail au cœur de la classe.
06:17 J'entends effectivement leurs inquiétudes sur ces groupes de niveau,
06:20 il va falloir les mettre en place,
06:22 nous les mettrons en place sur la rentrée prochaine,
06:24 il nous reste là 6 mois pour faire que cette rentrée dans les collèges,
06:28 avec ces groupes de niveau, se passe pour le mieux,
06:30 certains parleront de groupe de besoin,
06:32 ou de groupe de niveau, comme l'a annoncé la ministre,
06:36 nous ferons sans problème.
06:38 - Mais vous comprenez que ça cristallise,
06:40 que cette ministre cristallise les tensions,
06:42 les enseignants ne parlent que de ça en ce moment.
06:44 - Oui, je le vois bien dans la presse, comme vous,
06:46 pour autant...
06:47 - Elle aurait dû démissionner selon vous ?
06:49 - Non, ça c'est pas à moi d'avoir un avis là-dessus,
06:53 nous avons besoin d'une ministre forte,
06:55 et nous serons là aussi pour renforcer les lignes
06:58 que le gouvernement aussi,
07:00 et que les ministres choisissent pour leur ministère.
07:03 - Alors parlons de l'uniforme à l'école,
07:05 le groupe scolaire d'Alembert à Perpignan,
07:07 lui, s'est porté volontaire,
07:09 on en est où ? Est-ce que ça va aboutir ?
07:11 - Oui, le groupe d'Alembert s'est porté volontaire
07:15 pour expérimenter la tenue uniforme à la rentrée,
07:18 l'objectif est même d'arriver à faire en sorte
07:22 que cette expérimentation puisse commencer
07:24 dès le mois d'avril, après les vacances d'avril.
07:27 Nous aurons un petit peu d'avance,
07:29 et nous souhaiterions pouvoir l'expérimenter
07:32 dès avril, avec d'autres écoles aussi,
07:35 je pense à l'école Yassin-Trigault,
07:37 qui souhaiterait, si toute la communauté scolaire
07:41 est d'accord, débuter aussi cette expérimentation
07:44 à partir du mois de septembre.
07:45 Je rappelle qu'on est bien sur une expérimentation
07:47 qui a vocation à être regardée de près,
07:49 pour voir quels sont les effets sur le climat.
07:52 - Et oui, parce qu'il y a eu aussi des refus
07:54 de principes de certaines écoles,
07:56 notamment en Bretagne ou à Marseille,
07:58 dans une école où ils ont fait voter les élèves en amont,
08:00 qui se sont dit "non, on ne veut pas de l'uniforme".
08:02 - Et oui, alors que d'Alembert à travaillé,
08:05 les élèves ont même travaillé sur le logo
08:07 qu'ils souhaiteraient pouvoir apposer
08:09 sur leur uniforme, question de travailler aussi
08:11 le sentiment d'appartenir à son école.
08:13 - Oui, il y avait un débat, est-ce que ça a évolué
08:15 sur le logo, justement ?
08:16 - Le logo a été regardé de très près
08:18 par le fabricant et par la commune.
08:20 Et je crois savoir que le service communication
08:24 de la commune, sur la dernière réunion,
08:26 souhaite partir du logo des enfants
08:28 pour proposer un logo qui sera facilement
08:30 imprimable sur les t-shirts, les polos.
08:34 - Donc les enfants qui proposent eux-mêmes
08:36 le logo qu'ils auront sur leur uniforme.
08:38 - Exactement.
08:39 - Avec d'autres écoles, vous l'avez dit,
08:41 Rigo notamment, qui seraient intéressées
08:43 pour expérimenter l'uniforme appertinent.
08:45 - Et si d'autres communes sur le département le souhaitent,
08:47 bien évidemment, j'invite les maires
08:49 à m'en faire part au plus vite.
08:51 - Merci Anne-Laure Arrino, directrice académique
08:53 dans les Pyrénées-Orientales.
08:55 Prochaine réunion sur la carte scolaire
08:57 prévue en juin prochain, si je ne me trompe pas.
08:59 - Tout à fait.
09:00 - Merci d'avoir été en direct avec nous ce matin.
09:02 Bonne journée.
09:03 - Bonne journée, vous aussi.
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