00:00 Le Conseil départemental de l'ERO a adopté son budget 2024 hier.
00:04 Quoi, on va parler argent quand même !
00:05 Vous frottez les mains, mais il n'y a pas que de bonnes nouvelles !
00:08 On aurait envie de savoir un peu comment ça s'est passé, ça a donné quoi Cyril Meunier,
00:11 maire de Latte et président de la Commission Finance au Conseil départemental de l'ERO,
00:14 était avec nous dans le studio.
00:15 Bonjour Cyril Meunier, merci d'être venu nous rejoindre.
00:18 Le Conseil départemental dont vous présidez la Commission Finance a effectivement voté
00:21 son budget 2024 hier après deux jours et demi de débats et de discussions.
00:25 Bon, il n'y a pas eu de polémique, le budget a été adopté.
00:29 Majorité confortable au Conseil départemental.
00:32 Son montant, on va éviter de donner trop de chiffres, mais c'est important quand même,
00:35 1,8 milliard d'euros, mais un budget qui doit faire face, je dirais un peu comme tous les ans,
00:40 à une baisse des recettes, une augmentation des dépenses.
00:43 Est-ce que c'est un peu plus grave que d'habitude là ?
00:45 Grave, je ne sais pas si c'est le mot, mais plus net en tout cas.
00:49 On va dire c'est tendu.
00:50 On va dire c'est tendu.
00:52 Déjà, si vous voulez que j'éclaire un peu, mais je ne vais pas donner de chiffres.
00:54 Je vais juste expliquer ce que fait le Conseil départemental,
00:57 parce que les gens ne comprennent pas forcément, ils ne le savent pas forcément.
01:00 Le Conseil départemental, 60% de ses dépenses, c'est des dépenses sociales.
01:04 C'est-à-dire toute l'aide qu'on apporte aux personnes au senior,
01:07 toute l'aide qu'on apporte aux personnes handicapées,
01:09 et toute l'aide qu'on apporte aux personnes qui sont en recherche d'emploi avec le RSA par exemple.
01:13 C'est nous qui gérons ces fonds.
01:14 Ces fonds, on les gère pour le compte de l'État principalement.
01:17 Et aujourd'hui, 60% de ce budget, il est lié à des obligations que l'État nous donne
01:24 de nous occuper des personnes qui, sur notre territoire départemental, ont besoin de ces aides.
01:28 Alors, on le fait évidemment de bon cœur, parce que quand on est conseiller départemental,
01:32 c'est avant tout pour aménager le territoire et pour aider les personnes qui en ont besoin.
01:37 Le problème qui se pose à nous, c'est que quand on regarde depuis 2018,
01:40 quand on nous avait dit, on vous transfère, quand l'État avait dit au département,
01:44 on vous transfère ces responsabilités sociales, et on vous remboursera à l'euro près
01:50 ce que vous allez dépenser pour aider nos concitoyens français qui habitent sur votre territoire,
01:53 eh bien, on se rend compte que depuis 2018, il nous manque à peu près les 1,8 millions dont vous venez de parler.
02:00 C'est-à-dire l'équivalent d'un an de budget.
02:03 C'est-à-dire qu'en 5 ans, on aura fait la même chose, voire même mieux,
02:07 parce qu'on a une politique très agressive en matière d'aide aux personnes,
02:12 on aura fait la même chose avec un budget de moins.
02:16 Donc, quand je vous dis que ce n'est pas grave, ce n'est pas grave, parce qu'on gère bien.
02:21 Avec le président Clément Miskila et l'ensemble de la majorité, avec un soutien, vous l'avez dit, il n'y a pas de débat,
02:27 on discute avec les élus de Béziers, un peu sur l'aide à deux ou trois associations
02:34 qui aident les personnes qui traversent malheureusement la Méditerranée,
02:37 on discute des MNA, on discute de deux ou trois trucs,
02:40 mais sur le reste, il y a une unité de tous les conseillers départementaux pour aider les personnes en difficulté.
02:47 - Je vais donner deux ou trois chiffres pour que les gens se rendent compte,
02:49 464 millions pour les seniors et les personnes en situation de handicap,
02:52 280 millions pour les personnes au RSA, 219 millions pour soutenir les familles et protéger les enfants.
02:58 Vous dites que l'État n'a pas respecté ses engagements, puisqu'il aurait dû avoir un transfert de charges.
03:03 Est-ce que c'est vraiment étonnant quand on entend Emmanuel Macron dire
03:06 « de toute façon, on consacre un pognon de dingue aux prestations sociales, finalement ».
03:09 C'est assez logique, non ?
03:11 - Je ne sais pas si c'est logique. Encore une fois Emmanuel Macron, oui, mais les autres non plus avant.
03:18 Parce que ça a démarré bien avant Emmanuel Macron.
03:21 Je crois que l'État aujourd'hui fait deux choses.
03:23 La première chose, et c'est important en termes de finances,
03:26 c'est qu'il s'est défaussé sur les collectivités locales, en particulier sur les départements, pour cet aspect-là.
03:32 Et le deuxième aspect qui est important également, c'est que petit à petit,
03:36 comme on a perdu la possibilité de percevoir l'impôt,
03:39 le département ne perçoit plus l'impôt.
03:42 Il est payé aujourd'hui sur des compensations que l'État lui donne,
03:46 de l'ancienne taxe foncière sur la valeur ajoutée, c'est-à-dire la TVA,
03:50 ce que vous payez quand vous allez acheter n'importe quel bien aujourd'hui.
03:54 Alors pour l'instant ça va pas mal, parce que comme il y a de l'inflation, la TVA est élevée.
03:58 Mais on ne sait pas ce qui nous arriverait si, malheureusement,
04:01 on avait une baisse de la consommation, une décroissance.
04:03 - Donc baisse des recettes d'augmentation de dépenses, baisse des recettes,
04:06 donc vous dites qu'il y a un peu l'État qui ne tient pas ses promesses.
04:09 Mais il n'y a pas que ça aussi, je crois, parce qu'en fait vous pâtissez
04:12 de la crise du secteur immobilier en ce moment,
04:15 parce que, ce que peu de gens savent d'ailleurs,
04:17 une grande partie des transactions immobilières,
04:19 et notamment de ce qu'on appelle les frais de notaire,
04:21 vont aussi dans les caisses du département.
04:23 Mais comme en ce moment en achètement on vend moins, à cause de l'inflation notamment,
04:27 et des taux d'intérêt, du coup c'est de l'argent moins pour le département, c'est ça ?
04:30 - Bah écoutez, la prochaine fois que je présente le budget,
04:32 je vais vous le prendre, parce que vous l'expliquez très bien.
04:35 - Et puis nous, si on peut se débarrasser de Guillaume ?
04:37 - Ah bon, bah écoutez, je sais pas,
04:39 moi vous savez je suis responsable des finances,
04:41 donc vous me paierez pour vous débarrasser de Guillaume.
04:43 - C'est vraiment un problème du coup, c'est devenu un problème.
04:46 - C'est plus qu'un problème.
04:48 Aujourd'hui c'est un problème qui va nous toucher à différents niveaux,
04:51 vous, nous, les collectivités locales.
04:53 Vous l'avez très bien dit,
04:55 quand on paye, on va le dire avec des mots que les gens comprennent,
04:58 quand on paye des frais de notaire,
04:59 quand on achète quelque chose,
05:01 quand on fait une transaction immobilière sur du foncier,
05:04 ou sur un bâtiment,
05:06 il y a une partie de ces frais, la plus grosse partie,
05:08 part au département, l'autre part sur les communes,
05:10 les intercommunalités, mais on n'est pas là pour parler de ça.
05:12 Et donc ce budget, cet argent qui nous est donné
05:16 par les frais de notaire, c'est à peu près
05:18 une vingtaine de pourcents de notre budget global.
05:20 - Tout de même.
05:21 - Je vous rappelle tout à l'heure que c'est énorme.
05:23 Donc là aujourd'hui, on se rend compte que
05:26 l'immobilier se casse la figure, on voit qu'il n'y a plus rien qui se vend,
05:29 il y a une politique du logement au niveau national qui est catastrophique,
05:32 les gens ont peur d'acheter parce qu'on ne se le dit pas,
05:35 mais tout un chacun est inquiet par la situation internationale,
05:39 on revient traumatisés du Covid, etc.
05:41 Les gens épargnent mais ils n'achètent plus l'immobilier,
05:44 et puis il y a sûrement eu des excès dans les prix, etc.
05:47 Donc moins il y a de transactions, moins il y a de frais de notaire,
05:50 moins on a d'argent. Et ça pour nous, c'est quand même assez grave.
05:52 - Et ce manque à gagner, là, vous l'avez évalué,
05:54 en espèce sonnante et trébuchante, comme on dit ?
05:56 - Écoutez, sur une année normale qu'on aurait pu attendre,
05:59 on imagine qu'on va perdre entre 50 et 75 millions d'euros,
06:02 donc on l'a prévu au budget.
06:04 Mais ce que je voulais dire, il faut quand même finir par une note positive,
06:07 1) on continue à aider les gens, et en particulier,
06:10 on a une baisse des dépenses liées au RSA,
06:13 parce qu'on a une politique d'insertion exemplaire dans le département de l'Hérault,
06:16 on est un des seuls départements de France à avoir une politique d'insertion
06:19 des personnes qui sont en difficulté, très active,
06:22 qui permet d'avoir une baisse sur le versement du RSA,
06:25 ça c'est une bonne nouvelle, et surtout, surtout,
06:28 on n'a pas arrêté d'augmenter notre politique d'investissement
06:32 auprès des entreprises, d'aide à la création et d'aide aux communes,
06:36 parce que le département de l'Hérault est la seule collectivité,
06:39 la première collectivité qui aide les communes de l'Hérault
06:42 pour aménager votre quotidien.
06:44 - On a encore un petit peu de temps, donc je voudrais quand même vous poser cette question,
06:47 si cette situation dure, perdure, voire s'aggrave,
06:49 est-ce qu'il y a des choses auxquelles le département devra renoncer demain ?
06:52 Alors les prestations sociales, on sait que c'est compliqué,
06:54 on ne peut pas y renoncer, mais je ne sais pas moi,
06:56 les routes ou la défense de l'environnement,
06:59 parce que le budget ne vous le permettra plus ?
07:02 - On en est loin, parce que le département de l'Hérault est bien géré,
07:06 et puis il faut le dire, on a un apport de population,
07:09 on a une dynamique ici, vous avez parlé toute la matinée
07:12 de la capitale européenne de la culture,
07:16 mais il faut quand même se rappeler qu'on voit arriver sur Montpellier
07:19 un potentiel extraordinaire lié aux industries de l'audiovisuel,
07:26 avec PIC Studio, avec France Télévisions qui augmente ses studios,
07:30 avec les grandes écoles qu'on a qui sont au niveau national et international,
07:34 sur Béziers, sur l'Ouest, on a tout l'hydrogène qui arrive,
07:39 et on a une vraie activité touristique et autre.
07:42 Donc on est plutôt bien, mais il faut être très très prudent,
07:46 il faut faire confiance à la majorité de Clermont-Mesquida pour y faire attention.
07:50 - En 30 secondes, capitale européenne, vous êtes déçu, pas surpris j'ai l'impression,
07:54 mais déçu comme tout le monde ?
07:56 - Je vais dire pas surpris, parce que je pense que c'est un challenge
08:02 qu'on donne au territoire où on pense que la culture peut devenir un moteur.
08:09 - Qui en ont besoin en fait, c'est simple.
08:11 - Peut-être besoin, je ne sais pas.
08:12 - Moi je ne suis pas déçu, vous savez pourquoi ?
08:14 Parce qu'enfin Montpellier est revenu, grâce à Michael De La Fosse.
08:18 Enfin Montpellier est revenu au niveau national et européen,
08:21 après des années de disette.
08:23 Et aujourd'hui, on arrive dans les derniers sur un appel d'offres européen,
08:28 on est pris dans les 4 derniers, dans un temps record,
08:31 et puis la deuxième chose qui me ravit,
08:33 c'est qu'on a travaillé avec l'ensemble des collectivités et des villes autour.
08:36 Et ça, il ne faut pas qu'on l'oublie, parce qu'on a fait une très belle candidature,
08:40 bravo à tous ceux qui l'ont portée, bravo à Michael De La Fosse,
08:43 bravo à François Commen, bravo à tous les autres présidents et présidentes.
08:47 Et il faut bâtir dessus un vrai territoire de projet dans tous les domaines.
08:52 - Merci Cyril Meunier, maire de Lattes,
08:54 et président de la commission des finances au conseil départemental
08:56 d'être revenu dans le CISSOF ce matin, merci à vous.
08:58 - Et vous pouvez réécouter cette interview, comme toujours, en allant sur francebleu.fr
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