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00:02 RTL
00:05 Les trois questions du petit matin.
00:07 L'inquiétude parcourt en ce moment les allées du sommet de l'élevage
00:10 réunis à Cournon-Dauvergne dans le puits de Dôme. Quel avenir pour le bœuf français ? Bruno Le Maire, le ministre de l'économie,
00:16 est attendu sur place ce matin. Bonjour Emmanuel Bernard.
00:19 Bonjour. Vous êtes éleveur, vous êtes le président de la section bovine d'Interbev, l'association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes.
00:28 Merci d'être avec nous sur RTL. Nous sommes la France, le premier pays producteur de bœuf en Europe et pourtant nous n'avons jamais autant
00:35 importé.
00:37 Plus 23% en un an. Comment c'est possible ?
00:40 D'abord parce que cette production de viande chez nous baisse alors que la consommation se maintient.
00:47 Donc à un moment il faut aussi trouver le produit.
00:50 La consommation se maintient pourtant on entend dire, il y a des chiffres d'ailleurs qui tentent à montrer que
00:57 la consommation de bœuf baisse.
00:59 Alors en fait si on retourne peut-être 50 ans en arrière ou 30 ans en arrière on va toujours trouver des chiffres.
01:06 Ce qu'on sait c'est que la production de bœuf
01:09 depuis quelques années là, elle se maintient
01:13 ou alors elle s'effrite mais par contre elle change de façon d'être consommée. C'est à dire ?
01:20 En fait on a
01:22 moins d'achats directs
01:24 chez son boucher dans un rayon traditionnel et on la consomme plus en restauration
01:29 et de façon très fécitive. Et cette viande consommée en restauration elle est surtout importée c'est ça ?
01:35 Alors en fait dès que vous avez un intermédiaire
01:39 qui est entre
01:43 votre acte d'achat quand vous êtes dans le rayon,
01:45 vous avez l'origine en direct et quand vous avez un intermédiaire notamment la restauration et encore plus quand vous avez des appels d'offres
01:54 effectivement il y a beaucoup plus d'importation dans cet approvisionnement là. Et la viande vient d'où ?
02:00 En grande grande majorité de pays d'Europe
02:04 Allemagne, Irlande et en fait nous la grande inquiétude c'est qu'en fait dans ces pays là la diminution de la production
02:12 est la même que chez nous donc c'est ça qui nous inquiète c'est que si on si on prend pas garde à ça
02:17 l'importation elle risque de venir de plus loin.
02:21 Et donc il faut relancer la production chez nous c'est tout le défi alors qu'on a perdu près de 800 000 vaches je crois en
02:27 cinq ans c'est énorme ?
02:28 Oui alors en fait
02:30 l'enjeu vraiment il est un enjeu assez global c'est à dire quand on fait la promotion
02:37 notamment de nos territoires avec ces zones humides
02:41 ces prairies, toutes ces trichettes de biodiversité sous cet angle là on a vraiment besoin d'avoir
02:49 de conserver tout ça c'est très important et pour le conserver il faut conserver les vaches sur le territoire
02:54 et on a un deuxième intérêt à les conserver c'est que en fait la consommation
02:59 pour l'instant elle est comme elle se tient on a le débouché.
03:02 Et pour conserver ces vaches il faut aussi
03:05 conserver les éleveurs et vous avez de plus en plus de mal à trouver des jeunes qui veulent reprendre des exploitations
03:10 c'est ça aussi le problème ?
03:13 Alors d'abord la première chose c'est il faut gagner sa vie quand on fait un métier
03:17 c'est le premier élément. Et aujourd'hui c'est pas le cas ?
03:21 C'était pas assez si on a perdu
03:24 ce qu'on a perdu en nombre de vaches
03:26 c'est parce qu'évidemment les coûts de production n'étaient pas couverts donc on a deux choses c'est à dire qu'on ne perd pas quand même beaucoup
03:34 d'installations on a presque autant de jeunes qui s'installent. La passion elle est toujours là
03:40 mais il faut le faire dans des conditions très très acceptables il faut donner des perspectives
03:45 par contre on a la pyramide des âges comme dans beaucoup de corporations où en gros on a plus de gens en
03:52 cessation que de jeunes qui s'installent et c'est là où il faut se donner les moyens
03:58 donner les moyens aux gens en place pour se dire je garde une vache, deux vaches, trois vaches de plus
04:05 Le totem n'est pas de doubler la production il est de se dire on doit
04:11 s'adapter et permettre aux consommateurs d'avoir accès à un produit français. Et vous vous sentez
04:15 soutenu Emmanuel Bernard ce sera ma dernière question parce qu'en mai dernier vous avez vu ce rapport de la cour des comptes
04:20 qui recommande de réduire le cheptel de vaches français est-ce que les autorités
04:25 politiques en France vous soutiennent soutiennent la filière franchement ?
04:29 Alors en fait vous avez tout et son contraire qui est dit en permanence
04:34 encore une fois
04:37 la consommation
04:39 c'est pas le totem c'est pas tous les matins on se dit pas il faut que les français mangent plus de viande c'est pas ça
04:44 le sujet le sujet c'est qu'il faut qu'ils mangent la viande mieux donc on a la capacité à la première
04:50 en fait quand on voit le rapport de la cour des comptes si on le lit dans son intégralité
04:54 encore une fois ils font l'apologie de tous les bienfaits que peut apporter l'élevage sur le plan environnemental
05:00 même sur l'eau
05:04 Donc si on veut conserver ça n'a pas 25 solutions on en a une qui est de se dire il faut qu'on
05:11 s'adapte
05:13 au changement climatique c'est normal il faut qu'on soit en capacité de produire le bon produit s'adapter aux consommateurs
05:19 mais mais c'est possible en fait c'est ça qui est important c'est qu'en fait on a les clés pour le faire
05:24 et donc c'est ça qu'on veut présenter aussi au ministre de l'économie aujourd'hui.
05:29 Bruno Le Maire qui sera avec vous ce matin au sommet de l'élevage réuni à Cournons d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme merci beaucoup Emmanuel Bernard
05:37 président de la section bovine d'Interbev merci d'avoir été avec nous en direct sur RTL ce matin 6h20
05:44 cette interview est à retrouver sur l'appli RTL
05:47 [Musique entraînante diminuant jusqu'au silence]
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