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00:02 RTL Matin
00:05 Il est 7h42, excellente journée à vous tous qui nous écoutez, Amandine Bégaud.
00:10 Vous avez donc rencontré la comédienne Catherine Deneuve avec notre camarade Stéphane Boutsoc.
00:14 Bonjour Catherine Deneuve. Bonjour. Et merci beaucoup de nous recevoir avec Stéphane Boutsoc.
00:19 Vous êtes donc à l'affiche de Bernadette, le premier film de Léa Doména qui sort le 4 octobre prochain
00:23 et dans lequel vous incarnez Bernadette Chirac.
00:26 Vous avez tout de suite accepté ce rôle ? Le scénario m'a vraiment plu tout de suite, très vite.
00:31 Et je l'ai rencontrée, ça s'est très bien passé.
00:36 Elle présentait l'idée du film, du personnage et surtout du scénario qu'elle voulait.
00:41 Elle s'est été très honnête. Moi j'ai dit oui très vite.
00:43 Il faut préciser que c'est pas un biopic à proprement parler.
00:46 C'est une fiction, une comédie qui est inspirée de l'histoire vraie et on rit beaucoup.
00:51 J'espère. Vous vous êtes amusé vous ?
00:54 Oui, on a eu du plaisir à le tourner.
00:57 Oui, on a eu du plaisir à le tourner parce qu'il y avait des scènes qui étaient assez particulières.
01:02 C'était bien. Et puis j'ai tourné avec des grands acteurs.
01:04 Les acteurs de Comédie-Française, ils sont vraiment tous étonnants.
01:08 Tous. Oui.
01:09 Est-ce qu'il y a une responsabilité particulière quand on incarne une femme comme Bernadette Chirac
01:14 qui, à sa manière, a marqué l'histoire de France, notre histoire ?
01:17 Elle ne voulait vraiment pas que ce soit une histoire aussi proche, vraiment directe.
01:22 Enfin, pas directe, mais aussi proche d'elle, Bernadette Chirac.
01:26 Mais les scènes étaient écrites d'une certaine façon.
01:30 Moi, j'avais lu le livre qui avait été fait, qui l'a rendu d'ailleurs connue.
01:36 C'est ça qui l'a rendu, disons, populaire, ce livre qui a très bien marché.
01:39 Les gens la connaissaient différemment et autrement.
01:42 Une femme intelligente et beaucoup de bon sens.
01:47 Vraiment beaucoup de bon sens.
01:49 Donc voilà, moi, ça me suffisait.
01:52 Par rapport, en plus, à un petit décalage qu'il y avait, ça m'allait.
01:55 J'imagine que je ne suis pas la première à vous le dire, mais en voyant le film,
01:58 on a très vite pensé à Potiche.
02:01 Oui, sur le fond de l'histoire, oui, il y a une base,
02:07 et surtout sur l'idée d'une femme qui est un peu frustrée
02:11 parce qu'elle est un peu sous-estimée quand même
02:16 parce que son mari est un peu, comme malheureusement souvent les hommes,
02:20 assez maladroit et ignorant de la présence active de leur compagne.
02:25 Et elle prend sa revanche comme Suzanne dans Potiche.
02:27 Voilà, elle a eu l'occasion de voir des choses, de dire des choses avec bon sens.
02:32 Donc on voit bien dans l'histoire,
02:35 on commence à se rendre compte qu'elle est quand même plus importante pour eux-mêmes.
02:38 Et finalement, elle devient très importante
02:41 puisqu'elle prend vraiment une place très évidente en politique.
02:44 Oui, pour beaucoup de femmes, c'est jubilatoire d'entendre ça.
02:49 Donc c'est vrai que Potiche, il y avait ce côté-là, bien sûr.
02:52 Est-ce que vous iriez jusqu'à dire que Bernadette Chirac est une féministe ?
02:56 Alors, je n'ai pas parlé assez avec elle pour savoir vraiment
03:00 comment elle se conduit avec les femmes, si elle est très féministe.
03:05 Moi, je suis féministe, mais je ne suis pas féministe comme toutes les féministes.
03:09 Ça, c'est sûr que non.
03:10 Ça vous agace, les féministes d'aujourd'hui ?
03:12 Agacer, ce n'est pas le mot.
03:14 Il y a quelque chose sur lequel je ne suis pas du tout d'accord avec certaines féministes.
03:17 C'est autre chose.
03:18 Les Premières Dames, vous en avez évidemment et sans doute croisé au fil des années.
03:24 Vous nous parliez de Bernadette Chirac.
03:25 Est-ce que ce sont des personnages qui vous fascinent ?
03:27 Fasciner, non, ce n'est pas le mot.
03:29 Non, il ne faut pas dire ça.
03:31 Il y en a certaines avec qui vous avez eu des liens peut-être un peu plus étroits.
03:36 On ne va pas parler d'amitié, mais des femmes que vous avez plaisir à voir, à revoir.
03:40 Des femmes politiques ?
03:41 Des femmes politiques ou Premières Dames.
03:42 Non, je n'en ai pas connu beaucoup.
03:45 Je ne suis pas vraiment rapprochée de toutes façons des politiques.
03:51 Mais Bernadette Chirac, vous l'avez rencontrée par exemple ou jamais ?
03:54 Non, je l'ai croisée plusieurs fois il y a longtemps, mais je ne l'ai pas connue.
03:59 Mais moi, je trouve que nous, les acteurs, les actrices, c'est vrai qu'il y a quand même une distance juste à garder.
04:07 Il y a un point commun entre les acteurs, les actrices en ce qui vous concerne et par exemple les Premières Dames.
04:14 Quand on pense à Daniel Mitterrand, quand on pense à Brigitte Macron aujourd'hui,
04:17 quand on pense peut-être aussi à Bernadette Chirac, ce sont des femmes de pouvoir.
04:22 Elles s'impliquent sur des causes.
04:25 Mais comment vous le savez ça ? Vous dites ça ?
04:28 Par exemple, Brigitte Macron essaie de lutter contre le harcèlement scolaire.
04:34 C'est aussi une forme de prise de décision et de prise de pouvoir, vous ne pensez pas ?
04:38 Oui, mais je ne sais pas comment elle agit dans la vie, mais c'est vrai que je la vois très présente.
04:44 Je sais qu'il y a des choses pour lesquelles elle est engagée certainement, mais ça, je ne sais pas.
04:49 Non, mais en politique, il y a deux hommes que j'ai vus plus et que j'ai un peu connus quand même.
04:56 C'est François Mitterrand et François Hollande.
05:08 Donc j'ai connu un peu, voilà, c'est ça.
05:11 Et vous, en tant que comédienne, ça vous est arrivé ?
05:15 Quand vous prenez position, comme il y a quelques années, pour le droit à l'avortement,
05:18 est-ce que vous pensez que vous êtes une femme de pouvoir aussi ? Est-ce que vous avez un pouvoir finalement ?
05:22 Mais attendez, ça n'a rien à voir quand même.
05:24 Entre signer pour l'avortement il y a 40 ans, c'est quand même pas pareil que...
05:28 Saturne n'est pas du tout pareil aujourd'hui.
05:30 Après, c'est très différent.
05:31 De toute façon, les choses que l'on peut faire ou dire, on les utilise de façon différente.
05:34 Moi, je me tais le plus possible.
05:37 Et alors, justement, dans le film Catherine Deneuve, on plonge aussi dans les années 90.
05:43 Je pense aux tenues, il y a des clins d'œil notamment, aux musclés, les toubifris, etc.
05:48 Est-ce que vous regrettez cette époque-là ?
05:50 Non. Moi, je n'ai pas de regret par rapport au passé, où est-ce que j'ai vécu.
05:55 Non, je suis contente.
05:56 Mais cette époque, peut-être plus de légèreté, ou vous pouvez peut-être plus dire de choses ?
06:01 Le problème, c'est que c'est des étudiants qui voudraient se censurer la moitié du temps maintenant.
06:05 En parole, comme en action, comme en image.
06:09 Donc, c'est quand même très différent.
06:11 On était beaucoup plus libre.
06:14 Aujourd'hui, ça prend des proportions quand même.
06:16 Les excès sont quand même terrifiants.
06:18 Et vous la regrettez, cette liberté-là ?
06:19 Non, c'est une évolution. C'est comme ça.
06:23 On ne choisit pas.
06:25 Moi, je suis assez fataliste pour ça.
06:28 En juin 2022, avant que le film ne soit tourné,
06:30 Clotirac s'était dit un peu agacée par le fait qu'il y ait ce film sans qu'elle ait été consultée.
06:36 C'était dans une interview à Paris Match.
06:38 Est-ce que vous savez si depuis, elle a vu le film ?
06:40 C'est drôle que vous me posiez cette question, avant qu'elle soit agacée.
06:43 C'est ce qu'on a lu dans Paris Match.
06:45 Paris Match, d'accord.
06:47 Vous lisez tous les journaux ?
06:50 Vous croyez tout ce que vous lisez dans les journaux ?
06:53 Ça, renseigner aujourd'hui, ce n'est pas du tout facile.
06:56 Il faut certains lire les choses de façon très délicate.
07:00 Je sais qu'elle devait avoir une appréhension, ce que je comprends.
07:07 Moi aussi, quand on va faire un film, c'est un mondeissant.
07:10 Je trouve ça effrayant.
07:11 Je comprends que ce soit une femme publique comme Bernadette Chirac.
07:14 Mais sinon, de toute façon, oui, je sais qu'elle a vu le film récemment.
07:19 Enfin récemment, elle a vu le film il y a quelques temps.
07:21 Vous savez ce qu'elle en a pensé ?
07:23 Vous avez eu un écho ?
07:24 Je ne sais pas, vous avez regardé sur Internet, dans les journaux ?
07:27 On va à la source.
07:28 On vous demande à vous ?
07:30 Non, mais moi, je ne regarde pas ces trucs-là.
07:32 Non, mais est-ce que vous avez eu un retour de l'entourage de Claude Chirac ou de la famille Chirac ?
07:36 Non, mais j'imagine qu'il y aura une réponse sur moi.
07:39 Il y aura sûrement quelque chose sur Internet, sur toutes ces conneries-là.
07:43 On vous sent quand même remonté, si vous me passez l'expression, sur les réseaux sociaux, sur tout ce genre...
07:50 Très.
07:51 Très négatif.
07:52 Je souhaite vraiment qu'il y ait rapidement quand même une loi pour que toutes les bêtises
07:57 et toutes les choses qu'on puisse écrire sur téléphone et sur les nouvelles,
08:03 qu'on soit obligé de donner un nom, qu'on soit obligé de se livrer.
08:07 Je trouve que c'est vraiment proche de la délation, parfois.
08:10 L'anonymat qu'il y a sur les réseaux sociaux, par exemple ?
08:12 Je trouve ça terrible, oui.
08:13 Ah oui, c'est surtout ça.
08:15 Vous les regardez ?
08:16 Oui, et puis il y a tellement de fake news aussi.
08:18 Vous les regardez ?
08:19 Non.
08:20 Jamais ?
08:21 Non.
08:22 Non, et je ne suis pas sur Internet, je n'ai pas de réseau, je n'ai pas de...
08:24 Je n'ai pas moi du tout de participation.
08:26 Non, non, je trouve ça terrible.
08:28 Même des gens que je connais, je trouve ça terrible.
08:30 Vraiment, on se met à raconter des choses aussi infimes, des choses aussi personnelles et infimes en même temps.
08:35 Ah non, non, moi je suis vraiment contre, moi.
08:37 Il y a quelque chose qui est frappant, et on le constate encore, non seulement en vous ayant devant nous ce matin, Catherine Deneuve, et en voyant le film,
08:43 c'est votre appétit, tout simplement, de cinéma, après la carrière qui est la vôtre.
08:49 Cette envie constamment d'aller dans les aventures qui pourraient sembler soit improbables, soit risquées,
08:56 soit avec des jeunes réalisateurs, réalisatrices.
08:59 Ça ne vous quitte pas, ça ?
09:00 C'est-à-dire que plus que de l'appétit, c'est une curiosité pour...
09:03 Donc beaucoup le cinéma, c'est vrai, mais aussi beaucoup d'autres choses, même si je voyage, si je suis en tournage,
09:09 je crois que ce serait plutôt ça, la curiosité, oui.
09:12 Et un grand amour du cinéma, oui.
09:15 Oui, je vois beaucoup de films.
09:17 Bon, un grand merci, Catherine Deneuve et puis Bernadette.
09:19 Donc c'est à découvrir le 4 octobre au cinéma.
09:22 Merci.
09:24 Moi, je ne suis pas féministe comme toutes les féministes.
09:26 Mais c'était une super rencontre.
09:27 Ah bah oui.
09:28 Vraiment.
09:29 Merci beaucoup.
09:30 [SILENCE]
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