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00:02 RTL matin
00:06 RTL 7h43, excellente journée à vous tous qui nous écoutez.
00:10 Amandine Bégaud, vous recevez ce matin notre ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises,
00:14 du commerce, de l'artisanat et du tourisme, Olivia Grégoire.
00:17 Olivia Grégoire, avant de parler inflation et prix de l'alimentation, je voudrais qu'on parle du fait maison.
00:22 Vous l'avez annoncé cette semaine, vous souhaitez que les restaurants affichent clairement les plats faits maison et les plats non préparés.
00:29 L'idée c'est quoi ? Que ce soit obligatoire et inscrit sur la carte ?
00:34 C'est très bien résumé. L'idée d'abord, c'est de plus valoriser nos restaurateurs qui jouent le jeu.
00:40 Et vous savez peut-être que le mot cuisinier, il vient du XIIIe siècle, il est rentré dans le dictionnaire de l'académie en 1835.
00:47 Le cuisinier est celui qui transforme des produits bruts.
00:50 Il y a beaucoup de nos restaurateurs qui le font, il y en a d'autres qui ne jouent pas le jeu.
00:53 Et ce n'est pas normal parce que ça coûte plus cher de jouer le jeu, de transformer des produits bruts.
00:58 On a de l'énergie, on a parfois des matières premières plus chères.
01:01 Et donc je pense que c'est important, notamment, c'était aussi une demande des restaurateurs depuis un certain nombre d'années,
01:07 de mieux permettre aux consommateurs, aux clients, d'être mieux informés entre ce qui est effectivement préparé à la maison,
01:13 enfin sur place, pardon, et en fait ce qui n'est pas préparé sur place.
01:16 Donc ça va être assez simple, on va continuer à discuter parce qu'il faut voir les modalités.
01:21 Mais les plats qui ne sont pas préparés sur place, ça devra être indiqué par le biais d'un astérix ou d'une petite étoile sur les menus,
01:29 pour que les consommateurs le sachent.
01:31 Donc ceux qui ne sont pas préparés sur place devront être indiqués sur les cartes de restaurant.
01:38 Seuls 4% aujourd'hui des 175 000 restaurants font du tout fait maison aujourd'hui,
01:43 avec qui on souriait en entendant ces chiffres, en disant que c'était quand même un comble au pays de la gastronomie.
01:48 C'est un comble et en même temps c'est le tout qui est important.
01:52 Moi il n'y a pas de jugement de valeur dans ma démarche, je n'ai pas envie d'avoir des clichés.
01:57 Il n'y a pas les gentils et les méchants ?
01:59 Il n'y a pas les gentils et les méchants, enfin en vrai il y en a assez malheureusement dans le monde et vous en parlez tous les jours.
02:03 Là on n'est pas sur un enjeu de gentils et de méchants.
02:05 Thierry Marx qui dirige l'UMI, le syndicat des restaurateurs hôteliers,
02:09 disait à juste titre "C'est pas une honte de dire je vais prendre ma pâte feuilletée chez un artisan à côté,
02:14 ou un bâté artisanal à côté parce qu'il est mieux fait que je ne saurais le faire".
02:18 Mais juste indiquez-le, c'est juste une question de transparence vis-à-vis du client
02:23 et la transparence c'est bon pour tout le monde, c'est bon pour les consommateurs, c'est bon pour les restaurateurs qui jouent le jeu.
02:27 Mais alors pour qu'on comprenne bien, si je prends par exemple des cuisses de canard congelées et que je fais ma sauce, c'est du fait maison ou pas ?
02:33 Oui madame, très bonne question.
02:36 Pourquoi ? Parce que le surgelé est un sujet.
02:38 On est bourré de clichés sur ces sujets d'alimentation.
02:41 Vous prenez par exemple des fruits de mer, c'est difficile à transporter les fruits de mer,
02:44 donc c'est souvent congelé, est-ce à dire que le produit brut est transformé parce qu'il est congelé ?
02:48 Non, si vous prenez des crevettes congelées et que vous faites votre sauce dans votre restaurant,
02:53 le plat est préparé sur place même si le produit brut a été congelé.
02:57 Et alors si je prends des légumes par exemple congelés déjà épluchés ?
03:00 Ou une paella toute prête déjà transformée ?
03:03 Non mais la paella toute prête, ça je comprends bien qu'elle n'est pas faite maison,
03:05 mais par exemple des légumes en grosse quantité qui sont congelés et par exemple déjà épluchés et coupés ?
03:11 Épluchés et coupés, ça n'est pas assaisonné, c'est encore du produit brut.
03:16 Et les saisonnalités, la saison fait que parfois vous ne pouvez pas avoir des tartes aux fraises au mois de novembre.
03:22 Et donc il est de bonne alloi d'utiliser parfois des fraises surgelées.
03:25 Mais la tarte, elle est faite par le restaurateur.
03:27 En revanche, un chiparmentier, une paella, pardonnez les auditeurs, à 7h46 je leur fais le menu du déjeuner,
03:32 mais quand le plat est totalement transformé, il faudra l'indiquer.
03:37 Avec des sanctions pour ceux qui ne respectent pas la règle ?
03:40 Oui, mais d'abord et avant tout de la valorisation.
03:43 On a la sanction souvent facile et le mot encore plus.
03:46 Moi, mon objet c'est de valoriser plus de 175 000 restaurateurs qui font un boulot incroyable,
03:51 qui pour certains se décarcassent pour apporter rapport qualité-prix et des bons petits plats aux gens.
03:56 Dans notre pays, on a beaucoup de chance, on y mange très bien.
03:58 L'objectif c'est vraiment de les valoriser et puis c'est souvent l'occasion aussi,
04:01 s'il y a des filous, de sanctionner s'il le faut.
04:04 Après, on ne va pas créer des nouvelles sanctions, on a ce qu'il faut en France en sanctions.
04:08 Ce serait si jamais vous proposez un plat qui n'est pas indiqué comme étant préparé sur place
04:13 et donc que vous mentez aux consommateurs, c'est ce qu'on appelle une pratique commerciale trompeuse.
04:17 Et on a déjà un arsenal législatif pour ça.
04:19 Mais l'objectif 1, c'est valoriser des restaurateurs qui jouent le jeu.
04:22 Alors, venons-en au prix et à l'inflation des produits alimentaires.
04:25 Vous me disiez juste avant la pub, les prix n'augmentent plus.
04:29 Je me suis amusée, entre guillemets, parce que ce n'est pas drôle,
04:32 mais à comparer mes tickets de caisse.
04:34 J'ai pris mes courses du 15 août et celles du 15 octobre.
04:37 Effectivement, il y a beaucoup de produits dont le prix ne bouge plus.
04:41 Mais il y en a quand même un certain nombre qui augmente.
04:43 Je vous donne deux exemples.
04:44 Le pack de 6 bouteilles de lait, complètement basique, +8,5%.
04:49 Les croquettes pour chiens, +28% en 2 mois.
04:53 Alors là, je ne vais pas vous faire l'impertinence de vous demander,
04:56 ce n'est pas ma mission, où vous faites vos courses.
04:58 Mais c'est dans le même magasin.
04:59 J'ai un énorme problème sur vos croquettes pour chiens.
05:01 Parce que ?
05:02 Parce que la composition même des croquettes,
05:04 maïs, blé, betterave et riz.
05:09 Sur ces 4 matières premières, vous en avez 3 qui baissent,
05:13 dont 2 qui baissent massivement.
05:16 Le blé tendre baisse de 33%, le tournesol de 44%, le maïs de 40%.
05:22 Donc mes croquettes, elles ne devraient pas augmenter 28% en 2 mois ?
05:25 Ce que je vous propose, et si vous l'acceptez, c'est qu'on se revoit.
05:29 Parce que c'est l'objet aussi de ces renégociations commerciales
05:32 que je vais porter au Sénat tout à l'heure.
05:34 On cherche à avancer les baisses de prix,
05:36 à l'aune des matières premières qui baissent, je viens de vous le dire.
05:39 Et les croquettes pour chiens sont un exemple assez symbolique
05:42 de prix qui vont devoir baisser très fortement.
05:44 Les dernières renégociations, Olivia Grégoire, datent du mois de mars, on est d'accord.
05:49 Pourquoi mes prix augmentent entre août et octobre ?
05:52 Parce qu'il y a eu des fluctuations de matières très certainement
05:55 sur le lait ou sur une partie de l'emballage, du plastique possiblement.
05:59 Mais ce qu'il y a de certain, c'est que sur les croquettes pour chiens,
06:02 c'est une certitude, et je prends le pari, vous me réinvitez quand vous voulez,
06:05 les prix vont baisser et +28%, ça n'est pas entendable.
06:08 Les prix vont baisser, mais tous les acteurs, que ce soit les industriels
06:11 ou la grande distribution, nous disent non, même si on avance les négociations,
06:16 là, ça ne va pas baisser, tout ce qu'on nous propose, ce sont des hausses.
06:20 Alors, déjà je veux donner quelques chiffres aux auditeurs,
06:24 parce que nous on parle de ça comme si c'était connu, mais plein de gens ne savent pas.
06:27 Les négociations commerciales dans notre pays depuis 10 ans,
06:30 et François Langley l'a dit, ça a été beaucoup repris en termes de loi,
06:33 elles se déroulent du 1er décembre au 1er mars.
06:36 Et donc ce que nous cherchons à faire, c'est avancer l'atterrissage
06:40 des renégociations commerciales pour l'amener au 15 janvier, non pas au 1er mars.
06:43 Gagner ainsi 6 semaines. 6 semaines pour aller chercher,
06:47 je reprends l'expression des distributeurs, Amandine Bégaud,
06:50 chercher des baisses de prix.
06:53 On a des prix de matières premières agricoles, le blé, le tournesol, le maïs,
06:58 mais aussi le gaz ou l'électricité, qui ne sont pas au même niveau que l'an passé,
07:03 et qui pour certains ont chuté sur les matières premières agricoles.
07:06 En moyenne, je vous donne ce chiffre, les prix à la production agricole
07:09 ont baissé de 7% en un an.
07:12 Donc on a beaucoup de matières premières, pas toutes, attention,
07:15 j'ai un discours nuancé, le sucre augmente, le cacao augmente,
07:18 pas le blé, pas le tournesol, pas le saumon.
07:20 Mais ils disent les salaires ont augmenté, le prix de la langue a augmenté.
07:22 Mais attendez, j'entends ce qu'ils disent, mais ce n'est pas inintéressant
07:24 d'écouter ce que dit aussi la ministre là-dessus.
07:26 Moi je ne suis pas partie prenante, je suis ministre,
07:28 je ne suis pas là non plus pour dire il y a des gentils, il y a des méchants.
07:30 Moi je vois quoi ? Des baisses de cours de matières premières.
07:33 Je vois quoi ? Depuis 10 ans, quand les prix de production agricole baissent,
07:36 les prix en rayon baissent. Les faits sont têtus.
07:39 Ce sont des études que je tiens à disposition.
07:42 Donc si les prix ne baissent pas, ça veut dire que certains ne jouent pas le jeu.
07:45 Pour être assez clair.
07:47 Ça veut dire qu'ils ne transforment pas l'essai et que le jeu n'est pas joué.
07:50 Moi je veux être très clair aussi, je ne vais pas prendre trop de temps.
07:53 Je tiens à la disposition de tous ceux qui le souhaitent,
07:56 une notice bibliographique extrêmement détaillée,
07:59 des déclarations de tous les distributeurs de ce pays,
08:03 au mois de septembre, au mois d'octobre, même cet été,
08:07 demandant au gouvernement et aux députés et aux sénateurs,
08:10 de grâce, de les laisser renégocier,
08:13 parce qu'ils étaient capables, avec ce mot-même,
08:16 d'aller chercher des baisses de prix.
08:18 Ça n'est pas moi qui ai inventé les déclarations de Michel-Édouard Leclerc,
08:21 de Thierry Cotillard, de Dominique Schellcher, même de la fédération qui les regroupe.
08:24 Donc on a entendu avec Bruno Le Maire,
08:27 et dès la fin août, on les a reçues, on en a dit ce que...
08:30 - Donc vous leur dites quoi ? Faites votre job, là, en fait, c'est ça ?
08:32 - Non, non, on leur dit, attendez, un peu de cohérence
08:35 et beaucoup de responsabilité.
08:37 Nous faisons, en avançant les renégociations,
08:40 strictement ce que vous nous avez demandé.
08:42 Et nous savons que vous êtes des acteurs responsables,
08:45 et que vous allez aller chercher des baisses de prix.
08:47 J'indique aussi qu'on est au début, en réalité, des négociations.
08:50 Les tarifs viennent d'arriver.
08:53 On a maintenant deux mois et demi pour la négociation.
08:56 En entrée de négociation,
08:59 on démarre rarement avec des baisses.
09:01 Il y a toujours un jeu de la négociation.
09:03 Ce qui compte, c'est pas la ligne de départ,
09:06 mais la ligne d'arrivée. C'est comme un centimètre haie.
09:09 Donc, laissons la négociation se faire.
09:12 Nous avons des faits étayés,
09:14 nous avons des prix de matières premières agricoles en baisse.
09:16 Je ne dis pas que tous les prix vont baisser,
09:18 je dis que certains vont baisser.
09:20 Que les distributeurs, tous, unanimement,
09:22 nous ont demandé, "laissez-nous renégocier,
09:24 vous nous en empêchez avec la loi".
09:26 Et imaginez une seule seconde, Amandine Bégaud,
09:28 ce qu'on aurait dit du gouvernement.
09:30 Si nous n'avions rien entendu de la demande des distributeurs,
09:33 si nous avions passé notre chemin avec Bruno Le Maire,
09:36 on aurait dit quoi ? Qu'on est hors sol, qu'on n'écoute pas les acteurs ?
09:39 On a entendu. On crée cette possibilité,
09:41 on leur donne un nouveau cadre,
09:43 qu'ils jouent le jeu et qu'ils transforment l'essai.
09:45 Si les prix ne baissent pas en janvier et février,
09:47 ce sera à cause de la grande distribution.
09:49 Il y aura des prix qui baissent. Je ne suis pas juge,
09:52 je suis ministre. Nous avons des acteurs qui sont responsables.
09:55 Nous avons tout sur la table pour aller chercher des baisses de prix.
09:59 C'est la mission des distributeurs, la mission des industriels.
10:02 Et vous savez, pour terminer, ils ont aussi leurs soucis.
10:05 Et j'en suis fort consciente.
10:06 Quand vous avez -4% en volume dans vos ventes,
10:09 dans la grande distribution,
10:11 qui est un modèle économique fondé sur le volume,
10:13 ça vous crée aussi un sacré problème.
10:15 Donc, ils vont aller chercher des baisses,
10:17 j'ai confiance en eux, et de grâce, de la cohérence,
10:20 nous faisons strictement ce qui a été demandé par les acteurs
10:23 pour leur donner de la souplesse.
10:25 [SILENCE]
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