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  • il y a 2 ans
Guillaume Gontard, réélu en septembre sénateur de l'Isère et président du groupe ̩écologiste au Sénat, est l'invité du QG Politique pour commenter l'actualité̩ de la semaine, les dissensions au sein de la Nupes et la crise au Proche-Orient.

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00:00:00 [Musique]
00:00:18 Bonjour à tous, bienvenue dans "Le QG", le rendez-vous politique de Télé Grenoble.
00:00:24 Chaque semaine, un élu du territoire vient sur notre plateau, 45 minutes en face à face, pour parler de l'actualité, de son actualité.
00:00:32 Aujourd'hui, je reçois Guillaume Gontard. Bonjour.
00:00:34 Bonjour.
00:00:35 Bienvenue, sénateur écologiste de l'ISER depuis 2017.
00:00:38 Vous avez été réélu pour un mandat de 6 ans supplémentaires en septembre dernier.
00:00:44 Une victoire, j'ai envie de dire, quand même aux allures de défaite, puisque la gauche dont vous faites partie possédait 2 sénateurs sur 5 en ISER avant ce scrutin.
00:00:52 Vous et André Valigny pour le PS.
00:00:55 On voit quelques images de la soirée à la préfecture avec les 5 nouveaux députés.
00:00:59 Alors "nouveaux" entre guillemets, puisqu'il y en a 4 qui étaient déjà en poste.
00:01:03 Malgré une association dès le premier tour avec le Parti socialiste, le Parti communiste, vous n'avez pas réussi à maintenir cet équilibre de 2 contre 3.
00:01:13 Non, c'est vrai que je n'ai pas passé loin, puisque c'était à une plus d'une trentaine de voix pour que Frédéric Pénavère puisse être élu et puisse devenir sénatrice.
00:01:23 Et c'est vrai que du coup, on passe à côté non seulement d'une deuxième sénatrice de gauche, mais aussi d'une sénatrice d'une orisère.
00:01:32 Et ça aurait été effectivement particulièrement intéressant.
00:01:34 En tout cas, c'est de cette manière-là qu'on avait à la fois construit notre liste, fait un appel au rassemblement très tôt, depuis le mois de mars.
00:01:41 Très ouvert, en appelant aux discussions, en appelant à se rassembler et à discuter ensemble, et essayer de trouver des solutions.
00:01:49 Puisque, encore une fois, on le voit, la solution c'est bien évidemment de se rassembler.
00:01:53 Et que si on avait été rassemblés, on aurait 2, voire peut-être même 3.
00:01:56 Puisque quand on fait l'addition, on voit qu'on est quand même l'addition des listes de gauche, on est devant les Républicains.
00:02:02 Donc je pense que ça doit nous interroger, nous interroger sur la suite, sur comment on travaille ensemble, et comment on arrive à mieux se fédérer,
00:02:12 et mieux se regrouper, notamment dans des élections sénatoriales qui sont particulièrement importantes.
00:02:17 Alors vous avez progressé par rapport à 2017. Vous aviez fait 546 voix, vous êtes monté à 714.
00:02:23 Pour autant, comme je le disais, le deuxième poste a été perdu au profit non pas de la droite, mais plutôt du candidat macroniste, Didier Rambaud,
00:02:32 qui était déjà sénateur et qui va le rester.
00:02:35 Vos alliés du PC sur cette union de la gauche un peu partielle au sénatorial en Isère ont clairement désigné un coupable, la France Insoumise.
00:02:43 Vous êtes d'accord avec eux ? Qui a fait liste à part ? Qui a peut-être fait perdre...
00:02:48 D'abord, c'est bien quand même de souligner qu'on progresse et on progresse très largement.
00:02:53 714 voix, c'est pas rien. Et on progresse dans un contexte quand même compliqué, parce qu'en 2017, il n'y avait qu'une seule liste.
00:03:03 Il y avait André Valigny qui était en face de moi. Enfin en tout cas, il y avait deux listes de gauche.
00:03:09 Cette fois-ci, on avait trois listes de gauche, dont une liste quand même très marquée, très soutenue par le président de la Métropole.
00:03:17 On voit avec un faible résultat, mais en tout cas qui était soutenue par le président de la Métropole.
00:03:21 Et puis la liste de la France Insoumise, issue effectivement d'une absence d'accord au niveau national.
00:03:26 Absence d'accord que moi, j'ai regretté, parce que je pense qu'on aurait dû réfléchir à un accord beaucoup plus large au niveau national.
00:03:33 Préacte, la France Insoumise a décidé de déposer une liste. On en voit le résultat.
00:03:38 Moi, ce que je regrette juste, c'est qu'au bout du compte, on a favorisé quoi ?
00:03:42 On a une sénatrice de moins pour le pôle de la gauche et des écologistes au Sénat.
00:03:47 On a permis du coup à Didier Rambeau, que j'apprécie beaucoup en tant que personne,
00:03:53 mais en tout cas politiquement, j'aurais évidemment préféré que ce soit une sénatrice de gauche.
00:03:59 Donc voilà, le résultat, il est celui-là. Et en tout cas, on n'a pas fait progresser la gauche et les écologistes.
00:04:04 Je trouve ça dommage. Et en tout cas, je pense qu'on doit chacun prendre notre part de responsabilité.
00:04:10 Moi, j'ai essayé de mettre tout en œuvre pour rassembler le plus largement possible.
00:04:14 Je salue notamment le Parti socialiste. Erwann Binet, par exemple, acceptait de venir en troisième sur une liste.
00:04:19 Ce n'est jamais facile. Ce n'est pas la place la plus éligible. Ils ont fait preuve de responsabilité.
00:04:25 Je pense qu'on doit réfléchir de cette manière-là pour les années à venir.
00:04:29 – Certains observateurs, le soir des sénatoriels à la préfecture de l'Élysée,
00:04:33 ont remarqué une certaine satisfaction des membres de la France Insoumise qui étaient présents.
00:04:38 Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, vous aussi. Pourtant, ils ont fait moins de 5%.
00:04:42 Donc, ce n'était pas leur score qui leur donnait le sourire.
00:04:44 Je pense que c'est le fait que vous n'avez pas réussi à qualifier un deuxième sénateur.
00:04:48 – Si la satisfaction, effectivement, c'est d'être à l'échelle nationale, de montrer,
00:04:54 puisqu'ils ont mis la NUPES en avant, et c'est qu'on est derrière le Rassemblement national,
00:04:58 moi, ce n'est pas une satisfaction que je peux avoir.
00:05:01 Si la satisfaction, c'est d'avoir fait échouer une candidate de gauche et de renforcer la gauche
00:05:07 et les écologistes au Sénat, pour moi, ce n'est pas une satisfaction.
00:05:11 En tout cas, moi, ce n'est pas de cette manière-là que je travaille.
00:05:13 Moi, mon objectif, c'est effectivement de lutter contre l'extrême droite,
00:05:17 de lutter contre la droite et de faire progresser le pôle des écologistes et de la gauche au Sénat.
00:05:25 Et c'est d'ailleurs ce qu'on a fait. Et je veux dire, cet accord national,
00:05:27 parce que si on regarde au niveau national, on avait comme objectif d'atteindre
00:05:31 plus de 100 parlementaires de gauche et écologistes.
00:05:35 On y est quasi. En tout cas, si on prend, on est à 100, 101 parlementaires de gauche et écologistes.
00:05:41 Mon groupe écologiste au Sénat passe de 12 à 17.
00:05:46 C'est le groupe qui progresse le plus en valeur absolue et en chiffres.
00:05:50 Et c'est vrai que ce qu'on parle peu, quand même, dans cette élection,
00:05:53 ce qu'on a peu parlé, c'est au niveau national du résultat des Républicains.
00:05:58 Les Républicains perdent 12 élus dans leur groupe,
00:06:01 ce qui est l'équivalent de notre groupe qu'on avait nous avant en tant qu'écologiste.
00:06:06 Donc, je pense que ça, c'est important. On voit bien que la gauche, les écologistes en particulier,
00:06:10 pôle central, progresse, progresse fortement, élection après élection.
00:06:15 Et c'est aussi le retour aussi des élections municipales, de l'implication,
00:06:20 de l'implantation des écologistes sur l'ensemble des territoires.
00:06:23 Quand je fais 714 voix avec l'ensemble de la gauche et des écologistes,
00:06:28 ce n'est pas que Grenoble, bien loin de là.
00:06:31 On a des voix, on a des représentations dans l'ensemble des territoires
00:06:34 et notamment dans les territoires ruraux que je connais bien en ayant été maire d'une commune de 200 habitants.
00:06:39 Alors, vous êtes commune du Perssi.
00:06:41 Commune du Perssi, très, très, très belle commune.
00:06:44 Dans le sud du département.
00:06:46 Donc, la France Insoumise, pour vos alliés du PC, en tout cas, est responsable de cet échec.
00:06:52 Éric Piolle, qui n'était pas candidat sur votre liste,
00:06:55 vous avez également une analyse à lui sur cette "effette" de la gauche au sénatorial.
00:07:02 Ici, nous vivons, comme au cantonal, une division d'une gauche poussée par le président Ferrari
00:07:09 qui se veut transpartisane, apolitique, on ne parle que de territoire et de terrain,
00:07:14 mais qui en fait est une division de la gauche qui coûte, qui a coûté deux binômes au cantonal,
00:07:21 qui échoue parce qu'elle n'arrive pas à se faire élire, évidemment, il n'y a pas d'écho pour cette politique-là,
00:07:26 mais elle échoue, mais elle coûte des sièges à la gauche et aux écologistes.
00:07:32 C'est dommage. C'est ainsi, ça ne durera pas forcément éternellement.
00:07:36 Victime de la guerre que se livrent Éric Piolle et Christophe Ferrari, finalement, votre liste au sénatorial ?
00:07:44 Moi, je pense qu'il faut toujours savoir prendre de la hauteur.
00:07:46 Il y a eu une élection, on a vu les conséquences de cette division.
00:07:50 Vous n'avez pas essayé de négocier avant avec Christophe Ferrari ?
00:07:53 Évidemment, une des premières personnes que j'ai appelées au mois de mars, c'était Jean-Yves Brunier.
00:07:59 Qui était le tête de liste.
00:08:00 Voilà, pour discuter, pour se dire, mettons-nous autour de la table.
00:08:02 Bon, il m'a montré très clairement qu'il voulait partir tout seul et qu'il serait élu.
00:08:07 Bon, voilà, on voit le résultat.
00:08:08 Moi, je n'ai pas envie de polémiquer ou d'aller sur ces questions-là.
00:08:12 Effectivement, je note qu'élection après élection, ces espèces de tentatives personnelles,
00:08:18 c'est vrai, souvent sous fond de rancœur, de règlement de compte.
00:08:23 Pour moi, ce n'est pas comme ça que je fais de la politique.
00:08:25 En tout cas, ce n'est pas de cette manière-là.
00:08:27 En tout cas, c'est échec après échec.
00:08:29 C'est-à-dire que ça a fait perdre effectivement des cantons à la gauche et aux écologistes.
00:08:35 Aujourd'hui, je le répète, ça nous fait perdre une élue et une très bonne élue au sénatorial.
00:08:41 Voilà, je trouve ça tout simplement dommage.
00:08:43 Je pense qu'on doit avoir cette faculté.
00:08:45 Et peut-être encore plus quand on est président d'une métropole.
00:08:49 Moi, ça, effectivement, ça me pose question.
00:08:51 Président d'une métropole qui se présente, qui s'implique dans une élection sénatoriale.
00:08:55 Je pense qu'un président de métropole doit prendre de la hauteur.
00:08:58 Il est le représentant d'un certain nombre de communes.
00:09:02 Il doit aussi avoir cette position, peut-être en retrait.
00:09:05 Et j'ai trouvé dommage cette, oui, cette implication qui, pour moi, voilà, n'a rien apporté.
00:09:12 En tout cas, et en tout cas, rien de positif pour la gauche et les écologistes.
00:09:16 – Alors, vous l'avez dit, votre groupe écologiste au niveau national a progressé au Sénat.
00:09:21 Vous étiez président de ce groupe sur le premier mandat.
00:09:24 Est-ce que vous l'êtes encore pour le deuxième ?
00:09:26 – Oui, et je suis très heureux d'ailleurs de la confiance qui m'a été redonnée.
00:09:32 Parce que c'est vrai qu'un mandat, c'est 6 ans.
00:09:35 Donc voilà, 3 années supplémentaires en tant que président du groupe écologiste solidarité.
00:09:41 – Oui, parce qu'il n'y aurait pas eu d'élection dans 3 ans.
00:09:43 – Parce que, ben voilà, il y a élection par moitié au Sénat.
00:09:45 C'est vrai que c'est la particularité.
00:09:47 Et donc, d'être reconduit pour ces 3 années, c'est vrai que c'est beaucoup d'honneur,
00:09:52 beaucoup de responsabilité.
00:09:53 Et puis avec un groupe, je disais, renforcé, féminisé, rajeuni,
00:09:58 avec des personnalités quand même de poids, avec Yannick Jadot,
00:10:02 l'ancien candidat à la présidentielle.
00:10:04 Donc voilà, un groupe qui a un impact, qui s'implante aussi au Sénat
00:10:08 et qui s'implante pour la durée.
00:10:09 Ça, c'est aussi important.
00:10:11 – Alors, il y a un autre président qui a été reconduit dans ses fonctions au Sénat,
00:10:15 c'est Gérard Larcher.
00:10:16 Il était venu faire campagne d'ailleurs en Isère pour soutenir la liste de droite
00:10:20 menée par Michel Savin et Frédéric Puissa.
00:10:23 74 ans, Gérard Larcher, dont 37 ans passés au Sénat.
00:10:28 Pour le coup, le renouveau attendra un peu ?
00:10:31 – Oui, c'est vrai qu'on reste encore sur cette, aussi,
00:10:37 cette manière de faire de la politique, de durer, de cumuler les mandats.
00:10:43 C'est un petit peu, effectivement, la marque de fabrique à la fois des Républicains.
00:10:47 Après, sur Gérard Larcher, moi je lui reconnais quand même une chose,
00:10:50 c'est le respect quand même des minorités,
00:10:53 en tout cas des groupes minoritaires et d'opposition au Sénat.
00:10:56 C'est vrai qu'il sait le faire et ça, je lui reconnais tout à fait.
00:11:01 Après, ça reste un personnage de droite, très à droite.
00:11:05 Et j'ai déjà eu d'ailleurs des discussions,
00:11:08 parce qu'on voit effectivement cette dérive au sein des Républicains,
00:11:12 notamment avec le président Bruno Retailleau,
00:11:14 d'une vraie dérive parfois vers l'extrême droite, qui est particulièrement inquiétante.
00:11:19 On n'a pas de groupe du Rassemblement National au Sénat,
00:11:22 trois élus du Rassemblement National qui sont rentrés,
00:11:25 mais n'ont pas la capacité de faire un groupe.
00:11:27 Mais on a des discussions, on a des amendements,
00:11:30 on a des prises de parole, parfois qui vont bien au-delà
00:11:33 de ce que peuvent dire parfois certains députés du Rassemblement National
00:11:36 et avec des fois des propos directement racistes.
00:11:40 Ça a été le cas par exemple de Bruno Retailleau au mois de juillet.
00:11:44 Donc ça, ça pose quand même problème.
00:11:46 Et c'est vrai que moi, j'attends aussi d'un président du Sénat
00:11:49 qui sache mettre un petit peu le haut là sur ces questions-là.
00:11:52 Trois élus du Rassemblement National, aucun pour la France insoumise,
00:11:55 quelques-uns pour la majorité présidentielle.
00:11:58 Quand on fait le bilan, les trois forces qui sont arrivées en tête,
00:12:01 mises en tête par les Français lors de l'élection présidentielle,
00:12:05 LFIRN et Renaissance, sont pas ou peu représentés au Sénat.
00:12:11 Est-ce que ça ne pose pas un peu un problème du décalage de cette institution
00:12:15 avec la volonté des Français exprimée dans les urnes ?
00:12:18 C'est en réalité le propre de cette élection.
00:12:21 On est élu par des grands électeurs et donc par les collectivités.
00:12:26 Et c'est vrai que ça soit le Rassemblement National,
00:12:29 que ça soit la France insoumise, ont très peu d'élus locaux.
00:12:33 Et donc forcément, comme cette élection n'est pas ricochée,
00:12:37 du coup forcément on a des résultats qui peuvent être faibles au niveau des sénatoriales.
00:12:43 Ça pose juste une question, c'est que cette implication,
00:12:45 cette implantation locale, elle est indispensable.
00:12:48 On ne peut pas prétendre pour moi être président de la République.
00:12:53 Et on voit d'ailleurs toutes les difficultés que ça a été avec le président de la République
00:12:56 qui n'a jamais eu de mandat local, qui n'a jamais eu de mandat du tout d'ailleurs.
00:13:01 La problématique en termes de vision que ça peut poser,
00:13:05 on a vu un Emmanuel Macron qui a voulu s'extraire de l'ensemble des corps intermédiaires,
00:13:10 syndicats, mais aussi élus locaux.
00:13:13 Et donc avec cette politique souvent un peu hors sol, prise d'en haut,
00:13:17 avec des injonctions qui sont parfois contradictoires.
00:13:19 Et ça on l'a beaucoup entendu pendant cette campagne des sénatoriales,
00:13:23 d'élus qui ne pouvaient plus de ces injonctions,
00:13:26 qui viennent d'en haut avec peu de moyens,
00:13:28 avec parfois l'impossibilité de les mettre en œuvre,
00:13:30 ou des difficultés pour les mettre en œuvre au niveau local.
00:13:34 Et donc cette implication locale, elle est importante.
00:13:36 Et c'est vrai que les écologistes, c'est l'inverse.
00:13:39 On est une force qui s'est implantée depuis très longtemps localement.
00:13:43 On ne le dit pas assez souvent, mais qui s'est implantée dans les territoires ruraux,
00:13:48 dans les intercommunalités.
00:13:50 On a les plus grandes villes de France, avec Lyon, Bordeaux, Grenoble.
00:13:56 Donc voilà, et ça c'est important.
00:13:58 Moi je rappelle souvent que les deux fois où les présidentielles ont été gagnées par la gauche,
00:14:04 juste avant, la gauche avait très largement gagné les municipales.
00:14:09 Et donc on a besoin de cet ancrage local.
00:14:11 Je ne sais pas si c'est lié aux distinctions à gauche que l'on évoquait
00:14:15 sur ce résultat des sénatoriales en Isère,
00:14:17 mais quelques jours après, les écologistes isérois,
00:14:20 ces élus de territoire, notamment à l'Assemblée départementale,
00:14:23 ont signé la fin de l'union qui était née un an avant la nupèce
00:14:27 lors des élections départementales en Isère, sous la bannière du printemps isérois.
00:14:31 Elisa Martin, députée de la France insoumise,
00:14:34 qui était à votre place lors de la précédente émission,
00:14:37 n'a pas compris cette initiative.
00:14:39 Je lui ai posé la question.
00:14:40 Est-ce que vous pouvez l'éclairer sur cette rupture au sein de la gauche iséroise ?
00:14:44 Je ne suis pas au département, mais...
00:14:46 Mais ce sont vos collègues écologistes.
00:14:47 Pour moi, déjà, ce n'est pas du tout la fin de l'union.
00:14:50 Le fait de travailler ensemble, les écologistes, la gauche...
00:14:53 Enfin, quand on est dans la même groupe et qu'on se sépare,
00:14:55 ça ressemble quand même déjà à un mariage...
00:14:57 Je vais m'expliquer.
00:14:59 Le fait de travailler ensemble, on l'a toujours fait.
00:15:02 On le fait sur la ville de Grenoble,
00:15:05 on le fait dans différentes communes.
00:15:08 On est en capacité, je le fais au Sénat,
00:15:10 avec les groupes du Parti socialiste et les groupes du Parti communiste,
00:15:13 c'est la manière de fonctionner.
00:15:15 Et c'est vrai que peut-être le bilan de ces premières années au département,
00:15:19 c'est très difficile dans l'opposition, on le sait,
00:15:21 et notamment au département, de pouvoir exister,
00:15:24 de pouvoir porter les choses.
00:15:26 Et en fait, le constat a été fait de dire, on est peut-être plus forts
00:15:29 si chacun garde en tout cas son identité,
00:15:32 avec cette capacité à travailler ensemble.
00:15:34 Et le fait d'avoir des groupes différents
00:15:36 ne veut pas dire qu'on soit contre ou qu'on se divise.
00:15:39 Au contraire.
00:15:40 Les élections sénatoriales, si on avait été élus,
00:15:45 si les trois premiers de ma liste avaient été élus,
00:15:48 moi pour le groupe écologiste,
00:15:50 Frédéric Pénavère pour le groupe communiste,
00:15:53 Erwann Binet pour le groupe socialiste,
00:15:55 on aurait rejoint chacun nos groupes politiques.
00:15:58 Pour autant, on travaille, moi je travaille régulièrement
00:16:01 avec les présidents de groupes du Parti communiste, du Parti socialiste,
00:16:04 on mène des actions communes, on signe des textes en commun,
00:16:08 mais on garde notre spécificité.
00:16:10 Et ce qui est normal, parce qu'on a des approches
00:16:13 qui peuvent être différentes, des priorités qui peuvent être différentes.
00:16:16 Et je pense que c'est ce qui est fait au niveau du département.
00:16:19 Et moi, je pense qu'on le verra d'ailleurs dans les prochaines semaines.
00:16:22 Je pense que l'impact en termes d'opposition sera beaucoup plus fort.
00:16:26 Le fait de libérer en fait l'esprit, je dirais, de chacun,
00:16:29 la spécificité de chacun des groupes,
00:16:31 ça permettra d'avoir un impact beaucoup plus fort.
00:16:34 Mais ce n'est certainement pas une division.
00:16:36 Alors, tout le monde n'a pas la même analyse au sein de la...
00:16:38 Je le sais, mais...
00:16:39 C'est la mienne.
00:16:40 Je reviens sur Élisée Martin, qui était donc notre précédente invitée.
00:16:43 Je vais demander de vous poser une question.
00:16:46 Guillaume Gontard, on l'écoute.
00:16:48 Eh bien, mon cher Guillaume, ce qui m'interroge et me préoccupe,
00:16:52 c'est comment vas-tu œuvrer, peut-être d'ailleurs toujours en tant
00:16:57 que président du groupe au Sénat, comment comptes-tu œuvrer
00:17:02 pour faire perdurer l'ANUP, qui a levé de grands espoirs
00:17:07 et permis à 151 membres de l'Assemblée nationale
00:17:12 d'être effectivement élus et de défendre notre programme partagé,
00:17:15 y compris pour les Européennes, qui est le programme de l'ANUP.
00:17:18 Voilà, merci.
00:17:20 La prochaine échéance électorale des Européennes au mois de juin 2024 ?
00:17:24 La réponse, je dirais que je pourrais retourner la question à Élisa Martin,
00:17:32 cher Élisa, comment tu comptes ?
00:17:34 Je ne reçois pas la semaine prochaine, par contre.
00:17:36 Donc elle ne pourra pas revenir.
00:17:38 Mais moi, le rassemblement de la gauche et des écologistes…
00:17:42 Elle sous-entend dans sa question que c'est plutôt les écologistes
00:17:45 qui veulent se séparer un peu, se démarquer de la France insoumise
00:17:48 que l'inverse. En tout cas, c'est comme ça que je perçois.
00:17:51 En fait, il y a plusieurs aspects dans cette question.
00:17:55 Le rassemblement de la gauche et des écologistes,
00:17:57 si on veut gagner les élections municipales, présidentielles,
00:18:01 quelles qu'elles soient, on a besoin d'être rassemblés, d'être unis.
00:18:06 On a des valeurs communes, c'est indéniable.
00:18:08 Donc pour moi, il n'y a aucun doute.
00:18:10 On doit travailler ensemble et ça a toujours été, moi, ma vision.
00:18:13 Je ne peux pas imaginer qu'on le fasse autrement.
00:18:15 Après, derrière ça, ça prend plein de formes possibles.
00:18:19 Il y a eu la NUPES qui a été, à un moment donné, pour les législatives,
00:18:23 un programme partagé, on va dire, qui a permis, effectivement,
00:18:28 d'avoir de beaux résultats, d'avoir des groupes à l'Assemblée nationale.
00:18:34 Moi, je pense qu'on est arrivé à une étape où, effectivement, il faut évoluer.
00:18:37 Moi, je pense qu'il faut même élargir ce rassemblement.
00:18:43 La NUPES, peut-être le problème aussi, c'est qu'il y a eu peut-être,
00:18:48 peut-être, un accarparment par la France insoumise.
00:18:51 C'est vrai que quand je vois que, par exemple, au sénatorial,
00:18:54 on a utilisé la NUPES et que c'est la France insoumise qui l'a utilisé,
00:18:57 alors que la NUPES, c'est cinq organisations politiques,
00:19:00 et donc on aurait pu peut-être se concerter.
00:19:02 Nous, on n'aurait plus utilisé le terme NUPES sur notre bulletin de vote,
00:19:06 on ne l'a pas fait par respect, par respect par l'ensemble des entités.
00:19:09 Donc je pense qu'il y a peut-être à réfléchir sur la manière de se comporter,
00:19:12 de comment on le porte, et puis peut-être de travailler, peut-être oui,
00:19:17 différemment sur la manière d'apporter les choses.
00:19:19 Moi, je pense important que chacun garde justement aussi sa sensibilité,
00:19:24 sa manière d'apporter les choses.
00:19:25 Je pense qu'on ait plusieurs organisations qui aient les écologistes,
00:19:29 la France insoumise, le Parti communiste, le Parti socialiste, Génération.S.
00:19:34 Tout cela apporte des choses différentes, des visions différentes,
00:19:37 sur lequel, mais sur un socle commun.
00:19:39 Et donc je pense qu'il faut qu'on, c'est peut-être cette deuxième étape,
00:19:42 qu'on réfléchisse justement à une manière peut-être plus libre de fonctionner,
00:19:46 et puis peut-être mettre quelques règles pour que chacun se sente bien à l'aise
00:19:50 dans ce fonctionnement.
00:19:52 – C'est une façon un peu polie de dire que la France insoumise pose problème
00:19:56 au sein de cette alliance de gauche ?
00:19:59 – Ce n'est pas la France insoumise qui pose problème,
00:20:03 c'est à un moment donné, on l'a vu et on le voit, on a des divergences,
00:20:07 on peut voir des divergences très profondes.
00:20:09 Mais je pense que même dans les organisations politiques,
00:20:12 il y a des divergences profondes.
00:20:13 Il faut que ces divergences puissent s'exprimer de manière, je dirais, très à l'aise.
00:20:18 Et pour cela, il faut qu'on ait un cadre, et on ne peut pas, sous couvert de la nupèce,
00:20:24 dire à partir du moment où c'est la nupèce, ça englobe tout le monde.
00:20:27 Non, on a des différences, et donc c'est peut-être cette manière de fonctionner
00:20:31 qui est peut-être à revoir, qui a été intéressante pour la phase des législatives.
00:20:35 Si je prends l'exemple du Sénat, c'est vrai que cette question-là ne se pose pas.
00:20:38 On a trois groupes, écologistes, socialistes, communistes,
00:20:42 donc on fonctionne évidemment différemment,
00:20:44 on est en lien évidemment avec l'Assemblée nationale,
00:20:48 mais il y a peut-être un cadre et une discussion à avoir, très claire, très franche,
00:20:52 pour voir comment on fonctionne et comment on avance sur cette deuxième étape.
00:20:56 Mais en tout cas, on a besoin de se rassembler.
00:20:58 Et puis ce que je note en fait, quand j'entends un petit peu tout le monde,
00:21:01 c'est que ce qui rassemble, ce qui fait socle, ce qui fait point central,
00:21:05 barrissante sur toutes ces discussions, c'est quand même l'écologie politique.
00:21:10 C'est quand même ça qui apporte des solutions à toutes les problématiques,
00:21:14 que ce soit sur la question sociale, que ce soit sur l'urgence climatique et écologique,
00:21:19 que ce soit sur l'urgence démocratique.
00:21:22 Et donc c'est peut-être ça, ce point central qui doit justement nous rassembler
00:21:27 et nous guider, et qui doit être notre boussole.
00:21:29 – À la fin de sa question, les Européennes, est-ce qu'il y aura une liste commune de la NUPES,
00:21:35 comme le souhaite la France Insoumise, votre parti, enfin en tout cas les écologistes,
00:21:39 parce que vous n'êtes pas adhérent du parti Europe Écologie Les Verts,
00:21:43 qui a changé de nom il y a quelques jours, vous n'êtes pas adhérent des écologistes,
00:21:46 mais en tout cas les écologistes ont annoncé qu'ils feraient liste solitaire,
00:21:51 en tout cas qui partiraient seuls pour cette échéance, qu'est-ce que vous en pensez ?
00:21:54 – Je pense que les choses ont été posées, ça y est, ça s'est fait.
00:21:57 On sait qu'il y aura effectivement certainement plusieurs listes de gauches et écologistes
00:22:02 pour ces élections européennes, mais encore une fois, ce n'est pas division.
00:22:07 On a une spécificité de cette élection, je pense que la NUPES, dans son programme,
00:22:13 défend la proportionnelle, la proportionnelle notamment aux législatives.
00:22:17 Pourquoi on défend la proportionnelle ?
00:22:19 C'est justement pour que chacun puisse s'exprimer, puisse avoir cette possibilité
00:22:25 d'exprimer sa sensibilité, qu'elle soit à gauche, qu'elle soit écologiste.
00:22:30 Et donc moi j'ai vraiment le respect de cette élection.
00:22:34 Les européennes, c'est une élection à la proportionnelle, ça permet ça.
00:22:37 Et je pense qu'on ne peut pas faire une espèce de primaire avant,
00:22:40 je pense que c'est important de dire à nos électeurs, à nos électrices,
00:22:44 de dire "vous avez le choix, il y a des orientations, des manières d'aborder,
00:22:48 et notamment sur la question européenne, qui peuvent être différentes,
00:22:51 vous pouvez vous exprimer de manière différente pour donner réellement sens à la démocratie.
00:22:57 Ensuite c'est comment ces différents groupes vont travailler ensemble.
00:23:01 C'est exactement ce qu'on a fait pour les sénatoriales.
00:23:03 Ce que je disais, on a des groupes différents, c'est comment ensuite on travaille ensemble
00:23:08 au sein du Sénat, et là comment on travaillera ensemble au sein du Parlement européen.
00:23:12 Et moi c'est ça qui m'intéresse, c'est comment ces différents groupes de gauche
00:23:15 vont construire quelque chose en commun, vont porter des idées communes
00:23:19 au sein de l'Assemblée européenne.
00:23:22 Et ça ne peut pas être, on ne peut pas transformer cette élection européenne
00:23:26 comme un sondage, voilà, je pense qu'il faut faire attention à ça,
00:23:29 il faut respecter le cadre démocratique, en tout cas moi c'est pour cette raison
00:23:33 que je pense plutôt sain qu'on ait des listes qui peuvent être différentes,
00:23:37 ensuite on fera d'ailleurs le cumul effectivement de la gauche et des écologistes,
00:23:40 et puis travailler réellement sur comment on fonctionne ensemble.
00:23:44 On sent bien que la nupèce, en tout cas comme elle a existé,
00:23:48 puisque vous en avez parlé tout à l'heure au passé, ne tient plus qu'à un fil,
00:23:51 un fil que la guerre entre Israël et la Palestine pourrait bien définitivement couper.
00:23:57 L'ensemble de la classe politique a reproché à la France insoumise
00:24:00 et notamment à Jean-Luc Mélenchon, un positionnement ambigu sur l'attaque
00:24:04 du Hamas contre Israël il y a quelques jours.
00:24:07 Les filles ont clairement refusé d'employer le mot terrorisme pour qualifier cet acte.
00:24:11 Vous avez compris leur position, leur stratégie ?
00:24:14 Non, non, je n'ai pas compris et je dirais que je leur laisse les explications.
00:24:19 Pour moi c'est évident et pour les écologistes ça a été évident,
00:24:23 très clair, très clair dès le début.
00:24:26 Il faut quand même revenir sur ce qui s'est passé,
00:24:29 cette atrocité de ce Hamas, organisation terroriste,
00:24:37 qui attaque de la manière la plus effroyable qui soit,
00:24:41 qui s'attaque à des civils, à des enfants, à des femmes, à des vieillards,
00:24:46 dans des manières terribles.
00:24:48 Donc je ne vois pas, oui, évidemment qu'on ne peut que condamner
00:24:54 et que ces actions sont terriblement condamnables,
00:24:58 que oui ce sont des actions terroristes,
00:25:00 je ne vois pas comment on peut tourner autour de ce mot.
00:25:03 Oui ce sont des actions terroristes,
00:25:04 oui le Hamas est une organisation terroriste,
00:25:07 il n'y a pour moi aucun sujet sur ça.
00:25:10 Et puis je pense qu'il y a dans ces moments,
00:25:12 dans ces moments douloureux, dans ces moments sombres,
00:25:14 dans ces moments terribles, une vraie question de temporalité.
00:25:18 Je pense qu'il faut savoir à un moment donné prendre le temps.
00:25:22 Et bien là il y avait le temps de la condamnation,
00:25:24 le temps aussi de la compassion pour les victimes,
00:25:28 le temps de la compassion pour le peuple israélien
00:25:31 qui a souffert au plus profond de sa chair,
00:25:35 qui a le droit à la sécurité.
00:25:37 Oui il y a ce temps, ce temps-là.
00:25:39 Et puis il y a le temps aussi de ce qui est en train de se passer
00:25:44 sur la bande de Gaza notamment, effectivement,
00:25:49 d'appeler à la fois évidemment au cessez-le-feu,
00:25:52 je pense que c'est la responsabilité de l'État français,
00:25:55 c'est la responsabilité de l'Europe,
00:25:56 c'est la responsabilité de la communauté internationale
00:25:59 d'avoir un cordon sanitaire,
00:26:01 d'appeler au strict respect des règles internationales.
00:26:05 On ne peut pas laisser faire n'importe quoi.
00:26:08 Et notamment dans le respect justement de la sécurité aussi d'Israël
00:26:13 et que le peuple palestinien, qu'il n'y ait pour rien,
00:26:16 ne doit pas payer justement ce qu'a pu faire le Hamas.
00:26:20 Et donc je pense qu'il faut là-dessus qu'on soit aussi très clair,
00:26:24 très ferme et surtout trouver une issue.
00:26:27 Ça fait 75 ans qu'il ne se passe rien,
00:26:32 en tout cas qu'il n'y a que conflits,
00:26:34 qu'il n'y a que violences sur ce territoire.
00:26:37 On a une responsabilité.
00:26:38 La France a une responsabilité, l'Europe a une responsabilité,
00:26:41 la communauté internationale a une responsabilité
00:26:44 en ayant regardé ailleurs, en laissant faire,
00:26:48 notamment sur ce qui s'est passé dans les territoires occupés en Palestine,
00:26:53 en laissant faire la colonisation.
00:26:55 Ça a été une grave erreur.
00:26:57 On aurait dû condamner plus fermement la colonisation.
00:27:01 On aurait dû appeler plus fermement au respect de l'ensemble des règles internationales.
00:27:06 On aurait dû accompagner un processus démocratique en Palestine.
00:27:10 Toute une génération n'a jamais pris part sur l'avenir de son pays,
00:27:14 n'a jamais voté depuis plus de 15 ans.
00:27:16 Ça, c'est une vraie problématique.
00:27:18 Et ça, la communauté internationale aurait dû appuyer sur cette question.
00:27:21 Parce que là, aujourd'hui, on n'a plus d'interlocuteur.
00:27:24 C'est le Hamas qui a pris cette place, Hamas organisation terroriste.
00:27:27 Donc on doit retrouver un cadre démocratique.
00:27:30 Donc, je dirais, face à cette terreur, à tout ce sang versé,
00:27:36 le seul lueur d'espoir, c'est la suite.
00:27:38 C'est comment on arrive à sortir par le haut de ce conflit.
00:27:43 Comment, enfin, je dirais, que ce soit la communauté internationale,
00:27:46 que ce soit l'Europe et la France.
00:27:48 Parce qu'on voit bien qu'en Europe, on a des divisions.
00:27:51 La France peut marquer une position singulière
00:27:54 et doit garder cette position singulière
00:27:56 et peut tracer les voies de la paix.
00:27:58 On la sent bien embêtée, la France.
00:27:59 Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement,
00:28:01 il y a quelques jours, n'a pas voulu porter de jugement
00:28:03 sur la réplique israélienne sur Gaza,
00:28:06 suite à cette agression du Hamas.
00:28:09 Vous comprenez ces réticences ?
00:28:11 Ou pour vous, la France devrait être claire dans ses positions sur les deux côtés ?
00:28:16 Non, je ne comprends pas.
00:28:17 Parce que, comme je le disais, il y a vraiment des temporalités
00:28:22 dans ce que l'on peut exprimer et dans ce qui est en train de se passer.
00:28:26 Qu'Israël se défende, c'est évident, c'est logique.
00:28:30 Mais la légitime défense, ça ne veut pas dire
00:28:33 de faire n'importe quoi et de s'extraire du droit international.
00:28:36 Et le rôle de la France, le rôle de l'Europe,
00:28:38 c'est justement d'affirmer ce respect du droit international,
00:28:43 du respect des populations civiles.
00:28:45 On ne peut pas évacuer… Il faut savoir, je suis allé dans la bande de Gaza
00:28:48 il y a un peu plus d'un an.
00:28:50 La bande de Gaza, c'est effectivement une prison à ciel ouvert
00:28:54 avec plus de 2 millions de personnes.
00:28:56 C'est la zone la plus dense qui soit dans le monde.
00:29:00 Bombarder une zone comme ça, évidemment, on tue, on le sait,
00:29:03 plus de 700 enfants.
00:29:05 Sur les 2 millions de personnes, c'est la moitié d'enfants,
00:29:08 sur la bande de Gaza.
00:29:09 On ne peut pas accepter, effectivement, des déplacements de populations
00:29:12 de plus d'un million de personnes.
00:29:14 Donc je pense qu'il faut savoir justement dire stop.
00:29:17 Et c'est le rôle de la France, c'est la grandeur de la France
00:29:19 de pouvoir le faire.
00:29:21 Et de pouvoir le faire dans l'intérêt de la sécurité d'Israël
00:29:24 et dans l'intérêt d'une solution de paix pour la suite.
00:29:27 Donc oui, je pense qu'il faut être ferme, il ne faut pas transiger
00:29:30 et que la parole de la France, quand elle le veut, quand elle le souhaite,
00:29:34 elle peut être très forte et elle peut être entendue.
00:29:36 Donc moi, c'est ce que j'attends du président de la République
00:29:38 et à chaque fois qu'il le fera, on sera derrière lui.
00:29:41 – Vous l'avez dit, vous êtes allé dans cette fameuse bande de Gaza
00:29:44 il y a un peu plus d'un an.
00:29:46 J'imagine que vous avez pu constater la misère dans laquelle vit
00:29:49 l'ensemble de cette population.
00:29:50 Une population qui est soutenue financièrement par l'Union européenne,
00:29:53 notamment, avec beaucoup d'aides financières à destination de la Palestine.
00:29:58 Une aide financière dont on soupçonne qu'elle puisse être détournée
00:30:01 en partie par justement les terroristes du Hamas.
00:30:04 Est-ce qu'il faut poursuivre cette aide financière à la Palestine malgré tout ?
00:30:09 – Mais c'est évident, c'est indispensable.
00:30:12 Justement, je suis allé dans la bande de Gaza, ce que peut faire notamment l'ONU
00:30:18 et grâce aux aides financières qui sont mises en place.
00:30:21 Il faut savoir par exemple que le système d'eau potable
00:30:24 qui est sur la bande de Gaza avec un système d'assédissement etc.
00:30:27 qui d'ailleurs a été totalement détruit, avait été totalement visité,
00:30:32 avait été totalement financé par la France.
00:30:34 On a un centre culturel français qui était sur la bande de Gaza
00:30:38 avec un travail extraordinaire qui est fait.
00:30:40 Si on veut sortir de ce cercle de violence, il faut évidemment aider,
00:30:45 permettre à ces populations de pouvoir vivre.
00:30:47 – Mais quelles garanties on a aujourd'hui que cet argent…
00:30:49 – Évidemment qu'il faut prendre toutes les garanties.
00:30:52 Mais de dire de manière froide, il faut supprimer l'aide humanitaire,
00:30:57 ça serait la pire chose, ça serait la pire chose à faire
00:30:59 et ça serait donner, alors là pour le coup, la main aux organisations terroristes et au Hamas.
00:31:04 Donc c'est évidemment ce qu'il ne faut surtout pas faire
00:31:08 et je dirais que c'est même l'inverse qu'il faut le faire.
00:31:11 C'est arriver justement à permettre à ces populations de pouvoir vivre dignement,
00:31:16 d'instaurer aussi de l'espoir, d'inspirer une certaine visibilité.
00:31:20 Parce que quand j'y suis allé, effectivement, à la fois sur la bande de Gaza,
00:31:23 à la fois aussi dans les kiboutz qui ont été attaqués,
00:31:27 je me rappelle des discussions qu'on avait.
00:31:29 Il faut savoir que dans les kiboutz, on a un petit abri dans chaque jardin
00:31:32 parce qu'on a des attaques régulières et qu'on s'aperçoit que le dôme de fer
00:31:36 qui a été mis en place, qui évite ces attaques qui viennent de la bande de Gaza,
00:31:43 sont à la fois indispensables pour protéger les populations, mais ne suffisent pas.
00:31:47 Et que la seule solution, c'est de retrouver une paix sur ce territoire-là.
00:31:51 Et c'est ça qui doit nous animer et qui doit animer la communauté internationale.
00:31:55 – Une première réplique de ce conflit a eu lieu en France avec l'assassinat d'un professeur
00:32:00 dans un lycée d'Arras, il y a quelques jours,
00:32:03 trois ans après l'assassinat de Samuel Paty,
00:32:05 un autre professeur dans un établissement de la région parisienne.
00:32:08 On a l'impression qu'on a une forme d'impuissance face à ce type de phénomène d'attaque isolée.
00:32:14 – En tout cas, c'est terrible.
00:32:17 C'est effectivement trois ans après la mort de Samuel Paty.
00:32:23 C'est encore la communauté éducative, c'est l'école.
00:32:29 Et derrière l'école, c'est la République qui est attaquée.
00:32:32 Et c'est vrai que c'est quelque chose de…
00:32:36 à la fois qu'on pense toujours inimaginable, mais hélas, qui se reproduit.
00:32:42 Donc oui, ça doit évidemment nous interroger.
00:32:44 Pourquoi on s'attaque justement au cœur de ce qu'est notre République ?
00:32:49 Le savoir, l'apprentissage, le vivre ensemble.
00:32:52 Oui, ça doit effectivement nous interroger.
00:32:55 Et pour moi, la seule réponse, la réponse que l'on doit avoir,
00:32:59 qui doit être aussi très ferme, c'est nos valeurs.
00:33:02 Nos valeurs républicaines, nos valeurs démocratiques.
00:33:07 Derrière ces valeurs-là, c'est l'État de droit que l'on doit défendre,
00:33:12 coûte que coûte, justement, contre ces organisations terroristes,
00:33:16 parce que c'est ce qu'elles veulent.
00:33:18 C'est une désunion de nos sociétés.
00:33:20 Et effectivement, on est dans une période où on a besoin d'unité.
00:33:24 On a besoin de faire ensemble.
00:33:26 Et pour toutes ces questions-là, c'est vrai que je suis en désaccord profond,
00:33:31 moi, avec, sur plein d'aspects, le président de la République,
00:33:34 sur l'orientation du gouvernement, sur plein de sujets.
00:33:37 Mais évidemment, sur ce sujet-là, je pense qu'on a besoin d'unité.
00:33:40 Après, l'unité ne se décrète pas.
00:33:42 Il y a aussi cette responsabilité-là du président de la République
00:33:46 et du gouvernement.
00:33:47 Mais en tout cas, moi et les écologistes, on sera toujours derrière
00:33:52 à partir du moment où on met les conditions de cette unité
00:33:55 et pour défendre nos valeurs.
00:33:56 – Vous êtes favorable au renforcement de la sécurité sur les établissements scolaires,
00:34:00 le revoqué, le président de la région, sur les lycées,
00:34:02 a déjà mis l'accent là-dessus ces dernières années,
00:34:05 avec des portiques d'entrée, des bornes pour contrôler les allées-venues.
00:34:10 Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:34:12 – On a évidemment à la fois, c'est toute la difficulté, en fait,
00:34:16 parce qu'on ne peut pas y aller comme ça, avec des mesures à la va-vite.
00:34:20 Évidemment qu'on a besoin de sécuriser, qu'on a besoin de rassurer aussi,
00:34:25 à la fois les enseignants, les élèves, les parents d'élèves.
00:34:29 Évidemment qu'on a besoin de trouver des solutions
00:34:31 pour être à la fois plus sécurisés.
00:34:34 Mais il ne faut pas non plus que ce soit des mesures
00:34:37 qui viennent rogner sur nos libertés, qui viennent rogner justement sur nos valeurs,
00:34:41 ce qui est justement ce que veulent ces terroristes.
00:34:45 Donc il y a cet équilibre à tenir.
00:34:46 Et quand je parlais d'unité, c'est pour ça que moi je me méfie toujours
00:34:49 des grandes annonces, des choses toutes faites.
00:34:52 Je pense qu'on a besoin de prendre de la hauteur, de prendre aussi le temps.
00:34:55 Je pense que parfois on ne le prend peut-être pas suffisamment assez,
00:34:59 de discuter ensemble, de partager et de trouver les bonnes solutions.
00:35:02 – Alors c'est dans ce climat que va arriver la loi immigration au Sénat,
00:35:05 notamment le 8 novembre.
00:35:07 Vous parliez d'unité de la nation, là j'ai peur qu'elle en prenne un petit coup
00:35:10 sur l'examen de ce texte.
00:35:12 Comment vous appréhendez cette période qui risque d'être mouvementée
00:35:15 dans les deux assemblées ?
00:35:16 – Évidemment, ce texte, on le craignait déjà.
00:35:19 – Avant ?
00:35:21 – Avant, avant l'ensemble de ces événements.
00:35:25 Je pense qu'hélas, on risque d'avoir, en tout cas je n'espère pas,
00:35:30 avoir des discours qui vont évidemment nous faire mal.
00:35:33 Donc moi je crains beaucoup l'orientation de ce texte
00:35:37 et surtout la mauvaise orientation, la mauvaise vision qu'on peut avoir.
00:35:41 Et le risque de stigmatisation, de stigmatisation des étrangers
00:35:48 comme si c'était le mal absolu et qu'il fallait s'en protéger.
00:35:52 Non, cette question migratoire, c'est une véritable question
00:35:56 qui est liée d'ailleurs à la question climatique, à la question sociale.
00:36:00 Pourquoi nous avons la question des guerres et des conflits ?
00:36:03 Pourquoi nous avons des populations qui se déplacent,
00:36:06 qui essayent de trouver refuge, qui veulent protection,
00:36:09 qui veulent vivre tout simplement en liberté ?
00:36:13 C'est parce qu'effectivement on a un monde qui est complexe,
00:36:16 qui est difficile, que ce soit sur la question climatique,
00:36:20 que ce soit sur la question sociale.
00:36:23 Donc il faut évidemment agir sur ces questions-là
00:36:26 et mettre en œuvre et travailler, je dirais, d'une manière très pragmatique
00:36:30 sur comment on met en place cet accueil dans nos territoires.
00:36:34 On peut se dire tout ce qu'on veut, fermer les frontières,
00:36:37 bloquer les frontières, faire croire que l'on va rendre tout ça très hermétique.
00:36:41 C'est ce que dit Gérald Darmanin.
00:36:43 C'est totalement impossible. Ça n'existe dans aucun pays du monde.
00:36:47 Ça n'a jamais existé.
00:36:49 Donc ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas avoir des contrôles,
00:36:52 ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas mettre des espaces de sécurité, évidemment.
00:36:56 Mais ça veut tout simplement dire qu'on doit réfléchir
00:36:59 sur la question de comment on accueille ces personnes
00:37:02 qui arrivent en Europe, qui arrivent en France.
00:37:05 Si on ne le fait pas, si on ne le fait pas,
00:37:08 on s'ouvre justement à de vraies problématiques.
00:37:12 Une personne qu'on ignore, qui n'a plus d'existence,
00:37:15 ni sociale, ni administrative, qui a fait un parcours souvent terrible,
00:37:20 s'il n'a pas d'accompagnement psychologique, s'il n'a pas d'accompagnement,
00:37:24 on risque d'avoir des véritables problèmes.
00:37:28 Donc on a tous collectivement intérêt à travailler sur cette question de l'accueil.
00:37:33 Oui, effectivement, politiquement, ce n'est pas le plus facile, je dirais, à tenir.
00:37:38 C'est plus facile d'être populiste et de faire croire qu'on va tout fermer,
00:37:41 qu'on va tout protéger.
00:37:43 Sauf que moi, je sais que la véritable voie, à la fois la voie de l'espérance,
00:37:47 la voie du vivre ensemble, c'est celle-là,
00:37:49 et c'est sur celle-là qu'il faut que l'on travaille.
00:37:51 – Alors certains élus, pour rendre la France moins attractive pour ces populations,
00:37:55 demandent de supprimer ou de réduire les aides que l'État peut apporter,
00:37:59 notamment l'AME, l'Aide médicale d'État, dont bénéficient notamment tous les migrants
00:38:05 qui arrivent sur notre territoire, même quand ils sont en situation irrégulière.
00:38:09 Est-ce que vous êtes favorable à ce type de demande ?
00:38:11 – Mais c'est quelque chose de totalement à la fois honteux, décalé,
00:38:16 qui crée évidemment plus de problèmes que ce qu'elle résout.
00:38:21 Je ne pense pas que des gens ont traversé la Méditerranée
00:38:26 sur un bateau pneumatique au risque de leur vie,
00:38:29 ont traversé la Libye, toute l'Europe, pour bénéficier de l'AME.
00:38:34 Quand on parle d'appel d'air, c'est évidemment pas ça.
00:38:38 Par contre, le rôle que nous avons, je dirais l'exigence que nous devons avoir,
00:38:43 c'est encore une fois cette question de l'accueil,
00:38:45 de permettre d'avoir des soins, d'avoir un accompagnement psychologique,
00:38:49 c'est évidemment indispensable.
00:38:51 Et donc c'est au contraire ce sur quoi nous devrions avancer
00:38:56 pour faire en sorte que ces personnes puissent être à la fois accompagnées
00:39:00 dans leur parcours.
00:39:02 S'il y a ensuite des retours, s'il y a des dispositions, c'est une autre chose.
00:39:06 Mais le fait, par exemple, le fait que des personnes qui font une demande d'asile
00:39:10 pendant six mois ne peuvent pas travailler, c'est complètement incohérent.
00:39:14 Ça veut dire qu'on dit à des personnes "vous avez fait une demande d'asile,
00:39:17 on va vous répondre dans six mois, mais pendant ces six mois-là,
00:39:20 vous vous débrouillez, on ne veut rien savoir, vous n'aurez pas accès au travail.
00:39:24 Comment on peut permettre à quelqu'un de vivre s'il n'a pas accès au travail ?
00:39:27 Forcément, on va vers des réseaux, on va vers de l'exploitation.
00:39:32 Et donc c'est de ça qu'il faut sortir.
00:39:34 En fait, très clairement, et j'espère, en tout cas nous on va montrer ça,
00:39:37 notamment au Sénat. Au Sénat, on dit "c'est le bon sens,
00:39:40 c'est la chambre du pragmatisme".
00:39:43 Regardons notre politique migratoire de manière pragmatisme,
00:39:46 je suis certain qu'on trouvera les bonnes solutions.
00:39:48 - Alors est-ce qu'on est en capacité aujourd'hui en France
00:39:50 à offrir des soins à tout le monde comme vous le proposez ?
00:39:54 En mai dernier, vous aviez alerté le gouvernement sur la situation dramatique
00:39:57 des hôpitaux Iserois, mais je pense qu'ailleurs sur le territoire,
00:40:01 ce n'est pas forcément mieux.
00:40:02 Est-ce que déjà votre alerte a été prise en compte ?
00:40:05 Est-ce que vous avez senti quelque chose de positif sur ce domaine depuis le printemps dernier ?
00:40:10 - Non, je me souviens avoir interpellé notamment la ministre sur cette question-là
00:40:16 et c'était sur l'hôpital de Voiron qui venait d'ouvrir
00:40:19 et sur la question des urgences, mais également sur la question des urgences de Grenoble.
00:40:23 - Un hôpital tout neuf.
00:40:24 - À la fois sur la surcharge, l'hôpital tout neuf à Voiron
00:40:28 avec des urgences qui du coup ne pouvaient pas ouvrir.
00:40:31 Non, on est sur un problème très grave de notre système de santé à l'échelle nationale,
00:40:37 que ce soit sur la question de l'hôpital public,
00:40:40 mais que ce soit aussi sur la présence, je dirais,
00:40:43 des soins et du personnel soignant sur l'ensemble des territoires.
00:40:49 On parle de déserts médicaux, etc.
00:40:51 Mais tout ça est à ricocher.
00:40:53 Je veux dire, quand on n'a pas de médecin dans un village,
00:40:56 forcément, on nous oriente vers les urgences et donc on va alourdir également les urgences.
00:41:01 Donc c'est vraiment sur cet ensemble-là qu'il faut qu'on réfléchisse
00:41:05 et que je n'ai pas l'impression que le gouvernement,
00:41:07 la ministre m'avait dit "Circulez, il n'y a rien à voir, tout va bien, c'est juste passager".
00:41:11 Ce que je vois, c'est que ce n'est pas ça.
00:41:13 Que la question de la formation des médecins,
00:41:16 on a fait sauter le numerus clausus, c'est une chose,
00:41:19 mais si on ne forme pas plus de médecins,
00:41:21 on va avoir les mêmes problèmes et on a déjà les mêmes problématiques.
00:41:25 La terrification à l'acte dans nos hôpitaux a transformé, en fait,
00:41:29 à la fois nos hôpitaux dans des pôles administratifs
00:41:32 avec une lourdeur administrative de plus en plus forte.
00:41:35 Donc en dérivant, en fait, le vrai métier de ce que pouvaient être des médecins
00:41:39 et du personnel soignant.
00:41:42 Et puis surtout, on a transformé l'hôpital en une entreprise.
00:41:46 Non, l'hôpital, oui, ça coûte.
00:41:48 Le service public, ça coûte.
00:41:50 Et donc, on doit se donner les moyens et il me semble qu'on est dans une société,
00:41:53 oui, une société riche.
00:41:55 La France est un pays riche et cette question de la répartition des richesses
00:41:58 et de là où on affecte cette richesse, elle est importante
00:42:01 et il faudra effectivement se la poser.
00:42:03 Il y a un projet de loi, loi Valtho, qui arrive au Sénat dans quelques jours,
00:42:07 qui vise à faciliter le recrutement de médecins à l'étranger,
00:42:10 notamment en dehors de la communauté européenne.
00:42:13 Est-ce que vous allez être favorable à ce texte ?
00:42:16 On va effectivement l'étudier.
00:42:18 De toute façon, les solutions pour trouver plus de médecins
00:42:22 et de personnel soignant est indispensable.
00:42:24 Mais c'est quand même un comble depuis le temps qu'on en parle.
00:42:27 Les projets de loi de finances de sécurité sociale,
00:42:29 on va la voir très prochainement dans les semaines qui arrivent,
00:42:32 ce débat-là sur à la fois la formation des médecins,
00:42:36 sur peut-être un moyen un peu plus coercitif
00:42:40 pour qu'ils aillent sur des territoires qui sont peut-être moins fournis en médecins,
00:42:44 comme on fait pour les pharmaciens, pour les infirmiers.
00:42:48 On voit qu'il y a à chaque fois une opposition très ferme sur cette question.
00:42:53 Donc je pense qu'il va falloir qu'on avance réellement.
00:42:56 En tout cas, il y a une véritable urgence et qui peut être très inquiétante.
00:43:01 C'est vrai qu'à chaque fois on est passé très près.
00:43:03 On a déjà eu des drames quand même sur des urgences.
00:43:06 On a des conditions des urgences qui ne sont plus acceptables.
00:43:09 Et je n'ai pas l'impression, effectivement, que ce soit le ministre de la Santé,
00:43:13 que ce soit le gouvernement dans son entièreté,
00:43:16 ait vraiment pris la mesure de ce qui était.
00:43:18 On me rappelle à l'époque d'Olivier Véran,
00:43:20 quand il nous expliquait que ce n'était pas nécessaire de fermer des lits,
00:43:23 que ce n'était pas la question du nombre de lits.
00:43:26 Je constate quand même qu'on a aussi un problème de ce côté-là
00:43:29 et qu'il va falloir avancer.
00:43:30 Il y a parfois des situations ubuesques.
00:43:32 On a reçu plusieurs témoignages ces derniers jours au Télé-Grenoble
00:43:34 de patients allités aux urgences de Grenoble, au CHU,
00:43:37 obligés d'appeler des proches chez eux pour qu'ils préviennent les infirmières
00:43:40 quand quelque chose n'allait pas,
00:43:42 puisque les sonnettes d'alarme avaient été désactivées par le personnel soignant
00:43:45 parce qu'a priori, ils ne pouvaient pas répondre à toutes les demandes.
00:43:48 Mais on met en plus le personnel soignant dans une situation
00:43:52 qui est totalement inacceptable.
00:43:55 Moi, vraiment, je plains le personnel soignant qui est amené à travailler
00:44:00 dans des conditions qui, effectivement, ensuite, peuvent être de la maltraitance,
00:44:05 mais qui ne sont pas de leur fait,
00:44:06 qui sont les moyens et l'organisation qu'on leur donne.
00:44:11 Et ça, c'est aussi notre responsabilité.
00:44:13 On ne peut pas laisser, on va dire, le personnel soignant se débrouiller
00:44:16 avec les moyens du bord.
00:44:17 Et c'est ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
00:44:20 Et ce que je constate aussi, c'est que dans l'hôpital public,
00:44:23 on a aussi des démissions.
00:44:25 On a des médecins, on a des chirurgiens, on a des infirmiers qui s'en vont,
00:44:29 qui s'en vont parce qu'ils ne sont plus en capacité de faire leur travail correctement.
00:44:33 Donc, ça aussi, ça doit nous interpeller.
00:44:35 La santé, l'immigration sont des sujets de préoccupation importants des Français.
00:44:39 Il y a également l'environnement et le réchauffement climatique.
00:44:42 On a vécu un début d'automne record en termes de chaleur, notamment ici, en Isère.
00:44:48 Vous avez présenté il y a quelques jours, Guillaume Gontard,
00:44:51 un projet de loi sur le réemploi des véhicules au service des mobilités solidaires.
00:44:55 C'est quoi l'idée de ce projet de loi ?
00:44:58 D'abord, il n'y a pas l'environnement d'un côté, jamais.
00:45:01 C'est un ensemble.
00:45:03 Et je dirais encore plus aujourd'hui, la question climatique, écologique,
00:45:08 elle est au cœur, elle est au centre.
00:45:09 C'est-à-dire que si on ne s'en occupe pas, si on ne la met pas comme une urgence totale,
00:45:13 derrière, oui, il y a l'urgence sociale, il y a l'urgence démocratique.
00:45:17 Donc, c'est un ensemble.
00:45:19 Ce n'est jamais d'un côté et ce n'est pas l'environnement qu'on va bricoler
00:45:23 comme ça pour faire joli.
00:45:24 Non, c'est essentiel.
00:45:26 Et cette proposition de loi que nous faisons, justement, elle répond tout à fait à ça.
00:45:31 Souvent, on nous dit, oui, mais les écologistes, vous êtes hors sol,
00:45:33 vous ne comprenez rien, etc.
00:45:37 C'est souvent une critique qui peut être faite.
00:45:39 Sauf que moi, je constate, dans la réalité, toutes les réponses qu'on peut apporter
00:45:43 sont au contraire, à chaque fois, très pragmatiques, très concrètes.
00:45:46 Quand on s'attaque à la pollution de l'air, c'est pour répondre entre 40 000 et 70 000 personnes
00:45:50 qui meurent chaque année liées à la pollution de l'air.
00:45:53 Donc, ce n'est pas quelque chose d'anodin et comme ça.
00:45:56 Sur la question des mobilités, j'ai fait une campagne électorale.
00:45:59 Je pense qu'il n'y a pas un endroit, territoire urbain, périurbain, ruraux,
00:46:04 où cette question du pouvoir se déplacer, des mobilités, de ne pas être assigné à résidence,
00:46:10 justement, de pouvoir accéder aux soins, à la culture, à des commerces,
00:46:15 c'est essentiel sur l'ensemble des territoires.
00:46:18 Et c'est vrai qu'on ne peut pas avoir la même réponse en zone urbaine.
00:46:21 On a un transport qui peut être dans ce transport en commun que l'on aura sur des zones rurales.
00:46:27 La voiture individuelle en zone rurale, j'habite dans une commune de 200 habitants
00:46:31 à 60 km de Grenoble, je sais ce que c'est.
00:46:34 On est obligé, c'est un outil dont on est obligé de se servir.
00:46:38 Pour l'instant, il n'existe rien d'autre.
00:46:40 Alors, le but, c'est comment on diminue ce nombre de voitures,
00:46:43 comment on trouve d'autres solutions alternatives à la fois moins coûteuses,
00:46:47 parce qu'une voiture individuelle pour un foyer, c'est 6 000 euros par an, ce n'est pas rien.
00:46:51 Et donc, quand on a des foyers qui sont obligés d'avoir parfois deux, voire trois voitures dans un foyer,
00:46:56 si on peut leur permettre d'en avoir une en moins, c'est aussi du pouvoir d'achat en plus.
00:47:02 Donc, il faut qu'on travaille sur cet ensemble-là.
00:47:04 Après, il y a des mesures concrètes.
00:47:05 La mesure qu'on propose, c'est de dire qu'actuellement, sur la prime à la conversion,
00:47:09 quand vous amenez votre voiture, souvent encore en bon état, pour aller acheter un SUV électrique,
00:47:14 vous allez toucher en général, ce n'est pas n'importe qui qui peut faire ça,
00:47:17 parce que derrière, il faut réinvestir quand même.
00:47:21 Le contrat que vous allez passer pour avoir cette prime et vous acheter votre voiture électrique,
00:47:25 c'est que votre voiture que vous allez rendre, elle soit broyée.
00:47:28 Nous, en tant qu'écologiste, on se dit, il y a un problème quand même.
00:47:31 On a des voitures qui fonctionnent encore, qui ont des critères pollution qui sont encore acceptables,
00:47:36 qu'on détruit, alors qu'on a travaillé sur l'obsolescence programmée, etc.,
00:47:41 sur l'ensemble d'autres matériaux.
00:47:45 Nous, on dit tout simplement, cette flotte de véhicules, réutilisons-la.
00:47:50 Mettons-la au profit d'un réseau, notamment de garages solidaires, ça existe déjà.
00:47:55 On a des garages solidaires partout en France qui ont ce rôle,
00:47:58 qui louent des voitures à un prix très modique,
00:48:01 à des personnes qui n'ont pas accès à une voiture individuelle,
00:48:04 pour aller travailler, pour se soigner, etc., pour un moment dans leur vie,
00:48:08 une voiture en panne, qui n'ont plus les moyens de pouvoir réparer,
00:48:12 et de dire comment je fais.
00:48:14 Ces réseaux de garages solidaires ont des véhicules à disposition déjà, mais très peu.
00:48:19 Soit c'est des dons, souvent des véhicules en mauvais état.
00:48:21 Et là, c'est tout simplement de dire, récupérons cette flotte de véhicules
00:48:25 qui est liée à la prime à la casse,
00:48:27 affectons-la justement à ce réseau de garages solidaires,
00:48:30 qui eux vont gérer cette location à des prix très modiques,
00:48:34 et à des personnes justement en difficulté.
00:48:37 Et puis avec un deuxième aspect, qui est cette flotte de véhicules,
00:48:41 qui effectivement est des véhicules à essence ou diesel, etc.,
00:48:44 c'est de pouvoir passer cette flotte en électrique,
00:48:47 via le rétrofit, qui est une technologie qui existe.
00:48:50 Et ça aussi, ces garages solidaires sont tout à fait prêts,
00:48:52 et peuvent faire ce passage, et transformer ces véhicules en véhicules électriques,
00:48:57 qui répondront dans un deuxième temps.
00:48:59 On a beaucoup parlé de la question des ZFE, des zones à faible émission.
00:49:02 Comment justement les personnes ruraux vont pouvoir se rendre dans ces zones-là,
00:49:06 alors qu'ils n'ont que leurs petites voitures pour s'y rendre,
00:49:09 quand ils en ont une ?
00:49:10 Il va falloir qu'on trouve des solutions.
00:49:12 Et donc ce texte-là permet aussi d'apporter des solutions,
00:49:15 pour l'avenir aussi, pour ces personnes,
00:49:17 et notamment pour se rendre dans ces ZFE.
00:49:19 Mais mathématiquement, il va faire augmenter,
00:49:21 s'il est accepté, le nombre de voitures en circulation,
00:49:24 puisque celles qui sont plus détruites sont remises sur le circuit.
00:49:26 Donc forcément, il y aura un nombre de véhicules plus important,
00:49:29 ce qui va un peu à l'encontre de ce que prônent les écologistes.
00:49:31 Non, d'abord, ça ne fait pas augmenter, puisque ce sont des voitures qui existent déjà.
00:49:34 Oui, mais elles étaient détruites pour l'achat d'une.
00:49:36 L'impact écologique de détruire une voiture, de la recycler,
00:49:41 et de faire une voiture électrique derrière, toute neuve, très lourde, etc.
00:49:47 Je dirais, il n'y a pas photo.
00:49:49 C'est-à-dire de conserver une voiture, de lui donner une deuxième vie,
00:49:53 de rendre un service à des personnes qui n'ont pas accès à cette voiture.
00:49:57 C'est une évidence.
00:50:00 Je veux dire, c'est un impact écologique positif et c'est un impact social très positif.
00:50:05 Donc là dessus, je dirais qu'il n'y a pas de problématique.
00:50:08 Et puis, effectivement, il y a cette deuxième phase de passer,
00:50:11 de réutiliser sur le réemploi ces véhicules pour les transformer via le rétrofit en voiture,
00:50:16 en voiture électrique.
00:50:18 Donc ça aussi, c'est plutôt que de faire et de rajouter des voitures,
00:50:23 c'est au contraire d'utiliser des voitures existantes et de les faire évoluer.
00:50:28 C'est encore une solution très pragmatique quand on regarde les choses très clairement,
00:50:31 à la fois en termes de besoin et en termes de réponses qu'on peut apporter.
00:50:34 - Puisqu'on parle de déplacement, le RER métropolitain,
00:50:37 vous avez été un des fervents défenseurs avec la plupart des élus du territoire
00:50:41 il y a à peu près un an pour lancer la machine, j'ai envie de dire.
00:50:45 Un an après, les annonces du gouvernement qui ont été faites il y a quelques jours
00:50:50 en matière d'investissement vous ont inquiétés ?
00:50:55 - On a toujours ces mêmes problématiques.
00:50:57 C'est qu'on a les annonces RER métropolitain, une dizaine de RER métropolitain,
00:51:01 dont celui de la région grenobloise qui est, voilà, donc très bien, on est très content.
00:51:06 Puis derrière, il y a les annonces financières, la capacité,
00:51:09 la possibilité à mettre en place ces RER.
00:51:11 Ça c'est, voilà, et là on est dans cette phase de discussion.
00:51:16 J'ai rencontré Clément Beaune, le ministre du transport, il y a deux jours,
00:51:19 donc on a pu faire le point sur ce sujet-là.
00:51:22 Ce qui est plutôt intéressant, c'est qu'il y a eu des annonces financières.
00:51:25 En fait, dans ces annonces financières, c'est toujours assez compliqué de savoir
00:51:29 si c'est tout ce qui va être mis, la totalité de ce qui va être mis pour le RER métropolitain.
00:51:33 - Ou une amorce.
00:51:34 - Est-ce que c'est une amorce ?
00:51:35 On a compris ce que nous a dit Clément Beaune, que c'était une amorce.
00:51:38 Maintenant, il faut savoir ce qu'il y a derrière cette amorce.
00:51:41 Ce qui est intéressant, c'est que les discussions qu'on a pu avoir avec lui,
00:51:45 et ce qu'il porte, c'est d'avoir une loi de programmation sur les mobilités
00:51:48 et de voir une véritable loi qui permette, sur du temps long,
00:51:53 de voir justement les affectations financières qui seront faites
00:51:57 à la fois sur les RER métropolitain, à la fois sur le réseau structurant
00:52:01 et les lignes de vie, les lignes du quotidien.
00:52:04 Et donc, on a discuté avec lui. Il attend des arbitrages de la part
00:52:09 de la Première ministre et de Bercy pour voir s'il pourra y avoir
00:52:13 cette loi de programmation. Mais en tout cas, nous, on lui a dit
00:52:16 qu'on le soutiendrait parce que le fait d'avoir cette loi de programmation
00:52:19 et de pouvoir discuter clairement, et on sera très critique s'il n'y a pas
00:52:23 les financements suffisants, mais de pouvoir les inscrire dans la loi
00:52:26 et d'inscrire ces financements dans la durée, c'est particulièrement important.
00:52:30 Donc, j'attends avec... Nous disons ça pour le début de l'année.
00:52:34 J'attends ces arbitrages-là. Je vais rencontrer Elisabeth Borne,
00:52:37 la Première ministre, dans quelques semaines également,
00:52:40 et je lui ferai part également de notre volonté de pouvoir avancer
00:52:42 sur ce sujet-là. Mais c'est quelque chose de primordial.
00:52:45 - Alors, pour préserver l'environnement, lutter contre le réchauffement climatique,
00:52:49 il y a effectivement le volet des déplacements. Il y a aussi le volet
00:52:51 de la construction. Laurent Wauquiez, le président de la région
00:52:55 au Viens-Grenoble, a remis en cause sa participation,
00:52:59 en tout cas, la participation de la région à la loi ZAN.
00:53:03 C'était lors du Congrès national des maires ruraux de France,
00:53:06 à l'Alpe d'Huez. Wauquiez veut faire sortir la région du dispositif,
00:53:11 estimant que les petites communes se retrouvent contraintes,
00:53:14 même si elles veulent construire du logement, contraintes par cette loi
00:53:18 qui demande une zéro artificialisation. Si on construit, il faut que ce soit
00:53:22 grosso modo sur de l'ancien ou sur une friche industrielle.
00:53:24 Ce ne sont pas forcément les petites communes. Je ne sais pas si chez vous,
00:53:26 au Persie, comment ça se passe, mais il n'y a peut-être pas énormément
00:53:29 de fonciers disponibles. D'abord, je suis parlementaire.
00:53:34 Vous avez dit, c'est une loi qui a été votée. On est dans un état de droit.
00:53:40 Il faut respecter la loi, quelle qu'elle soit. En général, on respecte la loi.
00:53:43 En tout cas, moi, je la respecte. Quelle qu'elle soit.
00:53:45 Quelle qu'elle soit, évidemment. Moi, le respect de la loi,
00:53:48 ça me paraît évident. Et je pense que les écologistes ont toujours
00:53:53 respecté la loi. Au contraire, c'est que souvent, via des recours,
00:53:57 on fait respecter la loi qui ne l'était pas. Donc, c'est faire très attention
00:54:01 à ça et on passe toujours, justement, face à des juridictions.
00:54:05 Là, on a quand même un président de région qui nous dit très clairement,
00:54:08 je ne respecterai pas la loi. Déjà, sur cet aspect-là, je pense que
00:54:12 c'est particulièrement grave. Je rappelle quand même que son nom,
00:54:15 c'est les Républicains, je crois, de son parti. Ça pose quelques questions.
00:54:19 Deuxièmement, c'est quelle image on envoie ? C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on attend
00:54:22 d'un président de région sur cette question-là ? Qu'il le dise clairement.
00:54:26 Parce que moi, j'entends beaucoup ces discours. Le ZAN, c'est quoi ?
00:54:29 Zéro artélisation net 2050. Ça veut dire qu'effectivement,
00:54:33 on ne va plus prendre d'emprise de terrain supplémentaire d'ici 2050.
00:54:37 Donc, on a tout un processus à mettre en place. Il y a un temps de revoyure
00:54:40 en 2031. Mais qu'on soit très clair, qu'on dise clairement,
00:54:45 on ne veut pas respecter cette orientation-là et cet objectif-là.
00:54:49 Bon, pas de chance, c'est dans la loi, mais qu'on le dise, qu'on dise
00:54:52 je suis contre le respect de cette orientation-là. Mais à ce moment-là,
00:54:55 ça veut dire qu'on est totalement contre la protection des terres agricoles.
00:55:01 Parce que cette loi-là, elle est faite pour ça.
00:55:03 Elle est faite pour préserver l'agriculture. On a 200 fermes par semaine
00:55:08 qui ferment par jour. Donc, c'est une vraie problématique,
00:55:11 à la fois pour des problèmes de succession, pour des problèmes de foncier,
00:55:14 mais parce qu'on grignote à chaque fois de plus en plus de terres agricoles.
00:55:18 Et donc, en gros, on ne peut pas continuer comme ça. C'est tout simple.
00:55:21 Donc cet objectif-là, il est indispensable. La vraie question, c'est comment,
00:55:26 et c'est ce qu'on attendrait d'un responsable politique,
00:55:29 et notamment d'un président de région, c'est comment on met en place ça.
00:55:32 Comment on accompagne les communes pour aller sur cette direction-là
00:55:37 et cet objectif ? Parce que oui, ce n'est pas facile. Je le sais.
00:55:40 J'ai été un maire rural, je suis conseiller municipal de ma commune.
00:55:43 Je sais que ce n'est pas évident, qu'on a besoin d'accompagnement,
00:55:47 qu'on aurait besoin d'une région qui soit là pour accompagner,
00:55:50 qui nous apporte de l'ingénierie pour réfléchir en termes d'urbanisme,
00:55:54 en termes d'aménagement du territoire. On a besoin de ça.
00:55:57 Et là, on a un Laurent Wauquiez qui abandonne les communes,
00:56:01 qui abandonne les paysans et l'agriculture pour, je dirais,
00:56:06 un petit sujet populiste et pour pouvoir exister dans les médias.
00:56:09 Je trouve ça un petit peu lamentable. Et vous me parliez de ma commune du Persil.
00:56:14 Ici, on parle souvent justement en disant mais c'est la fin des communes,
00:56:18 on ne pourra plus se développer, etc. Je ne dis pas que c'est simple.
00:56:21 Je dis que réfléchir sur son urbanisme. Moi, ma commune,
00:56:24 on avait mis en place notre PLU liée au SCOT,
00:56:29 Schéma de cohérence territoriale, qui nous contraignait énormément.
00:56:33 On n'était pas à un hectare constructible, on était, je crois,
00:56:36 c'était très faible, je crois, moins d'un demi hectare constructible
00:56:39 sur notre commune. En 2014, on a mis en place ce PLU.
00:56:42 Et on a mis en place un plan de développement qui a été très, très,
00:56:45 très bien réalisé. Et on a mis en place un plan de développement
00:56:48 qui a été très, très bien réalisé. Et on a mis en place un plan de développement
00:56:51 qui a été très, très bien réalisé. Et on a mis en place un plan de développement
00:56:54 qui a été très, très bien réalisé. Et on a mis en place un plan de développement
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