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  • il y a 2 ans
Robert Ménard, maire divers droite de Béziers (Hérault), était l’invité de 22H Max pour évoquer la libération sous contrôle judiciaire du policier auteur du tir qui a tué Nahel, la dédiabolisation du Rassemblement National ou encore le conflit au Proche-Orient et ses répercussions en France.

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Transcription
00:00 Bonsoir Robert Ménard.
00:01 Bonsoir.
00:02 Merci d'être avec nous, maire de Béziers, merci d'être avec nous pour parler ce soir
00:05 notamment de ces Français qui majoritairement considèrent désormais, c'est ce que dit
00:09 notre sondage, que le Rassemblement National est un parti comme un autre de ce jeune de
00:13 16 ans simplement condamné à des travaux d'intérêt général après avoir percuté
00:17 et traîné un policier dans une voiture volée, ça s'est passé à Nantes, on en parlera
00:19 dans un instant, on parlera aussi de ce qui se passe à Gaza, plein de choses à voir
00:23 avec vous.
00:24 D'abord, une dernière information ce soir.
00:27 Bonsoir Mathias Tesson, merci d'être là Mathias.
00:30 Je voulais qu'on parle de Nahel ce soir parce que pour la première fois depuis la remise
00:33 en liberté hier du policier qui est accusé d'avoir tué Nahel, on se souvient c'était
00:37 début juin, la maire de Nahel prend la parole ce soir.
00:40 Absolument, on va d'abord contextualiser un petit peu.
00:42 Hier effectivement le policier mis en cause dans cette affaire a été remis en liberté
00:47 sous contrôle judiciaire et la maman de Nahel, Mounia, parle intermédiaire du collectif
00:53 Justice pour Nahel, qui est un collectif qui s'est formé peu de temps après les
00:58 faits, constitué de proches de cette famille ainsi que d'habitants de Nanterre.
01:02 Cette femme prend la parole ce soir dans le cadre d'une vidéo que ce collectif nous
01:07 a transmise et elle réagit effectivement à ce fait tout de même important dans cette
01:12 enquête, la remise en liberté de ce policier.
01:15 Je vous propose d'écouter.
01:16 Après quatre demandes de remise en liberté, il est finalement relâché.
01:20 Une véritable injustice.
01:22 Comment la vie de mon fils peut-elle avoir si peu de valeur pour cette justice ? Quel
01:29 message est envoyé ? Un policier tue un enfant arabe ou noir, devient millionnaire et sort
01:36 de prison, retrouve sa famille tranquillement pour les fêtes.
01:40 Moi, je ne retrouverai plus jamais mon fils, mais je me battrai, je ne lâcherai rien pour
01:48 mon fils.
01:49 Voilà une maman qui est dans l'émotion, évidemment, et qui confie plusieurs choses
01:56 dans cette courte réaction, son sentiment d'injustice qu'elle éprouve après cette
02:01 remise en liberté.
02:02 Elle appelle aussi ceux qui le souhaitent à participer à une marche dimanche à 15h
02:09 à Nanterre, marche à l'initiative de ce collectif Justice pour Noël.
02:13 Merci Mathias.
02:14 Robert Ménard, il y a toujours ce sentiment d'injustice dans ces cas-là.
02:16 Là encore, on voit les larmes de cette mère.
02:19 L'injustice et l'incompréhension face à ce genre de décision, quand quatre mois
02:24 après des faits comme cela, on dit, encore une fois, le procès n'est pas fait, il viendra,
02:27 etc.
02:28 Mais on dit à ce policier, oui, vous pouvez ressortir de prison.
02:30 Ça n'est pas compris.
02:32 Ce n'est pas compris par elle.
02:34 Je comprends qu'elle ne le comprenne pas.
02:36 Je serai à sa place.
02:38 J'imagine que j'aurai les mêmes réactions.
02:42 Ça, c'est une chose.
02:43 Vous écoutez et vous ne dites rien.
02:45 Qu'est-ce que vous voulez que j'ajoute devant une maman qui pleure la mort de son fils,
02:50 qui n'a rien à dire ?
02:51 Ensuite, il y a le droit.
02:52 C'est tout à fait une autre chose.
02:54 Et aujourd'hui, aucune des raisons qui ferait qu'on devrait maintenir cet homme en prison
03:02 n'est remplie.
03:03 Écoutez, c'est juste ça.
03:05 Moi, je me suis même interrogé sur le fait qu'il soit, à un moment donné, incarcéré.
03:11 Pour lui, il n'aurait jamais dû l'être.
03:12 Mais je pense que les policiers…
03:14 Attendez.
03:15 Je pense qu'aucun policier n'est à l'abri d'une mise en examen et doit s'expliquer
03:21 sur ce qu'il a fait.
03:22 Ça, c'est une chose.
03:23 Est-ce qu'un policier doit, à ce moment-là, être placé derrière des barreaux ?
03:28 C'est une autre question sur laquelle on peut s'interroger.
03:30 Les policiers, ils ne sont pas des citoyens tout à fait comme les autres.
03:36 On le sait tous.
03:37 Ils ont des pouvoirs.
03:38 Ils peuvent vous interpeller.
03:39 Est-ce que vous ne pouvez pas faire ce que je ne peux pas faire moi ?
03:41 Je pense qu'aujourd'hui, si on a besoin de la police, il faut qu'elle se sente
03:48 à l'abri d'un certain nombre de procédures.
03:51 Pourquoi je dis ça ?
03:52 Parce que je crois que dans cette affaire-là, on le met en détention d'abord parce que
03:58 les pouvoirs publics pensent qu'il faut calmer les choses à ce moment-là, ce qui
04:03 n'a rien calmé du tout, soit dit en patient.
04:06 Mais je crois que c'est cette décision.
04:08 C'est-à-dire qu'on est dans une décision où on n'est pas forcément dans le droit,
04:13 où on est un peu plus que dans le droit.
04:15 – Mais vous entendez, au-delà du chagrin de cette mère, ce qu'elle dit ?
04:19 Elle explique que quand un policier tue un enfant arabe ou noir, il peut ressortir après
04:24 quatre mois de détention provisoire.
04:26 Voilà ce que dit cette femme-là.
04:27 – Attendez, qu'il soit arabe et noir, ça n'a rien à voir dans cette histoire-là.
04:30 Quand un policier tue un enfant, c'est même un problème qu'elle ait ajouté ça.
04:35 Qu'est-ce que ça veut dire ?
04:36 Ça laisse introduire l'idée que le policier tuerait un enfant parce qu'il est un noir
04:42 ou arabe.
04:43 Enfin, vous plaisantez.
04:44 Qu'est-ce qui permet de dire ça ?
04:46 Alors à sa place, ce n'est pas la pire, évidemment, parce qu'elle vit ça.
04:50 Mais enfin là, aucun d'entre nous ne vit ça et personne ne peut laisser entendre ça.
04:56 En plus, il y a une enquête en ce moment et aucun d'entre nous n'est dans l'enquête
05:01 et n'en sait plus que ce qu'on nous dit là.
05:04 – Christophe.
05:05 – Il y a deux choses dans la déclaration de la maire de Naël.
05:08 D'abord, en effet, elles confondent relâcher et relaxer, très bien.
05:10 Mais de l'autre côté, elles pointent cette histoire de cagnotte.
05:13 Est-ce que vous, ça ne vous gêne pas que, quelles que soient les raisons profondes de
05:18 ce qui s'est passé, que l'on soit innocent ou coupable au terme du processus judiciaire,
05:22 qu'il y ait un aspect financier ?
05:23 Il y a des gens qui sont victimes d'erreurs judiciaires,
05:25 ils font des mois ou des années de prison, ils sont moins indemnisés que ce que va recevoir
05:29 à travers cette cagnotte le policier de son entourage.
05:31 – L'aspect financier, on le précise.
05:32 1,6 million d'euros, l'avocat disait ce matin qu'effectivement l'argent avait été
05:35 touché par le policier et sa femme, qu'il avait été perçu mais il n'y touchait pas,
05:40 il ne voulait pas dépenser cet argent, c'est ce que disait l'avocat.
05:43 – Non, non, non, ce n'est pas tout à fait ça.
05:44 – Il n'a pas le droit.
05:45 – Il ne touche pas parce qu'il n'a pas le droit, parce qu'il y a une procédure
05:48 contre les gens qui ont lancé cette cagnotte.
05:50 Essayons d'être juste, précis.
05:51 – Parce qu'il y a une procédure, parce que la famille de Naël a attaqué,
05:55 notamment pour escroquerie, celui, Jean Messiaen en l'occurrence,
05:58 qui avait lancé cette procédure.
05:59 – Est-ce qu'il faut interdire ce type de cagnottes ?
06:01 – Non, attendez, la deuxième chose c'est qu'il y a une cagnotte pour Naël aussi.
06:05 Alors la question est, est-ce qu'il faut faire des cagnottes comme ça ?
06:08 Je ne le crois pas, je crois qu'il y a la justice, pour ça essayons d'être sur le droit.
06:12 Alors on peut trouver que les indemnités que touchent des familles comme ça,
06:16 d'abord le montant peut être problématique, est-ce qu'elles vont vraiment les toucher ?
06:21 Parce que qui paie et qui a les moyens de payer ?
06:23 Est-ce que l'État fait ce qu'il faut ? C'est une question.
06:26 Moi, personnellement, à la question, est-ce qu'il faut le faire ?
06:29 Dans aucun cas, parce que là on rentre dans des logiques.
06:30 – Ni dans l'un ni dans l'autre.
06:31 – Oui, on rentre dans des logiques, mais les deux me choquent, les deux me choquent.
06:35 Voilà, est-ce qu'il y a des arrêts à penser politiques de temps en temps,
06:39 derrière ces cagnottes, il ne faut pas l'exclure non plus quand même.
06:41 – Vous pensez à Jean Messiaen.
06:43 – Oui, bien sûr, en plus je le connais,
06:45 donc je n'ose pas imaginer qu'il y a un calcul,
06:50 mais je ne l'exclurais pas complètement.
06:52 – Géraldine.
06:53 – Moi je suis assez d'accord, je trouve, j'ai toujours trouvé
06:57 quelque chose d'odieux dans cette cagnotte
06:59 que le policier n'avait pas souhaité, n'avait pas demandé.
07:02 – Il ne l'a jamais demandé d'ailleurs, la famille ne l'a jamais demandé.
07:05 – C'était de la pure instrumentalisation politique.
07:08 Je comprends que cette mère soit particulièrement mal à l'aise
07:11 et frustrée et révoltée de cet argent.
07:14 Maintenant, on connaît tous les circonstances de cet accident,
07:20 enfin oui, de cet accident tragique,
07:23 je continue à parler d'accident jusqu'à preuve de contraire.
07:25 – On n'en sait pas plus.
07:26 – Voilà, et on n'en sait pas plus.
07:29 Il y a quand même une forme d'instrumentalisation politique aussi
07:33 dans ce type de message qui joue sur la fibre émotionnelle
07:36 pour passer finalement un message politique
07:38 qui est celui d'un racisme supposé systémique de la police.
07:42 C'est particulièrement malsain et je le trouve malvenu.
07:45 – Pablo.
07:46 – Moi, juste pour revenir à ce que vous disiez, monsieur Ménard,
07:50 vous avez dit "moi je pense que sur les policiers,
07:53 parce que c'est vrai qu'ils ont une tâche particulière
07:56 à faire dans notre société,
07:58 il faudrait que moins de contraintes, notamment procédurales, s'appliquent à eux".
08:03 Moi je crois précisément l'inverse,
08:05 et précisément parce qu'aujourd'hui,
08:08 ils sont sujets à des soupçons de la part de plusieurs parties de la population,
08:14 précisément pour reprendre les mots de Géraldine,
08:17 qu'il y a un racisme systémique dans la police,
08:21 et donc de se dire "bon bah précisément parce qu'il y a ce soupçon
08:26 de la part de certaines minorités qui vivent dans les quartiers populaires
08:30 que la police est raciste de façon systémique,
08:33 alors les contraintes, notamment que la justice puisse faire son travail
08:40 dans le cas de cette enquête après de ce que Géraldine parlait d'un accident tragique,
08:47 moi je parle d'un assassinat tout aussi tragique,
08:50 - Mais c'est un sort judiciaire !
08:53 - Jusqu'à preuve du contraire, accident aussi,
08:56 mais je vois pas pourquoi Géraldine aurait le droit de dire "accident" et moi pas "assassinat".
08:59 - Parce que les éléments pointent, disons, tragédie !
09:01 - Non non non, les éléments pointent rien du tout, il n'y a pas eu de...
09:04 - Disons tragédie !
09:04 - On est face à un drame, j'ai dit.
09:05 Quoi qu'il arrive, on est face à un drame.
09:07 - Moi je pense que, est-ce que vous n'êtes pas d'accord
09:09 qu'il ne faudrait pas plutôt très bien regarder ce que fait notre police,
09:12 précisément pour qu'elle soit exemplaire ?
09:14 - Vous êtes exactement ce qu'il ne faut pas être.
09:16 Comment on peut parler d'assassinat alors qu'il y a une enquête en cours ?
09:19 Moi je n'ai jamais dit ça.
09:21 - Mais je répondais...
09:21 - Non non non non !
09:22 - ...parce que vous répondez à Géraldine qui disait "accident tragique".
09:24 - Non, pour l'instant c'est ça.
09:26 Pardon, tant qu'il n'y a pas une enquête qui débouche sur quelque chose.
09:29 C'est exactement ce qu'on n'a pas envie de faire.
09:32 Tout à l'heure je disais,
09:33 il y a peut-être une instrumentalisation dans la cagnotte pour le policier,
09:37 mais je pense aussi qu'autour de cette dame et de son malheur,
09:40 il y a une instrumentalisation et vous en êtes l'exemple même.
09:44 De propos, eh oui, de propos qui vont au-delà de ce que vous pouvez dire.
09:48 Moi je ne me prononce pas sur une enquête n'ayant aucun élément.
09:51 Mais vous n'avez aucun élément.
09:53 - Très bien.
09:54 - Alors vous ne dites pas un certain nombre de choses.
09:56 - Revenons sur la cagnotte contre les policiers.
09:59 - Moi je ne souhaite pas que des gens comme vous,
10:02 qui voient, qui a priori estiment qu'il y a du racisme systémique dans la police,
10:07 puissent se permettre ça.
10:09 Et je ne souhaite pas que la police soit l'objet et paye le prix
10:13 de positions aussi, qui me semblent aussi effarantes que ce que vous venez de dire.
10:19 Aussi effarantes que ce que vous venez de dire.
10:20 - La politique Robert Ménard.
10:21 - Oui on va attendre que justice se passe.
10:23 Là vous faites le travail à la place.
10:25 - Ah non certainement pas.
10:26 - Vous n'avez aucun élément et assassinat,
10:29 moi je serai la famille du policier.
10:31 - J'aurais dit un poli-radio qui parlait d'un incident de tragédie.
10:32 - Non, je serai scandalisé.
10:35 - La politique Robert Ménard, je le disais, on parlera de son âge dans un instant.
10:37 D'abord, est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison de faire recevoir
10:40 par deux de ses conseillers, Louis Maurice et Yacine Bellatar, à l'Elysée ?
10:43 - J'espère qu'il ne le savait pas.
10:45 Honnêtement, enfin je ne sais pas.
10:47 J'espère, j'espère, ça me paraît tellement invraisemblable.
10:52 Tellement invraisemblable.
10:53 Alors, ou il ne le sait pas, ou on connaît le journaliste,
10:56 un ancien confrère qu'il a reçu et qui pourrait l'avoir pris sur lui, j'espère.
11:01 - C'est Bruno Roger Petit, effectivement,
11:03 ce journaliste et conseiller mémoire pour Emmanuel Macron.
11:05 - Voilà, donc j'espère qu'il ne le savait pas,
11:07 parce qu'honnêtement, encore une fois, ça n'a pas de sens.
11:11 - Bellatar, je le rappelle, a présenté Yacine Bellatar
11:13 comme un proche du président, un de ses thermomètres en banlieue,
11:16 mais condamné pour des menaces de mort en septembre,
11:17 et critiqué notamment pour avoir dit, par exemple, qu'il n'était pas Charlie.
11:21 - Oui, enfin, et poursuivi pour des affaires d'une rare violence ces derniers mois.
11:27 Enfin, vous allez demander, alors je ne vais pas qualifier ce garçon,
11:31 enfin, un garçon de ce type-là, ce qu'il pense,
11:34 le chef de l'État, il a besoin de l'avis de ce garçon pour dire,
11:39 quoi, je ne vais pas à une manifestation.
11:42 Mais plus que ça, ça, c'est un problème.
11:44 Ce qui me paraît plus grave, c'est ce que le chef de l'État dit
11:48 pour en gros expliquer qu'il ne va pas à la manifestation.
11:51 Il n'y va pas pour ne pas diviser.
11:54 Diviser entre qui et qui ?
11:57 Il ne veut pas diviser entre les gens qui pensent qu'il y a de l'antisémitisme
12:02 et que c'est condamnable, et d'autres qui, eux,
12:05 penseraient qu'il y a de l'antisémitisme et que ce n'est pas condamnable.
12:08 Enfin, quoi, l'unité, pardon, je finis juste.
12:11 L'unité, elle était dans la rue.
12:14 Et je pense que c'est une faute de ne pas y être allé.
12:17 - Emmanuel Macron qui dit "protéger les Français de confession juive,
12:20 ce n'est pas mettre au pilori les Français de confession musulmane",
12:22 ce que j'ai trop entendu.
12:23 Voilà ce que voulait éviter Emmanuel Macron.
12:25 - Mais enfin, vous y étiez à la manifestation.
12:26 Moi, j'y suis allé.
12:27 Je n'ai entendu personne mettre au pilori les musulmans de France.
12:33 Je me suis inquiété.
12:34 - Thérèse Émour.
12:35 Thérèse Émour l'a fait, quand même.
12:36 - Pardon, mais c'est...
12:37 - Attendez, pardon.
12:38 On va juste essayer d'être un tout petit peu sérieux.
12:39 Moi, j'étais dans cette manifestation.
12:41 Je n'ai aucun...
12:42 Je n'ai entendu aucun propos anti-musulman.
12:46 Et au contraire, alors qu'honnêtement, le nombre de musulmans était peu nombreux,
12:50 chaque fois, j'ai vu un...
12:52 Je ne sais pas si c'était un imam, enfin, quelqu'un qui se présentait comme musulman,
12:56 prendre la parole.
12:57 Il était applaudi autour.
12:58 Les gens avaient envie qu'il y ait une espèce d'unité de tout le monde.
13:02 Encore une fois, je regrette que, par exemple, les gens de la grande mosquée de Paris
13:06 n'aient pas appelé à aller à cette manifestation.
13:09 Je le dis pour mes concitoyens musulmans, parce que je pense qu'on a besoin de les entendre.
13:14 On a besoin d'entendre d'autres voix que des voix hystériques et dangereuses.
13:18 On a...
13:19 Que la majorité silencieuse, si j'ose dire, des musulmans soit présente.
13:22 - Mais pardon, vous n'avez pas le sentiment que depuis quelques jours,
13:26 même quelques semaines, certains dans la classe politique
13:29 peuvent avoir la tentation, précisément, d'opposer deux Frances,
13:33 d'opposer telle ou telle parce qu'il y a des religions différentes.
13:37 Je vais vous citer Éric Zemmour, par exemple,
13:40 on en parlait à l'instant avec Pablo.
13:42 Emmanuel Macron est le président de deux peuples,
13:44 un peuple judéo-chrétien et un peuple islamo-gauchiste,
13:47 qui ne sont d'accord sur rien, qui se détestent de plus en plus
13:49 et qui se sont séparés depuis 30 ans.
13:51 - Je pense qu'on ne peut pas dire ça.
13:53 Je pense que c'est faux parce que c'est essentialisé les uns et les autres.
13:59 Essentialisé.
14:01 Moi, je ne crois pas que, je ne sais pas, vous êtes catholique,
14:04 que tous les catholiques pensent la même chose,
14:06 ont les mêmes points de vue sur le monde et les mêmes aspirations.
14:09 Je ne pense pas, Dieu merci, que tous les musulmans pensent la même chose
14:14 et sont des gens qui applaudissent ou amassent.
14:16 Je regrette, encore une fois, que dans la communauté musulmane,
14:20 il n'y ait pas plus de voix qui se fassent entendre.
14:23 On a tous en tête l'imam de Drancy, l'imam de Bordeaux,
14:27 mais j'aimerais entendre plus.
14:29 Mais moi, je suis maire d'une ville où la communauté musulmane est très importante.
14:33 Les deux tiers des enfants des écoles publiques de Béziers
14:37 sont issus de l'immigration et largement des musulmans.
14:42 Et je regrette que dans les manifestations, on en a eu,
14:44 vous vous en doutez, après les assassinats,
14:46 encore après le 7 octobre,
14:49 il n'y ait pas eu plus de représentants de cette communauté.
14:51 Mais je le leur dis. Je pense qu'il faut dire ça.
14:54 Mais penser aujourd'hui qu'il y a deux peuples face à face,
14:58 Dieu merci, ce n'est pas vrai.
15:00 En même temps, je ne suis pas naïf, je comprends.
15:02 Quand vous voyez un certain nombre de sondages
15:04 où il y a plus de la majorité de la communauté musulmane,
15:08 des jeunes musulmans, et c'est ça qui est le plus grave,
15:10 des jeunes musulmans qui pensent que les lois de la charia,
15:13 c'est plus important que la République, ça m'inquiète.
15:15 Et c'est surtout un échec.
15:17 Un échec pas seulement de nous,
15:19 parce que je ne suis pas dans l'autoflagellation permanente,
15:22 mais aussi d'eux.
15:23 Comment se fait-il que plus tu es jeune,
15:25 alors que tu es souvent de la deuxième, troisième, quatrième génération,
15:30 tu aies pour une partie de la jeunesse musulmane
15:33 une telle animosité, pour ne pas dire un mot plus fort,
15:36 par rapport au pays dans lequel tu vis.
15:38 Ça, c'est un vrai problème.
15:39 Et là, la communauté musulmane, elle a une responsabilité là-dedans.
15:43 Je veux dire, personne, nous on a besoin,
15:46 il y a 5, 6 millions de musulmans en France,
15:48 ils ne vont pas partir demain matin,
15:50 donc il faut qu'on vive ensemble.
15:52 Comment on vit ensemble ?
15:53 Ça suffit de nous parler de l'islamophobie
15:56 pour justifier des réactions qui sont injustifiables.
16:00 Et on entend des réactions injustifiables.
16:02 Et la Grande Mosquée de Paris, on nous l'a présentée
16:05 comme une espèce de lieu où on pouvait faire du débat,
16:08 vous savez, interculturel, enfin rien du tout, tu ne fais rien.
16:12 Il y a des propos qui y sont tenus, des prêches...
16:14 On verra ça dans un instant, avec des données qui sont données par Gérald Darmanin.
16:18 Je voudrais qu'on entende Asilis, puis Géraldine.
16:20 Il y avait aussi une deuxième justification qui était donnée
16:23 par le président de la République pour expliquer qu'il n'était pas présent à la marche.
16:26 Il a parlé du Rassemblement National en disant qu'il l'avait combattu par deux fois
16:31 et que ça justifiait donc de son non-antisémitisme.
16:34 Est-ce que vous pensez que le Rassemblement National,
16:38 aujourd'hui, est encore un parti antisémite
16:41 ou qu'il a totalement rompu avec son héritage ?
16:43 - Que le Rassemblement National ait eu une histoire avec l'antisémitisme,
16:50 à part de nier l'évidence, personne ne peut le contester.
16:55 Que Jean-Marie Le Pen ait tenu des propos antisémites,
16:59 c'était stupide de la part de M. Bardella de le nier.
17:03 C'est une évidence, ça saute aux yeux.
17:06 - Et il a été condamné pour ça ?
17:07 - Oui, et on a tous en mémoire.
17:09 Enfin, c'est un dur à four crématoire, c'est court.
17:12 Il faut m'expliquer, ce n'est pas un propos antisémite.
17:14 Ça, c'est la première chose.
17:16 Aujourd'hui, ne pas remarquer que le Rassemblement National a évolué,
17:20 c'est nier la même évidence.
17:22 Moi, je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit le Rassemblement National.
17:26 Dieu merci, pas d'accord sur tout.
17:28 Mais je n'irai jamais dire de Marine Le Pen qu'elle serait homophobe, raciste ou antisémite.
17:34 C'est juste faux.
17:36 Qu'il y ait eu autour d'elle, et qu'il puisse y avoir encore autour d'elle,
17:40 des gens qui sont antisémites, oui.
17:43 Mais aujourd'hui, pardon Madame, l'antisémitisme auquel on est confronté,
17:48 il n'est massivement pas celui-là.
17:50 - Et lequel est-il ?
17:52 - Il vient, il est nourri par une partie de l'islam.
17:56 Enfin, il y a des propos...
17:57 - Mais alors précisément, on va s'arrêter là-dessus, précisément sur ce point-là,
18:01 et ça rejoint ce que vous disiez tout à l'heure.
18:03 Aujourd'hui, Gérald Darmanin dit "écoutez-nous, on regarde ce qui se passe dans les mosquées".
18:07 Il donne ce chiffre, le ministre de l'Intérieur, ce matin.
18:09 Cinq mosquées, cinq mosquées sur 2600 en France, ont posé problème dans leur prêche depuis le 7 octobre.
18:16 Cinq mosquées.
18:17 Gérald Darmanin dit "le problème ne vient pas de là".
18:20 Le problème ne vient pas de là, il vient, par exemple, lui il cite l'imam TikTok,
18:24 il dit l'imam Twitter, ça rejoint ce que vous disiez de la jeunesse,
18:27 mais il dit "il ne faut pas non plus caricaturer ce qui est en train de se passer dans les mosquées,
18:30 ce qui est en train de se passer dans la communauté musulmane".
18:33 Cinq mosquées sur 2600 ont posé problème.
18:35 Est-ce que j'ai dit ça ? Je n'ai pas dit ça.
18:37 J'ai juste cité une mosquée qui n'est pas tout à fait n'importe quelle mosquée,
18:42 qui est la mosquée de Paris, où on a vu les propos tenus sur des plateaux de télévision par son imam.
18:48 Un de ces imams.
18:49 Oui, un de ces imams.
18:50 Enfin, celui qui se présente comme l'imam de la mosquée.
18:53 Pardon, moi je ne connais pas assez bien la mosquée de Paris.
18:56 Il se présente, lui, comme l'imam de la mosquée de Paris.
18:59 J'apprends qu'il y en a plusieurs.
19:00 Il y en a plusieurs, lui n'est pas le porte-parole de la mosquée.
19:02 Attendez, ce n'est pas pareil. Il y a un recteur et tout.
19:04 On parle de lui.
19:05 On a entendu ses propos.
19:06 On a même eu maintenant les prêches qu'il a tenues au début du mois de novembre à l'intérieur de la mosquée de Paris.
19:12 Attendez, vous ne dites pas que c'est ce qu'on a envie d'entendre.
19:15 Mais bien sûr, attendez, les jeunes dont je vous parle,
19:18 ceux qui m'inquiètent, cette jeunesse musulmane qui confond la France
19:24 et ce qui se passe entre Gaza et Israël, entre les Palestiniens et les Israéliens,
19:31 sans même rien savoir de ça,
19:33 tu n'as pas besoin d'en parler en les écoutant pour comprendre qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent.
19:39 C'est un vrai problème.
19:41 C'est un vrai problème qu'il y ait une majorité de cette jeunesse
19:44 qui aujourd'hui préfère la charia aux lois de la République.
19:47 Ça me fait froid dans le dos.
19:49 Je n'ai pas envie de ça.
19:50 Mon problème, c'est comme maire d'une ville, comment je combats ça ?
19:55 Comment je le combats ?
19:56 Pas en montant les uns contre les autres, mais en imaginant.
20:00 - Mais comment vous les ramenez alors, Géraldine ?
20:02 - Mais les ramener comment ?
20:03 - Je suis prêté.
20:04 - C'est la question.
20:05 - Moi, je n'ai pas la réponse à ça.
20:07 - Le débat qu'on a ce soir est l'illustration de l'énorme erreur d'analyse
20:12 que fait finalement Emmanuel Macron et de son erreur stratégique.
20:16 Le simple fait de savoir qu'il s'informe auprès de M. Bellatar
20:22 de ce que serait l'état des banlieues, c'est à mourir de rire.
20:25 Le lien de M. Bellatar avec les banlieues est plus que distendu.
20:28 Il ne vit pas du tout en banlieue.
20:30 Il vit dans le quartier des Abbes à Paris, où les loyers sont très chers.
20:34 Il n'a aucune idée de ce que pensent les banlieues, M. Bellatar.
20:40 Et à l'Elysée, comme on n'a pas de contact, on n'a pas trop de redondes,
20:44 on va lui demander.
20:46 Ça veut dire qu'on va élaborer une pensée en fonction du préjugé
20:50 qu'on se fait de ce que les musulmans penseraient.
20:53 Et on en arrive à ce qu'Emmanuel Macron dise.
20:55 "Ah ben finalement, je ne veux pas diviser.
20:58 Donc pour ne pas diviser, je ne peux pas prendre partie contre l'antisémitisme."
21:03 Ce qui est positivement délirant.
21:06 - Sauf que vous ne pouvez pas dire "je ne veux pas prendre partie contre l'antisémitisme".
21:09 Il a dit clairement, Emmanuel Macron, qu'il était contre.
21:11 - Il a dit "je n'y vais pas pour ne pas diviser".
21:14 - Il n'est pas allé marcher, mais il a évidemment montré qu'il combattait l'antisémitisme.
21:17 - C'est bien ce qu'il a dit.
21:18 Et la deuxième partie de sa phrase, c'était "en plus, si j'y allais,
21:21 mon pauvre ami démanifgerait toutes les semaines".
21:24 Comme si cette cause, ce combat universel, était finalement un parmi d'autres.
21:33 Donc il a commis cette erreur, mais je pense, tout simplement,
21:36 par déconnexion et par indécision.
21:39 Et sans doute parce que lui-même n'a pas une opinion très ferme,
21:43 ni très arrêtée, sur une question qui devrait justement tous nous rassembler.
21:48 Et si ça ne nous rassemble pas, c'est bien parce que le président lui-même
21:51 échoue le premier à montrer l'exemple.
21:54 - Honnêtement, moi j'aurais attendu plus de lui, ce que j'ai essayé de dire tout à l'heure,
21:57 mais moi je n'ai pas son autorité, évidemment,
21:59 appeler la communauté musulmane à venir manifester.
22:03 C'est ça son rôle.
22:04 C'est dire "mais attendez, vous ne pensez pas à ça ?
22:06 Une majorité de vous ne sont pas antisémites.
22:08 - Mais la croisante majorité des musulmans de France ne sont pas antisémites.
22:13 On en vient à avoir des discussions.
22:15 - Absolument. Et à prononcer des phrases, des évidences comme ça qui paraissent...
22:19 - Pourquoi il ne l'a pas fait ?
22:21 Pourquoi son rôle serait-il de dire "venez là, votre place elle est là",
22:24 pas de dire "je n'y vais pas".
22:26 - Mais parce que, hélas, il a été aussi obligé de constater
22:29 que dans cette manifestation, il y avait la présence,
22:32 et en nombre, assez important, de l'extrême droite.
22:36 - Moi je ne les ai pas vues.
22:37 - Juste parce qu'on en a beaucoup parlé la semaine avant,
22:40 de la présence du Rassemblement National et du Reconquête
22:44 dans les rangs des manifestants.
22:46 Et que c'est aussi pour cela qu'il s'est dit...
22:49 Parce que la question de l'islamophobie,
22:51 et moi j'aimerais aussi vous répondre sur ce que vous dites
22:54 sur les jeunes musulmans.
22:56 Vous avez dit, j'ai beaucoup aimé la première partie de votre réponse,
22:58 où vous avez dit "il ne faut surtout pas opposer les guerres interreligieuses,
23:02 ça ne mène à rien, ça ne mène qu'à des impasses".
23:04 Et après vous dites, vous n'arrêtez pas de répéter
23:06 quand même les jeunes musulmans...
23:08 - Je répète ce qu'il y a, monsieur.
23:11 - Quand on regarde les études sur les questions de l'antisémitisme,
23:16 notamment qui sont produites tous les ans
23:18 par la Cour Nationale Consultative des Droits de l'Homme,
23:20 c'est très intéressant, on voit que l'antisémitisme,
23:24 de façon massive, vient plutôt de l'extrême droite.
23:27 Et que ça, ça ne change pas, ces 20 dernières années,
23:29 c'est l'extrême droite.
23:31 Et d'ailleurs, qui sont aujourd'hui les plus grands promoteurs
23:33 de l'extrême droite ?
23:34 - C'est pas Pablo !
23:35 - C'est que la Caltas est le nouvel antisémitisme,
23:37 qui voudrait faire du musulman le premier des antisémitistes.
23:40 Et la deuxième chose qui est importante, c'est que,
23:42 qui sont aujourd'hui les deux plus grands promoteurs
23:44 de l'antisémitisme, notamment sur les réseaux sociaux ?
23:47 C'est pas les imams, c'est pas les machins,
23:49 c'est Dieudonné et c'est Alain Soral.
23:53 Voilà les deux principaux promoteurs.
23:55 Ils font des millions de vues quand ils font des vidéos Twitter.
23:57 - Que les racines intellectuelles de l'antisémitisme
24:00 à l'extrême droite soient encore actives,
24:02 je suis tout à fait d'accord avec toi,
24:03 on dit "résiduel", c'est un mauvais terme,
24:05 il faudrait dire "germinatoire", très bien.
24:07 Maintenant, il faut regarder les actes, quand même.
24:09 Qui a tué les enfants dans l'école aux Aratoras de Toulouse ?
24:11 C'est un type d'extrême droite ?
24:13 Qui a tué Sarah Halimi ?
24:15 C'est un type d'extrême droite ?
24:16 - Mais attention, tous les actes antisémites
24:17 ne sont pas ces crimes abominables hétéroxystants.
24:19 - Tu ne peux pas donner l'impression qu'aujourd'hui,
24:21 le problème de sécurité pour la communauté juive,
24:24 c'est un problème lié à l'extrême droite.
24:25 Il existe, mais le problème principal,
24:27 c'est ce qui vient de l'islam politique.
24:29 - Depuis cet octobre, les actes antisémites,
24:32 ce ne sont pas des meurtres, mais des congrages.
24:34 - Quant aux millions de vues sur les réseaux sociaux,
24:36 si tu cumules tout ce qui vient,
24:38 et parfois en langue arabe ou en turc,
24:40 de l'étranger sur les réseaux sociaux,
24:41 tu vas dépasser largement, sans nul doute, Soral.
24:44 Par ailleurs, je n'ai pas noté que Dieu Donné et Soral,
24:46 qui sont des personnages abominables,
24:48 aient des chaînes de télévision à l'étranger,
24:49 qu'on peut capter ici.
24:50 Donc attention, remets les choses dans l'ordre.
24:52 Ce n'est pas parce qu'on dit que l'islam politique
24:54 est la principale source aujourd'hui de dangers antisémites
24:57 qu'on minore ce qui vient des néo-nazis.
24:59 Bien sûr, celles de Meurs Toujours.
25:01 - Robert Ménard, pour répondre à Pablo.
25:02 - Ne me trompe pas.
25:03 - Comment vous voulez répondre ?
25:05 On pourrait au moins s'entendre sur des faits.
25:08 Le problème avec des gens comme vous...
25:11 - C'est le SNCDH.
25:12 - Non, non, non, c'est que les faits eux-mêmes,
25:14 vous les contestez.
25:16 Moi, je ne discute pas avec... Je ne peux plus discuter.
25:18 Si on n'est pas d'accord pour dire que ça, c'est en verre
25:21 et que ce n'est pas en bois, on arrête la discussion.
25:25 - En verre, c'est en plastique.
25:26 - Il faut voir ce que l'on voit.
25:28 - Ce que je veux dire, c'est que vous tenez un discours
25:31 idéologique de A à Z.
25:33 Premièrement, vous niez ce que tout le monde constate.
25:36 Mais il n'y a que vous qui ne voulez pas le constater
25:38 parce que vous avez des liens idéologiques.
25:40 Ensuite, sur le Rassemblement national.
25:43 Moi, je suis sidéré de votre attitude.
25:46 Moi, je ne suis pas macroniste.
25:48 Mais quand M. Macron prend une décision positive
25:53 pour mon pays, j'applaudis des deux mains.
25:55 Je trouve que c'est très bien.
25:57 Et je le fais tout le temps.
25:59 Si le Rassemblement national évolue,
26:02 qui, ici, à part vous, parce que vous êtes dans une position
26:06 qui est invraisemblable, qui ne pourrait pas s'en féliciter ?
26:11 Moi, que le Rassemblement national, aujourd'hui,
26:14 quitte un terrain qui a été le sien quand il a été créé,
26:17 je trouve que ça, c'est formidable.
26:19 Quand Marine Le Pen... Et oui, je sais, ça vous écorche la gorge.
26:22 - Non, mais parce que je ne le crois pas.
26:23 - Quand Marine Le Pen... Attendez, Marine Le Pen,
26:26 vous pouvez encore une fois lui faire plein de reproches.
26:29 Elle rond avec son père, ce qui n'est pas tout à fait rien.
26:33 Elle le met dehors du parti qui l'a créé.
26:36 - Mais moi... Attendez, pardon.
26:37 - Je trouve que c'est formidable.
26:40 Je ne suis pas d'accord avec elle sur plein d'autres choses.
26:43 Je peux dire qu'autour d'elle, il y a encore des gens
26:45 qui sont antisémites.
26:47 Oui, je les connais pour un certain nombre d'entre eux.
26:49 Mais je trouve qu'il y a une évolution de ce parti que j'applaudis.
26:52 Et pas parce que je suis proche du RN,
26:55 parce que j'aime mon pays et que je trouve que chaque fois
26:58 qu'on devient plus raisonnable, qu'à droite comme à gauche,
27:01 on prend des positions mieux pour mon pays, je m'en félicite.
27:05 - Mais attendez, on va revenir à Marine Le Pen dans un instant.
27:09 Je commence à recevoir pas mal de messages de personnes
27:14 qui me disent "j'écoute ce qui est en train de se passer sur ce plateau
27:17 et je suis heurté, heurté".
27:19 Encore une fois, j'ai plusieurs messages comme ça,
27:21 notamment parce que vous avez dit, Christophe Barbier,
27:23 heurté qu'on puisse faire le lien entre la communauté musulmane en général
27:29 et par exemple ce qui a pu se passer avec Mera et compagnie.
27:33 Comment leur faire porter cette responsabilité-là ?
27:35 - Mais je ne fais porter aucune responsabilité.
27:37 - Vous comprenez que ça puisse être insoutenable à entendre
27:39 pour une extrême majorité des musulmans ?
27:41 - Les musulmans ne sont pas islamistes, mais les islamistes sont musulmans.
27:44 Les premières victimes des islamistes, c'est les musulmans.
27:46 Ils sont pris en otage par le Hamas à Gaza
27:49 et ils sont pris en otage par les terroristes qui,
27:51 au nom d'une déformation de l'islam, commettent des attentats.
27:54 Ce n'est pas la faute des musulmans, ce n'est pas non plus la faute des victimes,
27:57 c'est un fait géopolitique et idéologique mondial.
28:01 C'est tout.
28:02 Le meilleur service à rendre aux musulmans, c'est de les débarrasser des islamistes.
28:05 Tous les terroristes, comme les Imams fallacieux.
28:08 Pour faire ça, il faut quoi ?
28:10 Une république intransigeante et il faut l'aide des musulmans.
28:14 Que les musulmans, la communauté musulmane de France et ses hiérarques,
28:17 dans une religion qui n'est pas organisée, qui n'a pas de clergé,
28:20 ce qui ne rend pas les choses faciles, nous disent
28:23 "Oui, on est d'accord avec vous, on en a assez des islamistes
28:26 qui non seulement galvaudent, détruisent, font,
28:30 mais qui... Donc on est les premières victimes,
28:32 que ce soit en Syrie, en Irak ou en France.
28:35 Mais vous voyez, le problème, c'est qu'on parlait d'antisémitisme
28:37 et de lutte contre l'antisémitisme, et là, tout d'un coup,
28:39 on est en train de dire "le problème, c'est que les musulmans
28:42 ne s'organisent pas contre eux, l'antisémitisme,
28:45 c'est exactement ce que voulait éviter Emmanuel Macron,
28:48 et c'est la raison pour laquelle il n'est pas allé à la manifestation,
28:51 parce que ce type de discours est tenu sur les plateaux télé depuis dimanche.
28:54 - On est en train de parler justement de la carence d'explication
28:57 du président Macron, qui plus il s'explique sur son absence,
28:59 plus il s'enfonce. On dirait Hidalgo sur Tahiti.
29:01 Et quand il vient nous dire "j'y suis pas allé parce que je voulais pas
29:04 qu'on donne l'impression que c'était une manifestation aussi
29:06 contre les musulmans parce que le RN était là", c'est lui !
29:09 - Une majorité de français est d'accord avec lui, c'est le BHM.
29:11 - Mais un président ne doit pas toujours être en accord
29:13 avec une majorité de français. Il doit leur dire "non, non, vous trompez,
29:15 on va tous être contre l'antisémitisme, je sais bien qu'il y a des arrière-pensées
29:18 partout, mais on ne s'arrête pas aux arrière-pensées le dimanche 12 novembre,
29:22 elles reviendront plus tard, le combat politique reprendra.
29:25 Là, stop, c'est juste contre l'antisémitisme, et on doit tous être là,
29:28 moi le premier". Voilà ce qu'il aurait dû dire.
29:31 À partir du moment où il a supposé des arrière-pensées
29:33 qui lui ont fait douter que, on tire la pelote et on est fait.
29:36 - Il faut qu'on avance, il faut qu'on avance. D'un mot vraiment, Azizine.
29:38 - Juste un mot. Moi depuis le début, je me dis pourquoi est-ce qu'on ne va pas
29:40 chercher les voix musulmanes, puisqu'on ne les entend pas,
29:42 est-ce qu'on leur donne suffisamment la place sur nos plateaux de commentateurs ?
29:45 Et quand on va les chercher, moi j'ai constaté avec l'imam Mahmoun
29:48 qui a nié ces actes antisémites, quand on demande au recteur de la Grande Mosquée
29:52 est-ce que les musulmans étaient suffisamment présents à la marche,
29:55 il explique qu'il fallait non pas faire une marche contre l'antisémitisme,
29:57 mais contre toutes les discriminations. Et ça, je trouve que c'est déjà problématique
30:00 dans l'approche. - On avance, Robert Ménard.
30:03 Un autre point que je voulais aborder avec vous, c'est Nantes.
30:05 Nantes, en mai dernier, un jeune de 16 ans, voiture volée,
30:08 foche, un policier le traîne sur plusieurs dizaines de mètres.
30:11 Il est arrêté en septembre, condamné il y a 10 jours à 35 heures
30:14 de travaux d'intérêt général. Les syndicats de police sont évidemment
30:19 en colère après cette décision-là. Le problème de la police,
30:21 c'est toujours de la justice ? On en revient encore une fois à cette question-là ?
30:24 - Je ne dirais pas la justice, parce qu'encore une fois, je pense que
30:27 quand on dit "les musulmans, les juifs, la justice", on commence à mal penser.
30:33 Je pense qu'il y a un problème avec certains magistrats. Enfin, ce que j'en sais,
30:38 moi ce que j'en sais, c'est ce que j'ai vu sur votre chaîne ou d'autres chaînes de télé.
30:41 Vous vous dites "quoi ? Je ne savais pas que les travaux d'intérêt collectif...
30:46 Attendez, moi j'en fais dans ma mairie, vous avez compris, je reçois
30:49 un certain nombre de jeunes garçons ou de jeunes filles, en général c'est
30:53 des jeunes garçons et des jeunes filles, qui ont fait des conneries,
30:56 des choses condamnables, et on les fait bosser. Je trouve que ce n'est pas
30:59 une mauvaise idée. Mais ce n'est pas ce qu'ils font là. Là, ça relève d'autres choses.
31:04 Vous avez vu qu'il y a eu un appel, donc on va voir si ça donne.
31:07 - Le parquet a fait appel, absolument. - Mais c'est impressant.
31:09 Tout à l'heure, on parlait des policiers. Vous imaginez les policiers,
31:12 ce qu'ils pensent de ça ? Entre des responsables politiques qui disent
31:17 "toute la classe poli...", les policiers tuent des gens invités sur des plateaux
31:22 de télévision, qui nous expliquent, comme on l'a entendu tout à l'heure,
31:25 qu'il y aurait un racisme systémique dans la police, et des magistrats
31:30 qui condamnent à des peines ridicules, des gens qui se font...
31:35 Vous savez ce que c'est, se faire traîner ? Ça ne m'est jamais arrivé,
31:38 se faire traîner. Bien sûr, il y a de quoi décourager les policiers.
31:42 Et des policiers, on en a besoin. Vous savez, moi j'ai passé ma vie
31:46 dans des pays, enfin comme patron d'Europe Interfrontiale, dans des pays du monde.
31:50 Je me suis dit au fond, qu'est-ce qui fait qu'il y a une différence
31:53 entre une démocratie et un pays qui ne l'est pas ?
31:57 Il y a plein de choses et tout ça. Un des critères, me semble-t-il,
32:02 c'est, dans tout un tas de pays que je connaissais, ou valait pour mon boulot,
32:07 honnêtement, le policier c'est un prédateur spontanément. Tu le sais.
32:12 En France, un policier il te défend. Et pour ça, on a besoin de les respecter.
32:18 Et la police, elle a besoin d'être respectée. Si des policiers font des conneries,
32:22 il faut les sanctionner. Et les sanctionner…
32:25 – Mais là, on a un juge qui applique la loi.
32:27 – Oui, mais enfin, attendez, vous rigolez. – Bah non !
32:30 – Non, non, mais je sais, attendez, je sais bien que vous rigolez.
32:32 – Pas du tout. – Je veux dire, mais…
32:33 – On a un juge qui applique la loi. – Oui, mais ce n'est pas possible
32:35 de faire ça. C'est incompréhensible. Et vous verrez qu'en appel,
32:39 ce ne sera pas ça. Ce n'est pas possible.
32:41 – Le Parquet avait réclamé, me semble-t-il, un mois de prison avec sursis
32:45 pour ce jeune homme, ou un an de prison, je ne sais plus, mais c'était du sursis
32:48 qui avait été réclamé par le Parquet. Ce qui est dit visiblement à l'audience,
32:51 c'est que ce jeune homme de 16 ans, depuis, il a repris l'école,
32:55 il est retourné à l'école, etc. Ils n'ont pas voulu couper cet élan-là.
32:58 – Je comprends. Il a même dit qu'il ne s'était pas aperçu
33:00 que le policier était accroché à sa voiture. Je veux bien, je veux bien.
33:04 Je ne sais pas, écoutez, je ne vais pas aller plus loin,
33:06 parce que comme vous, je n'ai pas plus d'éléments.
33:08 Comme n'importe qui, je me dis, ce n'est pas possible.
33:11 Ce n'est pas possible que quelqu'un, même si après il a retourné à l'école et tout,
33:15 il n'ait pas une sanction plus importante. Je vous rappelle que même de la prison
33:18 avec sursis, ça ne vous empêche pas d'aller à l'école, de façon annexe.
33:21 Donc, tu ne peux pas, tu ne peux pas. On le dit, il y a des moments
33:24 où il faut dire les choses. Moi, je vois dans ma ville, moi je suis maire,
33:27 je vois un certain nombre de choses, un certain nombre de gamins
33:31 qui ont l'impression qu'ils sont à l'abri de vraies sanctions.
33:34 Moi, je veux expliquer, je ne dis pas qu'un mineur de moins de 13 ans
33:37 et vous qui avez un certain âge, vous avez le même degré de...
33:41 Un certain âge, je ne vais pas dire un âge, un degré de...
33:44 – Il l'a pas mal pris, il l'a pas mal pris.
33:46 – Vous voyez ce que je veux dire ? Vous n'êtes pas jugé de la même façon.
33:49 Mais je ne supporte plus, je vais vous dire quelque chose,
33:51 je ne supporte plus de voir des espèces de gamins qui baragouillent
33:56 un français de je ne sais pas quoi, me dire seulement comme mot
34:00 quand je les prends au collet et que je leur fais une remarque,
34:03 je suis mineur. Mais quoi ? Parce que mineur, vous avez compris,
34:06 dans leur tête, on leur a expliqué que mineur, tu es à l'abri de toutes sanctions.
34:10 Et non, tu n'es pas à l'abri de toutes sanctions.
34:13 Je pense qu'on a besoin de ça et l'autorité c'est ça.
34:16 Et là, dans ce cas-là, c'est ubuesque, caricatural.
34:19 – Le sursis est très adapté parce que le sursis, ça veut dire que
34:22 si vous récidivez, ça devient ferme.
34:24 Et donc vous vivez avec une épée de démocratie qui vous oblige
34:26 à faire attention à votre comportement.
34:27 Et c'est là que la maturité se construit.
34:29 Si vous sortez en n'ayant rien ou pas grand-chose, vous vous dites
34:32 "permis de recommencer", c'est une sorte d'impunité, je l'ai fait,
34:34 je n'ai pas été puni, pourquoi je ne recommencerai pas ?
34:36 C'est là où la vocation pédagogique de la justice doit être prise en compte
34:39 par les magistrats.
34:40 – Mais tous les magistrats ne sont pas laxistes et tout, ce n'est pas vrai.
34:43 – Non, non, c'était un homme sursis qui avait été réclamé par le parquet.
34:45 – Oui, moi je voudrais juste vous rappeler quand même un article du Code pénal
34:49 parce que je trouve que vous attaquez de façon très violente et très virulente
34:52 cette décision de justice qui a été prise par un magistrat,
34:55 que vous avez dit "le magistrat qui a pris cette décision, c'est n'importe quoi", etc.
35:00 Donc je vous rappelle cet article du Code pénal 434-25,
35:03 "le fait de chercher à jeter le discrédit publiquement par acte, parole,
35:06 en l'occurrence écrit ou image, etc. de nature à porter atteinte
35:12 à l'autorité de la justice ou à son indépendance est puni de 6 mois
35:15 d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende".
35:17 Et vous êtes un édile, vous êtes un maire, donc votre parole est importante,
35:21 il faut faire très attention à la remise en question des décisions de justice.
35:24 – Merci de vos conseils, je répète ce que je dis
35:27 et je le redirai une troisième fois si vous voulez.
35:29 – Quand on commente la justice même, quand on la critique,
35:32 je l'ai fait hier sur l'affaire Dupont-Moretti,
35:34 j'ai entendu le traité aimant, eh bien on rend service à la justice.
35:38 – Il y avait longtemps que vous n'avez pas entendu ce code pénal.
35:40 – On rend service à la justice, parce qu'on oblige la justice à se dire
35:42 "oui, nous qui jugeons, et souvent au nom du peuple français,
35:44 quand on entend des critiques, écoutons-les".
35:46 Ça ne veut pas dire qu'on veut dire que le jugement n'est pas valable,
35:48 il ne faudra pas l'appliquer, il y a une chose jugée, c'est une chose jugée,
35:51 mais cette idée que les juges soient dans une espèce de sanctuaire
35:54 inaccessible aux commentaires démocratiques et aux critiques, c'est quand même…
35:59 – Ils le sont, mais de façon générale, je pense qu'ils vont mieux attaquer la justice.
36:02 – D'autant que dans cette affaire, on n'a pas une décision jugée,
36:05 on a un appel, et donc on pourrait critiquer.
36:11 Oui mais alors arrêtez d'être caricat… Essayez juste…
36:14 – Non, non, mais le disque critique que vous avez porté
36:16 à l'encontre du juge des enfants qui a pris cette décision,
36:18 je le trouve très problématique, je le répète.
36:20 – Très bien, aujourd'hui…
36:22 – Je vous contredis, mais enfin, de votre avis, là, c'est…
36:25 – On a quand même une décision qui, pour le moins, interpelle,
36:30 d'autant plus que le procureur avait requis une peine beaucoup plus importante,
36:36 6 mois de prison avec sursis, assortie de 18 mois d'un sursis…
36:40 – Moi j'avais un an avec sursis.
36:43 – Donc, effectivement, le jugement interpelle, qui est particulièrement clément,
36:49 on peut le dire sans que ce soit un jugement,
36:52 raison pour laquelle le parquet a aussitôt fait appel de cette décision.
36:55 Moi ce qui me frappe, et là on pourra tomber d'accord sur le constat,
36:59 c'est qu'un fossé de plus en plus béant s'est creusé au fil des ans
37:04 entre la justice et la population.
37:07 L'opinion ne comprend plus certaines de ces peines,
37:12 l'opinion est obligée de constater aussi l'inflation de l'application
37:16 des jeunes dans des actes de violence.
37:19 Je vous rappelle quelques statistiques simples,
37:22 des mineurs mis en cause par la justice, en 92 il y en avait 98 000, moins de 100 000,
37:30 depuis 2010, tous les ans c'est plus de 200 000,
37:33 donc une augmentation de 100%.
37:36 Là-dessus, la réponse judiciaire est toujours,
37:40 pour plus de la moitié des alternatives aux poursuites de type rappel à la loi,
37:47 une tape sur les doigts, et plus d'un sur deux récidives.
37:52 Donc on peut se poser, et il est légitime que le peuple,
37:56 au nom duquel les magistrats rendent la justice,
37:59 il faut le rappeler, que le peuple justement interroge, pose des questions,
38:04 et les magistrats ne sont pas tout puissants.
38:08 Oui, ils doivent aussi rendre des comptes au peuple au nom desquels ils jugent.
38:12 – Ce qui m'inquiète le plus, ce n'est pas vos propos,
38:16 je fais des rappels à la loi, vous savez, comme tous les maires.
38:19 Attendez, pas pour des affaires aussi graves que ça,
38:22 quand c'est une bêtise dont tu te dis…
38:24 – Vous êtes officier de police judiciaire.
38:26 – Et oui, et donc quand il y a une bêtise, un acte délictueux,
38:31 peut te laisser penser que demain il y en aura d'autres
38:34 et que ça pourrait être plus grave.
38:35 Et donc je les reçois, on les reçoit, je suis habillé, vous savez, avec l'écharpe,
38:39 il y a la police municipale, la police nationale en grand uniforme,
38:44 vous savez, pour impressionner un peu, impressionner.
38:47 Alors d'abord on arrive là en général, que ce qui est obligé d'y aller,
38:51 que ceux qui ont quand même envie de plaider un peu coupable
38:56 et que ça ne soit pas trop de conséquences.
39:00 Mais moi ce qui me tue, c'est souvent l'attitude des parents.
39:04 Moi je me suis vu dire à des parents, vous l'aimez votre gosse comme moi,
39:10 j'aime les miens, oui, mais si j'étais vous, si je vous l'aimais,
39:13 vous vous levez et vous lui en foutez une de claque devant moi
39:16 pour lui dire qu'il vous mente sciemment, vous savez, qu'il nie l'évidence,
39:21 quand ce ne sont pas des parents qui leur prouvent…
39:23 – Ça se passe bien la violence.
39:25 – Attendez, ça va, quand des parents…
39:27 oui, mais alors, je l'assume, moi, mon fils mentirait devant le maire
39:31 et le commissaire de police de façon éhontée comme ça,
39:35 oui, je lui en collerais une en disant "mais tu te fiches de moi"
39:38 et la plupart du temps, en plus, d'autre part, les parents qui les approuvent,
39:41 qui leur trouvent des excuses, c'est ça notre problème.
39:44 – Ce qu'ils font devant les professeurs aussi,
39:46 et ce qu'ils font devant les arbitres de foot.
39:48 – Voilà, ils vont s'en prendre sur un terrain de foot…
39:50 – Il faut qu'on avance, il faut qu'on avance, j'ai dit, il faut qu'on avance.
39:52 – Partie du problème, c'est quand même aussi que,
39:54 entre la commission des faits et la sanction pour les mineurs,
39:56 il se passe 23 mois en moyenne, c'est trop long
39:58 et les magistrats ne sont pas assez nombreux.
40:00 – On avance, dans un instant, la bande prend le pouvoir,
40:02 mais Robert Ménard, je voulais vous entendre,
40:04 voir si vous aviez une réaction ce soir, c'est une des informations de la soirée,
40:06 on avait commencé l'émission tout à l'heure à 22h là-dessus,
40:08 ce sénateur centriste, Joël Guerriot, je ne sais pas si vous avez entendu ça,
40:11 66 ans, qui est ce soir en garde à vue,
40:13 soupçonné d'avoir tenté de droguer une amie députée
40:17 en vue de l'agresser sexuellement.
40:20 Cette femme a porté plainte, des traces d'ecstasie ont été retrouvées dans son sang,
40:24 des cachets d'ecstasie ont été retrouvés chez ce sénateur,
40:26 encore une fois, il est ce soir en garde à vue,
40:29 il n'y a pas d'immunité dans ce cas-là, d'immunité parlementaire,
40:32 parce que c'est du flagrant délit, donc ça va tout de suite très vite,
40:34 et il a été arrêté immédiatement,
40:36 est-ce que vous avez une réaction sur ce dossier-là, sur ce qui se passe là ?
40:40 – Tu tombes des nues d'abord, parce que quand même,
40:42 t'as beau critiquer la classe politique, un sénateur, une députée,
40:46 dans ta tête, enfin en tout cas dans la mienne,
40:48 c'est quelque chose qui ne peut pas arriver,
40:50 je fais attention à ce que je dis, parce qu'encore une fois,
40:52 c'est une affaire, là on ne sait rien d'autre que ça,
40:55 et on fait attention, si c'est ça, si c'est ça,
40:59 moi je pensais, je ne sais pas, pour le Sénat,
41:02 ils en tireront toutes les conséquences, les sénateurs,
41:05 voilà, le reste je n'ai rien à en dire,
41:07 parce que ça me paraît tellement gros, tellement sidérant,
41:11 tellement apocalyptique de se comporter comme ça,
41:15 mais en plus je n'en sais rien, j'ai juste entendu ça,
41:18 avant d'arriver, en écoutant votre chef.
41:22 On a votre action ce soir, on le rappelle évidemment,
41:25 ce monsieur est présumé innocent, 23h33,
41:27 on est un peu en retard, encore une fois, vous restez avec nous,
41:29 la bande prend le pouvoir, comme tous les soirs sur BFM TV,
41:32 tous les sujets qui ont fait réagir nos élites aujourd'hui,
41:34 et qui vont aussi vous faire réagir, Robert Ménard,
41:36 c'est vous qui commencez, Christophe vous prenez le pouvoir,
41:38 avec cet article du Figaro, qui a retenu notre attention aujourd'hui,
41:41 attention, votre employeur peut vous interdire de fumer.
41:44 Oui, c'est-à-dire compter les pauses cigarettes,
41:47 en plus des pauses autorisées, pour décompter ça du temps de travail,
41:51 la règle est simple, tous les 6h, on a droit à 20 minutes de pause,
41:54 pour tout le monde, vous devez fumer dans cette pause,
41:56 si vous en rajoutez, on pourrait vous demander de travailler plus.
41:58 Et le Figaro rappelle que la Cour de cassation a validé le licenciement
42:01 d'un agent de sécurité qui avait pris sa pause et qui fumait trop.
42:03 Exactement, ça existe en Suisse, j'ai trouvé un canton en Suisse,
42:06 où depuis 2020, c'est ce qui est appliqué.
42:08 Moi je suis pour cette sanction, ce durcissement,
42:12 pour deux raisons, une mineure, c'est l'égalité des salariés,
42:15 il n'y a pas de raison que celui qui ne fume pas,
42:17 finalement travaille plus que celui qui fume,
42:19 qui tirerait au flanc pour tirer sur sa clope.
42:21 Mais surtout, je suis favorable à tous les moyens qu'on peut utiliser
42:26 pour débarrasser ce pays de la maudite cigarette.
42:29 Nous devons nous donner comme objectif, dans les 10-12 ans qui viennent,
42:32 qu'il y ait zéro fumeur en France.
42:34 Ça fait 500 ans qu'on a ce fléau dans notre pays,
42:37 ça tue 75 000 personnes par an, il faut en sortir.
42:40 Utilisons tous les paquets de cigarettes qui font peur
42:43 parce qu'il y a des horreurs dessus, le prix qui doit augmenter,
42:46 les pauses clopes qui vont être dissuasives,
42:48 sinon on reste au boulot jusqu'à 18h30.
42:50 Tout doit être utilisé pour que dans 10-12 ans,
42:52 il n'y ait plus de fumeurs dans ce pays.
42:54 J'ajoute une mesure, on devrait tout doucement aller vers l'interdiction
42:57 de fumer dans la rue.
42:58 On l'a déjà interdit dans les restaurants, dans les bars.
43:00 Vous voulez fumer, c'est chez vous.
43:02 Il n'y a pas de raison que l'espace public, l'air public,
43:04 soit pollué par votre cigarette.
43:06 Et quand vous suivez un fumeur dans la rue...
43:07 C'est le cas au Japon.
43:08 Oui, c'est le cas au Japon, c'est le cas dans certaines villes,
43:10 je crois, des Etats-Unis.
43:11 Moi, quand le matin, très très tôt, dans la rue, je sors du métro,
43:14 je suis pratiquement toujours le même, une personne qui fume.
43:17 Quand vous ne fumez pas, à 6h30, vous n'avez même pas eu le temps
43:19 de prendre un petit déjeuner, ça vous met une nausée.
43:21 Il y en a certains qui n'ont pas de réglage.
43:23 Vous avez comment ça face à l'Amérique Bézier ?
43:25 Non, on ne le fait pas.
43:27 Deux choses, je ne fume pas, donc je ne plaide pas pour les fumeurs.
43:31 Mais ça me rappelle un peu ce que vous dites.
43:34 Je sais qu'Almini, Griveaux, je pense qu'il avait dit,
43:38 vous savez, ces types qui fument des clopes et qui roulent au diesel.
43:42 Faites attention, et j'aime beaucoup ce que vous dites,
43:45 mais faites attention là de ne pas être dans une...
43:48 Je ne les traite pas de ringard ou de...
43:51 Est-ce que vous êtes cohérent ?
43:53 Vous seriez cohérent si vous disiez,
43:55 OK, on interdit la cigarette, et je vous suis,
43:58 la voiture, ça tue, et surtout l'alcool.
44:01 Plus d'alcool, fini, pas de vin.
44:04 La voiture, c'est souvent pour les gens une nécessité de le prendre,
44:07 l'alcool, je suis pour aussi, mais après...
44:10 - C'est exactement pareil.
44:12 - L'alcool, c'est des millénaires de civilisation,
44:15 la cigarette, c'est 520.
44:17 - C'est là qu'on voit que vous n'êtes pas super cohérent.
44:19 - J'ajoute une chose, j'ai vu des médecins dire,
44:21 une consommation très modérée d'alcool, notamment de vin rouge,
44:24 peut être bénéfique pour la santé.
44:26 - Non, non, non !
44:28 - Je n'ai jamais vu un médecin me dire,
44:30 une consommation très modérée de cigarettes, c'est bon pour la santé.
44:33 - Je suis sûr que c'est les mêmes qui font les mêmes études.
44:36 - Mais sur le fond, je suis d'accord avec vous,
44:38 mais déraciner quelque chose qui est depuis des millénaires,
44:40 parce qu'on plantait de la vigne dans ce pays, et du houllon,
44:42 avant même que ça s'appelle la France,
44:44 ça sera beaucoup plus difficile que la cigarette
44:46 qui est arrivée des Etats-Unis, enfin, d'Outre-Atlantique, il y a 500 ans.
44:49 - Juste, je comprends la logique, mais attention à l'espèce d'hygiénisme...
44:54 - Bien sûr !
44:55 - ... qui ferait qu'on va légiférer sur tout...
44:58 - Il faudrait tout interdire.
45:00 - Non, mais je ne veux pas légiférer.
45:02 - Un petit peu, là, vous dites.
45:04 - Il faut faire un effort collectif et que les gens soient d'accord.
45:07 - Interdire, c'est un peu légiférer.
45:09 - Oui, on est d'accord.
45:11 - Quand les gens seront d'accord ?
45:12 Écoutez, on va faire une votation stupide pour les SUV.
45:14 On pourrait faire une votation dans les communes.
45:16 - Non, c'est pas le sujet.
45:17 - Et surtout, quand on voit le prix du paquet qui ne cesse d'augmenter,
45:19 ça ne permet pas de baisser le nombre de fumeurs,
45:21 et ce sont toujours les mêmes qui...
45:23 - Et les clopes deviennent un produit de luxe.
45:25 - Qui sont victimes de ça, exactement.
45:27 - Et ce sont ceux qui ont le diesel.
45:29 - Il y a quand même moins de fumeurs qu'il y en avait un petit peu.
45:31 - Avant de donner le pouvoir à Pablo,
45:33 je rappelle cette mesure qui n'est pas encore en vigueur,
45:35 mais qui a été mise sur la table par le Premier ministre britannique,
45:38 qui était de dire qu'on va reculer tous les ans, d'un an,
45:41 l'âge légal pour acheter des cigarettes.
45:43 Ce qui fait qu'on va aboutir assez rapidement
45:47 à une génération qui n'aura jamais eu le droit d'acheter des cigarettes,
45:50 et on va éteindre la cigarette comme ça en quelques dizaines d'années.
45:53 Ce sera le termine de notre pays.
45:55 - On va surtout faire exploser la contrebande.
45:57 - Allez, vous prenez le pouvoir.
45:59 - On va avoir Pablo Piovivien, six ans après la mort de Johnny.
46:02 Un inédit est sorti aujourd'hui, ça s'appelle "Un cri".
46:06 On l'écoute et on en parle juste après.
46:09 Un cri
46:11 - Je vais lire simplement ce qui est sur l'écran.
46:32 Un inédit de Johnny, on en pense quoi, Pablo ?
46:34 Vous, vous êtes un grand fan de Johnny.
46:36 - Je suis un très très grand fan de Johnny.
46:38 J'ai beaucoup pleuré à sa mort, il y a six ans.
46:40 Donc, vous imaginez bien que je suis ravi
46:42 qu'un nouveau titre sorte à titre posthume.
46:46 Moi, ce que ça m'a rappelé, c'est...
46:48 Il y a un critique musical qui s'appelle Arnaud Vivian,
46:51 qui avait mis en parallèle, parce que Johnny Hallyday était mort
46:55 très peu de temps après ou avant Jean Dormaisson.
46:58 Et il avait dit, avec ces deux-là qui meurent,
47:00 en fait, c'est toute une page du XXe siècle, en gros, que l'on ferme.
47:04 Notamment, les Trente Glorieuses, justement, ce dont on parle.
47:08 Des rockers qui fument des clopes, qui sont sur leur Harley, etc.
47:11 La vieille droite, parce que Jean Dormaisson et Johnny Hallyday
47:14 incarnaient aussi un peu cette droite du XXe siècle.
47:17 Et là, en fait, ça ressort six ans après sa mort,
47:20 et je me dis, en fait, c'est un spasme, en fait, de cette droite-là.
47:25 C'est-à-dire qu'elle n'est pas tout à fait morte,
47:27 elle est encore là, elle peut rebondir,
47:29 elle nous rappelle, on se souvient des Trente Glorieuses.
47:32 - Je vais être un peu tiré par les cheveux.
47:34 - Un peu. - Mais moi, c'est de ça que ça me rappelle.
47:36 Je me dis, genre, tiens, aujourd'hui, c'est la droite Wauquiez,
47:39 la droite Ciotti, les machins,
47:41 l'hygiénisme de Christophe Barbier et de beaucoup de gens,
47:44 les intelligents, les artistes... - Avec Johnny, effectivement,
47:46 on en est très loin. - Et là, on revient, en fait,
47:48 à un espèce de truc un peu nostalgique. - Robert Ménard, Robert Ménard.
47:51 - C'est terrible, le début de votre interview,
47:53 je me suis dit, finalement, un mec qui aime Johnny,
47:55 il n'est pas fondamentalement mauvais. - Mais il aime Johnny.
47:58 - Je me trompe sur ce garçon. Et non.
48:01 - Il revient sur ses vieux shows.
48:03 C'est incroyable, vous êtes jeune... - Mais j'adore Johnny.
48:07 - Et vous êtes vieux dans votre tête, comme on l'est depuis...
48:11 Je veux dire, vous savez, ces vieux communistes que tu trouves,
48:14 dont tu pensais qu'il en restait quelques-uns
48:16 et que tu protèges parce qu'il y a peur que ça disparaisse,
48:19 finalement, vous êtes... - Vous avez parlé de Johnny.
48:21 - Non, moi, j'adore Johnny, mais je ne leur amène pas
48:24 à ce que vous dites sur les spasmes de la droite.
48:26 - Géraldine, c'est le dernier Réné Lideau Johnny.
48:28 Avec Ici Ali, il n'y aura pas d'autre affaire.
48:30 - Non, vous y croyez qu'il n'y en aura pas d'autre ?
48:33 - C'est ce que dit l'Étude C'est Alié.
48:34 - C'est purement mercantile, ce n'est pas le titre le plus réussi.
48:37 D'ailleurs, si on ne l'a pas connu, c'est parce qu'il était plutôt raté.
48:39 - Sur le dernier album, il n'en avait pas voulu à l'époque.
48:41 - C'est drôle parce que c'est vraiment...
48:43 Là, c'est un acte exclusivement, purement et uniquement mercantile
48:48 pour faire de l'argent. C'est une opération commerciale.
48:50 - C'est pour que Johnny vive encore.
48:53 - C'est une madeleine de bouste. - Exactement, c'est pour que Johnny vive encore.
48:55 - Je n'ai pas envie que Pablo applaudisse.
48:58 - On a eu l'inédit des Beatles il y a quelques jours.
49:01 On a Johnny, c'est du marketing. Il y a des fêtes, il faut faire des cadeaux.
49:04 - Finalement, le capitalisme a du bon.
49:07 - Et le rock tue moins que du capitalisme.
49:09 - Johnny, ce n'est pas que du capitalisme.
49:11 - Et le rock, le roll et le blues tue moins que la cigarette.
49:13 - Je sens que vous allez adorer ce qui vient dans un instant
49:14 en parlant du glyphosate avec Géraldine.
49:16 Mais d'abord, Azili, c'est vous qui prenez le pouvoir
49:18 avec cette grande enquête dans le Figaro sur ce que les jeunes sont prêts
49:20 à faire comme geste pour la planète.
49:22 1 sur 2 n'est pas prêt à modifier son mode de vie.
49:24 C'est ce qui ressort de cette étude.
49:25 27% par exemple, refusent de renoncer au voyage.
49:28 - Ce qui est intéressant, c'est qu'en même temps,
49:30 37% des jeunes interrogés déclarent être favorables
49:34 à la cause environnementale.
49:36 Donc en fait, je me suis demandé en voyant ces chiffres,
49:38 est-ce que ma génération, puisqu'il s'agit de la mienne
49:40 et de la génération Z, celle qui suit,
49:42 est-ce que nous sommes des hypocrites ?
49:44 Parce que ce qu'on voyait manifester dans la rue
49:47 pour le climat, je ne sais pas très bien ce que ça veut dire,
49:49 mais en fait, ce sont ceux aussi qui utilisent
49:51 et j'en fais partie, le plus leurs smartphones
49:53 qui sont responsables de 4% des émissions
49:55 de gaz à effet de serre.
49:57 Et en fait, j'ai conclu qu'on était tous hypocrites
50:00 parce qu'aujourd'hui, personne ne souhaite polluer.
50:03 Nous, nous considérons, nous avons compris,
50:05 nous ne sommes plus climato-sceptiques,
50:07 que l'impact humain était réel.
50:09 Mais alors, que faire ?
50:10 Parce qu'en fait, nous ne sommes pas des êtres vertueux.
50:12 L'être humain n'est pas vertueux par essence.
50:14 Donc, la seule façon de limiter ces trajets en avion
50:18 qui polluent ces 5% quand même,
50:20 c'est de faire des émissions de gaz à effet de serre,
50:21 ce n'est pas rien.
50:22 Et au sein de ces 5%, c'est 70%
50:24 qui sont des vols commerciaux que vous et moi utilisons.
50:27 Et qu'est-ce qu'on peut faire ?
50:29 Alors, Jean Covici, il dit qu'il faut un quota,
50:31 4 trajets dans une vie.
50:33 Moi, je trouve ça un peu liberticide,
50:35 ça me gêne un petit peu, et puis je me dis,
50:36 mince, j'ai déjà débattu mon quota.
50:38 - Robert Médard va s'évanouir sur son plateau.
50:40 - C'est vrai, là, on est très liberticide, ce soir.
50:42 Et à Amsterdam, qu'est-ce qu'ils font ?
50:43 Ils ont un nombre de quotas par jour de vols,
50:46 ça permet de limiter sans empêcher les gens
50:48 directement de le faire.
50:49 Et autrement, on peut aussi essayer de favoriser le train
50:51 pour tout ce qui est vol intérieur,
50:53 c'est ce qu'une OEF a déjà prévu cette année,
50:55 mais c'est quand même compliqué.
50:56 Et donc, on sait que c'est une planification écologique
50:58 qu'il faut et qui doit permettre aux gens
51:00 d'employer d'autres moyens, d'autres transports.
51:03 - Comment vous venez à Paris, Debaissier ?
51:04 - En avion.
51:06 - Vous allez dire que vous n'avez pas honte ?
51:08 - Non, non, je prends l'avion, je travaille,
51:10 c'est ce qui va le plus vite, je suis maire.
51:13 - C'est combien en train ?
51:14 - C'est quoi la différence pour savoir ?
51:16 - Une heure en avion, un peu plus de 4 heures en train.
51:19 - Et en termes de prix, c'est pas plus cher l'avion ?
51:21 - Pas plus cher.
51:22 Aujourd'hui, les vols ne sont pas plus chers.
51:23 - Mais ça, c'est un enjeu, bien sûr.
51:25 - Non, juste, moi, j'étais intéressé par ce que vous disiez,
51:28 mais je le prendrai sous un autre angle,
51:30 c'est l'hypocrisie, ce que vous avez commencé à le dire,
51:35 qui est la nôtre.
51:36 Je connais tout un tas de gens, vous leur dites
51:38 "Vous êtes pour le logement social, je prends un autre domaine."
51:41 Ah bien bien sûr, on a le logement social pour tout le monde.
51:43 Moi, je suis maire, je dis "On va mettre des logements sociaux à côté de chez vous."
51:47 Là, plus personne n'est pour.
51:49 Je veux dire, les gens, ils sont...
51:51 Attends, mais c'est le boulot de maire.
51:53 Les gens, ils te disent "Les gens roulent trop vite en ville,
51:55 on va mettre des, vous savez, des...
51:58 - Des dodanes.
51:59 - Des dodanes."
52:00 Très bien, moi, ma question, c'est où je le mets dans l'avenue ?
52:02 Parce que comme ça fait du bruit.
52:04 Ah, là, là, plus personne ne le veut.
52:06 On est toujours, vous savez, dans cette société,
52:08 tout le monde est vertueux, l'école.
52:11 Moi, à la gauche, je me dis "Oh, là..."
52:12 - Mais il faut essayer d'être cohérent.
52:13 Moi, j'ai arrêté de prendre l'avion.
52:14 - Mais vous, vous êtes parfait.
52:15 - Non, pas du tout.
52:17 - Enfin, j'ai...
52:18 - J'essaie de me démerder pour ne pas prendre l'avion.
52:19 - Mais vous êtes formidable.
52:21 Je ne dois pas être aussi formidable que vous.
52:23 Je n'en doutais pas.
52:24 - Il n'y avait aucun jugement de valeur.
52:26 Je dis juste qu'à un moment donné, par rapport à ce que vous dites,
52:29 j'essaye, et encore une fois, je ne suis pas parfait,
52:32 je fais plein de choses mal, etc.
52:33 Mais sur ce point-là, j'essaie de me mettre en cohérence
52:36 avec l'idée que je me fais de "Il faut qu'on fasse tous des efforts."
52:39 - Mais moi, j'ai entendu les écolos m'expliquer
52:42 qu'il vaut mieux prendre un vélo que sa voiture.
52:44 Je suis absolument d'accord.
52:45 Un SUV, je ne vais pas venir sur le débat parisien.
52:48 Dans ma ville, il n'y a pas de transport en commun comme ça.
52:52 Quand tu vis, tu travailles à 10 bornes,
52:54 évidemment, tu prends la voiture, tu fumes au volant...
52:57 - Et durant la crise, vous savez, le deuxième délire, c'est le transport.
52:59 - Le gouvernement a publié un sondage avant hier, il y a deux jours,
53:02 justement, il travaillait sur la sobriété,
53:04 qui était très intéressant,
53:06 qui dit que 83% des Français y sont d'accord
53:09 et trouvent que les gens consomment trop.
53:11 83%.
53:12 Et qu'on leur demande...
53:13 Et vous ?
53:14 73%, eux, ils pensent que pas du tout.
53:17 Ils consomment moins que la moyenne.
53:18 Donc vous voyez bien que ça...
53:19 - Vous allez garder le pouvoir.
53:21 Je précise juste, avant de me faire photographier
53:24 dans un aéroport ou je ne sais pas quoi,
53:25 je ne prends plus l'avion,
53:26 sauf quand c'est absolument nécessaire pour le boulot,
53:29 ou sauf quand il y a des grèves de train,
53:31 je referme la porte.
53:32 - Moi, je voudrais juste dire un truc,
53:33 c'est-à-dire qu'on ne peut pas réduire l'écologie, en fait,
53:35 c'est les comportements individuels qu'il faudrait changer.
53:37 C'est en fait toute une direction
53:39 que doivent prendre nos sociétés en général mondiales.
53:43 - Sur le général, on est tous d'accord.
53:44 C'est ensuite quand ça va se conclure.
53:45 - Oui, mais oui, exactement.
53:46 - Mais ce n'est pas ce qui nous pose problème.
53:47 C'est-à-dire que, par exemple,
53:48 mettre en place des alternatives,
53:49 vous parliez de cette vilatique kilomètre.
53:51 - Oui, tu peux reprendre mon temps de parole.
53:53 - Oui, voilà.
53:54 Allez, Géraldine, vous prenez le pouvoir.
53:56 L'autorisation du glyphosate est prolongée pour 10 ans
53:58 par la Commission européenne.
53:59 L'herbicide controversé,
54:00 qui n'est par exemple plus accessible aux particuliers en France,
54:02 va continuer à l'être pour les agriculteurs.
54:04 C'est une victoire ?
54:05 - En tout cas, il n'est plus controversé.
54:08 - Il l'est toujours.
54:10 - Alors, en France et uniquement en France,
54:12 et c'est ça qui m'a beaucoup fait rire,
54:14 aujourd'hui, on a vu cette espèce de flambée complotiste
54:18 dans tous les médias français.
54:19 Quand on écoute nos médias en France,
54:22 et uniquement en France,
54:23 les Français, on a le sentiment
54:26 qu'ils pensent que l'ensemble des agences sanitaires
54:31 du monde entier conspirent avec Monsanto et l'agro-industrie
54:36 pour les empoisonner, pour empoisonner les peuples
54:39 avec la complicité des affreux politiques.
54:41 C'est absolument délirant.
54:44 Et l'émoi qu'on entend dans les médias,
54:46 encore une fois, français et pas dans les autres pays,
54:49 il est à la mesure de la désinformation
54:51 qu'on a eue depuis des années,
54:53 depuis 10 ans sur ce sujet,
54:55 depuis qu'en 2015, une agence,
54:58 le Centre international de recherche sur le cancer,
55:01 basé à Lyon,
55:02 - qui dépend de l'OMS ?
55:03 - a classé, non, oui, qui est indépendante de l'OMS,
55:06 - mais qui est rattachée à l'OMS,
55:07 - justement, a classé le glyphosate comme cancérogène probable,
55:12 c'est-à-dire au même titre que l'avion roux,
55:14 de l'eau chaude ou les lampes à bronzer.
55:16 À la suite de cet avis,
55:18 toutes les agences sanitaires
55:20 et les autorités sanitaires du monde entier,
55:22 y compris l'OMS,
55:24 ont revu leurs données,
55:26 et elles ont dit quoi ?
55:27 Toutes, unanimes,
55:28 ben non, en conditions normales d'utilisation,
55:31 il n'est pas cancérogène, pas génotoxique,
55:33 pas reprotoxique.
55:35 C'est important d'en parler,
55:36 parce que ça montre à quel point l'opinion publique
55:39 est complètement démunie face à une information
55:41 qu'elle ne comprend pas,
55:43 face à une information qu'elle ne maîtrise pas,
55:46 et vulnérable à toutes les manipulations.
55:49 Et cette manipulation française est massive.
55:51 - Vous dites que c'est franco-français,
55:53 l'Autriche n'en voulait plus non plus, par exemple.
55:55 - L'Autriche n'a pas d'agriculture, c'est facile.
55:57 - L'Autriche n'en voulait plus non plus,
55:58 et par exemple, il y a eu d'autres études,
55:59 données par l'INSEEM, par exemple,
56:01 qui disaient que précisément,
56:03 il y avait un doute, notamment sur les lymphones.
56:05 - Je vais vous l'expliquer.
56:06 L'opinion et soi-même ne comprennent pas
56:09 le rôle d'une agence sanitaire,
56:10 et comment ils travaillent, la méthodologie.
56:12 L'agence sanitaire, l'EFSA,
56:15 va à étudier 2500 études,
56:17 dont un millier d'études parfaitement indépendantes,
56:20 et elles, statut sur les conditions normales d'utilisation.
56:24 C'est 90 experts qui ont travaillé pendant 3 ans,
56:26 le travail le plus massif sur la question.
56:29 L'INSEEM, c'est un collège de 12 experts qui se cooptent,
56:33 qui ont regardé le même corpus d'études.
56:35 - Ce n'est pas quantitatif, les comparaisons.
56:37 - Je dis simplement sur la méthodologie.
56:39 La méthodologie n'est pas la même,
56:41 que je vous explicite.
56:42 - La science n'est pas un régime de vérité absolue.
56:44 - L'EFSA prend des études et...
56:48 - On est où ?
56:49 - Je le dis parce que c'est important.
56:50 L'EFSA écarte des études
56:52 quand elle porte sur des formulations
56:55 dont on ne connaît pas les détails.
56:56 Les coformulants, elle les écarte,
56:58 elle dit "on ne peut pas travailler sérieusement".
57:00 L'INSEEM est plus large dans son acception.
57:02 - On ne pourra pas parler au débat, on est où ?
57:04 - D'un mot, Robert Menard ?
57:06 - L'INSEEM aussi ?
57:08 - Je suis à peu près d'accord avec ce que vous dites.
57:11 Surtout le glyphosate,
57:13 nos compatriotes agriculteurs,
57:15 ils disent "mais il n'y a pas de problème,
57:17 on peut, on arrêterait à condition que vous nous prêtiez,
57:20 que vous nous trouviez une alternative".
57:22 - C'est ce qu'avait promis Emmanuel Macron en 2017.
57:24 - Il n'y a pas d'alternative.
57:25 - Bref, la science n'a pas l'air.
57:27 - La science n'est pas la vérité absolue.
57:29 - Thomas Joubernot, rejoins-nous pour nous dire,
57:31 je vais dire en express, pardon Thomas,
57:33 qui va faire la une demain.
57:34 - Très vite, demain, il va falloir faire attention au vent,
57:37 surtout si vous habitez dans le sud-est.
57:39 Ça va souffler encore avec la dépression de Frédérico
57:41 qui continue de traverser le pays.
57:43 Aujourd'hui, le vent a déjà emporté le toit d'un lycée à Clermont-Ferrand.
57:46 Images très impressionnantes, avec des rafales jusqu'à 130 km/h.
57:49 Demain, trois départements en alerte,
57:51 Orange, Var, Alpes-Maritimes et Haute-Corse.
57:54 On va parler consommation aussi demain,
57:56 avec cette nouvelle conséquence de l'inflation,
57:58 le boom des paiements fractionnés que vous découvrez ici.
58:01 Les enseignes sont de plus en plus à proposer ce mode de paiement,
58:04 payé en plusieurs fois, mais attention,
58:06 ce n'est pas toujours sans frais.
58:08 On en parlera de cette tendance demain à 6h45,
58:10 dans Première édition sur BFM TV.
58:12 Et puis, autre tendance que vous découvrez à la Une du Parisien,
58:15 la folie collagène.
58:17 Cette protéine se décline désormais en gélules,
58:20 poudre, smoothie et même en glace.
58:23 C'est une protéine qui a des vertus anti-veillissement.
58:25 Il y a plein de stars qui en font la promo,
58:27 mais certains médecins crient à l'arnaque.
58:29 - Le smoothie collagène. Merci beaucoup Thomas Joubert.
58:31 Merci à la bande d'avoir été avec moi.
58:33 Merci beaucoup Robert Ménard d'être resté avec nous ce soir en direct sur BFM TV.
58:36 - Merci à vous.
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