00:00 Aujourd'hui, il y a toute une profession qui se bat tout simplement pour pouvoir vivre de leur travail.
00:07 Ils nous nourrissent et ils veulent pouvoir vivre de ça.
00:13 C'est quand même la moindre des choses.
00:14 Ils sont indispensables pour que l'on puisse manger correctement, manger sainement.
00:22 Or, ils souffrent depuis des années et des années.
00:24 Ils le disent, ils tirent la sonnette d'alarme.
00:27 Et année après année, les problèmes ne sont pas réglés.
00:31 Les traités de libre-échange sont signés, les importations se développent.
00:35 Et il y a de moins en moins d'agriculteurs dans notre pays.
00:38 Beaucoup, 46% je crois, dans les prochaines années vont partir en retraite.
00:43 Donc il y a la question de la succession.
00:45 Mais il y a surtout la question...
00:46 Ils sont 400 000 dans le pays.
00:47 À l'heure qu'il est, effectivement, ça a...
00:49 Nous avons besoin de 500 000 agriculteurs pour retrouver notre souveraineté alimentaire.
00:52 Ce qui veut dire enrayer le déclin, arrêter de perdre des exploitations,
00:58 mais en plus, en reconquérir.
01:01 Ça veut dire donner envie à des jeunes de s'installer, de se dire
01:04 "Super, ça va être passionnant, je vais être accompagné".
01:07 C'est pas gagné, là.
01:08 Là, c'est vraiment pas gagné.
01:10 Oui, mais c'est justement le défi qu'on a.
01:12 Mais au lieu de poser cet objectif-là,
01:16 aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on fait tout pour les entasser.
01:18 Mais ça arrange qui, justement, ces traités de libre-échange
01:20 qui font que ces gens sont en train de mourir, actuellement.
01:22 C'est ça que je voudrais savoir.
01:23 D'abord, en agriculture, comme dans l'économie,
01:28 il y a des gros et il y a des petits.
01:29 Les gros s'en sortent, bénéficient d'ailleurs beaucoup des aides de la PAC.
01:33 Comme dans beaucoup de secteurs économiques, d'ailleurs.
01:35 Les grands céréaliers.
01:36 Parce que...
01:37 Ils sont payés à la surface.
01:40 Ils sont payés à la surface pour les céréaliers,
01:43 à la tête de bétail pour les éleveurs.
01:45 Donc, grosses exploitations, grosses surfaces, grosses subventions.
01:49 Par contre, l'exploitation familiale, avec peu de tête,
01:53 avec peu de surface, mais avec toujours autant de bras,
01:57 et d'hommes et de femmes, du matin jusqu'au soir,
02:00 et 7 jours sur 7...
02:01 - Et de la qualité.
02:02 - Et de la qualité, ne sont pas forcément rémunérés.
02:05 C'est la raison.
02:06 Par exemple, je vous le dis, nous...
02:07 - Oui, oui, c'est pour ça, j'essaie de comprendre.
02:08 - Nous proposons, avec André Chassaigne,
02:09 qui est un député du Puy-de-Dôme, connu, historique,
02:13 et qui se bat sur cette question-là à l'Assemblée nationale,
02:15 nous demandons une réforme de la PAC
02:17 pour qu'elle puisse être attribuée à la main-d'oeuvre,
02:19 au nombre de salariés dans les exploitations,
02:21 ce qui serait plus juste.
02:22 C'est une des revendications qu'ils font, d'ailleurs.
02:24 - Qui paraît cohérent, en tout cas, lui.
02:26 - Donc, nous ne nous opposons pas à la PAC,
02:28 comme Bardella.
02:29 Nous demandons sa réforme, pour qu'elle soit juste,
02:33 et qu'elle nous permette de faire cette transition,
02:35 cette révolution écologique que tout le monde doit faire,
02:40 y compris la profession.
02:41 Et je dis tout de suite que les professeurs,
02:44 les agriculteurs, ne disent pas non à cette révolution,
02:50 à cette transformation.
02:51 Ils le font, ils se sont déjà transformés,
02:54 souvent, plein de fois,
02:55 mais ils ont besoin d'être accompagnés,
02:57 ils ont besoin de temps, ils ont besoin...
02:59 - Et qui va décider donc ça ?
03:00 Ce que vous prônez, qui ?
03:02 C'est le Parlement européen ?
03:04 C'est les différents présidents qui vont se réunir ?
03:06 - D'abord, le Parlement européen, il est déterminant
03:08 pour déterminer les politiques de la PAC
03:10 par des sessions de 4-5 ans,
03:12 et donc il y a des politiques définies.
03:14 - La dernière PAC a été votée il y a peu de temps.
03:16 - La dernière PAC a été votée il y a peu de temps,
03:18 il y avait un risque qu'elle soit diminuée,
03:20 on aurait souhaité qu'elle soit légèrement augmentée,
03:23 avec des normes...
03:26 - La PAC, c'est 9 milliards d'euros par an pour la France, on le rappelle.
03:30 - C'est énorme.
03:31 - C'est la première politique européenne.
03:32 - C'est le premier budget de l'Europe.
03:35 Donc c'est déterminant, et on ne peut pas dire
03:38 "on n'a plus besoin de la PAC, on va la renationaliser,
03:40 on va décider nous-mêmes".
03:42 Ça, c'est bidon de dire ça.
03:43 - Oui, mais c'est pour payer du manque à gagner.
03:45 C'est ça, c'est pas valorisant.
03:46 - Donc on a besoin, moi qui combat les traités européens,
03:50 je dis qu'on a besoin d'une politique commune en la matière,
03:53 pour faire cette révolution ensemble.
03:55 - Alors, une demande.
03:56 - Mais la PAC doit être réformée pour mieux rémunérer l'huile de coude,
04:02 les hommes et les femmes.
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