00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL matin
00:06 RTL il est 7h44, excellente journée à tous ceux qui nous écoutez.
00:10 Amandine Bégaud, vous recevez donc ce matin Amélie Oudéa-Casterat, ministre des sports.
00:14 Noël Legrette a donc annoncé officiellement sa démission hier.
00:18 Vous dites quoi ce matin Amélie Oudéa-Casterat ? Il était temps, enfin ?
00:21 Oui, je pense que cette décision s'imposait et c'est bien qu'il l'ait prise.
00:26 Alors certains, à commencer par lui-même Noël Legrette, vous accusent d'avoir fait de cette affaire une affaire personnelle.
00:31 D'avoir, si je résume, voulu sa tête dans un entretien au journal Le Monde.
00:35 Il dénonce ce matin une "cabale politico-médiatique bien organisée", ce sont ses mots.
00:39 Et vous accuse d'avoir violé votre obligation d'impartialité. Que lui répondez-vous ?
00:44 Je trouve ça affligeant.
00:46 Moi je n'ai jamais insulté personne, je suis restée polie.
00:52 Je ne l'ai jamais accusé.
00:55 De harcèlement.
00:57 Nous avons fait un travail approfondi de quatre mois dans le respect du contradictoire de chacune des parties.
01:03 Plus de 115 auditions qui ont été réalisées.
01:06 Dans le cadre de ces auditions, il y a un certain nombre de faits
01:09 susceptibles de recevoir une qualification pénale qui ont été identifiés par la chef de la mission.
01:14 Qui a une enquête préliminaire d'ailleurs.
01:16 En application de ses obligations, les a transmis au procureur.
01:18 Et c'est le procureur qui a décidé souverainement d'ouvrir une enquête pour des faits de harcèlement moral.
01:27 Et de harcèlement sexuel. C'est la qualification prononcée
01:32 par le procureur quand il décide d'ouvrir cette enquête.
01:36 Donc voilà, moi je le redis, cette stratégie là de défense elle du pas grand monde.
01:43 Je pense que nous avons fait un travail très approfondi.
01:46 Et je ne laisserai pas dénigrer la qualité du travail qui a été fait
01:50 par l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche.
01:53 L'avocat de Noël Legret annonce qu'il va porter plainte contre vous, devant la cour de justice de la république, pour diffamation.
01:58 Et il conteste ce fameux rapport d'audit.
02:01 Écoutez-le, il était hier soir sur RTL.
02:03 Ce rapport d'audit, il ne contient aucun fait.
02:05 Les relations de Noël Legret avec les femmes, c'est cette ligne sur un rapport de plus de 40 pages.
02:12 C'est cette ligne, il n'y a rien dedans.
02:14 On a rajouté des punchlines en déformant un certain nombre de faits,
02:19 mais dans le rapport il n'y a rien.
02:21 La ministre a tenu des propos en conférence de presse qui ne sont pas dans le rapport.
02:25 Donc oui, nous sommes très confiants.
02:27 Amélie Ouléa Castera, vous avez déformé les propos du rapport d'audit ?
02:30 Absolument pas.
02:32 Ma conférence de presse, j'ai restitué les propos
02:36 qui ont été écrits dans la synthèse du rapport de l'IGSR.
02:41 La mission évoque des propos et des SMS émanant bien de M. Legret,
02:47 ambiguë pour certains et à caractère clairement sexuel pour d'autres.
02:50 Le fait qu'il y ait cette ligne dans ce rapport,
02:52 je ne les ai d'ailleurs pas comptés,
02:54 simplement reflète précisément le travail que nous avons fait.
02:57 C'est un travail de signalement au procureur,
02:59 sans qualifier nous-mêmes les faits, puisqu'il ne nous appartient pas de le faire.
03:03 Et c'est le procureur qui, le 16 janvier, a décidé qu'il y avait matière
03:08 à ouvrir une enquête pour harcèlement moral.
03:12 Quand l'avocat dit que vous avez menti, vous n'avez pas menti ?
03:14 Mais en aucune façon menti de quoi ?
03:16 De quoi on parle ?
03:19 On parle d'une série de déclarations publiques
03:21 dont les Français eux-mêmes ont été les témoins.
03:24 On parle de dysfonctionnement profond dans cette fédération.
03:27 Je pense que les événements, y compris les plus récents, le montrent.
03:30 Et qu'il n'y a pas besoin de caractère inapproprié,
03:34 pour le moins inapproprié, de son attitude avec les femmes.
03:38 C'est établi par un certain nombre d'auditions,
03:40 par un certain nombre de propos, qui d'ailleurs ont été restitués abondamment dans les médias.
03:46 Et clairement, avec cet ensemble de choses,
03:49 il est évident qu'il n'avait plus la légitimité nécessaire
03:53 pour représenter et administrer cette fédération.
03:55 Il n'y a pas eu de discrimination selon vous ?
03:58 Absolument pas. Je le redis, je suis restée polie,
04:04 je n'ai jamais insulté personne, je ne l'ai jamais traité de harceleur.
04:09 Nous avons fait notre travail qui consistait à écouter
04:12 un certain nombre de personnes qui avaient des témoignages.
04:15 Plus de 115 auditions ont été réalisées.
04:18 Un travail approfondi, méthodique, cohérent, rigoureux.
04:23 Et voilà, c'est le procureur qui, au vu des éléments
04:28 qui lui ont été transmis en application de cette obligation de signalement,
04:32 qui a décidé qu'il y avait matière à ouvrir une enquête
04:35 pour des faits de harcèlement moral, sexuel.
04:38 L'enquête dira les choses.
04:39 Ce qui est le plus important, c'est quand même de se concentrer
04:42 sur l'avenir de cette fédération.
04:44 Et je pense là aussi qu'il y a un certain nombre de leçons à tirer
04:48 pour rendre les institutions plus fortes à l'avenir
04:50 et pour aider cette fédération à sortir définitivement de la crise,
04:54 à repartir de l'avant.
04:55 J'ai envie de dire, le foot français le mérite,
04:57 les bénévoles, les éducateurs qui s'en occupent tous les jours
05:00 et les équipes de cette fédération le méritent.
05:02 - Plus de 2,5 millions de licenciés.
05:04 On le rappelle, on va revenir sur l'avenir de la fédération dans un instant,
05:06 mais je voudrais quand même,
05:07 toujours dans cet entretien accordé au Monde,
05:10 Noël Legret assure que vous l'avez appelé lundi matin,
05:12 qu'il n'a pas souhaité discuter, qu'il a écourté la discussion.
05:14 C'est vrai ça ?
05:16 - Oui, alors, la discussion a en effet été très courte.
05:19 En pratique, c'est lui qui m'a appelé.
05:22 Voilà, écoutez, moi je...
05:24 - C'est lui qui vous a appelé pour dire quoi ?
05:25 - Je n'ai pas de commentaire à faire.
05:27 Moi, j'avais convenu que je l'appellerais
05:29 parce que je pensais que c'était plutôt digne de le faire,
05:31 de lui redire qu'il n'y avait absolument rien de personnel dans tout cela,
05:35 que j'avais d'ailleurs été en capacité,
05:38 y compris dans cette conférence de presse,
05:39 de valoriser des éléments positifs de son bilan.
05:43 Je voulais marquer ce petit moment d'apaisement,
05:47 considérer que c'était important pour la suite de l'institution,
05:51 que les choses se terminent à peu près dignement.
05:54 Bon, il fait un choix différent en tenant tous ses propos.
05:57 Donc, tac, vous savez, je n'ai jamais réagi à ses provocations.
06:00 Je ne vais pas commencer maintenant.
06:02 - C'est de la provocation, y compris quand il dit,
06:04 et après on passera à autre chose,
06:06 le président de la République,
06:08 il l'a eu lui aussi, dit-il, au téléphone.
06:11 Emmanuel Macron lui aurait dit qu'il était un dirigeant formidable.
06:14 Et Noël Legrède conclut en disant
06:15 "J'ai du mal à comprendre qu'il ne se soit pas impliqué un peu plus au début de l'audit.
06:18 J'aurais souhaité qu'il freine sa ministre."
06:21 - Mais le président de la République n'avait pas à freiner sa ministre.
06:25 Le président de la République, il sait que je fais un travail méthodique
06:30 dans le respect du contradictoire,
06:32 dans le respect de chacune des parties,
06:34 que je fais mon travail, que nous le faisons avec méthode.
06:38 Et voilà, la succession des faits qui se sont produits
06:43 a conduit à ce que la situation soit celle-ci
06:46 et qu'il y ait évidemment un constat
06:49 que, en fonction de sa représentation,
06:52 il y avait une faillite qui était établie, je l'ai dit.
06:55 Maintenant, j'ai laissé cette enquête se mener pendant quatre mois.
06:58 Encore une fois, un travail approfondi, méthodique, rigoureux,
07:01 dans le respect du contradictoire et des parties.
07:03 Il faut à un moment passer à autre chose.
07:06 Je pense que le foot français, encore une fois, mérite mieux.
07:09 - Le prochain dossier sur la table de la Fédération française de foot,
07:11 c'est le cas de Corinne Diacre, la sélectionneuse de l'équipe de France.
07:14 Trois joueuses, et pas des moindres, puisqu'il y a parmi elles la capitaine Wendy Renard,
07:17 ont annoncé qu'elle se mettait en retrait de l'équipe de France.
07:20 Elle dénonce notamment un management autoritaire.
07:23 Est-ce que Corinne Diacre doit partir ?
07:25 - Ecoutez, ça c'est une réponse qui appartient à la Fédération française de foot d'apporter.
07:32 Elle va d'ailleurs le faire. Ils se sont donné un calendrier.
07:34 - Elles ont bien fait de prendre la parole, les joueuses ?
07:36 - Ecoutez, moi, cette situation me peine un petit peu,
07:39 parce que je pense qu'il y a en fait beaucoup de souffrance de part et d'autre.
07:43 Une souffrance exprimée par les joueuses,
07:45 notamment par cette grande championne qui est Wendy Renard.
07:48 Une souffrance qui est aussi celle de Corinne Diacre,
07:50 qui est une professionnelle respectée, respectable.
07:54 Et je pense que cette situation, elle est à nouveau symptomatique
07:57 des dysfonctionnements de cette fédération.
07:59 - On ne peut pas aller au mondial dans ces conditions-là ?
08:01 - Une écoute qui a été insuffisante, avec des décisions qui ont été prises
08:04 de manière très isolée, très solitaire.
08:06 Insuffisamment de débats, d'échanges et de collégialité
08:10 qui font que maintenant on se retrouve dans cette situation.
08:12 - Elles ne peuvent pas aller au mondial comme ça à 5 mois ?
08:13 - Il appartiendra à la fédération de l'établir, de le décider en écoutant les joueuses,
08:18 en écoutant aussi Corinne Diacre, en regardant les options.
08:21 Le but c'est qu'on ait une équipe de France qui soit la mieux préparée
08:24 pour ce très beau mondial qui s'annonce le 20 juillet prochain.
08:26 - Un tout dernier mot, il nous reste quelques secondes.
08:28 Amélie Oudeka Serra, ça fait 9 mois que vous êtes ministre des sports.
08:30 Vous avez obtenu la démission de Noël Legret,
08:32 celle de Bernard Laporte de la Fédération française du rugby,
08:34 de Bruno Martini de la présidence de ligue de handball.
08:37 Le sport français est malade quand on voit toutes ces histoires ?
08:40 C'est un peu ce qu'on se dit ?
08:41 - Non, au contraire, le sport français va bien.
08:43 Il y a beaucoup de fédérations qui vont bien, qui agissent bien.
08:46 Il y a des bénévoles engagés, des éducateurs, des dirigeants
08:48 qui se démènent dans les territoires.
08:50 - Mais le ménage était nécessaire ?
08:51 - Plus de pratiquants encore post-Covid.
08:54 D'ailleurs, les résultats sont là,
08:55 on sera en mesure d'en communiquer prochainement.
08:58 On a les événements qui s'organisent très bien, la Coupe du monde,
09:01 les mondiaux de ski ont été une formidable réussite.
09:03 - Il fallait faire le ménage ?
09:04 - On a des équipes, des athlètes qui...
09:06 Il y a des problèmes qui se posent.
09:08 Il faut les traiter parce que le sport est une très belle chose
09:10 qui mérite mieux que d'être abîmée par un manque d'éthique ou d'intégrité.
09:15 - Merci beaucoup Amélie Odekaterra.
09:16 - Nous avons fait un travail approfondi et rigoureux,
09:18 vient de nous dire la ministre.
09:19 [SILENCE]
Commentaires