00:00 En 2013, Iñaki Moran a passé 20 jours cloué au lit.
00:06 Son organisme était alors la cible d'une bactérie résistante aux médicaments.
00:10 Ce n'était que la première d'une longue succession d'attaques similaires.
00:14 J'ai été hospitalisé à plusieurs reprises, en 2016, 2017, 2018,
00:21 à cause de différentes bactéries, de différents germes.
00:27 Il a été traité pour des cancers du côlon et du poumon.
00:31 Il a été traité pour des cancers du côlon et du poumon.
00:35 Il a été traité pour des cancers du côlon et du poumon.
00:38 Il a été traité pour des cancers du côlon et du poumon.
00:41 Il a été traité pour des cancers du côlon et du poumon.
00:44 Il a été traité pour des cancers du côlon et du poumon.
00:50 Ma qualité de vie s'est considérablement réduite.
00:53 Cela a compromis une transplantation pulmonaire que je devais subir.
00:57 Quand les poumons sont infectés de manière permanente,
01:00 comme c'était mon cas, la transplantation peut tout simplement être annulée.
01:05 Finalement, j'ai eu de la chance, mes deux poumons ont été transplantés.
01:08 Le pire a été évité.
01:10 La résistance aux antimicrobiens, ou RAM,
01:14 est principalement due à l'utilisation excessive et abusive d'antibiotiques,
01:18 d'antiseptiques et d'antifongiques.
01:20 Elle affecte les humains, les animaux, les plantes et l'environnement.
01:24 La RAM est à l'origine d'environ 35 000 décès chaque année dans l'Union Européenne,
01:29 avec des coûts de soins de santé et des pertes de productivité annuelles
01:33 estimées à 1,5 milliard d'euros.
01:35 Des séminaires réguliers donnent l'opportunité aux patients,
01:46 médecins représentants du secteur pharmaceutique,
01:48 chercheurs et décideurs politiques européens
01:51 de discuter des mesures de prévention et de contrôle
01:54 de ce qu'ils appellent une pandémie silencieuse.
01:57 Les experts s'accordent à dire que la résistance antimicrobienne
02:01 est l'une des trois principales menaces sanitaires
02:04 auxquelles l'Union est actuellement confrontée.
02:06 Dr Maria Cruz Soriano Cuesta dirige l'unité de médecine interne
02:13 d'un grand hôpital public de Madrid.
02:16 Des études épidémiologiques approfondies portant sur plus d'un millier d'unités de soins intensifs
02:21 montrent que sur un jour donné, plus de 50% des patients admis ont une infection active.
02:25 Et la moitié de ces cas sont des infections contractées à l'hôpital.
02:28 Il s'agit d'un problème très grave.
02:30 Et malheureusement, dans les unités de soins intensifs,
02:32 les infections sont souvent dues à des bactéries multirésistantes.
02:41 Une menace mortelle, complexe et urgente à laquelle la Commission européenne
02:46 a proposé de faire face en réduisant de 20% la consommation d'antimicrobiens.
02:51 La Commission veut également encourager le développement de nouveaux antibiotiques,
03:02 par exemple en accordant aux développeurs une année supplémentaire
03:05 de protection réglementaire des données.
03:08 Depuis les années 1980, aucun nouvel antimicrobien n'a été mis au point.
03:13 Nous devions donc fournir des incitations fortes pour encourager leur développement.
03:18 C'est ce que nous faisons en proposant des bons d'exclusivité transférables.
03:25 Nous devons aussi promouvoir une utilisation prudente des antimicrobiens
03:29 et lutter contre leur abus.
03:31 En même temps, nous devons soutenir l'industrie pharmaceutique européenne
03:34 pour qu'elle innove et que nous ayons de nouveaux produits sur le marché.
03:38 La Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques
03:45 indique de son côté être prête à jouer son rôle.
03:48 En 2020, nous avons proposé un fonds d'un milliard de dollars américain
03:55 pour la réduction des impôts sur les produits pharmaceutiques.
03:59 Ce fonds était disponible jusqu'en 2030,
04:03 avec pour objectif de créer entre 2 et 4 nouveaux antibiotiques.
04:08 Il s'agissait d'une sorte de fonds de transition
04:11 destiné à aider les petites entreprises de biotechnologie
04:14 qui jusqu'à présent n'avaient pas réussi à développer des antibiotiques.
04:17 Mais il ne peut pas remplacer un système d'incitation adéquat.
04:21 Et les patients de conclure que la sensibilisation du public est tout aussi importante.
04:28 Je pense que si tous les patients connaissaient leur maladie,
04:31 en l'occurrence la résistance aux antimicrobiens,
04:34 s'ils savaient quels sont les symptômes, quel est le traitement, s'ils étaient préparés,
04:39 alors ils pourraient être des patients actifs
04:42 et véritablement dresser des barrières contre tout cela.
04:45 Et c'est ce que nous, les patients, essayons de transmettre,
04:48 nos connaissances basées sur l'expérience.
04:51 [Musique]
04:57 Sous-titrage Société Radio-Canada
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