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الفريق التاريخي لجبهة التحرير الوطني
un document Canal Algérie

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00:35 Bonsoir, alors ce soir nous allons regarder ensemble un film, un documentaire sur la prestigieuse équipe de football du FN.
00:44 Une équipe qui a vu le jour justement un 13 avril 1958, ça veut dire ça fait 60 ans jour pour jour.
00:51 En fait c'est une équipe qui a vu le jour dans la douleur, dans le feu du combat.
00:56 Et ce n'était pas facile à l'époque de réunir 11 joueurs qui évoluaient pour la plupart, pour ne pas dire l'ensemble des joueurs en France.
01:03 Des joueurs qui ont dû consentir un sacrifice énorme, qui ont bradé leur carrière sportive, leur avenir sportif pour répondre au présent à l'appel du FN.
01:12 À titre d'exemple, Lonstra Facitouni par exemple, qui était l'inamovible arrière centrale de l'équipe de France, a dû arrêter sa carrière au profit de l'appel du pays.
01:20 Rachid Makhloufi aussi qui devait rejoindre l'équipe de France une fois arrivé en Suède.
01:26 Voilà donc sans plus tarder, je vous laisse regarder ce documentaire coproduit justement par la télévision algérienne et TV5 France.
01:36 À un moment précis, qui toussent leur club et rejoignent la Suisse, puis Tunis, après quoi ils auraient fait là une déclaration publique en disant
01:49 "Nous, en tant que footballeurs, nous venons mettre nos compétences techniques, nos compétences sportives à la disposition de notre pays."
02:00 Je peux vous dire que ce départ valait autant que 10 ou 15 ou 20 embuscades.
02:07 10 footballeurs nord-africains, tous vedettes internationales du ballon rond, ont quitté la France au cours d'une opération parfaitement orchestrée.
02:15 Certains fugitifs ont rallié Tunis, où ils ont été immédiatement pris en main par des émissaires du FLN.
02:20 Aucun d'eux n'a cherché à nier que ce geste avait pour but d'attirer l'attention de l'opinion publique sur les problèmes d'Afrique du Nord.
02:27 Moi j'étais responsable de l'organisation, et les footballeurs c'était des militants. Ils étaient structurés dans l'organisation.
02:41 Donc l'envoyé archique voulait que ce soit moi qui intervienne. Donc moi j'ai donné un ordre, uniquement un ordre.
02:49 Les footballeurs on ne pouvait pas les toucher sans mon accord. Mais grosso modo ils étaient tous d'accord.
02:58 Il n'y a eu aucune menace sur eux ?
03:00 Non, jamais de la vie. Il n'y a pas de menace. Mais ils étaient déjà des militants, ils payaient leurs cotisations.
03:08 Et probablement une cotisation plus que d'autres.
03:11 Parce qu'un travailleur de chers en eau ne peut pas payer, ne paye pas la même chose qu'un footballeur qui quand même il est mieux payé.
03:19 Mais on était conscient de la peur des footballeurs. On était conscient.
03:26 Moi j'étais à Paris quand ils sont sortis. Il n'y a pas un journal français qui n'a pas parlé de ça. Il n'y en a pas un. De droite ou de gauche.
03:35 Il n'y en a pas un. Sur le panoramique de la Dique, je vous dis pour moi, j'appelle ça un 1er novembre.
03:42 Un 1er novembre ça n'a pas fait autant de bruit que les footballeurs en France je veux dire.
03:48 Ça a été à l'échelle européenne pour ne pas dire internationale.
03:54 Ils ont fait connaître la révolution lycéenne à travers leurs prestations.
03:59 Mais c'est des gens qui étaient déjà FNL et on les a contactés à ce titre et on leur a donné, c'est pas un note, c'est une directive.
04:07 En termes organiques c'est des directives qu'on donne.
04:10 Vous devez sortir, on leur expliquait le pourquoi. Moi j'ai expliqué à 3 ou 4.
04:15 Je me rappelle c'était Boubker, Benthefoer, je pense qu'ils avaient donné et puis un 4ème dont je ne me rappelle pas.
04:23 Je leur ai dit voilà, c'est un devoir patriotique que vous devez accomplir.
04:28 Un des joueurs que le FNL veut recruter évolue au stade de Reims, les Rouges et Blancs, de Fontaine et de Piantoni, sans doute les plus grands joueurs du moment.
04:38 Son numéro 10 au sein de cette prestigieuse équipe, il l'a conquis de hautes luttes.
04:45 Blillard fauché par Bétache a le temps de passer à Fontaine qui marque dans le but vide.
04:50 Le football c'était tout, c'était le gars qui réussissait dans le football réussissait dans la vie.
04:56 Ça c'est sûr.
04:58 Pour faire du football il faut avoir le ventre vide parce qu'on était quand même nombreux à la maison, on avait une seule pièce.
05:06 Je vous le dis sincèrement on n'était pas plus grande que ça, pas plus grande que ça, mais on était neuf là-dedans.
05:11 Et tous par terre, c'était la cuisine, c'était tout quoi.
05:16 Et là j'ai décidé vraiment vraiment de me pencher sur le football, c'est à partir de 14 ans, quand j'ai été mis dehors de l'école primaire.
05:26 Alors que le directeur, il m'a dit "Mahouche, toi t'es trop fort pour tout le monde, tu vas pas passer ton certificat d'études, tu vas aller dans une école qu'on appelait ça l'école de Capitaine Missoume, c'est une école d'apprentissage à Alger".
05:42 C'était pour m'éliminer, comme c'était un directeur tellement raciste, il se coche.
05:50 Mais alors là j'ai arrêté l'école carrément, puis je me suis mis carrément sur le football quoi.
05:59 Mohamed Mahouche, jeune joueur français musulman de talent, quitte l'Algérie française pour faire carrière en métropole.
06:08 A Reims, il se fait un nom, un salaire et une vie meilleure.
06:14 Mais comme tous les français, il est appelé au service national.
06:18 Sportif de haut niveau, il est affecté au bataillon de Joinville, où il est repéré par les sélectionneurs de l'équipe de France militaire.
06:26 Le 13 avril 58, Mahouche, comme Zitouni, Mekloufi et Boubeker, est une vraie vedette et un footballeur plutôt heureux.
06:36 On s'est réunis avec Boumzoureg, Aribi et Dr Mouley à l'hôtel de la Croix des Champs au Louvre.
06:44 Et c'est là que Boumzoureg a dit "Dimanche c'est le départ".
06:50 Il faut que tous ces footballeurs là, il y avait une liste, il y avait 11 joueurs exactement, 11 sans plus.
06:58 Et il fallait qu'ils quittent la France, donc tout de suite après les matchs.
07:05 Moi j'ai vu Brahimi, je lui ai dit "alors voilà voilà" il me dit "ouais je suis au courant"
07:09 J'ai dit "bon on se voit ce soir à la gare de Lyon, on prend le train de 22h05".
07:15 J'ai dit "les instructions tu les connais ?" il me dit "je les connais, j'ai dit chacun dans un wagon, mais pas dans le même wagon et pas dans le même compartiment".
07:24 C'est à dire, il y avait Brahimi, il y avait moi-même, il y avait Bouchouk et Boumzoureg.
07:31 Moi j'ai pris le train de 22h05 normalement et je suis arrivé à Lausanne.
07:37 Donc on avait rendez-vous au buffet de la gare normalement, première classe.
07:41 J'ai attendu de 7h du matin à 10h le soir, mais pas de contact, personne n'est venu.
07:46 Mais ils m'ont complètement oublié.
07:48 Et alors je me suis dit "tiens il y a contre-ordre, il y a quelque chose qui se passe".
07:52 J'ai dit "il y a contre-ordre, il y a quelque chose, je sais pas, une intuition comme ça".
07:57 J'ai dit "bon je retourne voir".
08:00 J'ai repris le train le soir, j'arrive à la gare de Nyon, le matin à 6h30 à peu près.
08:07 Et puis je suis sorti, j'ai dit "tiens je vais me rendre d'abord voir un petit peu ce qu'il se passe, voir les responsables s'ils sont là".
08:13 Je tombe sur l'équipe, je vois le titre etc.
08:19 J'étais pris de panique, j'ai dit "bon qu'est-ce que je vais faire".
08:23 Je n'ai pas hésité une seconde, il y avait un responsable de la SNCF, je lui ai dit "écoutez je m'excuse, est-ce qu'il n'y a pas un train qui part sur la Suisse d'ici tout de suite".
08:32 Ah il me dit "non non, vous avez un train qui part, c'est le direct, c'est le Paribas, c'est le seul qu'il y a, mais c'est à la gare de l'Est".
08:39 Et j'avais vraiment juste le temps, j'ai sauté dans un taxi, j'ai été vers la gare de l'Est et j'ai pris ce Paribas.
08:52 D'ailleurs on s'est téléphoné à Reims pour avoir des nouvelles de Maouch et on nous a dit qu'il était en permission.
08:57 Et son régiment nous a dit "il n'est pas rentré de permission, il est donc en absence s'il dégagne".
09:03 Voilà j'étais là, assis tranquillement, d'ailleurs j'ai pris le train presque en marche.
09:09 J'ai payé dans le train, ma place, le contrôleur est passé, je me suis dit "je m'excuse, je suis arrivé en retard".
09:15 À l'époque on payait, j'ai payé, j'ai posé ma valise, j'ai dit "je connais la frontière Saint-Louis, je connais très bien, je connais comme ma poche".
09:24 Il y a la frontière suisse et la frontière française, c'est à un mètre.
09:29 Un côté c'est la Suisse, de l'autre côté c'est la France.
09:34 J'ai commencé à combiner, à cogiter pendant tout le trajet qui a duré quand même 6 heures, 6-7 heures.
09:41 J'ai dit "une fois arrivé à Saint-Louis, je vais baisser la vitre et puis je saute".
09:47 Je jette ma valise, je saute et je suis de l'autre côté, il n'y a pas de problème.
09:51 Arrivé en gare de Saint-Louis, le train a commencé à ralentir, il s'arrête.
10:01 C'est des portes automatiques, à l'époque c'était déjà l'automatisation des fermetures des portes.
10:08 Je me lève, je fais ce geste, il y avait quelqu'un à côté pour descendre la vitre.
10:16 Il me dit "mais monsieur, ça ne se baisse pas".
10:18 Alors là, j'ai...
10:22 Le couple m'a été souple coupé, je me suis rassis, j'ai essayé d'être décontracté au maximum.
10:32 Puis alors là, il y a une jonction qui se fait, c'est-à-dire, il y a un douanier qui monte d'un côté, un policier, un douanier, policier.
10:40 Et puis il faut la jonction.
10:41 Ils arrivent vers moi, passeport, je fais ça, je lui donne le passeport, il ouvre.
10:46 Et je me suis retrouvé avec des menottes.
10:50 10 joueurs réussissent à passer à travers les mailles et à prendre le chemin de Tunis.
11:00 Mais le soldat Mahouche, arrêté au cours de cette première opération footballeur du FLN, est passible du conseil de guerre pour désertion.
11:07 Il risque le peloton d'exécution.
11:09 Il va échapper au procès grâce à un puissant protecteur, le général Lotte.
11:15 C'est le président d'honneur de son club, le stade de Reims.
11:18 Mahouche devient le soldat ernandais.
11:21 Il finira son temps dans un bataillon de chasseurs alpins à Chamonix.
11:25 Deux années interminables.
11:29 Mahouche apprendra par les journaux que deux nouvelles vagues de joueurs algériens ont rejoint l'équipe du FLN.
11:35 Mais en novembre 1960, enfin libéré, c'est lui qui organise le quatrième et dernier départ,
11:41 celui qui fera définitivement disparaître les footballeurs algériens des stades français.
11:46 Lorsqu'il a été libéré, il a fait ses bagages de Reims.
11:50 Et il a retrouvé un livre dans lequel il y avait notre adresse.
11:55 Il l'a cherché, il avait atterri chez nous.
11:58 J'ai rencontré toute la famille, les frères, les sœurs, etc.
12:01 Et puis, doucement, doucement, on a sympathisé, etc.
12:05 Enfin, il était question de mariage entre lui et moi, mais bien sûr après l'indépendance.
12:10 Comme elle était dans l'organisation, etc., avec le groupe des avocats dont Ben Abdel a été responsable,
12:16 c'est là que j'ai commencé à reprendre contact.
12:19 Et j'étais dans le comité de soutien des détenus, pour un petit peu cacher un petit peu le...
12:25 Alors on a dit, bon, vite fait, on va faire ce mariage.
12:28 On a demandé l'autorisation au FLN, parce qu'il fallait demander l'autorisation, j'étais une militante, etc.
12:34 Je ne pouvais pas me marier sans l'autorisation de mes responsables.
12:38 Bon, mes responsables ont donné l'autorisation.
12:41 On a fait un petit mariage à l'algérienne, très gentil, avec couscous et compagnie.
12:45 Et c'est là où Ben Abdel, quelques jours après, on s'est trouvé dans le bureau,
12:51 et Ben Abdel a posé la question à Maouch en lui disant, dis donc, Maouch,
12:55 combien reste-t-il de faute-valeurs en France ?
12:58 Il lui a dit une dizaine environ.
13:00 Il lui a dit, tu peux me donner la liste des noms ?
13:03 Il lui a dit, bien sûr.
13:04 Tout de suite, je fais la liste.
13:06 Donc, Bouchach Le Havre, Arrhen Yaveh Mehri, à Limoges, Yaveh Ahmed Arab,
13:13 à Bordeaux, Yaveh Amara, à Nîmes, Yaveh Bouricha, Yaveh Wali Khan Ichbaïli,
13:19 plus Kadher Firoud, et à Troyes, Yaveh Karroum.
13:24 Donc voilà le dernier groupe, le dernier noyau qui restait en France.
13:31 Et il nous dit, voilà, j'ai eu des contacts avec les responsables de la Fédération de France,
13:35 vous allez faire le balayage.
13:37 C'était un ordre même de Ben Abdel là, et donc tout de suite après,
13:41 j'avais une dauphine à l'époque, je me souviens,
13:43 j'ai dit, bon avec une dauphine, qu'est-ce que je vais faire ?
13:47 C'est pas bon.
13:49 Il me dit, débrouille-toi.
13:50 J'ai dit, bon, je laisse la voiture.
13:51 Il me dit, non, non, il faut une voiture, etc.
13:53 Tu te débrouilles.
13:54 De la fin, c'était comme ça, il fallait se débrouiller.
13:56 On nous a remis une somme d'argent.
14:01 On nous a dit de nous faire tout petits, enfin surtout pour moi.
14:04 Mais comme je venais de me marier, j'avais un petit livret de famille tout neuf,
14:07 au nom de ma houche.
14:09 Donc pratiquement sur un livret de famille amené de "on le regarde pas".
14:12 Comme j'ai toujours aimé les AMG, parce que j'avais une TD avant en Suisse,
14:17 j'avais une TD, et je toujours adorais ces voitures-là.
14:20 Je suis amoureux des voitures anglaises, des voitures sport.
14:23 Donc je me suis dit, tiens, je vais voir.
14:25 Je suis allé donc chez un agent.
14:27 Je me suis présenté, oui c'est vrai, bon, t'es déjà connu quand même.
14:34 Il dit, y a pas de problème.
14:35 J'ai dit, écoutez, voilà, ce que vous avez.
14:37 Il me dit, justement, j'ai une voiture, elle est magnifique.
14:40 Je la regarde, elle était vraiment impeccable, impeccable.
14:47 Ah, j'ai dit, oui, je la prends.
14:50 J'ai dit, mais je peux pas vous payer tout de suite.
14:52 J'ai dit, je vous laisse la domine et je prends ça.
14:57 Puis entre-temps, on me pète les papiers, etc.
14:59 Il me dit, y a pas de problème, etc.
15:00 Ma houche, connu, machin, tout un baratin.
15:03 Je prends la voiture.
15:06 Et j'ai dit, bon, la carte grise, il me la prend tout de suite.
15:08 Il me dit, bon, je vous donne juste un réciprocité, etc.
15:10 Puis, bon, il faut attendre quand même quelques jours.
15:13 Bon, alors, je dis, bah, nous, on travaillait énormément avec les Corses à la préfecture de Paris.
15:19 Il fallait, bon, le FN, c'était ça, hein.
15:21 Il fallait donner de l'argent.
15:23 C'est tout. Pour une carte grise, c'était facile.
15:26 Et puis j'ai eu la carte grise dans la journée même.
15:30 C'était bien.
15:31 [Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org]
15:34 [Logo de l'Université d'Ottawa]
15:38 [Musique]
16:05 J'ai rencontré des motards.
16:07 Mais deux fois, les motards ont reconnu Maouch et n'ont même pas regardé.
16:11 On m'a pris pour une Française.
16:13 Enfin, passe-partout, j'ai une tête passe-partout, en définitif.
16:16 Donc, Maouch faisait une petite virée, sympa.
16:20 Et il me montrait de loin les joueurs.
16:23 Moi, je ne les connaissais pas.
16:25 Alors, il discutait soit avec l'entraîneur quand on était, par exemple, au stade.
16:30 Il m'est arrivé de contacter les gars directement au stade.
16:33 Alors, avant d'entrer au stade, il repérait le joueur qu'il fallait que je contacte.
16:37 Et il me donnait son numéro.
16:39 Quand, par exemple, il s'entraînait, etc., il me disait, tiens, c'est le numéro temps.
16:42 Et puis, j'allais vers le fameux numéro.
16:45 Et je lui disais, voilà, je suis un agent de liaison du...
16:49 Je disais ça en arabe, hein.
16:51 Je suis un agent de liaison du FLN.
16:54 Tu es appelé à rejoindre la Tunisie.
17:01 Je suis allé à Bordeaux, voilà, maintenant.
17:03 Je suis arrivé vers 2 heures du matin.
17:05 Ça a duré 30 secondes.
17:07 J'ai donné les instructions.
17:08 J'ai dit, voilà, demain, lundi, au Théâtre de la Cigonne, Genève, avant midi.
17:12 Et puis, je suis parti. Sans plus.
17:14 La grande émotion, je l'ai eue à la veille de notre déplacement girondin de Bordeaux sur Hames.
17:20 36 heures plus tôt, il y avait M. Mahou, chez sa femme, qui sont venus me voir
17:27 à l'avenue Saint-Saëns, là-bas, à Strasbourg, près de... à Bordeaux, près du local,
17:33 en me disant, voilà, Saïd, tu as été choisi par les responsables à rejoindre tes camarades.
17:39 Dans le cas où tu ne revus pas, ou quoi que ce soit, ça veut dire qu'on n'était pas forcés.
17:45 On nous a pas mis, si on veut dire, le couteau sur la gorge pour dire, tu dois partir.
17:50 Non, non. La question était posée comme telle.
17:52 Et dans le cas où tu veux, tel jour, telle heure, tu dois te trouver à tel endroit.
17:57 Ils disaient rien du tout. Ils n'avaient rien le droit de dire.
17:59 Où ils venaient, où ils ne venaient pas.
18:01 S'ils venaient, bon, tant mieux, s'ils ne venaient pas, puis après, il y avait des sanctions.
18:05 C'est le rapport qui suit.
18:08 Une fois arrivé à Tunis ou à Paris, je fais mon rapport, je le donne à qui de droit,
18:14 c'est-à-dire à M. Benhamdallah, parce que c'est lui le responsable.
18:17 Et puis lui, il voit avec d'autres responsables, c'est-à-dire le zonal ou le fédéral,
18:23 ou le responsable du coin même, quoi.
18:26 Et c'est à lui de prendre des sanctions.
18:28 Et la sanction se prend très vite, hein.
18:30 Soit une sanction pécuniaire.
18:35 Vous savez, quand vous avez entre 18 et 22 ans,
18:38 vous avez votre promotion sociale qui s'améliore.
18:41 Vous avez les journaux qui parlent quotidiennement de vous.
18:44 Tout le reste à vos côtés, c'est rien.
18:47 J'avais un ballon dans la tête, moi.
18:49 Mais entre-temps, en 58, j'étais conscient de ce qui se passait chez nous.
18:54 Avec ces militaires qui étaient débarqués là-bas, ces légionnaires,
18:59 ces flashs qu'on voyait à la télévision,
19:02 ce que j'entendais, ce que je recevais par lettres,
19:04 a fait de moi, plus les insultes que je commençais à avoir
19:08 quand on faisait un mauvais match ou la mauvaise passe,
19:11 "Sale félaga, retourne à ton pays".
19:13 Alors, au fond de vous-même, ces choses, il y a une sorte de répulsion.
19:19 Vous vous dites, mais qu'est-ce qui se passe ?
19:21 Et d'un autre côté, je voyais d'autres qui souffraient.
19:24 J'ai dit, je n'ai pas le droit de rester, moi, à l'écart.
19:28 Mais seulement, c'était pas possible qu'on reste à jouer à la baballe, si vous voulez.
19:33 Pendant que d'autres, on pouvait continuer à jouer à la baballe,
19:38 mais utilement, positivement, et militer.
19:41 Pour un but, pour cette nation que nous voulions à tout prix.
19:46 Et c'est normal.
19:47 Il y a bien eu une équipe de chanteurs, de musiciens, etc.
19:52 Et ça a été très positif, parce qu'ils ont été les ambassadeurs de l'Algérie,
19:57 si vous voulez, de l'Algérie combattante,
20:00 dans tous les pays qui voulaient bien nous recevoir.
20:03 Ils avaient un nom.
20:05 Il fallait qu'ils le mettent à la disposition, enfin.
20:08 Si le contraire s'était produit, ça aurait été une aberration terrible.
20:14 Autre demi-finale à Colombes, Bourras, Coulotte, Blanche rencontrent Lens.
20:27 Après une première mi-temps assez terne, l'attaque crémoise est maintenant en activité.
20:31 À la 56e minute, Fontaine intercepte une passe d'Assouna et marque imparablement.
20:37 Ce qui nous intéressait en France, en dehors de la colonie algérienne,
20:41 c'est l'opinion publique française.
20:43 C'est pour ça que, vraiment, on a, si vous voulez,
20:46 on a été vigilant pour ne pas faire de bêtises,
20:50 pour ne pas retourner l'opinion publique française contre nous.
20:54 Ça, ça a été évidemment un des objectifs du FLN en France,
20:59 c'est avoir, coûte que coûte, l'opinion publique française,
21:02 le peuple français, si ce n'est pas avec nous,
21:05 ou du moins, pas contre nous.
21:08 Les Algériens, pratiquement, ils étaient tous acquis à l'idée de l'indépendance.
21:14 Et puis, pratiquement, on a quadrillé toute la colonie.
21:19 On a créé des écoles de cadre, on a organisé des prisons,
21:23 on a organisé des filières, on a organisé des travailleurs,
21:28 on a créé la GTA, on a créé des commissions d'hygiène,
21:32 des commissions de justice, des commissions de détenus.
21:36 Pratiquement, on a créé un État dans l'État.
21:40 Voilà.
21:42 Donc, tous les moyens étaient bons, mais notre problème était politique,
21:46 on l'a réglé politiquement.
21:48 C'est pas toujours la mitraillette qui rapporte, donc c'est des patriotes.
21:52 On l'appelait l'équipe du FLN.
21:55 C'est des combattants comme d'autres.
21:57 Il y en a à qui on a donné un stylo, il y en a à qui on a donné un micro.
22:01 Chacun de nous a eu un rôle.
22:04 Et le porte-ballon a un rôle.
22:06 [Musique]
22:32 Comme j'étais le plus connu, on est venu me solliciter
22:35 pour essayer de former une équipe combattante en Tunisie.
22:39 La plupart des joueurs avaient déjà été contactés,
22:42 donc j'ai répondu présent.
22:44 Au sommet, j'étais au sommet, oui.
22:46 J'étais au sommet, oui.
22:48 J'ai été titulaire en équipe de France.
22:50 Ça a été vraiment pour moi la protéose,
22:52 que je sois sélectionné en équipe de France.
22:55 C'est sûr, c'est le vœu d'une carrière de footballeur, d'un sportif.
23:00 Que ce soit n'importe quelle discipline.
23:03 Jouer en équipe de France, de représenter un pays, c'est beaucoup.
23:07 Et en plus de remplacer un monsieur comme Jean-Clique,
23:10 pour moi ça a été quelque chose d'inoubliable.
23:13 Parce que Jean-Clique était quand même un des meilleurs arrière central d'Europe.
23:17 Je suis arrivé à lui enlever la place.
23:21 Jouer à sa place, comme arrière central.
23:25 À Paris, contre Di Stefano, on avait fait 0 à 0.
23:28 Et la France a été qualifiée pour la Coupe du Monde en 1958.
23:31 Si par exemple la France avait perdu,
23:34 la France aurait été éliminée de la Coupe du Monde.
23:37 J'ai sauvé un but.
23:39 Le ballon allait pénétrer dans le but.
23:41 J'ai réussi à faire la couverture de Corona
23:44 pour sortir ce ballon qui allait vers le but.
23:47 Le sauveur de la France, d'ailleurs.
23:50 J'aurais voulu faire la Coupe du Monde en 1958.
23:53 J'aurais voulu la faire.
23:55 Mais le pays, quand on a besoin de quelqu'un,
23:58 on ne peut pas refuser, ce n'est pas possible.
24:01 On laisse des situations en or, des fortunes colossales
24:04 pour représenter un pays dans du moment difficile.
24:07 J'ai abandonné ma carrière.
24:09 Ma carrière sportive.
24:11 Et puis j'avais quand même une carrière
24:14 en football et en sport professionnel intéressante.
24:17 De pouvoir jouer à l'étranger, de pouvoir faire la Coupe du Monde en 1958.
24:21 Une émission de Jean Calvel, Paul-Louis Mignon et Maurice Huttin.
24:25 On peut dire sur le plan sportif qu'il y a des choses très importantes.
24:31 C'est qu'une équipe comme Monaco, qui est deuxième du championnat de France
24:34 et qui est qualifiée pour la demi-finale de la Coupe de France pour rencontrer Nîmes,
24:37 est privée de 4 joueurs extrêmement importants.
24:40 Zitounis en arrière centrale, Bentiford son nid d'égos,
24:43 Boubecker son gardien de but et Bekloufi un excellent avance.
24:46 Ce sont des pertes très graves.
24:48 C'est un coup sérieux pour Monaco.
24:50 Et aussi au portefeuille, si je puis dire.
24:52 Après, il fait 36 millions que la principauté va devoir retrouver quelque part.
24:55 Il n'y a pas eu de menace.
25:00 Il n'y a pas eu de menace pour leur dire, en tout cas moi pour ma part.
25:03 Je ne pense pas qu'il y en ait eu un qui ait été menacé.
25:06 Je vous dis, Joe Bailey, lorsqu'il m'a dit, écoutez,
25:11 je lui ai dit, moi je ne prends pas de décision.
25:13 J'ai une mission.
25:15 Vous me dites ça, pas de problème, mais je vous avertis.
25:18 Si on vous dit non, il vaut mieux rejoindre.
25:21 Voilà ce que j'ai dit.
25:23 Peut-être que j'ai exagéré.
25:25 Parce qu'on ne m'a pas dit de dire ça, c'est évident.
25:28 Mais moi j'avais envie de ramasser tout le monde.
25:30 Ça c'était cette partie, si vous voulez,
25:33 je voulais absolument réussir cette mission.
25:36 A l'instar d'autres, vous voyez.
25:38 Et puis c'était quand même une mission un peu aventure.
25:42 Ça a été la plus agréable des missions que j'ai pu avoir.
25:45 J'avais un an, j'avais tout.
25:47 Je commençais à m'imposer.
25:49 Et tout d'un coup, on a été sollicité de quitter la France
25:53 pour rejoindre le GPRA, le gouvernement provisoire algérien.
26:01 Bon, il y avait des responsables politiques de France
26:05 qui sont venus nous solliciter.
26:07 Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'on y rentre, on est parti.
26:09 Avec ma femme et tout.
26:14 Ils laissent tous beaucoup de choses derrière eux.
26:18 De gros salaires, la célébrité ou de grands enjeux sportifs.
26:23 Et puis, beaucoup d'entre eux sont mariés à des Françaises.
26:29 Pour ces épouses, le choix du départ va être encore plus difficile.
26:34 Mais il fallait ou bien quitter son mari ou le suivre.
26:38 Et toutes les femmes étaient des jeunes femmes, des jeunes mariées presque.
26:42 Donc elles ont subi leur mari.
26:44 On ne savait pas ce qui allait arriver.
26:47 On savait qu'on partait.
26:49 Mais pour combien de temps ? On ne savait pas.
26:52 Je n'avais pas peur. Je ne suis pas une femme à avoir très peur.
26:55 Mais j'étais angoissée, voilà, un peu, oui.
26:58 Angoissée de voir où tu vas, qu'est-ce qui va arriver.
27:02 C'est ça.
27:04 Mission accomplie, tous les joueurs ont été contactés
27:07 et informés sur les moyens de se procurer argent et faux-papiers.
27:11 La promesse est chacun pour soi pour rallier Genève, puis Tunis.
27:15 Je suis arrivé au poste Pantière. Ce poste Pantière, j'ai oublié le nom.
27:20 Bon, j'étais là avec la voiture, je me mets en veilleuse, etc.
27:24 Très proche, à 3-4 mètres.
27:27 Il sort la tête, il pleuvait.
27:29 Bon, donc, la voiture est matriculée 9215 KC75.
27:34 J'ai toujours le matricule en tête.
27:37 C'est un signe de la main.
27:40 J'avais déjà enclenché la première.
27:42 C'est une voiture qui partait très vite.
27:45 Partit, donc, le poste Pantière belge qui n'était pas très loin.
27:49 Bon, une fois la Pantière belge, c'était fini.
27:52 Là, on fait le Luxembourg, une partie du Luxembourg,
27:55 une toute petite partie de l'Allemagne.
27:57 Je descends vers Bâle, de Bâle directement,
28:00 donc, vers Lausanne, Genève.
28:06 Voilà, tout ça en 48 heures, en moins de 48 heures.
28:09 Et on est arrivé le 2 novembre 1960 à Tunis.
28:16 Pour tout le monde, la vie en Tunisie, c'était l'avion rose.
28:36 Il ne faut pas croire que c'était... On était bien payés, d'abord, il faut le dire.
28:41 On était très, très bien payés.
28:43 On avait nos appartements, on trouvait nos maisons.
28:46 Il y avait les dansings, il y avait beaucoup de choses.
28:50 Il y avait beaucoup de choses.
28:51 La Tunis, c'était la liberté totale.
28:54 La Tunisie, indépendante depuis 1956,
29:01 accueille tous les exilés algériens, militaires, politiques ou footballeurs.
29:06 L'équipe du FLN y trouve donc tout naturellement son port d'attache entre deux tournées.
29:15 Mais les joueurs partent quelquefois pendant trois mois d'affilée
29:27 pour populariser la lutte et aussi pour lever des fonds dans les pays amis.
29:32 J'étais bien, si vous voulez, parce que, oui, j'étais jeune, j'avais l'esprit aventurier, c'était une aventure.
29:38 Mais il ne fallait pas que je pense à quoi servait l'argent quand mon mari allait jouer dans les pays de l'Est ou en Russie.
29:45 Ou à quoi servait cet argent ?
29:48 Est-ce qu'il servait à acheter des armes, après tout, pour aller tuer des Français ?
29:53 Ça, ça me tracassait un peu.
29:56 Mais on a le droit de le dire, je suppose, ça.
29:59 Ben oui, j'y ai pensé. Je pense qu'il y en a d'autres qui devaient y penser, mais qui n'ont peut-être pas osé le dire.
30:08 Et mon mari sait très bien que je l'ai pensé.
30:11 À l'époque, la FIFA, la Fédération Internationale de Football, ne se pose pas de questions.
30:18 Elle n'envisage pas une seule seconde de reconnaître l'équipe du FLN, puisque l'Algérie est toujours française.
30:25 La FIFA va même plus loin, elle menace d'exclusion tous les pays qui recevraient officiellement l'équipe du FLN.
30:32 La France, membre influent de la Fédération, est ravie.
30:36 Mais d'autres pays membres, les non-alignés ou ceux du bloc de l'Est, sont bien ennuyés.
30:42 Comment tendre la main au footballeur du FLN sans se faire exclure ?
30:46 Ces pays de l'Est ont eu l'astuce de dire, au lieu que ça soit leur équipe nationale,
30:52 de dire c'est de telles usines, tractors, qu'on rencontrait,
30:57 au lieu de dire l'équipe nationale bulgare ou autre chose,
31:01 c'était le nom de certaines entreprises qu'ils avaient ou certaines sociétés.
31:04 Alors ça passait sous silence.
31:06 Et donc ces clubs n'étaient pas sanctionnés quand elles participaient aux Coupes du Monde, dans les éliminatoires.
31:12 Parce qu'ils n'avaient pas le droit de jouer contre nous, parce que nous étions des déserteurs de la FIFA.
31:16 Donc ils n'avaient pas le droit de jouer contre nous.
31:18 C'était des matchs amicaux, mais c'était toujours sur autre chose.
31:23 Parce que nous on était interdit de jouer à l'époque, quand on a quitté la France, en Finlande, en Angleterre,
31:31 on était interdit de jouer avec les clubs étrangers.
31:34 On n'avait plus le droit, alors on mettait ça sur le coopératif, on avait toujours une excuse.
31:40 C'était une fausse étiquette, pour ne pas être sanctionné par la FIFA.
31:42 Voilà, pour que les clubs qui nous recevaient n'étaient pas sanctionnés par la FIFA.
31:45 Un seul pays a le courage d'aligner son équipe nationale contre celle du FLN, le Maroc.
31:51 Mais ce pays a une bonne raison.
31:53 En avril 1956, le gouvernement français avait gravement porté atteinte à son intégrité
31:58 en arraisonnant, en plein espace aérien marocain, l'avion des principaux dirigeants du gouvernement provisoire algérien.
32:05 À Alger, dans les locaux de la DST, les cinq chefs rebelles capturés,
32:09 Boudiaf, Aïd Ahmed, Kider, Benbella et Lachraf, se préparent à être transférés à Paris.
32:15 Pour le roi du Maroc, Mohamed V, l'arraisonnement de Benbella était une question politique, bien sûr,
32:21 mais aussi une question d'honneur.
32:23 Le roi, qui estimait avoir failli à ses hôtes, voulait rembourser sa dette.
32:28 En accueillant officiellement l'équipe du FLN, il reconnaissait implicitement la souveraineté algérienne,
32:34 une insulte pour la France, une provocation pour la FIFA.
32:39 Pour le Maroc, il y a un problème très important.
32:42 Il ne faut pas oublier que les cinq ministres, ou les quatre ministres, et un autre représentant du FLN,
32:50 qui ont été détournés, pas seulement détournés, kidnappés, si j'ose dire, dans un avion en plein ciel,
33:00 c'est les cinq qui se trouvaient dans un avion marocain.
33:06 Si j'ai bonne mémoire, le 22 octobre ou le 26 octobre 1956.
33:12 Or, ils étaient là, les hôtes du roi Mohamed V, et évidemment, la France avait commis, ou le gouvernement français,
33:21 moi je préfère dire le gouvernement français de l'époque plutôt que la France,
33:25 le gouvernement français de l'époque avait commis vis-à-vis de Mohamed V un acte de piraterie internationale.
33:35 Alors, que Mohamed V mette son équipe officielle à jouer contre l'équipe du FLN,
33:43 ma foi, c'était pas très grave pour le gouvernement français de l'époque.
34:03 Qui est le plus grand provocateur ? Est-ce le Maroc qui met son équipe à jouer contre l'équipe officielle algérienne,
34:11 ou bien le gouvernement français de l'époque qui détourne en plein ciel un avion marocain
34:18 dans lequel se trouvaient cinq ministres algériens ? Voilà le problème.
34:28 Les footballeurs marocains sont suspendus pendant un an, mais les footballeurs algériens, eux, poursuivent leur très longue série de tournées.
34:35 Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Pologne, URSS, Libye, Chine ou Vietnam, de 1958 à 1962,
34:48 91 matchs, 65 victoires, 13 nuls et 13 défaites. Les footballeurs algériens deviennent de parfaits ambassadeurs.
34:58 La grande vie a commencé, la grande étape a commencé de la part de Tunisie,
35:08 et là, on a côtoyé des rois, des présidents de république, on a côtoyé des peuples.
35:14 Le peuple algérien a été un des premiers à se faire croire que la France était une vraie guerre.
35:19 C'est ça, on était bien, hein, bon, voyager, les grands hôtels, les représentatifs,
35:30 bon, les hommes politiques qui font leurs discours, bon, démontrer qu'est-ce que c'est.
35:35 Le peuple algérien, quand il nous voit, il nous dit "bon, bien, on va pas dire ça".
35:42 Les informations, vous savez, quand on fait des événements, on voit tout le temps,
35:46 il dit "chabillard", il dit "qu'est-ce que c'est ce pays qui veut être indépendant".
35:50 Quand il nous voit, nous, des deux jeunes, footballistiques, contact humain.
36:01 On est allé dans des coins où on ne savait pas ce que c'était que l'Algérie, où se situait l'Algérie.
36:07 On nous demandait est-ce qu'il y a des maisons, est-ce qu'il y a des tramways, est-ce qu'il y a des voitures,
36:12 il y avait des endroits où on croyait que l'Algérie c'était la jungle.
36:17 Et on nous dit "non, c'est pas ça, c'est la jungle".
36:20 Et on nous dit "non, c'est pas ça, c'est la jungle".
36:23 Et on nous dit "non, c'est pas ça, c'est la jungle".
36:25 Et on nous dit "non, c'est pas ça, c'est la jungle".
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