00:00 On est roncendrés au bord d'une rivière.
00:02 Moi j'aime bien le pandarou.
00:04 Euh...
00:05 Ouais, crapa...
00:06 T'as vu c'est doux hein ?
00:07 Ouais.
00:08 Ouais, non, pour crapauter dans les arbres et tout c'est sympa.
00:10 T'as peur des créatures ?
00:21 Faut apprendre à vivre ensemble.
00:24 Faut pas avoir peur.
00:29 J'ai peur.
00:30 Moi je me refuse totalement à lui donner un genre.
00:45 Pour moi c'est un film de genre au pluriel.
00:46 J'aime bien que tout ça se marie, quoi.
00:48 L'intime, le spectaculaire, l'action, la comédie.
00:51 Je trouve que ça donne de l'élan, quelque chose de vital, fort et réaliste au film.
00:58 En étant acteur ou spectateur, je remarque que l'envie qu'on a c'est de faire partie du monde animal.
01:03 On a presque envie d'être ces créatures qui se transforment et qui mutent en fait,
01:07 plutôt que de rester avec les mecs qui les visent dans les champs,
01:10 enfin bref, avec ces réactions agressives et contre, quoi.
01:13 Plus j'étais proche d'eux, enfin des gens qui se transforment, plus j'étais heureux.
01:18 On vit aujourd'hui dans un monde où on est en train de se transformer.
01:21 Et c'est ça qui est le plus drôle.
01:22 Plus j'étais proche d'eux, enfin des gens qui se transforment, plus j'étais heureux.
01:26 On vit aujourd'hui dans un monde qui se rarifie.
01:28 On voit bien qu'il y a un effondrement par exemple de la biodiversité.
01:31 Pour moi, le film montre exactement l'inverse.
01:33 C'est presque un souhait.
01:34 C'est-à-dire qu'au fond, on va vers un monde qui est plus riche, qui est plus divers,
01:36 où il y a plus de différences, plus de variétés.
01:39 C'est plus une utopie qu'une dystopie.
01:41 On va aller roncer en dré, au bord d'une rivière.
01:50 Voler, ça ne doit pas être désagréable.
01:52 On va prendre de la hauteur, c'est pas mal.
01:54 Moi j'aime bien le panda roux.
01:56 T'as vu, c'est doux.
01:59 Pour crapauter dans les arbres, c'est sympa.
02:01 Puis c'est assez mignon comme animal.
02:03 La façon dont la société réagit, elle est diverse elle aussi.
02:15 C'est-à-dire qu'il y a effectivement des pulsions sécuritaires,
02:18 des pulsions violentes.
02:19 Mais il y a aussi, comme François en témoigne auprès de son fils dans le film,
02:22 des actes d'amour absolu, des actes de solidarité.
02:26 Pour moi, c'est une façon de poser une question,
02:28 plutôt que de donner une réponse morale très claire.
02:31 La question c'est, qu'est-ce qu'on fait de se vivre ensemble ?
02:34 Comment on cohabite ?
02:35 La force de ce personnage, c'est déjà assez tôt d'accepter de vivre avec les bêtes,
02:39 et puis de les aimer aussi.
02:41 En ça, il est en avance,
02:43 ou en tout cas, il fait partie des humains qui arrivent à accepter cette différence
02:48 et qui arrivent à vivre avec.
02:50 L'acceptation se fait déjà au sein des gens proches,
02:53 et elle est peut-être très difficile au départ.
02:55 Et ensuite, justement, ça nous ouvre à être plus indulgents
02:59 sur des gens qu'on ne connaît absolument pas.
03:02 Ouais, j'y crois ça.
03:03 [Musique]
03:13 C'est arrivé un an après le début de l'écriture.
03:16 Sur le tout début, j'ai même pensé que ça n'avait plus aucun intérêt de faire ce film
03:20 parce que la réalité était tellement forte qu'on vivait,
03:23 qu'il fallait passer à autre chose.
03:25 Et puis c'est devenu beaucoup plus intéressant
03:27 quand la société a commencé à accepter de vivre dans cet état un peu particulier,
03:30 où c'est là, c'est pas là, on se confine, on se déconfine,
03:33 on fait semblant que tout va bien, qu'on a un retour à la normale,
03:36 alors qu'en fait, il y a quand même quelque chose qui a changé, qui s'est déréglé.
03:38 Et ça, c'est précisément ce qui se passe dans le film.
03:41 On fait tout pour continuer à vivre des vies normales,
03:44 alors que le monde est devenu fou.
03:46 [Musique]
03:55 [Musique]
Commentaires