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  • il y a 2 ans

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00:00 Anne Penzon-Dussel, il y a ce soir une conférence sur le campus RIOLE de la Fac des Sciences à Montpellier,
00:06 c'est à 18h30, avec Yves Tremblay qui va donner cette conférence, qui est chercheur hydrologue à l'IRS.
00:13 On va parler des impacts du changement climatique sur le département de l'Hérault ce matin.
00:17 Bonjour Yves Tremblay !
00:19 Bonjour !
00:19 Est-ce qu'on voit déjà les effets du réchauffement climatique chez nous ici dans l'Hérault ?
00:24 Alors effectivement, on a deux exemples marquants entre l'été passé et encore l'année d'avant avec deux sécheresses importantes.
00:31 Et surtout si on regarde les longues séries de températures qu'on a à mesurer dans la région,
00:35 on voit clairement une hausse des températures au cours des 30-40 dernières années.
00:39 Et malheureusement c'est ce qu'on observe un peu partout sur le pourtour méditerranéen.
00:42 Là, hier par exemple, il a fait vraiment doux à Montpellier.
00:47 Est-ce qu'on est dans un hiver particulier ? Est-ce qu'on est plutôt dans les tendances habituelles ?
00:53 Quand on parle du temps qu'il fait, on parle de la météo.
00:56 En termes de climat, effectivement on observe une augmentation aussi des températures minimales.
01:01 Il fait de moins en moins froid.
01:03 Et on le voit par exemple sur le nombre de jours avec de la neige qui diminue fortement par exemple.
01:07 Qu'est-ce que ça va avoir comme conséquence ?
01:10 Et d'ici combien de temps par exemple sur l'agriculture ?
01:13 Alors, mon domaine c'est tout ce qui touche à l'eau.
01:15 Donc justement l'impact du changement climatique sur les ressources en eau et les risques hydrologiques.
01:20 Et la conséquence majeure, en tout cas ce qui a été mis en évidence par plusieurs rapports,
01:23 c'est l'augmentation forte des sécheresses.
01:25 Donc assez mécaniquement, on s'attend à des impacts sur les productions agricoles.
01:29 Et notamment des difficultés à pouvoir continuer à irriguer
01:32 ou en tout cas ne pas pouvoir irriguer de plus en plus comme certains voudraient le faire.
01:35 Et des conséquences touristiques aussi évidemment on imagine ?
01:38 Alors oui, c'est un peu un ricochet indirect.
01:40 Mais effectivement si en période estivale on a de moins en moins d'eau
01:43 et de plus en plus de tourisme notamment sur les côtes, pas mal chez nous,
01:47 on va avoir des soucis effectivement pour répondre tout simplement aux besoins en eau futures.
01:52 Est-ce que le fait, puisqu'on en parlait il n'y a pas très longtemps,
01:54 on parlait du recensement, le département gagne des habitants chaque année,
01:58 ça c'est un problème, il va falloir stopper un petit peu les arrivées chez nous ?
02:03 Alors ça je ne pourrais pas me penser là-dessus,
02:05 mais je sais que Montpellier je crois que c'est près de 1000 habitants par an,
02:08 je crois en plus pour la métropole.
02:10 Donc ça veut dire que c'est une ville très attractive.
02:12 Mais effectivement il faut mettre en face de ces chiffres-là,
02:15 la capacité dans le futur à pouvoir répondre aux besoins.
02:18 Alors je parle en eau bien évidemment,
02:19 mais je t'imagine qu'il y a aussi d'autres besoins pour la population.
02:22 Et justement cette capacité à répondre en eau dans les années à venir,
02:25 d'ici combien de temps on va être confronté à des vrais problèmes en eau potable par exemple ?
02:29 Alors là on commence à le voir, par exemple l'été passé,
02:32 on a eu déjà des restrictions d'eau dans certaines régions.
02:34 Alors à Montpellier on est plutôt chanceux quelque part,
02:36 puisque notre eau vient du lest, donc la cuivre souterrain,
02:40 mais lui aussi finalement il s'alimente en précipitation,
02:42 donc s'il y a une baisse drastique des précipitations dans le futur,
02:45 assez mécaniquement, on aura aussi une baisse des ressources en eau souterraine.
02:49 - Vous vous êtes inquiet, il y a des choses à faire qui peuvent changer la donne,
02:53 comment vous vous situez par rapport à ça ?
02:55 - Alors inquiet oui et non, on va dire que j'espère que des mesures vont être prises,
02:59 puisqu'effectivement dans le rapport du GIEC et d'autres rapports,
03:01 il y a beaucoup de recommandations qui sont données,
03:04 notamment pour adapter les pratiques d'irrigation,
03:07 réduire la consommation en eau,
03:09 réduire les pertes dans les réseaux de distribution de l'eau,
03:12 donc en fait il y a des pistes, il y a des choses qu'on peut faire,
03:15 et alors je ne suis pas forcément inquiet,
03:17 mais je suis certain qu'il faut prendre des mesures dès maintenant.
03:19 - Quelle piste très concrètement ? Qu'est-ce qu'on peut faire ?
03:22 Qu'est-ce qu'on doit faire dès maintenant ?
03:24 - Alors à titre personnel c'est compliqué,
03:26 puisque c'est vraiment des décisions politiques qui peuvent changer,
03:29 par exemple des pratiques, des aménagements, l'aménagement des territoires.
03:33 Concrètement pour l'agriculture, on peut déjà réfléchir à comment mieux irriguer,
03:38 irriguer certaines cultures, peut-être arrêter d'en irriguer certaines,
03:41 ça c'est des pistes très concrètes qu'on peut commencer déjà à discuter maintenant.
03:44 - Et est-ce que nos petits gestes à nous du quotidien,
03:48 puisque vous parlez d'eau,
03:50 couper le robinet quand on se brosse les dents par exemple,
03:53 c'est des choses vraiment utiles ou c'est un coup de dos dans un océan ?
03:58 - Alors c'est utile oui et non, puisque la quantité d'eau pour les habitants,
04:02 par exemple pour prendre une douche ou un bain,
04:05 c'est pas ça qui va changer la donne,
04:06 par contre si tout le monde fait des efforts collectivement,
04:09 oui on peut avoir des effets,
04:10 mais surtout l'idée c'est que si on fait des efforts à l'échelle individuelle,
04:15 on sensibilise les gens, on se rend compte qu'il y a peut-être un problème
04:18 et qu'il faut prendre des mesures pour changer ça.
04:21 - Il va y avoir un vrai problème d'après vous,
04:24 ou la tendance peut s'inverser si les bonnes décisions politiques sont prises ?
04:28 - Alors il faut distinguer deux choses, au niveau du climat,
04:31 malheureusement la tendance est assez robuste,
04:34 on l'a vu par exemple, Perpignan, Montpellier, Béziers,
04:37 on a eu moins de 50% de précipitations cette année,
04:41 donc on est déjà en difficulté maintenant en janvier pour l'été à venir,
04:45 c'est-à-dire que les nappes, les sols ne sont pas suffisamment rechargés,
04:49 donc ça c'est au niveau du climat, malheureusement c'est une tendance assez lourde,
04:52 et ça on ne va pas pouvoir l'inverser rapidement,
04:54 par contre oui au niveau de notre vulnérabilité en tant que territoire, en tant qu'économie,
04:59 effectivement on peut prendre des mesures pour essayer de réduire les impacts.
05:02 - Et est-ce que vous avez l'impression d'être suffisamment écouté ?
05:05 Est-ce que les rapports du GIEC aujourd'hui en 2024 sont pris au sérieux par tout le monde,
05:11 y compris par ceux qui doivent prendre des décisions politiques ?
05:14 - Alors on est écouté, la preuve fut là ce matin,
05:16 donc ça veut dire qu'on nous donne la parole,
05:18 et ça c'est très bien pour essayer d'expliquer nos recherches qu'on fait.
05:21 Après oui il y a quand même un décalage assez important entre les connaissances scientifiques qu'on a,
05:27 le constat qui est fait, et puis on va dire la rapidité des actions qui sont mises en œuvre
05:32 pour essayer de réduire les impacts.
05:33 - Donc ça va trop lentement d'après vous ?
05:34 - Oui je pense qu'il y a un consensus là-dessus, en tout cas dans la communauté scientifique,
05:38 et c'est pour ça que nombreux de mes collègues s'investissent dans des actions de désobéissance civile,
05:43 parce qu'il y a quelque chose de très frustrant de pendant des années, des décennies,
05:46 de donner un message qui n'est pas forcément bien entendu.
05:49 - Est-ce qu'il est de mieux en mieux entendu quand même,
05:51 ou est-ce que vous trouvez qu'il y a encore trop de remises en question sur vos travaux ?
05:56 - Alors de fait il y a de plus en plus de ce qu'on appelle climato-scepticisme,
06:02 et effectivement il y a beaucoup de gens qui remettent en question,
06:04 notamment les conclusions du rapport du GIEC,
06:07 en fait c'est assez facile et naturel à comprendre,
06:09 c'est que maintenant qu'on est face à des choix drastiques à prendre,
06:13 il y a des intérêts économiques en jeu,
06:15 et on peut comprendre que tout le monde n'est pas content avec les choix qu'on va devoir prendre.
06:19 - Alors vous leur dites quoi à ces climato-sceptiques qui sont de plus en plus nombreux ?
06:23 - Alors déjà de lire les rapports du GIEC,
06:25 puisque c'est accessible à tout le monde en quelques clics sur votre navigateur préféré sur internet.
06:30 - Ça peut être un peu long à lire, c'est accessible ça veut dire que c'est gratuit ?
06:31 - Oui, mais il y a des résumés, il y a des traductions,
06:35 et déjà partons de la base scientifique qui est ces rapports,
06:39 parce qu'il n'y en a pas qu'un seul, il y a aussi un rapport sur la région Occitanie qui s'appelle le RECO Occitanie,
06:43 donc en fait c'est une compilation de toutes les connaissances,
06:45 de toutes les recherches qui ont été menées depuis des décennies,
06:48 partons de ce constat-là, après l'approche scientifique effectivement,
06:51 c'est de discuter, de ne pas forcément être d'accord, ça c'est une démarche scientifique,
06:56 mais ce n'est pas tout à fait la même approche prise par les climato-sceptiques.
06:59 - Le thème de votre conférence de ce soir ?
07:02 - Alors ce soir je vais parler des risques hydrologiques,
07:04 à la fois dans la région ici autour de Montpellier,
07:06 et dans la Méditerranée tout entière, incluant le Maghreb, le nord et le sud de la Méditerranée.
07:11 - Et c'est donc à 18h30 sur le campus Triolet à Montpellier.
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