00:00 Bonsoir Jonathan Oliver, merci d'être avec nous en direct dans Weekend 3D, vous êtes le père de Cécile Valin.
00:05 C'est votre avocat qui a demandé la rouverture de ce dossier qui est donc au Pauld Callcase de Nanterre.
00:13 Pourquoi cette rouverture ? Avec quels éléments ?
00:16 Alors ça a été...
00:20 D'après le...
00:24 Enfin c'était pendant le procès de Monique Olivier
00:30 que ça a été révélé, cette probable, très probable rencontre entre Michel Fourniret et Cécile Valin
00:44 et qui a disparu, elle, le 8 juin 1997.
00:49 Et Monique Olivier l'aurait vue, Michel Fourniret avec Cécile, ma fille, le 8, le 9 pardon, le 9 juin 1997.
01:07 Et alors on n'a pas encore les preuves mais c'est très inquiétant ces dates de la proximité de la disparition de Cécile
01:21 avec les informations fournies par Monique Olivier.
01:27 Elle parlait d'une jeune femme entre 16 et 18 ans.
01:34 Alors justement, monsieur, je me permets de vous interrompre parce que c'est à lire dans un PV d'audition de Monique Olivier,
01:40 interrogée par la police belge, on sait qu'elle a été interrogée plusieurs centaines de fois, ça date de 2005.
01:45 Monique Olivier, pardon de vous le rappeler évidemment, mais elle raconte en détail le meurtre d'une adolescente
01:50 par son mari Michel Fourniret à leur domicile de Sard-Custine-Eyla, vous l'avez évoqué,
01:55 des éléments qui sont intrigants, qui posent question.
01:59 La date, juin 1997, l'âge de la victime présumée, sa taille également,
02:04 ce sont ces choses-là qui font qu'aujourd'hui vous avez plus qu'un doute ?
02:09 Excusez-moi, écoutez, j'attends la rencontre entre Monique Olivier et le juge du Paul Colquist.
02:23 C'est mon avocat Cathy Richard qui avait fait la demande date dès qu'elle a su qu'elle a eu connaissance
02:34 de ce qu'elle aurait dit à la police belge en 2005.
02:41 Cette rencontre-là est restée sans connaissance en France pendant 18 ans.
02:58 Heureusement, dès qu'elle a su, M. Richard a fait une demande d'acte pour l'interrogation de Monique Olivier.
03:14 – Quand on parle de Monique Olivier, comme vous le faites à l'instant,
03:18 on parle d'une femme qui a du mal à parler, qui est parfois un véritable mur, qui a mis des années.
03:23 Elle a dit certaines choses dans le cadre de son procès encore récent.
03:27 On a vu les avancées concernant la disparition d'Estelle Mouzin avec enfin un début de vérité.
03:32 Est-ce que c'est quelque chose que vous souhaitez ?
03:34 C'est-à-dire qu'à un moment, elle parle plus précisément que ce qu'elle n'a fait dans ce PV d'audition.
03:39 – En tout cas, elle a prouvé au cours de ce procès, tout dernièrement, qu'elle pouvait changer d'avis.
03:48 Avant, elle disait qu'elle ne connaissait pas du tout Estelle Mouzin, par exemple.
03:52 Mais elle a changé d'avis et à la fin de son procès, elle a demandé pardon aux familles des trois personnes
04:01 pour lesquelles elle était en justice.
04:05 Donc, ce n'est pas à moi de lui dire ce qu'elle a à faire.
04:12 Le plus important pour moi, depuis 26 ans, c'est de connaître enfin la vérité de ce qui est arrivé à ma fille.
04:23 – Comment on fait justement pour vivre 26 ans sans connaître la vérité ?
04:26 Et comment on fait à un moment où la vérité peut être parfois plus dure encore que ce qu'on avait imaginé ?
04:32 Comment vous vivez cette espèce d'entre-deux ?
04:36 – Alors déjà, depuis 26 ans, je vis une espèce de… on peut dire un double-vie,
04:45 où d'une part, je pense à Cécile tous les jours, je parle à Cécile tous les jours,
04:53 je suis immédiatement disponible s'il y a quelque chose à faire avec l'avocate Cathy Richard,
05:01 femme remarquable, et c'est grâce à elle que le dossier de Cécile n'a pas été fermé.
05:08 Et puis, voilà, ça c'est donc la première chose, c'est ça.
05:18 Et ensuite, je vis aussi la vie de quelqu'un qui a du travail, des activités, de la famille, des amis, donc voilà.
05:37 Mais Cécile, c'est depuis 26 ans mon quotidien.
05:43 Cécile, c'est la cicatrice qui ne se referme pas tant que je ne sais pas ce qu'elle est devenue.
05:51 – Pendant que vous parlez, on voit justement le visage de Cécile, donc disparue,
05:55 elle avait 17 ans, elle préparait son bac, elle est allée se promener,
05:59 on voit son sourire, on voit son regard, est-ce que c'est aussi une façon de lui rendre justice,
06:05 d'en savoir plus, il y a évidemment ce que ça peut vous apporter de savoir,
06:09 mais est-ce qu'il y a aussi une forme de message à lui apporter à elle, même de façon indirecte ?
06:15 – Apporter à Cécile, vous voulez dire ?
06:17 – Oui, de faire passer quelque chose, de saluer sa mémoire si elle a disparu,
06:22 de lui rendre hommage, de passer à autre chose en gardant ces images que l'on voit sur l'écran.
06:28 – Alors, ces images sont extrêmement émouvantes pour moi.
06:32 Cécile c'était une fille remarquable, très sociable, très aimante, très aimante.
06:40 C'est pour ça que sa disparition, en fin de journée, le 8 juin 1997, c'était une calamité absolue,
06:52 il n'y avait aucun précédent, elle n'était pas une femme ou une jeune fille,
06:57 elle n'avait aucune… je ne sais pas comment dire ça, jamais elle n'aurait…
07:09 – Elle serait partie, elle n'a aucune raison de partir.
07:12 – Oui, elle n'est jamais partie comme ça, sans rien dire,
07:17 donc voilà, tout de suite la présomption, c'était disparition avec présomption d'enlèvement.
07:29 Et voilà, alors ça c'était une catastrophe, un parent qui perd son enfant,
07:38 ou des parents qui perdent leur enfant, normalement c'est l'inverse,
07:42 c'est les enfants qui perdent leurs parents.
07:47 – C'est une très grande injustice.
07:52 Et voilà, et donc je vis avec elle tous les jours, tous les jours,
08:00 et écoutez, pour l'instant il y a des présomptions très fortes,
08:08 mais je ne fais pas de scénario dans ma tête,
08:11 tant que je n'ai pas la vérité qui sera issue, sans doute, je ne sais pas, mais sans doute.
08:20 – Et nous suivrons l'évolution de ce dossier de nouveau rouvert par le Pôle,
08:26 pour le case de Nanterre, merci beaucoup Jonathan Olivier.
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