00:00 Je vais vous expliquer quelque chose sur la vie de ma société.
00:02 Parce qu'il faut que vous compreniez une chose.
00:04 Sexualiser la vie d'une entreprise.
00:06 Ça fait 20 ans que j'ai mon entreprise.
00:08 Les gens qui sont dedans, j'ai des gens qui sont avec moi depuis 18 ans.
00:11 J'ai des gens qui ont commencé stagiaires,
00:13 qui aujourd'hui sont patrons de leur entité.
00:17 Ça fait 8 ans qu'ils sont chez moi.
00:19 J'ai des gens qui, chaque année, sont heureux de retravailler avec moi.
00:22 Les postes clés de mon entreprise sont des femmes.
00:25 - Pardon, c'est un bruit. - Mais c'est incroyable !
00:27 - Mais vous ne répondez pas à ma question. - Comment voulez-vous sexualiser une entreprise
00:32 quand la directrice administrative et financière est une femme ?
00:35 Quand la productrice de mon émission est une femme ?
00:38 Sébastien Coué, je ne parle pas des femmes qui vous entourent.
00:40 Je parle de témoignages de femmes qui, pour certaines,
00:43 viennent assister à vos émissions et décrivent...
00:46 Encore une fois, je vais citer...
00:47 Pardon, je vais utiliser le mot qui est cité dans l'article de Libération.
00:51 Je parle d'un comportement de prédateur sur le fait d'utiliser
00:54 une forme d'ascendant d'emprise sur ces femmes pour se rapprocher d'elles.
00:59 - Monsieur Duhamel, une émission de radio qui est captée par des caméras,
01:06 avec des micros, avec 50 personnes dans un studio
01:11 qui est trois fois plus petit que le vôtre,
01:14 comment pouvez-vous imaginer une seconde
01:18 qu'on puisse avoir un rapport de prédateur, comme je l'entends ?
01:22 Comment pouvez-vous imaginer une seconde
01:25 que l'on puisse faire une remarque déplacée à quelqu'un
01:28 sans que cela s'entende par le public et par les micros et les caméras ?
01:34 Vous savez que lorsque j'ai fait des centaines de one-man,
01:38 j'ai fait des autographes à chaque fois, jamais seul.
01:42 Vous savez que je prends un soin particulier
01:45 et je pense qu'à l'inverse, là, vous auriez des milliers de témoignages,
01:48 mais je pense que ceux-là vous intéresseront moins
01:50 qu'une anonyme qui parlera d'une porte fermée que personne ne peut vérifier.
01:54 J'ai un comportement exemplaire.
01:56 - Donc vous n'avez jamais eu,
01:58 vous n'avez aucun regret sur la façon dont vous avez pu vous comporter
02:01 avec certaines femmes ?
02:03 - J'ai un comportement exemplaire avec les gens avec qui j'ai travaillé.
02:08 S'il y avait eu un problème en 20 ans d'entreprise,
02:11 il y a un service qui s'appelle les prud'hommes.
02:14 Si vous avez un problème dans le travail,
02:17 vous allez au prud'hommes et vous dites harcèlement moral, sexuel.
02:20 Vous y allez.
02:21 Ça n'a jamais été mon cas pour mon entreprise.
02:25 Donc croyez-vous vraiment que c'est l'ambiance qui est décrite ?
02:28 - C'est en tout cas ces témoignages-là qui sont décrits,
02:30 qui montrent une forme d'avis de pouvoir.
02:32 - Mais vous êtes en train de tout mélanger.
02:34 Vous mélangez une accusation terrible,
02:37 honteuse, qui me fait pleurer tous les jours.
02:41 Tous les jours, M. Duhamel.
02:43 Je ne suis plus l'humoriste qui vous fait rire des millions de gens.
02:47 Chaque jour, je pleure comme un gamin.
02:50 Parce que vous voyez, j'ai honte.
02:53 J'ai honte que des gens puissent imaginer une seconde
02:58 que j'ai pu faire ce qui m'est reproché.
03:01 Je ne vous le souhaite pas, M. Duhamel.
03:03 Je vais vous expliquer quelque chose.
03:04 Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi.
03:09 Ce dont je suis accusé est absolument terrible.
03:14 Et là, vous venez mettre au même niveau...
03:17 - Pas du tout, Sébastien Coé.
03:18 - Pardon ?
03:19 - J'ai parlé de témoignages.
03:20 - On met au même niveau des témoignages de gens qui disent
03:24 "il m'a dragué dans un couloir".
03:25 Mais si, parce que c'est un petit peu ce que vous faites.
03:28 Vous ne vous rendez pas compte,
03:30 embrasser quelqu'un dans un studio ou dans un couloir,
03:33 c'est impossible.
03:36 Je vous le dis, je vous le réponds.
Commentaires