00:00 nouvelles technologies peuvent faciliter votre quotidien. On vous apporte une nouvelle preuve ce matin Guillaume.
00:04 Absolument, bonjour Fabien Bucan. Vous êtes cofondateur de Code Insight,
00:09 qui est une entreprise de Saint-Honnêt, qui existe depuis combien de temps ?
00:13 Deux ans maintenant.
00:14 Deux ans, donc jeune entreprise. Au départ c'était quoi l'idée de Code Insight ?
00:19 Alors l'idée au départ c'est d'accompagner en fait les porteurs de projets, les startups ou les
00:23 innovations dans les grandes entreprises, les innovations innovantes, les projets innovants,
00:27 pour les accompagner sur toute la partie développement technique de ces innovations,
00:30 en utilisant des technologies innovantes type blockchain par exemple.
00:33 Oula, expliquez-nous. Blockchain.
00:35 Blockchain c'est une technologie qui permet en fait de sécuriser, certifier et tracer toutes
00:39 les informations de façon décentralisée. On est dans le numérique complètement à 100%.
00:44 Exactement.
00:44 Et alors vous, depuis presque 5 ans, le CHU de Montpellier, qui ensuite a fait appel à vous,
00:50 puisque le projet, si j'ai bien compris, avait démarré avant que Code Insight ne commence,
00:55 a eu l'idée de mettre au point une application pour les personnes qui souffrent d'allergies
00:59 médicamenteuses, pour que tous les professionnels de santé, tous les soignants qu'ils vont rencontrer
01:04 au cours de leur vie, puissent être alertés, informés du fait qu'ils ont cette allergie,
01:08 qu'il ne faut pas leur prescrire ce médicament. Et donc ça c'est l'idée de départ du CHU,
01:12 qui ensuite est venue et a fait appel à vous, c'est ça ?
01:14 Exactement. Alors le porteur de projet au CHU c'est le professeur Desmonis,
01:17 qui est chef du service allergologie au CHU, qui porte le projet depuis 5 bonnes années maintenant,
01:22 avec le docteur Anka Kyriak. Et donc oui, on a déjà avant la création de Code Insight,
01:27 on est déjà en contact avec eux, et ensuite on les a accompagnés sur le développement
01:31 de l'application mobile, pour effectivement l'objectif de cette application, Vigicard,
01:35 c'est une carte d'allergie numérique. Alors c'est une carte numérique ?
01:38 Carte numérique, exactement. C'est pas matérialisé ?
01:40 C'est sur le téléphone, c'est une application mobile. Et qui permet en fait, comme aujourd'hui,
01:45 des personnes qui ont des allergies ont une carte papier physique dans leur portefeuille,
01:49 là en fait c'est de porter ça de façon numérique, mais que ce soit beaucoup plus sécurisé,
01:53 et beaucoup plus facile de partager avec un médecin ou en cas d'urgence, avec les urgences.
01:58 Qu'est-ce qu'on va y trouver comme informations, Fabien Bucan ? Par exemple,
02:03 quelle est la différence avec un dossier médical ? On sait que maintenant,
02:06 avec la sécurité sociale, on peut aussi avoir accès numériquement à son dossier médical,
02:13 mais c'est pas la même chose là ?
02:14 Non, en fait là c'est une application qui est vraiment centrée sur le patient. Alors
02:18 effectivement, il y a mon espace santé qui a été lancé il y a un an, un an et demi.
02:21 Donc un des objectifs, ça va être de s'interconnecter avec mon espace santé pour
02:25 compléter le dossier médical du patient. Il y a une interconnexion quand même avec mon espace ?
02:29 L'objectif, ça va être d'interconnecter pour compléter le dossier médical du patient.
02:33 Dans mon espace santé, il n'y a pas l'information sur l'allergie médicamenteuse ?
02:36 Non, aujourd'hui en fait, mon espace santé est assez jeune.
02:38 Très bonne question, François. Merci.
02:40 Mon espace santé est assez jeune, et donc c'est centré sur le patient,
02:43 mais les échanges qu'on peut avoir avec nos médecins. Et ils sont en train d'ouvrir
02:48 petit à petit des applications tierces pour venir compléter justement le dossier patient.
02:52 Ça viendra en plus ?
02:53 Ça viendra en plus, exactement. Et l'application Vigicard, en fait,
02:56 elle va être centrée sur le patient. C'est-à-dire que c'est le patient qui va
02:58 déclarer des suspicions d'allergie, qui va aller voir ses médecins, et le médecin va être guidé au
03:02 travers de l'application. Le médecin non spécialiste va être guidé pour venir compléter.
03:06 Ah, c'est le médecin qui va remplir l'application quand même ?
03:08 Non, le patient remplit.
03:10 Si, c'est le patient, d'accord.
03:11 Par exemple, le patient prend un médicament, il a une réaction allergique,
03:15 une fagnération, on va dire, sur la peau. Il va dire "j'ai une suspicion, je vais
03:18 prendre une photo, je vais compléter un formulaire". Et ensuite, je vais être mis en
03:22 contact avec d'abord mon médecin généraliste, par exemple, qui va pouvoir compléter.
03:27 Et ensuite, je vais être mis en relation avec un spécialiste, un allergologue,
03:30 qui lui, au travers de tests, va venir vérifier, certifier...
03:33 Et confirmer ?
03:34 Voilà, confirmer l'allergie ou inconfirmer si c'est finalement pas lié au médicament.
03:38 Et venir émettre des certificats comme quoi la personne est allergique ou est immunisée
03:43 contre ce médicament.
03:43 Des certificats qui seront dans cet appli ?
03:45 Exactement.
03:46 Donc, consultables par le soignant qui ensuite...
03:49 Et c'est là qu'intervient la blockchain. En fait, on va venir certifier cette
03:51 information sur la blockchain pour ensuite qu'elle soit partageable de façon
03:55 beaucoup plus facile avec toutes les autres applications de santé.
03:58 Autre très bonne question de François.
03:59 Oui, qui arrive, vous ne la connaissez pas, mais c'est pas grave.
04:02 On a une idée du nombre de personnes touchées par les allergies médicamenteuses.
04:05 Est-ce qu'on a une part, un pourcentage de la population française qui serait
04:08 concernée par des allergies médicamenteuses ?
04:10 Alors, au niveau européen, c'est entre 5 et 10 personnes.
04:14 Entre 5 et 10 pourcents.
04:15 Je ne sais pas beaucoup, mais 5 et 10 pourcents, c'est déjà plus de 100.
04:17 Entre 5 et 10 pourcents de la population européenne.
04:18 Et ce qu'il faut savoir, en fait, c'est que bien souvent, en fait,
04:20 quand on se dit allergie, en fait, 80% du temps, on n'a pas été vérifié,
04:26 en fait, on n'a pas eu de test pour vérifier qu'on est vraiment allergique.
04:29 Oui, parce que de toute façon, il faut passer par un médecin pour certifier l'allergie.
04:33 Exactement.
04:33 C'est pas n'importe qui qui se fait son petit truc dans son coin en disant
04:36 "Oh là là, je suis allergique à ça".
04:37 C'est les allergologues, en fait, qui vont certifier comme quoi la personne est vraiment allergique.
04:41 Alors, pour l'instant, c'est pas encore accessible au grand public,
04:43 mais ça devrait l'être rapidement.
04:44 Mais il va y avoir une expérimentation dans un premier temps.
04:46 C'est ça. En fait, en 2024, le CHU est en train de monter un essai clinique
04:50 sur cette application pour valider à la fois l'intérêt santé
04:53 et l'intérêt économique de l'application pour ensuite, effectivement,
04:59 après cet essai clinique, s'il est validé, l'ouvrir au grand public en France et en Europe.
05:03 Il y a 400 patients du CHU, des CHU, il y en a deux,
05:06 de Montpellier et Nîmes qui vont participer à cet essai clinique.
05:09 C'est ça.
05:10 Pendant combien de temps ? Ça va durer combien de temps ?
05:12 Ça va durer environ neuf mois.
05:13 Oui.
05:13 Et effectivement, ça va être d'intégrer 400 patients et 200 professionnels de santé
05:18 pour venir tester l'application et vraiment prouver la plus-value de cette application.
05:22 Alors, Fabien Buquan, il nous reste peu de temps, mais question à 1 000 euros.
05:25 C'est super une application, mais il y a plein de gens qui vont vous dire,
05:27 je connais la réponse, mais il y a plein de gens qui vont vous dire
05:29 "Ouais, mais si je fais un malaise, mon portable perd, il est à côté de moi,
05:32 comment le médecin va pouvoir accéder au portable ? Il n'a pas le code, etc. etc."
05:36 Mais vous avez trouvé la solution.
05:37 Exactement. En fait, on veut intégrer dans l'application un système d'urgence
05:40 où les patients, les patients, les professionnels de santé
05:42 vont pouvoir accéder au dossier du patient en cas d'urgence, en fait.
05:45 Donc, on va se déverrouiller.
05:46 Il va pouvoir déverrouiller sans avoir besoin de code, exactement, cette appli-là.
05:50 Sur l'application, exactement.
05:51 Je crois qu'il y a quelque chose qui existe déjà sur les iPhones,
05:54 pour citer la marque Apple, on va citer Samsung en même temps,
05:56 une fiche de santé, je crois, qui peut apparaître comme ça si le téléphone est verrouillé.
06:00 Sur le téléphone, il y a déjà des informations qui peuvent être consultées sans déverrouiller,
06:04 mais là, en fait, ça va être intégré dans l'application,
06:06 c'est-à-dire que les professionnels de santé, au travers de leur application,
06:08 leur application Pro, pourront accéder à un dossier patient, le déverrouiller,
06:12 en disant "c'est une urgence, on accède au dossier patient
06:15 pour vérifier, effectivement, les allergies du patient".
06:17 Ce sera l'installation de l'appli sur son téléphone ? Ce sera gratuit ?
06:22 Alors, ça fait partie des questions qu'on se pose, effectivement.
06:24 L'objectif, c'est que ce soit gratuit.
06:27 Et aussi, un des objectifs de l'essai clinique, en fait,
06:30 c'est qu'ensuite, on puisse certifier ce dispositif comme dispositif médical
06:35 avec un marquage CE qui pourrait permettre une prise en charge par la case maladie.
06:40 - Alors, c'est QE, d'accord.
06:41 - Dernière chose, vous êtes les seuls en France à faire ça ?
06:43 - Ah oui, sur les allergies médicamenteuses, on est vraiment les seuls.
06:45 Il y a beaucoup d'applications qui existent sur les allergies alimentaires, par exemple,
06:49 mais médicamenteuses, c'est vraiment spécifique
06:51 et c'est porté par le professeur Desmoulins, qui est un expert dans ce domaine.
06:54 - C'est vraiment une première en France.
06:55 Bravo pour cela, Fabien Bucan, fondateur de Code Insight
06:58 et co-créateur, on va dire, avec le CHU de Montpellier,
07:01 de cette future appli Vigicard, dans 9 mois.
07:03 Vous viendrez nous dire que ça n'est pas bon.
07:05 - C'est ça, que ça marche.
07:06 - On va essayer de faire du million de têtes.
07:07 - On a toujours peur en les appli que ça forme un peu.
07:11 - Merci pour votre invitation.
07:12 - Merci à vous les codiciers à retrouver sur francebleu.fr et l'application ici.
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