00:00 Bonjour François Morel ! L'actualité de la semaine s'impose d'elle-même, puisque
00:04 ça n'était pas arrivé depuis plusieurs mois, plusieurs trimestres, plusieurs années,
00:08 on peut même parler de décennies.
00:10 Une nouvelle tellement exceptionnelle, tellement remarquable qu'elle balaye tout le reste.
00:15 Même le classement PISA qui n'est pas, je le dis à l'intention de Claude Askolovitch,
00:20 le classement des meilleures Margueritas Regina et Calzone du monde.
00:24 Je me rends compte que quand mes plaisanteries ne sont pas les plus inspirées, par exemple
00:28 celle-là, je pense qu'il ne faut pas lui faire de sort particulier, il faut avancer
00:31 dans la chronique.
00:32 Calzone c'est bien !
00:34 Si, bon.
00:35 Je vous disais donc, l'actualité de la semaine, il n'y a pas à discuter.
00:39 L'actualité de la semaine, il n'y a pas à tergiverser.
00:43 L'actualité de la semaine, vous l'avez deviné, c'est Bourville qui fait la couverture
00:48 d'une revue, pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit de schnock, en vente dans les meilleures
00:53 librairies auprès de 17,50€ et c'est donc un événement considérable.
00:58 Bourville revient, le rare, l'unique, le singulier Bourville, le seul acteur pour lequel
01:04 mes parents acceptaient de sortir la quatre ailes pour aller au cinéma Le Palace ou Le
01:08 Viking.
01:09 Bourville qui d'ailleurs, selon mes parents, faisait de ses partenaires, que ce soit Fernandel
01:13 dans La Cuisine au beurre ou Louis de Funès dans Le Cornille ou La Grande Vadrouille,
01:17 de simples figurants désutilités.
01:19 C'est Bourville qu'on allait voir, dans ces Bourville dont on aimait retrouver la gentillesse,
01:24 la candeur, la naïveté, l'humour profond, pur Bourville dont les moqueries n'étaient
01:29 dirigées que vers lui-même.
01:31 Bourville, l'acteur de proximité, Bourville capable de tirer des larmes quand il jouait
01:36 Fortuna à côté de Michel Morgan, Bourville convaincant dans la force virile, tranquille,
01:42 quand il interprétait les grandes gueules, ce western humaniste de Robert Enrico, Bourville,
01:47 le comique anti-scute, jamais dans la méchanceté, l'agressivité, le ricanement, Bourville,
01:52 la définition même de l'honnête homme, selon son voisin des Yvelines, Georges Brassens,
01:58 Bourville, le chanteur de charme.
02:00 "Non, je ne me souviens plus du nom du bal perdu, ce dont je me souviens c'est de ces
02:05 amoureux qui ne regardaient rien autour de nous"
02:08 Quand il est mort, Bourville, partout en France, mais pas seulement à Bourville, à l'est
02:12 de Fécamp, au sud-ouest de Dieppe, au nord d'Ifto, dans n'importe quel quartier, dans
02:16 n'importe quel village, dans n'importe quel foyer, même à Saint-Georges-les-Grosaillers,
02:21 on a eu l'impression de perdre un ami, un copain, un oncle bienveillant, quelqu'un
02:25 de pas fier de tendre, drôle et consolateur.
02:28 Après avoir tourné pour Jean-Pierre Melville dans le Cercle Rouge, puis enregistré une
02:32 version de "Je t'aime, moi non plus" avec Jacqueline Mayon, Bourville est mort à 53
02:36 ans, je ne savais pas en 1970 que 53 ans, c'était la fleur de l'âge, à peine la
02:42 fin de l'adolescence, tout juste le prolongement de la puberté, la continuation de la jeunesse.
02:47 "Chnock" donc, est sorti, quasiment 100 pages consacrées à Bourville, le Bourville
02:53 intime raconté par un de ses fils, la traversée de Paris, la traversée d'une vie, le cinéma,
02:58 Robert Niel, Gabi Verlore et les chansons inoubliables, le numéro 49 de la revue "Chnock"
03:03 est sorti, achetez-le, c'est un ordre, parole de Chnock.
03:07 Promis, merci François Morel, on signale qu'on pourra vous retrouver dimanche à 11h et 15h
03:12 au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, dans "Babar et le Père Noël", un spectacle
03:17 musical et familial.
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