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00:02 Julien Celié. RTL bonsoir jusqu'à 20h.
00:07 RTL bonsoir. La suite maintenant avec notre invité pour tout comprendre.
00:11 Tout comprendre et tout savoir sur l'étonnant, c'est un euphémisme,
00:14 Ravier Milei, le nouveau président argentin. Alors pour vous donner une idée, c'est lui.
00:19 Ministère de la culture, à foire !
00:21 Ministère de la culture, dehors !
00:23 Ministère des femmes, de la santé, dehors !
00:27 L'éducation nationale, dehors ! C'est terminé la gabegie des politiques. Vive la liberté, bordel !
00:33 Tout un programme, il manifeste aussi avec une tronçonneuse allumée, anti-avortement, pro-arme, économiste de formation.
00:40 Il veut notamment que son pays change de monnaie.
00:43 Alors pour comprendre qui est vraiment cet homme, ce qu'il compte faire aussi dans une Argentine où l'inflation est de plus de
00:49 142% sur un an, nous sommes avec Maricel Rodriguez Blanco,
00:53 spécialiste de l'Argentine, maîtresse de conférences à l'Institut catholique de Paris. Bonsoir.
00:57 Bonsoir. Avec nous également de Buenos Aires, Flora Genoux. Bonsoir.
01:01 Bonsoir. Vous êtes notre correspondante en Argentine. Alors d'abord, qu'est-ce qu'on peut dire sur ce Ravier Milei ?
01:07 Ravier Milei est un économiste ultra-libéral.
01:10 Cela signifie qu'il souhaite couper dans les dépenses publiques à la tronçonneuse, comme il dit.
01:14 Il a fait carrière comme consultant dans le secteur privé, il a donné des cours à la fac.
01:19 Il y a six ans environ, il est devenu la coqueluche des plateaux télé, son look rebelle, ses cheveux décoiffés,
01:25 puis surtout ses coups d'éclat en ont fait un personnage excentrique, spécialiste de l'économie.
01:31 Son entrée dans la vie politique date d'il y a seulement deux ans, moment où il a été élu député.
01:37 Il s'agit donc d'un pur outsider. Son credo ? En finir avec la caste, c'est-à-dire avec l'élite politique.
01:44 Flora, les résultats, c'était la nuit dernière. Avec presque 24 heures de recul, comment ça réagit ?
01:49 À l'international, il a immédiatement été félicité par ses modèles.
01:53 Les anciens présidents américains et brésiliens, Donald Trump et Jair Bolsonaro.
01:58 En Argentine, une étape de transition doit s'amorcer. Le président élu prend ses fonctions le 10 décembre.
02:04 Javier Milet bénéficie déjà du soutien d'une partie de la droite.
02:08 D'ailleurs, c'est grâce à cela qu'il a pu remporter l'élection de façon si fracassante.
02:12 La grande inconnue, désormais, va-t-il pouvoir gouverner ?
02:16 Car il ne dispose pas de majorité au Parlement. Cela laisse préfigurer un cycle de conflits politiques et sociaux.
02:24 Maricel Rodriguez Blanco, vous la spécialiste, je me tourne vers vous.
02:28 Élire quelqu'un comme Javier Milet, qu'est-ce que ça dit aujourd'hui de l'état de la société argentine ?
02:33 Ça dit plusieurs choses. D'une part, la société argentine est divisée, fracturée.
02:39 Ça fait, dit par lui-même, par Javier Milet, en fait, il dit que ça fait 30 ans qu'il mène une bataille culturelle,
02:45 comme il l'appelle, contre ce qu'il appelle le communisme.
02:48 Il est entré en politique il y a seulement deux ans. Mais avant cela, il était quand même connu dans les réseaux sociaux.
02:53 Connu par les jeunes, surtout, qui les suivent dans les réseaux sociaux et qui ont beaucoup suivi les influenceurs dont il s'est entouré, Javier Milet.
03:00 Pendant notamment la période du confinement en Argentine, qui a été très longue, c'est une période qui a favorisé justement sa renommée, si on peut parler ainsi.
03:08 On a la sensation qu'il est quand même assez déroutant, ce Javier Milet.
03:12 Il a par exemple cinq chiens clonés. Il a engagé un médium pour discuter avec son premier chien mort, Conan, pour Conan le barbare.
03:19 Et c'est ce dogue anglais qui lui aurait confié la mission de devenir président.
03:23 Il est quand même très excentrique. Ça n'effraie pas les Argentins, ce côté complètement déconcertant ?
03:29 Alors oui, vous avez raison de souligner cet élément-là. Mais il faut dire qu'il jouit d'une grande visibilité médiatique.
03:35 Il a des dispositions médiatiques très développées, notamment dans des médias non traditionnels.
03:39 Au-delà de ça, il s'y présente quand même en sauveur. Il a une figure, une esthétique messianique, son esthétique un peu roqueuse.
03:47 Des luttes un peu comme un Roi des Bois contre la casta, comme il l'appelle, la casta parasite, c'est-à-dire les élites politiques argentines.
03:54 Donc ça comment très bien, comme on l'a observé.
03:57 Mais je veux dire que c'est cette image-là qui a finalement un effet chez les jeunes, chez des jeunes précaires,
04:03 notamment entre 18 et 25 ans, qui ne voyaient pas des futurs en Argentine et qui croient que ces leaders vont ressoudre tous leurs problèmes,
04:11 avec des mesures qui sont finalement les mêmes pour une partie, en tout cas, qu'on connaît depuis longtemps.
04:16 Donald Trump, il est un modèle pour Milley.
04:19 Milley lui-même l'a dit à plusieurs reprises. Il n'avait pas d'extrême droite jusqu'à maintenant.
04:24 Donc il y a toute une identification avec ces personnages.
04:27 On peut le qualifier d'extrême droite, Milley ?
04:28 Oui, oui, tout à fait. Et puis, au-delà de ça, il est contre un certain nombre des droits.
04:32 Il veut détricoter l'État, mais aussi aller contre des droits qui ont été acquis, que les Argentins considèrent comme étant acquis.
04:39 Comme l'avortement, par exemple.
04:41 Maricel Rodriguez Blanco, quand on entend 142,7% d'inflation sur un an, ça veut dire quoi concrètement de ce qui se passe en Argentine ?
04:50 Nous, en France, avec 10%, on a l'impression que c'est déjà très compliqué.
04:52 L'Argentine, ce n'est pas la première crise inflationnaire qu'elle connaît.
04:55 Par contre, c'est une crise très importante.
04:57 Concrètement, ça s'est traduit par une situation qui est assez difficile à tenir,
05:02 notamment pour les ménages les plus populaires, qui n'ont pas d'épargne.
05:07 Il faut savoir qu'en Argentine, il y a une économie non monétaire, domestique, une économie informelle qui est très développée.
05:12 Ce qui fait que ça peut parfois compenser les effets des crises économiques, mais pas complètement.
05:18 Quand il dit qu'il veut abandonner le PESOS pour prendre le dollar comme monnaie de référence,
05:22 déjà, est-ce que c'est possible concrètement et est-ce que ça sert à quelque chose ?
05:24 Il devrait passer pour cela par le Parlement, sauf s'il décide d'utiliser la mesure du décret.
05:30 Ce type de mesure, il va pouvoir la mettre en place,
05:33 puisque même s'il est minoritaire au centre du Parlement argentin, il est quand même à la tête de l'État.
05:38 Maintenant, il est président, il a un grand pouvoir.
05:40 On a déjà vu que la partie de centre-droite s'est ralliée, le camp de Milei.
05:45 Et puis au centre du Parlement, on attend un peu comme ces dernières deux années,
05:48 quand il était député au Parlement, il a quand même voté des réformes, des amendements proposés par ses centres droits.
05:54 Donc il a des soutiens et c'est grâce à ces soutiens d'ailleurs qu'il a réussi à emporter largement cette élection.
05:59 Merci beaucoup Maricel Rodriguez Blanco, vous la spécialiste de l'Argentine pour votre éclairage ce soir.
06:05 Merci de nous avoir présenté ce ravir Milei qui débarque comme ça avec fracas dans le paysage politique international.
06:13 Le Trump de la Pampa, comme on le surnomme le nouveau président argentin.
06:17 Et merci beaucoup à vous Flora Genoux, notre correspondante de RTL à Buenos Aires.
06:21 Dans un instant, tout autre chose, le grand match de vos infos pour briller au dîner entre Marion et Brice Dujeigny.
06:27 Anecdote garantie RTL. Bonsoir, revient juste après ça.
06:31 Julien Célier, Marion Calais et Cyprien Séni.
06:34 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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