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  • il y a 2 ans
Face à la mobilisation des agriculteurs qui se propage en Europe sans épargner la France, Gabriel Attal a reçu lundi soir à Matignon le puissant syndicat agricole FNSEA et les Jeunes agriculteurs.

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Transcription
00:00 — Pour tous leurs comptes de consommation. — Le ministre de l'Agriculture prend la parole. Marc Fesneau.
00:04 — Bonsoir, mesdames et messieurs. Bonsoir à tous. Simplement, quelques mots à l'issue de cette rencontre avec la FNSEA et les jeunes agriculteurs.
00:12 D'abord dire qu'on a pris le temps, comme vous l'avez vu, près de 2 heures de rendez-vous pour échanger à la demande du Premier ministre,
00:17 pour échanger avec les responsables agricoles sur 1) le diagnostic composé – j'en dis un mot après –, les mesures qu'il fallait prendre,
00:25 et puis 2) le calendrier qu'il fallait avoir dans ce moment particulier d'exaspération qui s'exprime sur le terrain.
00:30 Premier élément sur le diagnostic. Au fonction de vers résumer les choses, il y a deux sujets. Il y a un sujet de confiance.
00:36 Et puis 2) il y a un deuxième sujet qui est un sujet de cohérence. Le sujet de confiance, c'est quel est le rapport que la société
00:41 entretient avec les agriculteurs. C'est quel est le rapport que les agriculteurs entretiennent dans la filière agroalimentaire,
00:47 dans les négociations commerciales. Je crois que ça a été évoqué par le président de la FNSEA et le président des jeunes agriculteurs.
00:53 C'est aussi la confiance qu'on doit avoir dans les institutions européennes sur le cap qu'on veut avoir. C'est ce que le cap est bien celui,
00:58 dans une transition écologique, de maintenir le cap de la souveraineté. Donc il y a un besoin de réaffirmer une forme de confiance
01:05 qui doivent se traduire ensuite dans les actes. La confiance, c'est aussi la confiance de l'administration. C'est comment on fait en sorte que,
01:11 dans nos actes concrets, dans la relation qu'on entretient entre agriculteurs et administration, il y a de la confiance qui se crée
01:17 avec un sentiment permanent qu'ils ont sur le terrain d'une défiance, d'un contrôle qui n'est pas pour vérifier simplement la bonne adéquation
01:23 des moyens ou les règles, mais un sentiment de défiance qui leur est fait sur un certain nombre de sujets. Puis je pense que,
01:27 collectivement, on a un travail à faire pour établir cette confiance et reconnaître aussi, c'est ça que demandent les agriculteurs,
01:33 la capacité qu'ils ont à produire dans des conditions parfois difficiles et le côté exemplaire de bien des mesures qu'ils prennent
01:38 ou des mesures qu'ils sont capables d'assumer. Deuxième sujet, c'est les sujets de cohérence, c'est-à-dire comment on arrive à combiner
01:44 des besoins réglementaires, mais des besoins réglementaires qui ne viennent pas se superposer. On est sur une superposition depuis 5, 10, 15, 20 ou 30 années,
01:51 qui viennent s'ajouter et qui ne viennent pas se retrancher. D'ailleurs, nos interlocuteurs nous ont dit que s'il doit y avoir simplification,
01:57 on commence à se poser la question de ce qu'il y a déjà sur la table comme complexité pour les retrancher et on ne vient pas en rajouter.
02:02 C'est souvent ce qu'on a vu dans les exercices précédents qu'il y a eu sur ce sujet. Donc la question de la cohérence, c'est qu'on veut plus d'élevage,
02:08 donc il faut qu'on ait une capacité à implanter des bâtiments d'élevage ou à les agrandir dans des conditions qui soient des conditions tenables,
02:14 y compris de délai ou de procédure. C'est un élément qui me paraît très important. C'est cette cohérence-là qu'il faut trouver.
02:20 On a besoin et on veut qu'il y ait plus de haies dans ce pays. Et en même temps, la réglementation donne plutôt le sentiment et l'envie aux agriculteurs
02:26 de se retirer de ce dispositif-là en disant « ça crée tellement de contraintes et tellement de risques que je préfère ne pas prendre le risque ».
02:32 On a besoin de cohérence quand dans l'alimentation, on dit qu'il faut qu'il y ait des produits de qualité avec des normes qui soient très exigeantes
02:38 en termes environnementaux ou de production, et quand ça se retrouve pas dans les prix, parce qu'évidemment, à ce moment-là, il y a un sujet qui ne fonctionne pas.
02:44 On a besoin de cohérence quand l'Union européenne dit « je veux asteindre la souveraineté sur un certain nombre de choses »,
02:50 et quand par ailleurs, dans un certain nombre de politiques, je pense à la question des jachères, on ne voit pas la cohérence au moment
02:55 où on a un retrait de la production au niveau européen ou au niveau national. Donc ces deux éléments-là.
03:01 Si je devais résumer, c'est cet élément d'abord de la confiance retrouvée et les éléments de la cohérence.
03:05 La confiance retrouvée, c'est évidemment donc pas que des mots, c'est des actes. Et pour finir simplement ce que je voulais vous dire,
03:10 c'est que le Premier ministre a posé le principe suivant. Il a souhaité que très rapidement, et d'ailleurs on va s'y mettre dès ce soir,
03:17 on puisse par rapport à l'ensemble des mesures qu'on peut avoir en tête, celles qui ont été exprimées ce soir, celles que nous avions déjà en tête,
03:24 dans les prochains jours, on puisse apporter des réponses. Et je dis bien que c'est une question de jour.
03:28 Et puis on a convenu aussi collectivement qu'il y a des sujets de moyen terme et de sujets de plus long terme.
03:32 Des sujets de moyen terme, c'est au niveau européen, sur la question des jachères, sur la question d'un certain nombre de réglementations
03:38 sur lesquelles on a besoin d'avoir des réponses au niveau européen et sur lesquelles il faut qu'on avance.
03:42 La question du moyen terme aussi, c'est le texte de loi, donc on a décidé qu'il serait repoussé, non pas pour reculer, mais justement pour aller plus loin.
03:48 Et là, c'est question de semaines, évidemment. Et puis ça, c'est le projet de loi d'orientation agricole.
03:53 Et on regardera dedans ce qu'on peut dire autour de la souveraineté. Parce que la confiance, c'est de se dire aussi ce qu'on attend de l'agriculture
03:58 en termes de souveraineté, et pas simplement en termes environnementaux. Et puis le moyen et le long terme, c'est évidemment toutes les parts de marché
04:06 qu'il faut qu'on puisse reconquérir. Et donc c'est les questions de compétitivité. Et donc on a posé l'ensemble des sujets.
04:10 Je crois qu'on partage objectivement les diagnostics. À mon sens, maintenant, les agriculteurs, ils ont besoin qu'on le traduise en actes.
04:17 Et le Premier ministre a affirmé clairement sa volonté, sa détermination depuis d'ailleurs qu'il est à Médellin, s'est affirmée sur plusieurs sujets,
04:23 d'aller vite. Alors d'aller vite, c'est dans la semaine pour un certain nombre de premières annonces. Et puis après, un peu plus moyen terme.
04:29 Mais vous voyez bien qu'y compris les textes législatifs sont plutôt de l'ordre de quelques semaines que de l'ordre d'année.
04:34 Et c'est bien sur ça qu'il faut avancer. Ça permettra de crédibiliser la parole publique, parce qu'au fond, nos interlocuteurs nous disent
04:39 sur le terrain, comme tout à l'heure, la vérité, c'est qu'on dit des choses et parfois, les injonctions ne sont pas suivies sur le terrain.
04:46 Donc on a besoin de renouer avec cette confiance. Et donc c'est des actes concrets qu'il faudra poser sur la table.
04:51 — M. le ministre, les syndicats agricoles, juste avant, ont annoncé la poursuite des actions, notamment le blocage de certaines boîtes,
04:57 et l'appeler toujours à le lever, en leur disant « Dans quelques jours, vous aurez des renouées ».
05:02 — Non, mais chacun est dans ses responsabilités. Les organisations syndicales, j'ai entendu aussi tout à l'heure ou à d'autres moments
05:10 la volonté de le faire en bon ordre et dans des conditions qui sont des conditions de respect de l'ordre public.
05:15 Et je crois que chacun est dans son registre, sous une forme de responsabilité. Après, on est dans une affaire de quelques jours.
05:22 Il est normal que des choses puissent s'exprimer. C'est un moment, vous voyez bien, comme vous êtes nombreux ce soir,
05:26 où tout à coup apparaît le sujet agricole. J'aimerais, je le dis souvent, que ça apparaisse un peu plus que 3 jours par an
05:31 ou au moment du salon, au moment où il y a des crises, parce que je pense que c'est un sujet qui mérite pour chacune et chacun d'entre nous
05:37 dans nos propres responsabilités, qui s'en empare. Et donc on va s'en emparer. Et donc les organisations syndicales font ce qu'elles ont à faire.
05:43 Et nous, on va se mettre au travail dès à présent pour prolonger ce qu'on avait déjà prévu et puis accélérer sur un certain nombre
05:48 de processus et de dispositions qui sont des dispositions qui sont attendues par les agriculteurs.
05:54 Alors on a vu... Et après, je vais filer. Mais on a vu évidemment les sujets de négociations commerciales.
05:59 C'est une responsabilité de l'ensemble de la chaîne alimentaire. On ne peut pas être dans un moment où on a fait ce qu'on a fait,
06:05 parce que le président de la République et les gouvernements, de toute façon, continuent au travers de la loi EGALY.
06:09 Mais je crois que chacun reconnaît qu'au moins, ça a été un pas en avant. On se retrouve dans une situation où, pour des motifs
06:15 qu'il se conviendrait de déterminer, certains décident de reculer, soit pour ne pas respecter la loi, soit pour essayer de la contourner.
06:20 Donc c'est le sujet des contrôles, le sujet de la responsabilité des acteurs de la transformation, mais évidemment aussi de la distribution.
06:25 Et ce n'est pas la première fois devant vous que je le dis. Ça, c'est des premiers sujets. Il y a des sujets qui ont été posés sur les crises
06:31 que traversent un certain nombre de secteurs, sur lesquelles on peut avancer assez vite. Puis il y a des sujets sur lesquels on peut avancer aussi
06:36 en termes de simplification, celles qui peuvent être mises à l'œuvre assez rapidement, puis celles qu'on retrouvera dans le texte de la loi d'orientation.
06:42 Donc ces sujets-là sont d'ores et déjà sur la table. On va les approfondir dans les heures qui viennent et dans les jours qui viennent
06:47 pour qu'on puisse apporter des réponses avec le Premier ministre, qui s'est d'ailleurs engagé à aller sur le terrain.
06:51 Il le fait depuis le début, mais il s'est engagé à aller sur le terrain pour, en particulier auprès des agriculteurs, écouter ce qu'ils ont à dire,
06:57 parce qu'il faut écouter la colère. Et pas que nous. Il faut que collectivement, on entende la colère qui s'exprime et qu'après,
07:02 on essaie d'apporter très rapidement les réponses. Et c'est bien ça qui est en jeu dans les jours qui viennent. Merci beaucoup.
07:06 — C'est un gouvernement qui soutient les manifestants ?
07:08 — C'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que chacun est dans ses responsabilités. Mais vous n'avez jamais vu un ministre qui était dans un registre
07:14 de donner des ordres aux syndicats. Il dialogue avec les syndicats, que ce soit les syndicats agricoles ou d'autres syndicats.
07:20 Ils sont dans leurs responsabilités. Moi, je suis dans les miennes. Le gouvernement est dans les siennes. Le Premier ministre est dans les siennes.
07:24 Nous, notre responsabilité, c'est de poser les actes. C'est pas d'aller commenter l'actualité. Merci à toutes et à tous.
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