00:00 -Se réunir pour essayer de se reconstruire.
00:05 Ces femmes ont toutes perdu un mari sur le front.
00:08 Elles se retrouvent tous les 15 jours.
00:11 Plusieurs mois après la mort de leurs époux,
00:14 le traumatisme est encore trop présent pour ces veuves.
00:16 -J'ai tout le temps avec moi quelque chose qui appartenait à mon mari.
00:20 Parfois, c'est une photo.
00:22 Mon mari s'appelait Igor, il avait 37 ans.
00:25 Je porte aussi nos alliances ou ses vêtements.
00:28 Aujourd'hui, j'ai un de ses T-shirts militaires.
00:30 En faisant ça, j'ai l'impression qu'il est encore près de moi.
00:34 Applaudissements
00:36 -Nous vivons toutes la même peine, cela nous unit.
00:41 L'association et les bénévoles nous aident beaucoup.
00:44 Ils nous soutiennent mentalement, il y a des psychologues.
00:47 L'atmosphère est réconfortante.
00:49 -Pour ces veuves de guerre, en plus du deuil,
00:52 il faut affronter tous les problèmes administratifs et financiers.
00:57 En avril dernier, Yana a dû fuir sa région prorusse
01:00 avec ses 4 enfants.
01:01 Un an qu'elle se bat avec l'Etat
01:03 pour obtenir la pension militaire de son mari.
01:06 -Regarde combien c'est, c'est beau, non ?
01:09 Nous avons tous les certificats attestant qu'il est mort au combat,
01:13 mais ils veulent que je prouve que j'étais bien sa femme légitime.
01:18 Je reçois seulement 22 euros par mois de la part de l'Etat
01:22 pour ma dernière fille, et je touche 300 euros
01:25 car je suis une réfugiée.
01:27 Nous essayons de survivre grâce à cet argent.
01:30 -Malgré le chagrin, ces femmes sont bien obligées d'avancer,
01:36 pour leurs enfants, pour elles, et pour ne pas sombrer.
01:39 -Difficile d'estimer combien de femmes se retrouvent désormais seules,
01:43 car même si des lieux de mémoire aux soldats morts
01:46 sont installés partout dans le pays,
01:48 l'Ukraine reste discrète sur ses pertes,
01:51 et certaines veuves n'ont toujours pas pu récupérer le corps.
Commentaires