00:00 La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde, avec une question qui hante les journaux ce
00:06 matin.
00:07 Comment vont les français ?
00:08 C'est une bonne question.
00:09 À l'issue de deux semaines d'actualité qui auront secoué notre pays.
00:13 Attaques terroristes du Hamas, assassinat d'un professeur à Arras, bombardements implacables
00:18 sur Gaza, attentats terroristes à Bruxelles.
00:21 Dans quel état sortons-nous de cette séquence d'actualité hors normes ? s'interroge Libération.
00:26 Le journal qui dresse sur six pages le portrait d'une France à fleurs de peau, c'est le
00:30 gros titre de Libé, qui a envoyé ses reporters à la rencontre de français un peu partout
00:34 dans l'hexagone.
00:35 Pas de chiffres, pas de savants camemberts ou de statistiques, mais une sorte de nuage
00:40 de témoignages et d'impression générale qui se dégage.
00:43 Alors, qu'en sort-il ? Et bien d'abord, l'overdose face au drame.
00:48 On ne peut pas se coucher le soir en se disant que tout cela se passe loin de chez nous,
00:52 mais ça devient extrêmement compliqué pour des gens comme nous de comprendre ce qui se
00:55 passe.
00:56 On se sent dépassé, dit Christophe, sexagénaire croisé à l'emballe en Bretagne.
01:02 Le besoin de se protéger transparaît aussi dans chaque discussion avec ses anonymes,
01:06 constate Libération.
01:07 Et se protéger, c'est aussi se protéger des médias.
01:10 Cela fait longtemps que je ne suis plus l'actualité, comme Monté Manuel, 55 ans, qui a fui Paris
01:15 pour Chantilly.
01:16 Je refuse d'être exposé aux informations anxiogènes qu'on nous balance.
01:19 Et d'ailleurs, ce trop plein de drames est bien ressenti par la presse régionale, qui
01:24 dans sa grande majorité a décidé de passer à autre chose aujourd'hui, parce que la
01:29 vie continue, semble dire, ses quotidiens.
01:32 - Alors, il y a ce sentiment de dépassement, pas seulement.
01:34 On sent aussi de la résignation et un début de colère, Olivier.
01:38 - Pour le prof à Arras, j'en suis carrément venu à me dire, encore un.
01:43 C'est malheureux, mais on s'habitue, déclare Antoine.
01:46 50 ans, croisé à Blanquefort, à côté de Bordeaux.
01:49 Et puis il y a France, 65 ans, originaire de Metz, qui se déclare centriste, mais qui
01:54 a l'impression que rien n'est fait et qui aimerait plus de fermeté.
01:59 Et cette aspiration à la fermeté sera le bol, même, disons-le, vous le retrouverez
02:03 dans le sondage que publie le Figaro en première page aujourd'hui.
02:06 78% des personnes interrogées par l'Institut Odoxa ont une mauvaise opinion de l'action
02:12 du gouvernement en matière d'immigration.
02:14 Les Français ne se sentent ni rassurés, ni protégés et 69% des sondés ne croient
02:21 pas en l'efficacité du futur projet de loi immigration.
02:24 Et ce n'est pas la lecture de l'édifiante errance de Walid A. qui va les rassurer ce
02:30 matin.
02:31 C'est Angélique Negroni du Figaro qui nous raconte l'histoire de ce squatter algérien
02:34 sous OQTF, vivant de rapine, connaissant parfaitement les moyens juridiques pour éviter une expulsion,
02:40 profitant de tous les avantages de la France, représentant une menace pour l'ordre public
02:44 mais jamais inquiétée par les services de l'État.
02:48 - Alors cette colère prend également d'autres visages, Olivier.
02:51 - Oui, celui de Franz-Olivier Gisbert.
02:53 Cela fait déjà un certain temps que celui qui fut un grand patron de presse est devenu
02:57 électron libre du journal qu'il a longtemps dirigé.
03:00 Mais tout de même, dans le point hebdomadaire qui est aujourd'hui le plus proche de la sensibilité
03:05 d'Emmanuel Macron, sa page qui ouvre le magazine détonne.
03:09 Écoutez plutôt.
03:10 « Tandis que notre président a l'expression du lapin ébloui par les phares d'un camion
03:14 fou, nous autres Français sommes en première ligne dans la tragédie qui se joue en ce
03:19 moment.
03:20 La faute à qui ? À quoi ? » s'interroge Gisbert.
03:22 « Au pouvoir macronien, répond-il, lunaire et angélique, qui condamne toujours les actes
03:28 terroristes avec les mêmes mots éculés, sans jamais en tirer les conséquences, et
03:33 qui pour un peu nous inviterait en guise de solution à allumer des bougies dans la nuit
03:37 pour faire des selfies. »
03:39 Ce n'est donc pas dans l'humanité ou révolution prolétarienne que vous lirez cela, mais
03:43 dans le point de cette semaine.
03:45 Alors où trouver un peu de réconfort ce matin Olivier ?
03:47 Eh bien peut-être à la Une de Ouest-France où Jacques Le Goff rappelle que si la situation
03:51 au Proche-Orient semble désespérée, parfois les hommes de bonne volonté sont capables
03:55 de déplacer des montagnes.
03:57 « Pensons à la réconciliation entre notre pays et l'Allemagne qui ouvrit la voie à
04:02 l'unification européenne, écrit-il.
04:04 Souvenons-nous de ce qui s'est passé à Belfast après l'accord du Vendredi Saint
04:09 en 98, ou bien en Afrique du Sud sous la dynamique de la Commission Vérité et Réconciliation,
04:14 et de citer Jacques Derrida, « il n'est de véritable pardon que de l'impardonnable.
04:20 »
04:21 Enfin si vous voulez vous remonter le moral ce matin, il y a aussi ceci.
04:24 Et oui Catherine, ce sont les Rolling Stones qui sortent un nouvel album 18 ans après
04:36 le dernier.
04:37 Le secret a été bien gardé, raconte Eric Bureau du Parisien, pour écouter l'album
04:41 en entier.
04:42 Et une fois seulement, un pas plus, il a fallu se rendre au siège d'Universal Music, signer
04:46 un papier nous interdisant d'en parler avant aujourd'hui.
04:50 Chez les papis, on n'aime pas les fuites, s'amuse le chroniqueur.
04:53 Alors, que vaut-il cet album ?
05:00 Écoutez, je me suis dit que pour les Stones, c'était un truc pour libération.
05:04 Donc je me suis précipité sur la critique du journal, mais il faut que je vous avoue
05:10 que je n'ai pas tout compris.
05:11 C'est sans doute moi.
05:13 Je cite « Ce disque est une monstruosité inattendue dans l'actualité pop qui nous
05:18 subjugue jusqu'à nous faire douter du rôle de la musique enregistrée dans notre culture.
05:23 Un disque des Rolling Stones tellement factice et redondant qu'il nous hurle à chaque seconde
05:28 qu'un nouveau disque des Rolling Stones ne sert à rien.
05:30 » Un peu plus loin.
05:32 « Si les Rolling Stones sont encore modernes, c'est dans leur capacité à confondre des
05:35 décennies à une époque où les revivals s'incrustent et se percutent, où plus rien
05:40 ne s'efface et tout se brouille.
05:42 » Il y en a deux pages du même tonneau.
05:44 C'est moi qui suis un peu brouillé.
05:45 Aidez-moi Dimitri, vous qui comprenez tout.
05:48 A votre avis, il est bien ou pas cet album ?
05:50 Je vais traduire.
05:51 Je pense que ça veut dire qu'il n'est pas terrible, mais c'est les Stones.
05:54 Et puis, c'est une question de génération je pense.
06:00 Oui, c'est sympa de me traiter de vieux.
06:01 Vous m'avez pas dit si vous l'aimiez bien vous.
06:04 La revue de presse d'Europe, à Olivier Delaguerre, toujours un bonheur.
06:08 Merci Olivier, surtout quand ça se conclut en musique.
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