00:00 7h48, Sonia De Villers, votre invitée ce matin, est PDG du groupe TF1.
00:05 Alors, il y a 48 minutes et 45 secondes, il était en régie avec les équipes de "Bonjour !",
00:12 tout est dans le point d'exclamation, bonne humeur, énergie, c'est la nouvelle matinale de la une, gros budget, grosse équipe,
00:18 emmenée par Bruce Toussaint, débauchée chez BFM TV. Mais pour qui ? Pourquoi un tel investissement ?
00:23 Alors que le chiffre d'affaires de TF1 est en repli et que les Français n'ont jamais aussi peu regardé la télévision,
00:29 3h19 par jour, le chiffre est tombé il y a quelques jours. Bonjour Adolphe Bellemare.
00:34 Bonjour Sonia.
00:35 Alors, est-ce que Bruce Toussaint a dit "bonjour" pour lancer le premier "Bonjour" ?
00:40 Il a dit "bonjour", il a dit même plusieurs fois "bonjour" pour être sûr que le nom imprime,
00:45 et même toute l'équipe a dit "bonjour", c'est assez sympa.
00:48 Voilà, il y avait un peu de trac ?
00:50 Une symphonie de "bonjour", il y avait un peu de trac, il y avait un peu d'enthousiasme,
00:53 pourtant dans une nouvelle émission aussi grosse, c'est toujours à des moments assez émouvants quand on aime la télévision,
00:58 donc il y avait ça ce matin, il y avait pas mal d'émotions, beaucoup d'enthousiasme,
01:01 mais aussi beaucoup d'envie et de détermination.
01:03 Historiquement, vous le savez très bien, c'est le créneau de France 2, c'était les matins,
01:07 l'émission qui a été créée en 1985. Est-ce que vous attaquez frontalement le service public ?
01:14 L'idée ce n'est pas d'attaquer le service public, d'ailleurs nous ne nous sentons pas du tout en concurrence avec le service public.
01:19 L'idée est pour nous double. Premièrement, de renforcer l'offre d'information du groupe.
01:25 On considère qu'on a un rôle très important à jouer dans la formation audiovisuelle,
01:28 on a les deux principaux carrefours d'information du pays, le soir et le midi, à 20h et à 13h.
01:35 On ne peut que constater que le matin est aussi un moment d'information important pour les Français
01:39 et on voulait être présent pour cela dans un moment où on pense que la demande d'information est très importante,
01:44 et en tout cas que notre mission est d'informer convenablement les Français.
01:46 Et la deuxième logique, c'est effectivement de nous permettre de renforcer certains carrefours d'audience
01:53 sur lesquels la chaîne TF1 est assez faible et sur lesquels on pense qu'on peut augmenter notre audience.
02:01 Vous êtes très faible, vous êtes à 4% de part d'audience le matin quand France 2 avec son Télématin est à 25%,
02:07 BFM loin derrière à 15%, CNews à 9%. Vous vous dites que vous n'êtes pas en concurrence avec France 2,
02:13 mais pourtant vous allez aller chercher leur téléspectateur ou vous pensez vraiment faire venir de nouveaux Français devant la télévision le matin ?
02:20 On pense que, enfin, notre objectif, notre intention première, c'est d'aller chercher de nouveaux téléspectateurs avec une offre éditoriale qui est nouvelle.
02:27 Évidemment, s'il y a des téléspectateurs de France 2 qui veulent nous rejoindre, ce sera vraiment un grand plaisir.
02:31 Si quelques auditeurs de France Inter nous faisaient la grâce de nous rejoindre, pas ce matin mais un autre jour,
02:35 évidemment, parce que ce matin, ce serait mal venu, mais ce serait sympa aussi.
02:39 Donc, non, mais bon, blague à part, Télématin, c'est une offre d'information qui est installée depuis plusieurs décennies,
02:45 donc qui a ancré des relations très fortes avec son public. Nous, notre objectif, c'est d'avoir une éditoriale qui est différente,
02:51 qui est distinctive, pour attirer un public qui est nouveau. Et en substance, le cœur de notre promesse, c'est une promesse d'information, d'accueil et proche des Français en province.
03:01 Alors, quel public, justement ? Parce que les 15-34 ans ne regardent plus la télévision Rodolphe Bellemare que 1h17 par jour.
03:08 1h17, alors que les plus de 50 ans, 5h16. D'accord ? Donc, est-ce que ce programme est fait pour les plus de 50 ans ?
03:16 Est-ce qu'investir le matin, ça veut dire qu'on mise sur le vieillissement de la population ?
03:19 Ça veut dire que la télévision va s'adresser à une population vieillissante ?
03:23 Non, ce n'est pas ça l'idée. Nous, ce qu'on constate, par exemple, c'est que notre 13h, c'est un journal d'information qui fait 4,5 millions de téléspectateurs à peu près,
03:32 qui est très provincial et aussi très actif. Le public qu'on vise, c'est le public actif de la France et notamment de la France provinciale.
03:42 Le matin, c'est le même public qu'on va viser, donc c'est principalement un public actif.
03:46 Alors, est-ce que ce sont des gens de 15-34 ans ? Sûrement pas, parce que cette tranche d'âge, notamment pour celles qui n'est pas encore installées en famille,
03:53 consomment assez peu la télévision, comme vous l'avez dit, à peu près 1h30 par jour.
03:57 Nous, on va viser le public actif, plutôt âgé de 25 à 49 ans et qui est disponible pour la télévision.
04:02 Est-ce qu'on peut s'attendre, cet après-midi, à l'heure du goûter, au moment de la sortie d'école, à une manif d'enfants ?
04:11 Une manif d'enfants privés de dessin animé ? Parce que, je vous le dis comme je le pense, les enfants préfèrent largement pas de patrouille à Brustoussin.
04:20 Oui, oui, écoutez, je pense que jusqu'à 4 ans, Brustoussin, il ne fera probablement pas l'unanimité, effectivement.
04:27 Mais c'était l'heure de leur dessin animé. Historiquement, vos enfants, Rodolphe Bellemare, ont regardé la télévision le matin,
04:34 ils ont regardé les dessins animés le matin sur TF1.
04:37 Mes enfants écoutaient France Inter aussi un petit peu, je dois vous l'avouer.
04:40 Il reste une tranche d'animation importante le matin en semaine sur TF1, de 6h à 7h du matin.
04:49 Avant, on commençait à 6h30, là on commence à 6h.
04:52 Et surtout, on a augmenté les tranches d'animation proposées par TF1 le week-end, puisqu'elles s'ouvriront de 6h du matin à 10h30 du matin.
05:01 Et on pense que c'est un peu plus cohérent en termes de disponibilité du public d'offrir des dessins animés aux enfants,
05:06 les jours où ils n'ont pas école, plutôt que les jours où ils ont école.
05:09 - Parlons audience, parce que vous avez passé une année quand même de grandes tensions entre France Télévisions et vous.
05:15 Vous avez écrit à la Première Ministre pour signaler que France Télévisions ne s'acquittait pas de sa mission de service public,
05:22 marchait sur vos plates-bandes, programmait des programmes dignes de la télévision commerciale.
05:27 Là, France Télévisions est assez énervée par le lancement du "Bonjour" de Bruce Toussaint.
05:32 Vous vous accusez de lui avoir piqué des chroniqueurs, des journalistes, des visages.
05:36 En plus, c'est le jour où vous relancez "Plus belle la vie", qui a été la marque phare de France 3
05:40 et qui va devenir votre feuilleton tous les jours après le journal télévision.
05:44 Parlons d'audience. C'est quand même une année où France 2 a beaucoup grimpé, se stabilise et en léger repli.
05:52 Et la patronne de France Télé dit "mais vous êtes fébrile en réalité, vous êtes fébrile". Est-ce que vous êtes fébrile ?
05:58 - Évidemment, je vais répondre à cette question, c'est une question qui est un petit peu de forme.
06:05 L'objectif de la maison, pour nous, il est double.
06:10 On a un objectif premier, dont on n'a pas encore parlé, qui est de nous inscrire dans les nouvelles formes de consommation des Français,
06:17 qui sont de plus en plus digitales. Et c'est pour ça qu'on lance aujourd'hui une très grosse plateforme de streaming,
06:21 qu'on appelle TF1+ et qui doit accompagner les usages des Français digitaux
06:29 et ne plus laisser le champ uniquement aux grandes plateformes payantes américaines.
06:34 Deuxièmement, on veut continuer à être l'offre de télévision et l'information bien sûr aussi, télévisée, préférée des Français.
06:45 Et donc on essaie de se développer dans les deux axes. On ne fait pas du tout de la concurrence avec France Télévision ou France 2,
06:55 un centre, une focalisation, ce n'est pas du tout notre enjeu.
07:00 Nous, notre enjeu, il est économique, c'est de continuer à proposer des émissions qui soient puissantes pour les Français
07:08 et aussi pour les annonceurs qui nous font confiance pour distribuer la publicité.
07:11 Si votre enjeu, il est économique, on est l'année des JO à Paris, l'année des Jeux Olympiques, c'est un événement mondial,
07:17 il va être transmis en direct à la télévision et ça va se passer en dehors de vos antennes, ça va se passer précisément chez France Télévision.
07:24 Est-ce que ça vous alarme ? Est-ce que c'est inquiétant pour vous ?
07:27 Non, non, ça ne nous alarme pas. Les JO, c'est un événement qui est majeur, c'est un événement qui est majeur pour le pays,
07:32 c'est un événement qu'on aurait aimé diffuser aussi, ça c'est sûr.
07:36 Pendant cette période de temps, ça dure une quinzaine de jours, on sera battu par France Télévision.
07:41 C'est comme ça, les JO en France c'est une fois tous les 100 ans, une fois tous les 100 ans qu'on sera battu par France Télévision pendant 15 jours.
07:48 Bon voilà, on va s'en mettre pendant ce temps-là, je prendrai les vacances, je mettrai la tête dans le sable, j'aimerais que ça passe.
07:53 D'accord. Parlons TF1+, c'est cette offre de streaming, de la télévision à la demande en version numérique.
08:01 Je vous pose une première question très très concrète. 90% des foyers français sont équipés d'un téléviseur,
08:08 ça reste le premier écran au sein des foyers. Ça veut dire que 90% des foyers sont dotés d'une table basse avec une télécommande posée dessus.
08:16 Ça fait 10 ans que les nouvelles télécommandes Rodolphe Bellemare sont dotées d'un bouton Netflix.
08:21 Et maintenant il y a même des boutons Youtube et des boutons Disney+ et des boutons Amazon Prime. Est-ce qu'il y aura un bouton TF1+ ?
08:29 Sur certains modèles de télévision, oui. C'est déjà dealé ? C'est déjà dealé, oui.
08:33 Bon alors c'est pas tellement central pour nous parce que... Ah bah quand même, la télécommande...
08:37 Nous ce qu'on constate en fait c'est que l'accès aux plateformes de streaming se fait plutôt en pointant et en cliquant plutôt qu'avec le bouton de la télécommande.
08:48 Donc on n'en fait pas un objectif, néanmoins quand dans nos négociations avec les constructeurs de télévision on arrive à obtenir un bouton,
08:54 on le prend et par exemple toutes les télévisions qui sont opérées par le modèle qui s'appelle iSense,
08:59 qui est un constructeur chinois, auront un bouton TF1+ à partir des ventes de mars.
09:03 Et dans vos négociations avec les opérateurs ? Parce qu'encore faut-il être accessible quand on a une box et vous n'êtes pas disponible sur toutes les box ?
09:11 On sera disponible à partir des jours qui viennent sur toutes les box.
09:15 On a signé des contrats de distribution avec Orange, avec SFR, avec Bluc Télécom et on a signé cette nuit opportunément pour cette émission avec Free.
09:24 Vous avez le sens de l'opportunité !
09:26 J'avais la pression pour ce matin, j'ai su que je devais être prêt !
09:29 Merci Rodolphe Bellemare et continuez d'écouter la radio, c'est mieux que la télévision le matin !
09:34 Merci Sonia De Villiers !
Commentaires