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  • il y a 2 ans
Mia Schem, une ex-otage franco-israélienne libérée le 30 novembre 2023, a fait sa première apparition à la télévision israélienne sur Channel 13 News et a raconté son expérience de captivité de 54 jours par le Hamas à Gaza.

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Transcription
00:00 Pourquoi tu as accepté de te faire interviewer?
00:12 Parce que c'était important de rendre compte de la situation réelle sur les gens qui vivent à Gaza, qui sont-ils en réalité.
00:36 Et sur ce que j'ai vécu là-bas, j'ai vécu un désastre, une catastrophe.
00:48 On peut vérifier le bras? Oui.
01:01 Je vais m'évanouir. Ce n'est pas simplement une douleur, c'est dans la tête. C'est une douleur dans la tête aussi.
01:17 Un mois s'est passé depuis qu'elle est rentrée à la maison après 55 jours à Gaza. Et maintenant, Miachem revient avec nous, avec courage, pour raconter ce qui s'est passé pendant qu'elle était prisonnière.
01:33 Depuis le moment où ça a débuté. Moi et Elia, mon meilleur ami, de mémoire bénie. J'avais vraiment un sentiment bizarre quand je suis arrivé sur place.
01:48 Et on a commencé à tirer sur nous, des terroristes, d'assassiner des gens. Et moi et Elia, on était parmi les premiers, parmi les premiers, qui sommes sortis, nous sommes rentrés dans la voiture.
02:07 Il y avait vraiment une pression terrible. Et Elia a crié "mais qui sont les ceux qui tirent?" Et il a appuyé sur l'accélérateur pour essayer de les dépasser.
02:22 Et puis quand ils ont tiré dans les pneus, on s'est arrêtés. Il y avait un pick-up avec beaucoup de terroristes du Hamas. Un des gars du Hamas m'a regardé et il m'a tiré dans le bras.
02:40 Et moi vraiment, mon bras s'est brisé. J'ai perdu beaucoup de sang. J'ai tenu mon bras et je suis resté par terre.
02:56 Des coups de feu, des gens qui couraient à gauche, à droite, des dérapages, des hurlements de femmes, d'hommes. J'ai attendu que s'arrête le massacre.
03:12 Et soudain, c'était le silence. J'ai vu qu'un terroriste arrivait. Il regarde Elia, arrive avec une arme, lui dit "lève-toi". Il lui a lié les mains et l'emmène.
03:29 Et toute personne qui avait l'air vivante, ils lui ont tiré une balle dans la tête. Et toi, tu es resté comme si tu étais morte.
03:43 La voiture d'Elia a explosé. J'ai compris que le feu se rapprochait de moi. Parce que tout l'endroit était brûlé. J'ai cherché un endroit où me réfugier.
03:59 Mais il n'y en avait pas. J'ai vu sur la route un gars qui se promenait entre les voitures brûlées. Je lui ai crié au secours. Elle m'a dit "monte".
04:12 C'était un terroriste. J'ai cru que c'était un Israélien. J'espérais que c'était un Israélien. Elle m'a dit "monte".
04:23 C'est vraiment une décision à la seconde. Est-ce qu'il fallait rester et se faire brûler ? Ou aller avec lui ?
04:34 Je me suis dit "je ne veux pas mourir, je veux vivre". Alors je suis allé avec lui. J'arrive, je me tiens à son bras. Il a commencé à me toucher.
04:51 Il m'a touché les parties supérieures du corps. J'ai commencé à hurler. Vraiment.
05:05 Il a vu que le bras était quasiment détaché du corps. Il a arrêté un instant. Il a regardé. Il y avait une voiture qui est arrivée qui m'a emportée.
05:22 Il m'a tirée. Il m'a fait baisser la tête pendant tout le voyage. Je suis arrivée à Gaza.
05:35 Qu'est-ce qu'il y avait pendant le voyage ? A quoi pensais-tu ? Je n'étais pas consciente. Oui, j'avais ma conscience, mais je ne comprenais pas ce qui s'est passé.
05:47 Je me suis dit que je ne voulais pas mourir et que Dieu veillait sur moi.
05:56 Quand on est arrivé en voiture à Gaza, il m'a dit "Welcome to Gaza".
06:02 Mais ça m'a pris du temps de comprendre que j'arrivais à Gaza, que j'avais été enlevée, que j'étais prisonnière du Hamas.
06:09 Ils m'ont jetée dans une pièce sombre. Ils m'ont ouvert la main. Ils l'ont attachée à du scotch. J'étais comme ça pendant trois jours.
06:23 J'étais sûre que j'allais perdre mon bras.
06:35 On peut te traiter maintenant ?
06:39 Lève le bras droit.
06:46 Lentement, lentement.
06:49 Ah, ça fait mal.
06:56 C'est vraiment une douleur qu'on ne peut pas supporter.
07:03 Je me suis évanouie plusieurs fois.
07:06 Et où est-ce qu'on t'a emmenée ?
07:11 À partir de cette pièce-là ?
07:14 Dans la maison où on m'a tenue prisonnière.
07:18 La maison d'un des terroristes qui était avec moi dans la voiture.
07:25 Enfermée dans une pièce sombre, interdite de parler, interdite qu'on te voit, qu'on t'entende, qu'on te cache.
07:34 Il y a un terroriste qui te regarde 24h/24, 7 jours sur 7, qui te regarde, qui te viole les yeux.
07:43 C'est comme ça que tu t'es sentie ? Oui, absolument.
07:46 Un regard mauvais.
07:48 Oui, la peur du viol, c'était ma plus grande peur là-bas.
07:55 Sa femme était à l'extérieur de la pièce avec les enfants.
08:00 Je crois que c'est la seule raison pour laquelle il ne m'a pas violée.
08:03 Après trois jours, que ma main était attachée,
08:15 le terroriste est venu pour m'habiller.
08:21 Il m'a dit "Lève-toi".
08:23 Il m'a habillée avec un hijab, un akab.
08:27 On m'a emmenée à l'hôpital.
08:31 On m'a emmenée dans une salle d'opération.
08:34 Je ne comprenais pas. On ne comprend rien.
08:37 On m'a endormie.
08:40 Et puis, je me réveille après l'opération.
08:45 Je vois que mon bras est lié à des pièces de fer.
08:53 Peut-être, je ne sais pas exactement, mais même après l'opération,
08:58 on m'a filmée.
09:07 Je me trouve à Gaza.
09:10 On m'a dit de dire comment je m'appelais, le nom de mon père,
09:15 que j'étais blessée au bras et qu'on s'occupe de moi.
09:20 On s'occupe de moi, on me traite, on me donne des médicaments, tout va bien.
09:28 On fait ce qu'on te dit de faire. T'as peur de mourir ?
09:33 Tu penses à ta famille qui voit cette vidéo, à tes amis ?
09:37 Oui. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas pleuré,
09:42 bien que j'avais la gorge nouée.
09:45 Je savais que ma mère allait voir cette vidéo.
09:49 Je demande qu'on me fasse revenir dès que possible à la maison,
09:54 voir ma famille, mes frères.
09:57 Je crevais d'envie de pleurer.
10:00 Putain, ils sont en train de faire une vidéo avec moi, le Hamas.
10:04 On n'a pas le droit de pleurer.
10:07 Parce que si tu pleures, on va t'envoyer Dieu sait où.
10:13 Voilà, on tient tête.
10:18 N'oublie pas que tu es enlevée par le Hamas, tu es prisonnière du Hamas.
10:23 Ce sont tes ennemis et tu dois rester solide, forte.
10:28 Jusqu'à présent, je reste dans un état de système de survie.
10:33 Donc, ça m'est très difficile de ressentir des émotions.
10:38 Mia a compris qu'on utilisait cette vidéo pour de la propagande.
10:48 Peu importe ce qu'il lui arrivait.
10:54 À la seconde où ils ont arrêté de filmer,
10:59 le médecin est sorti de la pièce.
11:02 Il ne s'est plus occupé de moi.
11:05 C'est moi qui me changeais les pansements,
11:08 qui me nettoyais les blessures et qui commençais un peu de physiothérapie.
11:13 On t'a dit ?
11:17 La main était gonflée comme ça, blanche, froide.
11:24 J'ai commencé à...
11:27 Je ne sais pas, je ne suis pas médecin, je ne savais pas exactement quoi faire.
11:31 Mais la raison disait, bon, il faut la bouger.
11:37 Tout le monde n'aurait pas agi de la même manière ?
11:40 Je ne sais pas.
11:41 Surtout quand il y a des douleurs terribles.
11:43 Je voulais ma main.
11:45 Une semaine après, j'ai vu ma mère, au cours d'une conférence de presse,
11:50 il y avait la télévision dans cette maison,
11:53 ce sont des vidéos qui revenaient sans cesse sur Al Jazeera.
11:57 Le terroriste m'a dit, viens voir, pour me préparer.
12:03 Ou pour me faire du mal.
12:05 Pas pour me dire, regarde comme elle parle dans une interview.
12:10 Tout ce que je demande aux dirigeants du monde, c'est de faire revenir mon bébé à la maison,
12:17 exactement dans l'état où je l'ai vu hier à la télé.
12:21 J'arrive, je vois ma mère six secondes à la télé,
12:26 mais ça m'a suffi de voir son regard, sa force.
12:35 Et c'est tout.
12:37 Ça m'a donné beaucoup de force.
12:41 J'ai vu ma mère forte, et j'ai dit, qui suis-je moi pour être brisée ?
12:48 Tout va bien.
12:50 Elle n'a pas été brisée, en dépit de la situation dans laquelle elle était maintenue.
13:00 Je ne parle pas.
13:02 Et si je parle, je dois chuchoter.
13:04 Pourquoi ?
13:05 Parce qu'il y a un Zinane, c'est-à-dire, vous savez, c'est un avion sans pilote.
13:19 On a perdu le sens de l'heure, du temps.
13:23 Tu as pu dormir ? Non.
13:25 Je n'ai pas dormi pendant 54 jours, peut-être une heure, la nuit.
13:30 Mais comment est-ce que tu peux dormir quand un terroriste te regarde, qui te mange les yeux ?
13:41 Ta mère est avec toi maintenant, elle s'occupe de toi, elle te lave.
13:44 Comment tu fais ?
13:46 Je ne me suis pas lavé pendant toute cette période.
13:50 Tu ne t'es pas lavé pendant 55 jours ?
13:52 Non.
13:53 Je n'ai pas reçu de médicaments.
13:57 Tu as mangé là-bas ?
13:59 Parfois.
14:00 Qu'est-ce que ça veut dire ?
14:02 Qu'est-ce que ça veut dire ?
14:06 Sa femme haïssait, détestait le fait que j'étais seul avec lui dans cette chambre.
14:10 Donc elle se jouait, elle s'amusait de moi.
14:13 Elle nous apportait des repas, enfin elle lui apportait à elle un repas, et moi elle ne m'apportait pas.
14:19 Et quand elle rentrait dans la pièce...
14:27 Il n'y avait pas de proximité avec elle.
14:33 Elle avait vraiment un regard méchant, mauvais, elle était méchante.
14:39 Je me disais, c'est ce que j'ai, c'est ce qu'il y a.
14:47 Pendant 3-4 jours je ne mangeais pas.
14:51 Elle s'amusait de moi.
14:53 Elle parlait de moi, avec lui.
14:59 Avec des tas de trucs comme ça...
15:04 "C'est pas ses vrais cheveux"
15:07 Elle disait ça en arabe.
15:08 Et tu as compris ?
15:09 Oui.
15:14 Tu as eu quelques relations avec la personne qui t'a enlevée ?
15:20 Oui, j'avais très peur d'être violée, c'était ma plus grande peur.
15:26 Je craignais que quelque chose...
15:29 Que se passe quelque chose.
15:32 J'ai commencé à lui parler des problèmes avec sa femme.
15:36 Et qu'est-ce qu'il t'a raconté ?
15:37 Qu'il n'aimait pas.
15:45 Les enfants étaient avec toi ? Ils sont rentrés, sortis ?
15:49 Non, les enfants rentraient parfois dans la pièce pour me regarder comme si j'étais un animal qu'on poursuivait.
15:56 Et une fois un enfant est rentré dans la pièce avec des bonbons qu'il a apportés à son père.
16:05 Il est venu à côté de moi, il a ouvert le petit sac, il l'a refermé et il est reparti.
16:12 Comme tu vois, c'est ça, c'est de la méchanceté pure.
16:17 Ce sont des familles du Hamas, ce sont des enfants qui, à partir du moment où ils sortent,
16:25 on leur apprend qu'Israël c'est la Palestine.
16:28 Voilà, c'est juste, on leur apprend à haïr les Juifs.
16:34 Mia est enfermée dans une pièce en dehors de la guerre.
16:39 Après une semaine, Sahal frappe dans la région où elle est détenue.
16:44 Ils ont bombardé toute la région où j'étais.
16:48 Les fenêtres de la maison se sont brisées.
16:52 La maison a vraiment volé en éclats et moi j'étais assourdie pendant trois jours.
16:58 Et moi je suis dans la maison et je me suis dit, cette prière, écoute Israël,
17:04 si je ne suis pas morte vendredi, alors je serai vivante.
17:09 J'ai fait confiance à l'armée.
17:12 Tu espérais qu'ils viennent te chercher ?
17:14 J'ai espéré.
17:17 Il y avait une fenêtre dans les toilettes.
17:23 Je savais que la vidéo sur laquelle j'étais a été diffusée.
17:27 Je le savais.
17:29 On ne voit pas dans le film ce tatouage.
17:38 Mais il y avait une fenêtre et chaque fois que j'étais dans cette fenêtre,
17:44 je sortais mon bras pour qu'on voit que j'étais là.
17:50 J'étais sûre, sûre, sûre.
17:52 Tu as sorti tes doigts comme ça par la fenêtre ?
17:54 Oui.
17:55 J'essayais de faire des choses pour me sauver.
18:00 Je me parlais en hébreu, peut-être que quelqu'un m'entendra.
18:03 Peut-être qu'il y a des écoutes.
18:05 Qu'est-ce que tu te disais ?
18:07 Mon Dieu, s'il te plaît, sors-moi d'ici.
18:12 Mia, Shem, c'est moi, Mia Shem, c'est mon nom.
18:17 Tu as des hobbies ?
18:19 Oui, j'aime bien les tatouages, j'aime bien cuire.
18:22 Tout ce qui est lié aux mains.
18:27 Aujourd'hui, j'ai réussi à lever la main toute seule, le bras toute seule.
18:31 Oui, je suis un chef, Asaf a coupé ce qu'il fallait couper, et moi j'ai fait la cuisine.
18:45 Vraiment, je me soigne comme ça.
18:53 Quand on m'a fait passer de maison en maison pendant la semaine des bombardements,
19:02 on est passé une fois dans une maison où j'étais avec quatre terroristes, seuls.
19:06 Qui étaient vraiment le visage caché avec des kalachnikovs.
19:12 Et moi j'étais assise, apeurée.
19:15 Et je leur ai demandé s'ils avaient faim.
19:19 Ils m'ont dit "oui".
19:20 J'en ai envoyé un au marché, je lui ai dit d'acheter quelque chose.
19:24 Et je leur ai fait la cuisine.
19:28 Alors ils m'ont appelé "M.Sultan".
19:31 Et ils m'ont regardé avec un regard différent.
19:36 Ils sont vraiment, ils se reconnaissent, une femme qui s'occupe d'eux, qui leur fait la cuisine.
19:43 Quand est-ce que tu es arrivé dans les tunnels ?
19:53 Les cinq derniers jours, avant que je sois rentrée en Israël.
19:59 Tout d'abord, on m'a descendu dans les tunnels, j'ai compris que je ne sortirais plus de là.
20:07 C'est 50, 60, 70 mètres peut-être sous terre, sans air, sans nourriture, avec une blessure ouverte.
20:21 De toute façon, il n'y a pas de soins médicaux.
20:25 Ça fait peur.
20:29 C'est à ce moment-là que j'ai été séparée de la personne qui m'a enlevée.
20:35 Je suis arrivée dans un autre endroit, dans le tunnel.
20:38 Là, c'était des gens d'un grade supérieur du Hamas.
20:42 Tu as rencontré d'autres personnes qui avaient été enlevées ?
20:45 Oui. Je ne peux pas trop en parler.
20:51 J'ai rencontré pendant les cinq derniers jours dans les tunnels, j'ai rencontré d'autres personnes qui ont été enlevées.
20:58 C'est comme être dans une pièce de 2,50 mètres sur 2,50 mètres.
21:05 C'est comme être dans un tunnel sans air, avec une pita par jour.
21:11 Ça te donnait de l'espoir de rencontrer d'autres personnes enlevées ?
21:16 D'un côté, on respire parce qu'on voit d'autres Israéliens.
21:25 De l'autre côté, c'est beaucoup plus difficile de rester optimiste et d'avoir des pensées positives.
21:37 Parce que beaucoup ont déjà perdu tout espoir.
21:40 Tu as parlé avec eux ?
21:42 Bien sûr, on a parlé.
21:46 C'est comme rencontrer quelqu'un qu'on connaît.
21:49 On respire, on voit des Israéliens.
21:55 On m'a dit qu'on ne sortirait pas d'ici.
22:00 Beaucoup ont perdu l'espoir.
22:03 C'est difficile d'être optimiste.
22:10 Dans toute la période où j'étais prisonnière, j'ai pensé à aller à la soupe, à un shampoing, à me caresser les cheveux.
22:21 Tout ce que j'ai rêvé, je l'ai maintenant. Je suis rentrée à la maison.
22:28 Quand est-ce que tu as su que tu sortais ?
22:29 Cinq minutes avant.
22:31 Ils m'ont dit "Israël".
22:33 Ils m'ont dit "tomorrow, Israël".
22:41 J'attendais le lendemain.
22:43 Je me levais le matin, j'attendais qu'il se passe quelque chose.
22:48 Et puis il m'a dit "comme Gilad Chalit".
22:52 Un an, deux ans, trois ans.
22:55 Ça te brise.
22:58 C'est une mentalité.
23:03 Alors comment on reste en bonne santé mentale ?
23:12 C'était vraiment limite.
23:14 Je suis sortie à temps.
23:16 J'étais à la fin de mes forces.
23:21 J'y ai pas cru jusqu'au moment où ils m'ont amenée au véhicule de Sahal,
23:28 que je suis sortie de la frontière de Gaza et que je suis rentrée sur le territoire israélien.
23:33 J'y ai pas cru.
23:39 Les gens étaient très gentils.
23:42 Ils m'ont poussé une caméra vers la figure juste avant de monter dans la voiture de la Croix-Rouge.
23:50 "Dis qu'on sait bien s'occuper de toi.
23:53 Dis que les gens de Gaza sont gentils, ils sont bons."
23:56 Qu'est-ce que tu veux que je dise ?
23:59 Que je commence à les injurier ?
24:04 La nourriture était bonne, ils étaient gentils.
24:09 Et quand on laisse les autres là-bas et qu'on t'emmène toi,
24:13 ça me sort pas de la tête jusqu'à maintenant.
24:34 Sortir de là-bas et demander pardon pour être sortie de là-bas.
24:44 Se sentir coupable parce que derrière toi il y a encore des gens qui sont derrière,
24:49 qui te disent "Mia, s'il te plaît, ne nous oubliez pas."
24:56 Se sentir coupable et dire "Je suis désolé, je suis désolé, je regrette de partir et de vous laisser là."
25:04 C'est pour ça que je ne peux pas encore être entière avec cette liberté.
25:12 Il y a encore là-bas et moi je sais ce que c'est que d'être là-bas.
25:19 Toute la journée c'est dans ma tête comme ça, toute la journée, tous les jours.
25:26 Ça ne me lâche pas.
25:29 (Cris de la foule)
25:57 Tu es avec nous.
26:00 Tu es là.
26:02 Je n'y ai pas cru.
26:05 Je n'y crois pas encore aujourd'hui.
26:07 Je suis là toute seule et je me dis...
26:10 Je n'y crois pas que ce soit fini.
26:14 Je n'y crois pas que j'ai un bras.
26:16 Je suis là avec ma famille.
26:20 C'était un rêve tellement lointain.
26:23 Lointain.
26:27 Comme un film.
26:30 Je suis arrivée à l'hôpital de Tel-Achomer.
26:34 J'ai vu ma petite soeur, mon père.
26:38 Vous savez ce que c'est d'être sous terre, blessée, fatiguée mentalement.
26:51 L'horreur.
26:54 Soudain, d'un côté à l'autre, être reçue, soudain, avec tellement d'amour.
27:01 Pas seulement de ma famille, mais tout le monde.
27:04 C'est dingue.
27:06 Parce que là-bas je n'étais rien.
27:08 J'étais comme une bête dans une cage.
27:18 Et soudain, arriver d'être comme une héroïne.
27:23 Vraiment, c'est extrême.
27:26 On t'aime.
27:28 On peut voir le nouveau tatouage ?
27:36 "We will dance again."
27:39 "Nous danserons à nouveau."
27:41 C'est très émouvant.
27:46 Merci.
27:48 Merci.
27:50 Mia est embrassée, enlacée.
27:55 Et après quelques temps à l'hôpital,
28:00 elle doit récupérer son bras.
28:03 Et aussi récupérer mentalement.
28:06 A chaque instant, quelque chose de nouveau se produit.
28:12 Elle a eu une crise d'épilepsie dingue.
28:16 Voilà, c'est le cadeau additionnel qu'elle a reçu.
28:21 Et chaque jour, il y a quelque chose de nouveau.
28:24 Elle était épileptique ?
28:26 Non, personne n'était épileptique dans la maison.
28:29 Et tout ce traumatisme ?
28:31 Elle n'a pas dormi.
28:33 Elle a eu une crise d'épilepsie ?
28:36 Oui.
28:40 Désolé de vous déranger,
28:43 mais je suis la physiothérapeute.
28:46 Allez, au travail.
28:49 Vers le haut, comme ça.
28:53 Encore, encore, encore.
28:56 Reste comme ça.
28:58 Attention, je te lâche.
29:00 Lâche-moi, lâche-moi.
29:02 Mais je t'ai lâché, je ne te maintiens pas.
29:05 C'est tout toi.
29:07 Très bien.
29:09 Qu'est-ce que vous dites ?
29:11 Étonnant.
29:13 J'étais optimiste.
29:15 Et j'ai pu me lever.
29:18 J'étais optimiste pendant toute la période que j'ai passé là-bas.
29:22 L'optimisme et des pensées positives.
29:25 Et si ceux qui sont encore là-bas t'entendent,
29:33 qu'est-ce que tu veux leur dire ?
29:36 Soyez forts.
29:39 Tenez-vous encore un peu.
29:45 Très bientôt, vous sortirez.
29:48 C'est tout.
29:53 Sous-titrage ST' 501
29:57 Sous-titrage ST' 501
30:00 [Musique]
30:03 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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