00:00 j'ai été victime de viol notamment,
00:02 les hommes prennent effectivement moins la parole.
00:03 Je pense que dire "j'ai été victime de",
00:06 "j'ai été victime de viol notamment",
00:08 c'est quelque chose en fait qui est inatteinte à la virilité.
00:11 Et moi je l'ai bien vu d'ailleurs dans les premières réactions,
00:12 certains ont pu me dire "ben attends quand même,
00:14 t'étais grand, t'étais machin, mais je comprends pas",
00:17 et que c'est toujours le même mécanisme de sidération en fait,
00:19 on peut faire 2 mètres, 3 mètres, ce qu'on veut, etc.
00:21 On a l'impression de ne plus appartenir à notre corps.
00:23 Donc oui c'est difficile pour un homme de prendre la parole,
00:25 c'est s'exposer à des risques,
00:26 au sens où on vous regarde plus pareil,
00:28 ou sinon on a l'impression de n'être plus que ça.
00:30 La société doit changer par rapport à ça,
00:32 ça fait partie du gros du boulot,
00:33 c'est-à-dire que c'est inacceptable que 9 fois sur 10,
00:35 les personnes tournent la tête quand un enfant parle.
00:37 Et je le rappelle quand même,
00:39 si culturellement on a du mal à le faire,
00:40 appliquons la loi.
00:41 Il y a une loi, c'est la non-dénonciation de crime,
00:44 et dans ces cas-là, pourquoi est-ce que dans les tribunaux,
00:46 on ne condamne pas plus pour cette non-dénonciation ?
00:49 Parce qu'il y a l'effet de prescription,
00:50 et parce que tout simplement, bien souvent en fait,
00:52 les plaintes ne sont pas prises pour des questions de non-dénonciation,
00:54 puisque au niveau de la famille,
00:57 on oppose bien souvent ce qui est faux,
00:59 et ce qui est contestable juridiquement,
01:01 ce qu'on appelle l'immunité familiale,
01:02 un concept hallucinant dont on parle assez peu,
01:06 c'est l'immunité familiale,
01:07 parce qu'une famille pourrait gérer elle-même,
01:10 rester dans son jeu,
01:11 et donc avoir d'une certaine manière sa propre justice,
01:13 celle du patriarche.
01:14 Et ça, moi, ça m'est insupportable.
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