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  • 02/10/2023

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00 Quand on décroche un appel, en 10-15 secondes, on doit savoir si c'est urgent ou pas urgent.
00:03 Et se prendre comme ça du stress et la détresse des gens pendant 12 heures non-stop, c'est compliqué.
00:09 Pour un patient, un appel doit durer en moyenne 2 minutes 30.
00:13 En 2 minutes 30, on doit faire le cheminement, le questionnement, la décision.
00:16 On a une formation qui est faite pour ça.
00:17 Par exemple, pendant les attentats qui ont commencé au Stade de France,
00:20 on a reçu en quelques minutes une tonne d'appels de personnes qui connaissaient,
00:25 des gens qui étaient là-bas, etc.
00:27 Donc c'est un petit peu une nuit compliquée.
00:29 Donc c'est la situation sanitaire exceptionnelle.
00:31 On a des formations pour ça.
00:32 Après, quand ça nous arrive réellement, de toute façon,
00:34 que ça soit même pris par le stress ou pas, on n'a pas le choix, on est obligé de gérer.
00:37 Moi, je suis agent de nuit, donc de 20h à 8h du matin, en fonction du poste dans lequel je suis.
00:41 Pour être RM de nuit, il faut avoir un petit peu d'expérience,
00:44 parce que les protocoles ne sont pas forcément les mêmes.
00:46 On est aussi moins nombreux, mais il y a beaucoup d'appels graves.
00:48 Les gros accidents de la route, par exemple, ça va se passer la nuit.
00:51 Moi, j'ai eu une petite de 10-11 ans qui m'a appelé,
00:54 parce que sa maman qui était enceinte, donc de 3 mois,
00:56 elle avait fait un malaise, donc elle avait perdu connaissance.
00:58 Les enfants, plus de sang-froid que les adultes, c'est vrai,
01:02 pendant les moments de stress comme ça.
01:04 Le plus mal qui peut se passer, c'est un décès.
01:06 Quand on a un appel d'un arrêt cardiaque, par exemple, qu'on peut faire masser,
01:09 parce que ça, c'est notre rôle aussi.
01:10 L'assistant de régulation médicale fait les gestes de premier secours
01:12 et d'urgence, donc par téléphone.
01:14 Dépendre à un pendu, c'est un petit peu compliqué, mais c'est notre travail.
01:17 Et donc, forcément, le plus difficile, c'est quand la personne décède.
01:21 Ça arrive malheureusement souvent.
01:23 J'ai fait un accouchement par téléphone.
01:25 Je décroche, c'était le papa.
01:26 Je lui ai dicté tous les gestes à faire pour l'accouchement,
01:28 jusqu'au pot à pot du bébé avec la maman.
01:32 On a toujours peur de se tromper, mais justement, c'est avec ce stress-là
01:35 et la peur de se tromper qu'on évite de faire le plus d'erreurs possibles.
01:38 Après, nous, on ne prend pas la décision tout seul.
01:40 On est en binôme avec un médecin régulateur tout le temps.
01:42 Quand on décroche un appel, en 10-15 secondes,
01:44 on doit savoir si c'est urgent ou pas urgent.
01:46 En fait, on utilise tout.
01:47 On n'a pas nos yeux, on a nos oreilles.
01:48 Et du coup, on doit non seulement écouter les personnes
01:51 et puis ce qui se passe derrière.
01:52 Que ce soit les bruits qu'on entend derrière,
01:54 l'environnement dans lequel ils se situent.
01:55 Le problème dans notre métier, comme les sapeurs-pompiers,
01:58 les ambulanciers, les infirmiers, etc.,
02:00 c'est même s'il y a une erreur et 10 bonnes nouvelles,
02:02 c'est cette erreur qui va faire la une et qui va faire parler.
02:05 Depuis la période Covid, on n'a pas eu de recrutement en plus.
02:08 Il y a eu 40% d'activités, donc d'appels en plus.
02:11 Donc, qui dit 40% d'activités en plus, dit du temps de décrocher,
02:14 qui est supérieur à ce qu'il devrait l'être normalement.
02:18 Donc, forcément, quand une personne appelle, peu importe le motif
02:21 et qu'on met malheureusement 2, 3, peut-être 4 minutes à décrocher,
02:25 pas forcément la première chose, ils nous disent pas bonjour,
02:27 on se fait insulter.
02:28 Après l'appel, on va essayer de décompresser,
02:30 on peut être énervé, etc.,
02:31 mais il ne faut jamais faire le ressentir aux patients.
02:33 Mais ce que je regrette du moins, c'est le manque de reconnaissance,
02:36 que ce soit par la population, parce qu'on est méconnu,
02:38 et des fois, parfois, par nos collègues.
02:41 Des fois, pour eux, on n'est que des secrétaires.
02:42 On est passé soignant d'ailleurs récemment
02:44 et ça reconnaît en fait les tâches qu'on fait au quotidien.
02:47 Le massage cardiaque, gérer un accident de la route,
02:50 faire de la compression sur une plaie ou sur un amputé,
02:53 c'est ce qui m'agace le plus.
02:54 Qu'on soit rabaissé, en fait, ou alors parce qu'on est assis 12 heures.
02:57 Sauf qu'il faut rester assis 12 heures et se prendre comme ça du stress
03:02 et la détresse des gens pendant 12 heures non-stop, c'est compliqué.
03:06 Actuellement, en France, on est 2500 ARN.
03:09 Il en faudra au moins 800.
03:11 On a plusieurs revendications.
03:12 En plus du recrutement, ce qui est important, c'est déjà de fidéliser.
03:15 Il y a beaucoup de contrats actuels qui sont en CDD ou en CDI.
03:18 En fait, ce qu'on aimerait aussi, et c'est pour ça qu'il y a la grève,
03:21 la reconnaissance des superviseurs et des coordinateurs.
03:23 Surtout que là, il y a l'État qui va mettre en place le service d'accès aux soins.
03:26 C'est un service qui va permettre à la population d'appeler sur les lignes du 15
03:31 pour faire une demande ou de médecin généraliste ou de toute offre de soins,
03:36 que ce soit dentaire ou pas, sans augmenter nos effectifs.
03:38 On attend des grilles salariales propres aux assistants de régulation médicale
03:42 parce qu'actuellement, on est sur la filière secrétaire médicale.
03:45 Donc, on est payé pour ça.
03:46 Donc, on attend justement un geste de l'État pour montrer qu'on est bien soignant.
03:49 *BIP*

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