00:00 Le scénario. C'est un des plus beaux scénarios que j'ai lu, où tout de suite je sentais
00:09 cette frontière entre le réel et le surnaturel, le fantastique, et en même temps cette grande
00:14 pudeur. Je lisais un film sur la mutation, sur comment l'homme peut devenir animal et
00:19 qu'est-ce que la différence crée chez l'autre. Et j'ai trouvé que ce film c'était vraiment
00:25 une ode à la différence et tout de suite j'ai eu envie de participer au point où
00:27 j'ai un peu harcelé Thomas en lui disant "je t'en supplie, est-ce que je peux passer
00:31 le casting pour Fix, l'homme oiseau ?" et il m'a dit "non, je préfère que ce soit
00:37 un homme pour telle et telle raison" et il a très bien défendu, il a raison, parce
00:40 que c'est Tom Mercier qui le joue et qui est exceptionnel. Mais tout de suite j'ai
00:45 eu envie d'en être.
00:46 Je pense que mon personnage c'est quelqu'un qui avait foi en son métier, qui pour une
00:52 fois il se passe quelque chose dans la région et finalement elle se rend compte qu'elle
00:56 ne va absolument pas participer et en même temps elle se pose même la question de se
01:01 dire "participer à quoi finalement ? À parquer les gens dans des hôpitaux à cause
01:04 de cette mystérieuse maladie où finalement c'est juste, même si c'est bizarre de dire
01:09 juste, mais des humains qui se transforment en animaux et que la société ne s'adapte
01:12 pas du tout aux autres ?" Et donc dans ce non-sens forcément elle a des sorties de
01:19 phrases qui sont assez maladroites et drôles.
01:24 Thomas je le décrirais comme quelqu'un d'extrêmement intelligent, de doux et de fantaisiste mais
01:35 tout en pudeur.
01:36 Paul Kircher, moi je me rappelle que sur le tournage j'avais appelé, on a le même
01:44 agent et je lui avais dit "mais c'est une star, c'est fou ce qu'il fait, il me fait
01:48 penser à" - très bizarre la comparaison - "à Valéria Brunetti-Deschi dans toute
01:54 la générosité et en même temps la singularité de jeu.
01:57 Il a quelque chose d'unique Paul.
01:59 Je pense que c'est aussi le monde, c'est le cinéma qui évolue avec son monde.
02:08 Le cinéma évolue en même temps que la nature, que l'intelligence artificielle, que tout
02:14 ce qui se développe donc forcément la créativité est cultivée et il y a comme un envie, presque
02:25 un besoin d'originalité.
02:26 Si je devais être incarné en animal, je pense soit un loup, parce que ça vit en meute,
02:36 comme ça je serais avec ma famille, soit un paresseux.
02:41 J'aimerais bien des fois me dire "ah tiens, ça mange, ça dort, ça mange, ça dort".
02:45 Mon meilleur souvenir de Cannes, c'est toutes mes premières fois je pense, parce qu'il
02:55 y a l'insouciance qui va avec, donc la vie d'Adele.
02:58 Mon pire, j'ai pas de pire souvenir, forcément je pense les polémiques, le fait de devoir
03:04 très vite choisir un camp, d'être questionné sur des choses où quand t'es jeune tu ne
03:09 sais pas forcément les réponses, mais de ne pas avoir le droit à cette incertitude,
03:13 l'hypocrisie parfois.
03:16 Moi forcément je me situe dans le juste, je me situe dans le juste maintenant.
03:29 En fait je remarque qu'à chaque fois que je viens à Cannes finalement, c'est peut-être
03:37 même ça qui est réducteur, c'est qu'on parle beaucoup aux femmes que de ça en fait.
03:42 Et elles ne viennent plus exister en tant qu'actrices ou de défendre un rôle, etc.
03:48 Il y a quelque chose presque de réducteur.
03:49 Et pareil de devoir choisir comme un camp, alors que pour moi il n'y en a absolument
03:55 pas.
03:56 Évidemment que je suis contre toute forme d'injustice, que je suis pour l'égalité
04:00 des sexes, etc. et pour la parole surtout, pour le soutien, pour qu'on s'écoute,
04:04 et même plus généralement.
04:05 Mais quand ça devient quelque chose d'un camp et quand les mêmes personnes qui me
04:08 demandent d'être dans des comités, c'est des gens qui finalement n'ont pas forcément
04:14 un bon comportement quand tu les croises au quotidien.
04:16 Pareil pour moi, il ne faut pas que ce combat soit réducteur ou hypocrite.
04:22 Maintenant je pense que le combat #MeToo a bien fait d'exister, qu'il continuera d'être
04:26 développé.
04:27 Et voilà.
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