00:00 Je me suis entraînée comme une folle et à la fin de cette année-là,
00:02 j'ai été championne de France.
00:03 Je me suis dit vraiment, tout est possible et quand on croit en ses rêves
00:06 et qu'on va jusqu'au bout, on peut vraiment y arriver.
00:08 Salut, moi c'est Camille.
00:14 Je suis à tête en équipe de France de breaking
00:16 et aussi chorégraphe de ma compagnie de danse qui s'appelle Yeyellow.
00:19 Et ça, c'est ma mascotte, Pikachu.
00:22 J'ai découvert la culture hip-hop par le rap.
00:24 J'ai découvert le graph, le DJing, mais aussi la danse.
00:28 Et dans la danse, ce que j'ai préféré, c'était vraiment le break.
00:31 Il y avait des figures super impressionnantes,
00:34 avoir un style vraiment propre à soi.
00:35 De faire ressortir sa personnalité, en fait, dans la danse,
00:38 ça c'est un truc qui m'a vraiment plu.
00:40 J'ai appris le break toute seule, en autodidacte.
00:44 Quand j'ai voulu en faire, j'avais à peu près 14-15 ans
00:47 et à cette époque-là, j'habitais en Picardie, en Haute-France.
00:50 Donc, il n'y avait personne qui faisait du break.
00:52 Il faut savoir qu'à l'époque, il n'y avait pas YouTube, pas d'Internet.
00:56 Et j'avais trouvé un reportage sur une chaîne de télé
00:59 qui parlait du hip-hop en général.
01:01 Dans cette cassette, au fond, en arrière-plan,
01:03 on pouvait voir des gens qui brekaient.
01:05 Je mettais pause sur la cassette,
01:07 j'essayais de refaire les mouvements, etc.
01:09 Ce n'était pas très facile.
01:11 Finalement, je n'ai rencontré que des personnes
01:12 qui faisaient une autre discipline de la danse hip-hop,
01:15 qui s'appelle du popping, qui n'a rien à voir avec le break.
01:17 En fait, c'est une danse qui se fait debout.
01:19 Je suis devenue danseuse professionnelle en faisant du popping.
01:22 Et ensuite, je suis entrée dans une compagnie de danse.
01:24 Dans cette compagnie, j'ai rencontré un breaker.
01:27 C'était vraiment mon rêve de faire du break.
01:28 Et je pensais qu'il était trop tard,
01:30 parce que j'avais à l'époque 23-24 ans.
01:32 Je le voyais breaker tous les jours.
01:34 Et je me disais, "Waouh, c'est ça que je voulais faire."
01:36 Et à 26 ans, j'ai vraiment décidé de me lancer.
01:39 Je ne voulais pas avoir des regrets.
01:41 Donc, je me donnais un an pour faire que du break
01:44 et voir ce que ça donnait.
01:45 Et du coup, je me suis entraînée comme une folle.
01:46 Et en fait, l'année d'après, donc l'année de mes 27 ans,
01:49 j'ai commencé à faire des battles.
01:50 Et à la fin de cette année-là, j'ai été championne de France.
01:53 Je me suis dit, vraiment, tout est possible.
01:54 Et quand on croit en ses rêves et qu'on va jusqu'au bout,
01:56 on peut vraiment y arriver.
01:57 En général, c'est bien d'avoir sa propre personnalité.
01:59 Du coup, je ne voulais pas trop me faire influencer
02:01 par des mouvements, etc.
02:02 Donc, mes influences, ça a plutôt été tout ce qui est manga.
02:05 Ça, c'est vraiment quelque chose qui m'inspire énormément.
02:08 Mes meilleurs souvenirs de carrière,
02:09 le premier, c'est quand j'ai gagné
02:11 mes premiers championnats de France.
02:12 Et ça m'a vraiment montré que c'était mon chemin
02:14 et qu'il fallait que je continue vers ça.
02:16 Mon deuxième meilleur moment,
02:17 c'était quand j'ai gagné un championnat du monde
02:20 qui s'appelle Unbreakable.
02:21 Super important, parce que c'était un gros battle international.
02:24 Et voilà, j'étais super contente de gagner.
02:26 Mon troisième moment, c'est...
02:27 En fait, j'ai gagné un battle contre des garçons.
02:30 Et j'ai gagné la qualif' Ile-de-France
02:32 dans la catégorie B-Boy.
02:33 Un super souvenir, parce que c'est vraiment
02:35 quelque chose dont j'étais fière.
02:37 Pour moi, l'état d'esprit du breaking
02:38 et de la culture hip-hop en général,
02:41 "Peace, love, unity", c'est ce qui se dit dans le milieu.
02:44 Le breaking a des valeurs très positives et très, très belles.
02:47 Moi, je n'ai jamais subi de préjugés
02:49 parce que j'étais une femme et que je faisais du break.
02:51 J'ai plutôt rencontré des personnes qui m'ont soutenue.
02:54 J'ai déjà entendu plutôt des filles, des fois, qui se freinent.
02:57 Des fois, j'entendais des filles qui me disaient
02:58 "Je ne peux pas faire cette figure-là parce que je suis une fille."
03:00 Malheureusement, j'ai l'impression que des fois,
03:01 c'est plus nous-mêmes qui nous bloquons,
03:03 alors que tout est possible.
03:04 Je trouve que dans la pratique du break,
03:06 je ne ressens pas l'inégalité entre hommes-femmes.
03:09 C'est une des rares disciplines où on peut faire des battles,
03:12 où il y a les hommes et les femmes qui sont mélangés.
03:14 Ça ne pose aucun problème.
03:15 Je trouve ça magnifique.
03:17 C'est propre à la culture hip-hop en général.
03:18 C'est vraiment une culture qui est vraiment inclusive,
03:21 qui inclut vraiment tout le monde.
03:23 Dans un battle, vous allez voir des enfants,
03:25 des filles, des garçons, des handicapés.
03:28 Ils vont tous concourir dans la même catégorie.
03:30 Ça, c'est un échange qui est merveilleux, incroyable.
03:32 On se respecte tous.
03:34 C'est ça que j'adore aussi dans le breaking.
03:36 Avec ma compagnie, Yéyélo,
03:38 on a des initiatives pour partager le break et parler du break.
03:42 On donne beaucoup d'ateliers en milieu scolaire,
03:44 dans beaucoup d'endroits, des conférences, des ateliers.
03:47 Pour moi, c'est super important de partager cette culture,
03:50 de partager le break.
03:51 Comme je vous le disais, ça a des valeurs magnifiques.
03:54 Je trouve ça bien de les partager.
03:55 Partager mon parcours, mon histoire, si ça peut aider aussi,
03:58 c'est vraiment quelque chose que j'aime faire.
04:00 Pour moi, les Jeux Olympiques de Paris 2024,
04:03 ce sera forcément un moment historique.
04:05 C'est la première fois qu'il y aura le break,
04:07 le breaking aux Jeux Olympiques.
04:09 C'est un moment que j'ai envie de vivre.
04:10 Maintenant que le break est rentré au JO,
04:12 ça n'a pas énormément changé pour moi
04:14 parce que je faisais déjà beaucoup de battles,
04:16 beaucoup de compétitions,
04:17 donc je m'entraîne vraiment de la même manière.
04:19 Après, ce qui a changé plutôt, c'est l'accompagnement.
04:21 Par exemple, maintenant, il y a un pôle à l'INSEP,
04:23 donc on peut venir s'entraîner à l'INSEP.
04:25 Ça, c'est quelque chose qu'on n'avait pas avant.
04:26 On est plus suivi médicalement.
04:28 Maintenant, la Fédération Française de Danse
04:30 qui est rattachée au breaking, ce qui n'existait pas du tout avant.
04:33 Bien sûr, on a plus d'opportunités
04:36 pour ce qui est sponsor, mécénat, etc.
04:38 Ma préparation, si je suis qualifiée,
04:41 ce sera beaucoup d'entraînement.
04:43 Mais c'est ce que je fais déjà, donc ça va.
04:45 Pour vous dire un peu ma façon de m'entraîner,
04:48 à peu près une heure d'étirement le matin.
04:51 Après, je fais à peu près 1h30 de préparation physique aussi le matin.
04:55 Après, je fais ma petite pause repas.
04:57 Et après, l'après-midi, je m'entraîne 2 à 3 heures
05:00 vraiment là sur ma discipline, le breaking.
05:02 Mon spectacle "Dos au mur",
05:04 c'est la première création que j'ai faite avec ma compagnie Yeyello.
05:07 C'est un spectacle avec deux breakers.
05:08 Donc, on est deux sur scène
05:10 et il y a un grand mur qui traite de la séparation,
05:12 des barrières qu'on peut avoir physiques,
05:14 mais aussi intérieurement, dans sa tête, etc.
05:17 C'est un spectacle en théâtre qui dure une heure
05:19 et qui est magnifique.
05:20 Venez le voir !
05:21 [Rires]
05:23 ♪ ♪ ♪
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