00:00 Le moment où on arrive au burn-out, c'est qu'on a oublié pourquoi on faisait ça,
00:02 qu'on a oublié un peu notre âme d'enfant et qu'on faisait du sport parce qu'on adorait ça.
00:29 Il y a eu la première étape qui a été après les Jeux de 2012,
00:32 avec un véritable échec et un moment très difficile pour me relever de ça.
00:35 Donc je pense que je l'ai connu là.
00:37 Déjà, on ne sait pas vraiment ce qui se passe,
00:40 c'est-à-dire qu'il n'y a plus aucune motivation,
00:42 il n'y a plus cette envie de se lever,
00:45 il n'y a plus cette petite flamme qui fait qu'on est heureux de se lever et de passer une bonne journée.
00:50 Donc au début, on se dit ça va passer, on va récupérer, on va dormir et demain ça ira mieux.
00:57 Et puis les jours s'enchaînent, les semaines s'enchaînent.
01:00 Et en fin de compte, personnellement, je me suis dit qu'à un moment donné,
01:03 il va falloir que ce soit moi qui arrête cette lente descente vers le néant.
01:09 Je trouve qu'on a en tant que sportif une image de personne un peu incassable,
01:21 de super-héros ou de petits super-héros.
01:23 Et je trouve que de parler de nos faiblesses aussi, c'est important
01:26 parce que les gens qui nous voient à la télé et qui voient que la partie émergée de l'iceberg quand tout va bien,
01:32 c'est bien de leur montrer qu'il y a aussi des moments difficiles pour nous
01:36 et que ça arrive à tout le monde et que ça arrive aussi aux personnes fortes.
01:39 Il le faut tout le long de la carrière d'aller être suivi par quelqu'un
01:48 parce qu'on a un coach sportif, on a un préparateur physique en musculation
01:54 et il faut aussi un coach pour entraîner notre cerveau
01:57 parce que tout ce qu'on lui met comme pression, tout ce qu'on lui demande,
02:00 le moment où on arrive au burn-out, c'est qu'on a oublié pourquoi on faisait ça,
02:03 qu'on a oublié un peu notre âme d'enfant et qu'on faisait du sport parce qu'on adorait ça.
02:08 Moi, j'ai vécu des moments très durs et je pense que si je n'avais pas eu les fondations
02:14 que ce préparateur mental ou ce psy avait mis déjà dans mon cerveau,
02:18 ça aurait peut-être été encore plus long et encore plus violent.
02:20 Donc, c'est indispensable et je crois que c'est en train de changer aujourd'hui dans le monde du sport.
02:25 Franchement, je ne l'ai pas géré, je l'ai subi.
02:36 Je pensais avoir préparé, j'avais déjà ma reconversion professionnelle,
02:42 je pensais savoir où j'allais et le bouleversement a été bien plus profond que ce à quoi je m'attendais.
02:49 C'est difficile de se refaire une personnalité.
02:51 En fait, toute ma vie, j'ai été sportif et du jour au lendemain, quand je raccroche le maillot,
02:55 même si c'est ce que je voulais, c'est ce dont j'avais envie, ça a été « je suis qui ? ».
03:01 Aujourd'hui, j'essaye de tous les jours avoir des petits objectifs
03:11 pour nourrir cette envie d'être une meilleure personne.
03:16 Je pense que la santé mentale, ça passe par là.
03:19 Et c'est des trucs tout bêtes.
03:21 Tout à l'heure, j'ai pris le métro, j'ai aidé une dame qui avait une grosse valise.
03:24 Alors, il y a des choses qui sont bien plus profondes et que j'essaye de travailler aussi
03:28 pour devenir une meilleure personne, mais ça passe aussi par des tout petits détails comme ça.
03:31 Et je pense que c'est quelque chose qui devrait vraiment devenir la norme.
03:37 Essayer de prendre soin de soi pour devenir meilleur.
03:40 Life.
03:48 [Musique]
03:51 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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