00:00 Écoutez Pauline, la situation humanitaire est catastrophique.
00:03 Il faut dire les choses, ces exilés, ces migrants, pour certains, ça fait, imaginez-vous,
00:08 plusieurs mois, on a rencontré tout à l'heure un qui nous disait "ça fait 6 mois que je marche depuis la Gambie pour rejoindre l'Europe".
00:15 Vous imaginez le niveau de fatigue qu'ils ont pu accumuler au fil de ces mois.
00:23 Et justement, ils arrivent ici à Lampedusa épuisés, déshydratés, souvent aussi malnutris.
00:30 Et donc ils sont dans cette chaleur intense de Lampedusa, dans une nouvelle situation complexe à gérer.
00:37 C'est que désormais, ils sont parqués ici en attendant un navire qui puisse les emmener plus loin que Lampedusa.
00:45 Parce que cette île, elle n'a plus les capacités pour accueillir ces milliers de migrants qui, je vous rappelle,
00:51 sont arrivés presque d'un seul coup, 7000 migrants en 36 heures.
00:55 Et c'était tout simplement ingérable pour cette petite île.
00:58 Vraiment, on a rencontré des personnalités qui sont épuisées, fatiguées.
01:02 Et c'était impressionnant de voir les traces sur leur corps, les traces sur leur visage, sur leurs pieds, sur leurs mains.
01:08 C'était vraiment impressionnant.
01:11 Vous le disiez, Samis Faxi, les capacités d'accueil sont limitées sur l'île.
01:15 Qui les prend en charge, qui les nourrit, leur donne à manger à ces migrants ?
01:21 En fait, il y a sur l'île de Lampedusa 400 places d'hébergement et là, il y a 7000 migrants qui sont arrivés.
01:29 Donc je vous laisse imaginer un petit peu la situation d'urgence.
01:32 Alors il faut vraiment saluer le travail de l'aide humanitaire, du personnel de la Croix-Rouge qui tente,
01:39 et bien tente bien mal, de venir en aide à ces migrants en leur apportant de l'eau, en leur apportant de la nourriture.
01:45 Tout à l'heure, il y en a un qui a fait un malaise parce que la chaleur, elle est étouffante.
01:48 Et justement, ces personnels, ils se sont précipités sur, en tout cas sur cet exilé pour lui venir en aide.
01:55 Mais c'est vraiment les autorités, y compris les policiers, les policiers qui jouent un rôle extrêmement important,
02:00 parce que parfois, il y a des tensions, vous savez, interethniques qu'il faut gérer.
02:05 Et les policiers, eh bien, semblent-ils, en tout cas, c'est ce qu'on constate avec Sony Arénaud,
02:09 bien formés parce qu'ils arrivent à faire retomber la pression assez rapidement.
02:13 Et donc, si vous voulez, c'est une somme finalement d'aides très précieuses qui s'est mis en place ici à Lampedusa.
02:18 On les voit, certains d'entre eux, derrière vous. Il y a beaucoup d'hommes. Il y a aussi des femmes et des enfants.
02:26 Oui, alors, les femmes et les enfants sont traités en priorité.
02:29 Ils tentent, les autorités, de les exfiltrer sur l'île de Sicile pour les épargner et laisser les hommes ici entre eux.
02:40 Mais vraiment, la priorité, elle est mise sur les femmes, sur les enfants.
02:43 On ne vous montrera évidemment pas cette image, mais il y a une femme qui est juste devant avec un nouveau-né
02:48 qui doit avoir, allez, trois mois maximum. Et cette femme, on imagine qu'elle a traversé cette Méditerranée
02:55 à bord d'une embarcation de fortune avec son bébé. Et donc, eh bien, ces personnes-là sont traitées en priorité, bien sûr.
03:03 Samy, vous parliez des policiers qui sont présents. Est-ce qu'il y a des tensions ?
03:07 Il y a beaucoup de monde, évidemment. C'est à 8 000 personnes. Il y a des tensions aussi sur place ?
03:12 Alors, c'est ce que je vous disais tout à l'heure. Il y a des tensions, vous savez, un peu interethniques, il faut dire,
03:17 les choses entre différents pays parce que, vous savez, ces exilés, ils ont traversé parfois 5, 6 pays.
03:24 Et dans certains de ces pays, eh bien, les choses se sont très mal passées.
03:27 Sonia Reynaud, qui est juste derrière la caméra, a eu un témoignage tout à l'heure d'une personne qui a été torturée
03:33 dans un des pays qu'il a traversé. Et donc, désormais, eh bien, il en veut à tous ceux qui viennent de ce pays-là.
03:39 Et donc, ça crée forcément un niveau de tension entre ces individus, parfois aussi lors de la distribution alimentaire
03:46 parce que, eh bien, même si la Croix-Rouge a des denrées, on va dire, en nombre suffisant, eh bien, dès qu'il y a
03:53 la distribution alimentaire, c'est un peu la cohue. Tout le monde veut prendre sa part, évidemment, parce qu'ils sont assoiffés,
03:57 ils ont faim. Et donc, là, il peut y avoir des tensions assez importantes. Mais encore une fois, les policiers sont plutôt bien formés.
04:04 Ils gèrent assez bien la situation.
04:07 — Et vous nous disiez que ces migrants attendent de pouvoir prendre un bateau pour être embarqués, pris en charge. Où sont-ils amenés ?
04:16 — Alors en fait, Sonia va vous montrer. Juste derrière ces grilles, il y avait un bateau tout à l'heure. Il y avait un très gros ferry
04:22 qui, eh bien, emmène ces exilés du côté de la Sicile pour l'instant, parce qu'il faut traiter en fait l'urgence. L'urgence, c'est de désengorger
04:33 l'île de Lampedusa, qui n'est pas du tout dimensionnée pour faire face à ce genre de situation. Donc dans un premier temps, eh bien,
04:40 il faut « diluer » cet influx de migrants en les emmenant dans différents ports de Sicile pour pouvoir gérer la situation.
04:47 Et puis une fois qu'ils seront en Sicile, eh bien après cela, ils seront envoyés encore dans d'autres ports, d'autres destinations
04:54 sur les côtes italiennes. Mais là, vraiment, il faut traiter l'urgence. Et c'est pour cela qu'ils ont affrété les autorités italiennes
05:01 d'énormes ferries, d'énormes embarcations pour pouvoir exfiltrer un grand nombre en tout cas de migrants le plus rapidement possible
05:09 avant que cette situation humanitaire ne devienne vraiment plus possible.
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