00:00 Bonjour à toutes et à tous, ravi de vous retrouver sur le plateau de Place aux Paysans,
00:08 l'émission qui vous immerge dans le milieu rural. Aujourd'hui, on va parler d'un métier
00:12 qui vit le plus souvent en plein air. Son rythme de travail varie selon les saisons,
00:17 avec des fortes pointes en période de récolte. Il doit gérer sa vigne et particulièrement la
00:24 fabrication de son vin. On va parler forcément de viticulture. Et pour en parler sur le plateau,
00:30 Patricia Putman, élue à la Chambre Agriculture Loire, répondra à nos questions.
00:34 Patricia Putman, combien nous avons de viticulteurs dans la Loire ?
00:48 On est à environ 180 domaines sur le département. Mais sur toute la Loire ?
00:55 Sur toute la Loire, du nord au sud, les côtes Rouennaises, Côte du Forêt,
00:58 Sud Saint-Joseph, Condrieu et Château-Grillet. Des grands noms ! Alors cette année,
01:05 ça y est, je vous vois souriante. Les vendanges sont terminées. Comment ça s'est passé ? Cette année
01:11 2023 a été un peu compliquée. Une année compliquée, mais on s'en est mis à sortir,
01:16 on va dire. Donc un été plus arrosé qu'à la normale, le début d'été. Et puis après,
01:21 ça s'est plutôt réchauffé, bien réchauffé. Et puis pour en arriver à une récolte qui s'est
01:28 bien passée sous le soleil. C'est pas mal ça. Vous les avez vus ces premiers jus ? C'est comment ?
01:32 Comment il va être ce cru 2023 ? Et bien d'après ce qui sort des cubes, ça s'annonce plutôt bien.
01:37 Alors justement, vous, vous travaillez voie de main parce que vous êtes viticultrice. C'est
01:43 une recette ancestrale. Chacun ne travaille pas le vin de la même façon. On a tous nos
01:48 petites techniques, nos petits secrets, on va dire. C'est vrai ? Oui. Et par exemple,
01:54 nous on utilise la technique du bâtonnage pour les blancs. C'est-à-dire ? C'est un grand bâton avec
02:00 des chaînes qu'on met dans les tonneaux et on remue pour mettre les lits en suspension,
02:05 pour apporter un peu de gras au vin blanc. Alors écoutez, nos équipes de Place aux Paysans sont
02:10 allées voir justement un viticulteur du côté de Chanduk, vous connaissez bien ? Gilles Bonnefoy,
02:15 oui. Qui n'a pas la même technique que vous ? Lui, il a une technique particulière,
02:19 une petite recette ancestrale qu'il utilise depuis plusieurs années maintenant, c'est le
02:24 pied de cuve. C'est quoi exactement le pied de cuve ? Le pied de cuve, c'est comme un levain en
02:27 boulangerie. Lui, il fait pareil, il fait commencer à travailler ses raisins pour avoir un levain.
02:34 Un levain, c'est ça. Alors nos équipes sont allées le voir en période de vendange, ce que vous
02:39 adorez, qu'on vient de vous embêter à cette période-là. Écoutez, regardez ce reportage.
02:43 Bonjour, vous êtes chez Gilles Bonnefoy à Chandieux, viticulteur depuis 1997 au domaine
02:55 de la Madone. Vous avez l'habitude de boire du vin, mais sachez que derrière une bouteille,
03:01 il y a tout un travail qui est fait en amont. On va essayer de vous le présenter aujourd'hui.
03:07 Viticulteur, ce n'est pas un métier, c'est plusieurs métiers. On va de la production à la
03:16 commercialisation. On passe par toutes les étapes, ce qui fait qu'on a toutes les casquettes possibles
03:22 et imaginables dans le métier d'entrepreneur. Une grosse chance, une grosse satisfaction que
03:31 d'avoir cette vue tous les matins dans les yeux. C'est que du bonheur. Une fois les résins ramassés,
03:38 il faut les vinifier. Donc on est dans la pleine période de vendange et de vinification,
03:43 parce que les deux étapes sont liées. On a commencé hier et on va en avoir pour une
03:48 quinzaine de jours pour couper nos 13 hectares. Alors on a tous nos façons de vinifier propres
03:57 aux uns et aux autres. Au domaine, on a mis en place la technique du pied de cuve. Les gens
04:03 de la boulangerie appellent ça le levain. En fait, c'est préparé en amont des vendanges,
04:08 une petite quantité de résins sur lesquels on va faire en sorte que les levures naturelles des
04:15 résins se développent. On a mis ça en place il y a bientôt 20 ans et on va incorporer ce levain
04:21 dans la première cuve et la seconde et ensuite on fera la bascule. La cuve 1 alimentera la 3,
04:27 la 2, la 4, etc. Vous y retrouvez dans ce qui dit justement ces plusieurs métiers. Oui,
04:40 quand on fait toute la production jusqu'à la commercialisation, c'est vrai qu'on passe par
04:43 pas mal d'étapes, mais on aime ça. Vous aimez ça. Alors vous l'avez dit, les vins s'exportent bien.
04:49 La preuve, c'est que le vin de messe à Marseille, le pape François a choisi un vin de la Loire,
04:56 d'Ambierne. C'est bien, Cocorico ? C'est super bien. On peut être fier, ça, non ? On peut en
05:00 être très fier. Les vins de la Loire sont bien reconnus, une belle reconnaissance mondiale.
05:04 Ça s'exporte bien ? Ça s'exporte bien, même en France, partout, sur plein de grandes tables
05:10 étoilées, il y a des vins de la Loire. C'est plutôt satisfaisant. Alors on va parler aussi,
05:18 le vin ne vient pas tout seul en bouteille, on parle forcément de main-d'oeuvre. Il y a une
05:22 nouvelle main-d'oeuvre qui arrive depuis quelques années ? Ces dernières années,
05:26 oui, on a pas mal recours pour les vendanges, tous les seigneurs, les jeunes seigneurs qui
05:32 ont encore envie de travailler. Les seigneurs actifs ? Oui. Et heureusement qu'ils sont là,
05:36 parce que du coup, ça arrive des petites équipes, des fois plusieurs copains qui viennent entre eux
05:40 et puis faire la période des vendanges. Dans un milieu idyllique, avec une, il faut le dire,
05:45 une très bonne ambiance. Bonne ambiance, on partage des casse-croûte souvent et puis les
05:49 repas du midi, c'est un peu la fête, on discute dans les rangs. C'est un super cadre. On est
05:54 toujours bien. Nos étudiants alors, ils ont disparu ? Ils n'ont pas disparu totalement,
05:58 ils viennent compléter les équipes. Après, c'est vrai que comme les vendanges s'avancent un
06:02 petit peu, on en récupère un peu, et bien il y en a quelques-uns qui sont là quand même.
06:06 Écoutez, merci à vous, merci d'avoir suivi ce numéro de Place aux Paysans et comme disait
06:11 le jeune, un petit verre par jour, ça ne fait pas de mal.
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