00:00 C'est très simple, mais je voulais effectivement profiter de cette soirée pour annoncer officiellement et publiquement
00:10 le fait que je ne serai plus dans le dispositif du sponsoring de l'équipe
00:16 et que je ne serai donc plus le président de l'équipe à partir de la saison d'année prochaine,
00:21 contrairement à ce qui avait été annoncé cet été quand j'ai pris ma retraite de directeur des ressources humaines du groupe Cofidis,
00:30 qui avait été annoncé que je continuerai.
00:32 Et en fait, non. C'est une décision que j'ai prise il n'y a pas très longtemps.
00:40 J'en ai fait part à Gilles, à Gilles Sorey, qui est le président de Cofidis le mois dernier.
00:45 Donc c'est une décision récente.
00:48 Alors oui, mais non. Et pourquoi ?
00:51 Quelques changements au sein de ce groupe et non des moindres. Parlez-nous de ça.
00:57 Oui, il y a un changement important qui va intervenir.
01:02 Un changement pour moi d'abord, parce qu'effectivement, j'ai pris la décision d'arrêter mon mandat de président de l'équipe Cofidis,
01:12 qui était un mandat que j'exerçais depuis 2007. Donc ça fait 17 ans, en fait, que j'étais président.
01:20 Mais là, j'ai pris ma retraite. J'étais DRH du groupe Cofidis.
01:26 Et puis j'ai pris ma retraite au 1er juillet.
01:28 Et j'ai considéré que je ne pouvais plus faire le pont entre l'équipe Cofidis et l'entreprise Cofidis,
01:35 puisque c'était un peu ça, en fait, ma mission première, c'était d'assurer le lien entre les deux,
01:42 puisque Cofidis est un acteur qui est engagé, qui est impliqué dans le sponsoring depuis sa création.
01:48 Et j'incarnais un peu cette volonté de la part de l'entreprise.
01:53 Mais n'étant plus salarié de Cofidis, je ne pouvais plus faire le pont, je ne pouvais plus faire le lien.
01:58 Et comme par exemple, je ne peux plus prendre la parole au nom de Cofidis vis-à-vis de l'équipe.
02:03 Une décision, je suppose, pas très simple à prendre, surtout après 17 années de bons et loyaux services, j'ai envie de dire.
02:10 Non, effectivement, ce n'était pas une décision facile à prendre.
02:16 Mais bon, depuis que je suis à la retraite, depuis cet été, en fait, j'ai eu le temps aussi d'y penser, de prendre du recul.
02:25 Et finalement, c'est une décision qui est récente, puisque j'en ai fait part à Cofidis le mois dernier.
02:33 C'est très, très récent. J'en ai échangé avec le président du groupe Cofidis, donc Gilles Sauret.
02:42 Je lui ai expliqué les raisons pour lesquelles je souhaitais arrêter. Il a bien compris.
02:47 Mais effectivement, j'aurais pu finalement rester dans l'équipe et puis quelque part faire un peu sans plan.
02:54 Mais j'aurais été dans une position que j'aime pas, que j'apprécie pas. Les choses n'auraient pas été claires.
03:00 Et donc, par honnêteté intellectuelle, j'ai préféré prendre cette décision, même si ce n'est pas une décision facile.
03:07 Comment résumer 17 années de Thierry Vuthu au sein de Cofidis ? Vous retenez quoi ?
03:14 S'il y a une chose à retenir, une, parce qu'il y a plein de choses, mais s'il y en a une que vous deviez retenir, ça serait laquelle ?
03:21 Moi, je peux résumer ça en un mot. C'est le mot "émotion".
03:26 Quand j'ai été nommé président en 2007, c'était un univers que je connaissais pas beaucoup, en fait.
03:34 Et je me suis dit, mais pour exercer mon mandat de président, la meilleure chose à faire, c'est de connaître cet univers de l'intérieur.
03:43 Et c'est la raison pour laquelle j'ai été sur des courses. Donc j'ai fait quelques courses en 2007, mais surtout 2008.
03:49 Et puis j'ai adoré ça. Vraiment, c'est un univers que j'ai découvert et que j'ai beaucoup apprécié.
03:58 C'est un univers qui est fait de passionnés. Donc c'est un univers passionnant. Et moi-même, je le suis devenu progressivement.
04:04 Et pourquoi ? C'est parce qu'on vit des émotions. Et je pense que le rôle, quand on est dans le sport de haut niveau, comme les Cofidis depuis 27 ans,
04:13 c'est de faire vivre des émotions à un public le plus large possible. Donc non seulement à nos fans, mais aussi au public au sens large.
04:22 Et moi, j'ai vécu ça de l'intérieur. J'ai eu la chance de vivre des émotions de dingue. La dernière en date, c'est cette année sur le Tour de France,
04:31 quand Victor Laffey gagne à San Sébastien. Moi, j'étais sur place. C'est un truc de fou, quoi. Donc moi, c'est les émotions.
04:40 Alors il y a des émotions moins sympas, évidemment. Je pense en particulier aux chutes. Mais moi, depuis 17 ans, j'ai vécu des émotions de fou, quoi,
04:51 et surtout des victoires. Alors ce qui est amusant, c'est que 2023, ce sera ma dernière année de présidence, et j'ai vécu deux victoires d'étape sur le Tour de France.
05:02 Ma première année de présidence, c'était 2008, et j'avais vécu deux années. J'ai vécu deux étapes également sur le Tour de France.
05:10 Donc d'une certaine manière, la boucle est bouclée.
05:13 C'est ça, je vais vous le dire, vous partez au bon moment parce que l'équipe Cofidis, en 2023, a retrouvé le chemin de la victoire sur le Tour de France. Ouf !
05:21 Oui, ouf ! Et puis bon, c'est pas non plus grâce à moi. C'est grâce à tout le travail qui est effectué par le staff de l'équipe.
05:29 Cédric en premier, et puis son staff, ses directeurs sportifs, directeurs de la performance, etc.
05:35 C'est grâce à eux qu'on a renoué avec la victoire. Effectivement, c'était attendu depuis un petit moment, puisque les victoires précédentes sur le Tour, c'était 2008,
05:45 avec Samuel Dumoulin et J.T. d'ailleurs, à Nantes, et puis également Sylvain Chavanel.
05:52 Et donc ça faisait 15 ans qu'on attendait après ça. Et cette victoire, la San Sébastien de Victor Laffey, ça a été un déferlement d'émotions,
06:04 et puis un grand soulagement aussi, parce que ça mettait fin à une dizaine de 15 ans.
06:09 Et on commençait à trouver le temps long, et donc ça a fait plaisir. C'est le bon moment d'arrêter.
06:14 Je ne sais pas s'il y a un bon ou un mauvais moment, et puis je suis surtout très confiant pour l'avenir.
06:20 Justement Thierry, on dit cette année, qu'est-ce qui fut le plus dur, finalement, à gérer ?
06:26 Est-ce que c'était facile ? Non, ce n'était pas facile tous les jours. Il y a quand même des responsabilités, il y a quand même des enjeux,
06:32 il y a quand même des objectifs à attendre. C'était quoi le plus délicat, justement, à attendre cette nouvelle victoire sur le Tour de France, par exemple ?
06:39 Oui, ça, ça a été dur. Ce qui a été dur aussi, c'est qu'on est passé en deuxième division, en Continental Pro.
06:47 Moi, je me souviens, j'étais là-bas, en Suisse, pour présenter le dossier, et j'ai bien senti qu'il y avait peu de chances pour qu'on continue à rester en World Tour.
06:59 Donc ça, ça a été un moment compliqué. Après, il y en a d'autres qui sont d'ordre humain, on va dire, avec des directeurs sportifs,
07:10 avec des managers généraux, avec des coureurs. Ça, c'est des moments qui sont compliqués à vivre,
07:16 qui provoquent aussi de l'émotion, mais qui n'est pas toujours agréable et pas toujours sympa.
07:21 C'est la vie, en même temps, c'est la vie d'une équipe. Donc moi, je retiens surtout le fait que j'ai vécu beaucoup, beaucoup,
07:30 beaucoup plus d'émotions positives que négatives. Et l'aventure de Coffee 10, elle continue. Donc c'est ça qui est hyper important.
07:39 Et comme dans toute aventure, finalement, il y a des hauts et des bas. Et moi, j'ai coutume de dire que quand on regarde, depuis 27 ans,
07:45 depuis l'engagement de Coffee 10, il y a beaucoup, beaucoup plus de hauts que de bas. Donc c'est une belle aventure.
07:51 Et on va continuer. Et Coffee 10 va continuer.
07:54 – Et que va devenir du coup Thierry Vithu ?
07:56 – Thierry Vithu, il va… En tout cas, Thierry Vithu, il ne veut pas faire une coupure totale avec cet univers
08:04 dont je viens de parler, que j'ai découvert et que j'apprécie beaucoup. Donc je ne veux surtout pas couper.
08:12 Donc c'est à moi de faire en sorte de garder le contact. Et il faudra que les uns et les autres pensent à m'inviter.
08:20 Et si on m'invite, je viendrai avec plaisir. Alors évidemment, Coffee 10, j'espère qu'on va m'inviter sur quelques courses.
08:26 D'ailleurs, j'en ai donné quelques-unes à Cédric, pour qu'il ne m'oublie pas.
08:31 Et puis, au-delà de Coffee 10, même dans l'univers du cyclisme, si je suis invité à droite à gauche,
08:37 je viendrai toujours avec plaisir. Et au-delà de l'invitation, d'ailleurs, si je peux rendre service en consacrant du temps,
08:45 puisque maintenant je vais en avoir, enfin, de pouvoir reconsacrer du temps pour un organisateur,
08:52 pour une course, pour faire quelque chose, je le ferai avec grand plaisir. Et puis, si je peux aussi,
08:58 et ça, je l'ai dit à Coffee 10 et je l'ai dit à Cédric, si vous voulez avoir un regard, un conseil, un éclairage particulier,
09:07 et que vous me faites appel à moi, je répondrai favorablement et avec grand plaisir.
09:11 Votre successeur, on le connaît ou pas encore ?
09:14 Non, alors, ce n'est pas à moi d'en parler. Mais d'après ce que je sais, je ne serai pas remplacé en tant que tel.
09:20 Mais il y aura une autre organisation qui sera mise en place.
09:24 Si je vous dis, Thierry, que l'équipe Coffee 10 est quand même sur de bons rails, là, maintenant.
09:29 Oui, oui, oui, tout à fait. Elle est sur de bons rails et elle est entre de bonnes mains.
09:35 C'est ça, moi, qui me rend optimiste pour le futur, parce que Cédric est la bonne personne au bon endroit, au bon moment.
09:45 Et il est bien épaulé, il est bien encadré, moi, par les directeurs sportifs que je connais, le staff, et même dans l'équipe,
09:53 au-delà des directeurs sportifs, il y a beaucoup de personnes, de personnel, de kinés, de mécanos,
09:57 qui sont vraiment très compétents et tous engagés, impliqués.
10:01 Donc, moi, je suis très confiant et optimiste pour l'avenir de l'équipe Coffee 10.
10:06 Sachant en plus, Thierry, qu'il ne faut pas oublier l'équipe féminine Coffee 10, avec, entre autres,
10:12 le victoire Berthaud, qui est champion de France sur route, et aussi l'équipe handi-sport de Coffee 10,
10:18 qui s'annonce, qui s'apprête à préparer sérieusement les Jeux Olympiques de Paris 2024.
10:23 On est d'accord ? On est complet, comme ça ?
10:24 Oui, oui, tout à fait. Vous avez raison, il faut tout englober, parce que le dispositif de sponsoring,
10:31 c'est l'équipe homme en majeur, si je puis dire, mais il y a aussi l'équipe féminine qu'on a créée il y a deux ans,
10:38 qui a fait sa deuxième saison, la deuxième saison a été plus belle que la première.
10:42 Et je sais, parce qu'on investit davantage encore à partir de l'année prochaine sur l'équipe féminine,
10:48 donc je sais que l'équipe féminine va continuer à progresser régulièrement.
10:52 Et puis, évidemment, en 2023, il y a cette fameuse victoire. Alors, je disais que j'étais à Saint-Sébastien,
10:58 j'ai été aussi à Casselles et j'ai vécu aussi en direct la victoire de Victoire Berthaud.
11:03 Ça a été là aussi un grand, grand moment d'émotion, surtout d'émotion partagée le soir même,
11:08 parce que les hommes et les femmes, les équipes hommes et femmes étaient mélangées, le staff était là,
11:13 tout le monde était réuni et ça a été vraiment un grand moment d'émotion.
11:17 Et puis, effectivement, il y a notre section en e-sport, qui, alors, on est habitué à ce qu'ils remportent toujours
11:24 de nombreuses victoires et cette année, 19 victoires en 2023, 19 victoires au compteur.
11:29 Donc, on a beau être habitué, c'est toujours aussi remarquable et eux, effectivement, l'intention chez eux,
11:35 mais aussi chez les hommes et les femmes, si on pouvait avoir la chance d'avoir des coureurs coureuses aux Jeux olympiques,
11:44 ce serait vraiment top, ce serait top pour eux et une grande fierté pour Cofidis.
11:49 Entre nous, Thierry, ça ne va pas un peu vous manquer tout ça là ?
11:53 Réponse dans un an, je vous dirais.
11:57 Merci à vous.
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