00:00 Le président du Sénat, Gérard Larcher, a déclenché une sacrée polémique hier.
00:07 Il était interrogé par nos confrères de RTL qui lui demandaient ce qu'il aurait envie
00:10 de dire à Jean-Luc Mélenchon, qui s'en était pris, Jean-Luc Mélenchon, nommément
00:13 à la journaliste Ruth Elkrief dans un tweet.
00:16 Et bien voici ce que Gérard Larcher a répondu.
00:17 "Quelqu'un qui a des millions d'abonnés sur X et qui se comporte de cette manière,
00:23 et bien je dois dire que c'est inacceptable.
00:25 Et c'est inacceptable, pour moi Jean-Luc Mélenchon s'est mis en dehors de l'arc républicain."
00:30 "Vous lui dites quoi ce matin ? Tais-toi."
00:32 "Oui, ferme ta gueule."
00:33 Qu'est-ce qui lui arrive à Gérard Larcher ?
00:35 C'est une triple erreur.
00:36 D'abord parce que c'est le troisième personnage de l'État et qu'à ce titre,
00:39 il a un devoir d'exemplarité, en particulier à un moment où tout le monde prône le vivre
00:43 ensemble, la cohésion de la nation et le retour de l'autorité.
00:47 L'ordre, l'ordre, l'ordre, avait dit le président de la République.
00:50 Les élus se plaignent à raison d'être constamment pris à partie, menacés, insultés.
00:55 Et voilà que le premier d'entre eux, le président du Sénat, se met à jouer les cailleras.
00:59 Seconde erreur, Gérard Larcher, je l'ai dit, est président du Sénat.
01:02 Le Sénat, qu'est-ce que c'est ? C'est une des chambres de notre Parlement.
01:04 Or, un Parlement, c'est fait pour parlementer, c'est-à-dire pour débattre, et non pour
01:09 s'insulter et non pour s'invectiver.
01:11 Enfin, troisième erreur, ça fait quand même plus d'un an que Gérard Larcher nous vante
01:14 les mérites du Sénat, une chambre apaisée où l'on peut discuter, où l'on peut débattre,
01:18 où l'on peut s'écouter, bien loin, selon lui, du "bordel" de l'Assemblée.
01:23 Alors, est-ce que ça veut dire qu'on n'a pas le droit de s'énerver en politique ?
01:25 Si bien sûr, mais on mesure ces mots.
01:27 Et surtout là, il ne s'agit pas d'une discussion, il ne s'agit pas d'un échange privé,
01:31 il s'agit d'une interview à la radio, donc où tous les mots doivent être pesés.
01:34 Qu'est-ce que ça traduit ? Ça traduit quand même le signe d'un affaissement du débat
01:37 public qui est miné en ce moment par la surenchère verbale, par l'effet des réseaux sociaux
01:42 qui laissent penser que tous les moyens sont bons pour exister, et que pour se faire remarquer,
01:46 il faut toujours en rajouter.
01:48 D'une certaine façon, qu'est-ce que ça veut dire ?
01:50 Que les populismes l'ont emporté.
01:51 *Générique*
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