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00:03 Tout comprendre ce soir à l'argent liquide. On en utilise moins mais ça reste le premier moyen de paiement en Europe et donc les banques s'adaptent.
00:11 Alors pour en parler avec nous la directrice générale de la Fédération bancaire française Maya Attig. Bonsoir.
00:17 Bonsoir.
00:18 Merci d'être avec nous sur RTL. Alors on va revenir vers vous dans un instant mais tout d'abord on s'arrête sur cette initiative menée donc par trois grandes banques.
00:27 BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Mutuel, elles ont décidé de mutualiser leurs 15 000 distributeurs automatiques de billets sous la marque Cash Service.
00:35 Et cette mutualisation Pierre Herbulot, on peut dire qu'elle est vendue un peu comme un service gagnant-gagnant.
00:40 Oui pour les particuliers et pour les banques des distributeurs partagés. Ce sont des frais d'entretien, d'approvisionnement et de transport de fonds partagés et donc des économies.
00:49 Pareil pour les consommateurs, quand ils retirent des billets, les banques facturent les retraites dans les distributeurs des concurrents.
00:55 Là un client de la Société Générale pourra retirer autant qu'il veut et sans frais dans un distributeur Cash Service de la BNP ou du Crédit Mutuel.
01:03 Il pourra également y déposer des chèques ou des espèces.
01:06 Bon après la réalité c'est aussi que cette alliance aura pour conséquence une réduction drastique du nombre de distributeurs.
01:12 De 15 000 aujourd'hui si on additionne ceux des quatre établissements à 10 000 d'ici deux ans avec la mise en commun.
01:18 30% de moins dans un contexte où le nombre de DAP de distributeurs a déjà chuté de 12% depuis 2018.
01:24 C'est le sens de l'histoire pour ces banques. On utilise de moins en moins d'espèces au profit de la carte et du sans contact.
01:30 Les cabines téléphoniques ont bien progressivement disparu quand le téléphone portable s'est démocratisé.
01:34 Aujourd'hui plus personne ne s'en est bleu.
01:36 Merci Pierre Herbuleau.
01:37 Alors Maya Atig, on vous retrouve, je rappelle, directrice générale de la Fédération Bancaire Française.
01:42 Est-ce que vous aussi vous pensez que c'est le sens de l'histoire que cette diminution du nombre des distributeurs
01:50 et qu'à terme comme les cabines téléphoniques on n'en aura plus ?
01:53 Le sens de l'histoire aujourd'hui c'est une moindre utilisation des espèces par nos concitoyens.
02:00 C'est de là que commence le raisonnement.
02:03 En 2016, deux transactions sur trois se faisaient en espèces.
02:08 Aujourd'hui, une transaction sur deux seulement se fait en espèces.
02:13 C'est encore beaucoup et beaucoup de personnes apprécient les espèces parce que c'est pratique, ça permet de bien piloter
02:19 et c'est aussi une gestion de la vie privée.
02:21 En réalité, ce que font les banques c'est d'adapter le réseau des distributeurs pour continuer à offrir ce service
02:29 par tous les moyens possibles, l'offrir en proximité mais adapter le réseau pour que la proximité soit toujours au rendez-vous.
02:38 Je vais vous donner un deuxième chiffre qui est celui de 99% des Français qui sont à moins de 10 minutes d'un point d'accès aux espèces.
02:49 99% des Français et ça c'est un chiffre qui est très stable.
02:54 En réalité, les accès à 75% par exemple sont déjà très élevés.
02:59 Il y avait beaucoup de personnes qui sont à beaucoup moins de 10 minutes en voiture.
03:03 On a aussi le chiffre pour 5 minutes ou bien dans la même commune.
03:07 Je repose ma question sur le sens de l'histoire d'une autre manière.
03:11 Qui retire du liquide aujourd'hui en priorité ? Est-ce que les jeunes par exemple vont encore tirer des billets ?
03:18 Alors, on n'a pas de chiffre précisément par tranche d'âge.
03:22 Ce que l'on sait, c'est que de manière générale, les paiements en espèces diminuent tout en restant très significatifs.
03:29 Donc justement, les efforts qui sont faits par l'ensemble des réseaux bancaires, c'est de maintenir le service là où il est utilisé,
03:38 de proposer des alternatives là où ce n'est pas utilisé.
03:42 Par exemple, vous savez qu'il y a des communes dans lesquelles il y a ce qu'on appelle des points d'accès privatifs,
03:48 des commerçants qui proposent le retrait d'espèces.
03:51 Je vais vous donner un autre exemple.
03:53 Le nombre de distributeurs de billets a diminué ces dernières années et continue à diminuer chaque année.
03:58 Mais en réalité, il est parfaitement stable dans les communes de moins de 2000 habitants.
04:04 Donc là où il baisse, c'est dans les grandes villes.
04:08 C'est là que le nombre de distributeurs a le plus baissé parce que vous n'allez plus retrouver au croisement de deux rues,
04:16 ou de huit ou neuf distributeurs automatiques comme ça arrivait parfois.
04:21 Ça n'arrive plus parce que les citadins n'utilisent plus ou utilisent beaucoup moins les espèces.
04:27 En revanche, on sait que pour les paiements de proximité en zone rurale,
04:31 effectivement on ne va pas prendre sa voiture pour faire 10 minutes absolument tous les jours.
04:35 En revanche, on a besoin de temps en temps.
04:37 Et pour ça, il y a des alternatives et il y a un soin particulier donné aux distributeurs dans des communes,
04:43 par exemple, de moins de 2000 habitants.
04:45 Le cash, ça reste important, notamment pour les plus modestes ?
04:49 Le cash, je crois que ça peut être important dans tous les milieux sociaux et à tous les âges de la vie.
04:54 D'abord, vous avez des personnes qui, ne serait-ce que pour le pilotage de leurs dépenses,
04:59 souhaitent continuer à tenir ça.
05:02 Les enfants, ils apprennent à comprendre le fonctionnement de l'argent avec des pièces et des billets.
05:07 Donc ça, ce sont des choses qui sont importantes.
05:10 Il y a pourtant des pays en Europe, je pense aux pays nordiques, à la Suède, au Danemark,
05:15 qui n'ont presque plus de paiements en liquide.
05:18 Alors ça veut dire quoi ? C'est une question de culture ?
05:21 En fait, ces pays ont pris une optique il y a quelques années qui était de dire "ça baisse, ça baisse beaucoup".
05:28 Et comme ça baisse beaucoup à horizon de quelques années, il n'y aura plus rien.
05:33 Nous, ce n'est pas le raisonnement que nous avons.
05:35 Nous nous disons "ça baisse tendanciellement, il faut continuer à s'adapter".
05:39 Il ne faut pas se dire "comme ça va être zéro, il faut aller vers zéro".
05:42 Et d'ailleurs, ces pays sont en train de revenir dessus,
05:45 parce qu'on constate qu'il y a une part de la population,
05:48 je dirais entre 5 et 10 % de la population,
05:52 qui a un attachement vraiment extrêmement fort, y compris dans ces pays, à l'utilisation des espèces.
05:58 Moi, j'allais dire, au-delà de ça, c'est quoi l'intérêt du cash aujourd'hui,
06:01 quand on sait qu'il y a des TPE, des machines pour encaisser l'argent par carte bleue ?
06:06 C'est beaucoup plus simple, c'est beaucoup plus rapide. À quoi ça sert le cash ?
06:09 Alors, nous, on ne pose pas la question sous forme de jugement.
06:13 Il y a des personnes qui préfèrent, pour des raisons d'appoint
06:18 ou pour une meilleure visibilité sur leur budget, par exemple,
06:21 utiliser des espèces ou bien qui se disent "tiens, tel ou tel commerçant auquel je tiens ne l'accepte pas encore".
06:27 Certains n'acceptent pas.
06:29 Donc, je crois que vraiment, ce n'est pas un jugement.
06:32 On se contente de constater que les Français préfèrent très largement la carte.
06:37 Quand on leur pose la question, en fait, ils connaissent la carte depuis longtemps
06:40 et c'est un moyen qu'ils apprécient beaucoup.
06:43 On a fait beaucoup d'efforts pour que la carte réponde à cet objectif de simplicité,
06:48 de praticité depuis des dizaines d'années.
06:51 Et pour autant, les espèces continuent à être utilisées.
06:53 Je crois qu'il faut vivre avec ça et tout simplement s'adapter avec cette logique de proximité.
06:58 Voilà, la fin des espèces, ce n'est pas pour demain, c'est ce que vous nous dites.
07:02 Maya Attigues, directrice générale de la Fédération Bancaire Française,
07:05 merci d'avoir été sur RTL ce soir.
07:07 Merci beaucoup pour votre invitation.
07:09 Vous restez avec nous, dans un instant ce sera RTL Insight,
07:19 c'est-à-dire notre immersion quotidienne au cœur de l'actualité.
07:21 Au cœur ce soir des tractations qui ont conduit à la formation du gouvernement cette semaine.
07:25 Et vous allez en apprendre de belles.
07:27 À tout de suite !
07:29 [Sous-titres par Leo]
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