Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 ans
“On cherche le moindre truc pour m’envoyer en prison”. Djibril Dramé, organisateur de KohLantess, a été placé en garde à vue et perquisitionné pour avoir “relayé des vidéos” lors des révoltes après la mort de Nahel. Lui et son avocat dénoncent l’acharnement judiciaire dont il est victime à cause de sa notoriété sur les réseaux

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 Depuis le qualentesse à la prison, je subis un acharnement judiciaire.
00:03 Et là c'est plus possible.
00:04 On cherche le moindre truc pour me faire aller en prison.
00:06 Il y a eu une perquisition chez moi parce qu'il y a eu des émeutes.
00:10 Tout le monde a filmé les émeutes en bas de chez eux.
00:12 Et pourquoi on vient me perquisitionner que moi en fait ?
00:14 J'arrive pas à comprendre.
00:15 Djibril Drame a été interpellé et placé en garde à vue
00:18 pour avoir diffusé et relayé des images des révoltes
00:21 qui ont eu lieu suite à la mort du jeune Nahel.
00:23 J'ai fait 35 heures de garde à vue.
00:24 Comparé à des gens qui sont sortis au bout de 5 heures.
00:26 La perquisition et même la garde à vue, elle est insensée.
00:29 Quand on réfléchit en prenant un petit peu de recul,
00:32 poursuivre une personne parce qu'elle a relayé des contenus,
00:35 c'est extrêmement attentatoire à la liberté d'expression,
00:37 la liberté d'informer.
00:38 Mais depuis que j'ai fait qualentesse dans la prison,
00:40 c'est la deuxième fois que je suis déféré pour des histoires qui ont ni queue ni tête.
00:44 Déférer, ça veut dire que tu fais une garde à vue pendant un certain moment
00:47 et ensuite de ça, on t'emmène comme une personne qui va aller en prison
00:50 directement devant le juge, t'as les menottes.
00:52 Tu peux passer en comparution immédiate,
00:54 tu peux avoir un jugement qui va mettre un peu plus de temps.
00:56 Mais déférer, c'est vraiment quand en voilà.
00:58 C'est pas courant d'être déféré et même poursuivi
01:01 pour avoir simplement diffusé des images, des émeutes.
01:04 C'est extrêmement rare.
01:05 Donc aujourd'hui, on le poursuit à ce titre
01:07 et on a le sentiment que c'est quand même un acharnement judiciaire
01:10 de la part du ministère public.
01:11 L'ordre, il vient d'au-dessus parce qu'à chaque fois que je me retrouve
01:13 dans une garde à vue ou quoi que ce soit,
01:15 les OPJ te disent directement "ouais, c'est rien,
01:17 normalement tu sors dans 24 heures, etc."
01:19 À chaque fois, je finis par être déféré
01:21 et quand je vois un juge indépendant, il finit par me relaxer
01:23 ou me dire "ouais, normalement, t'as rien à faire ici, toi."
01:26 Un juge judiciaire, c'est un juge qui va être indépendant
01:29 du pouvoir exécutif, tandis qu'un procureur de la République,
01:32 c'est un magistrat qui va être sous l'autorité du garde des Sceaux.
01:35 La nuit d'émeute à la prison de Fresnes,
01:37 c'était le jour de la mort du petit Naël.
01:39 Ce qui s'est passé, c'est que c'est juste en bas de chez moi.
01:41 Je descends, j'essaie de calmer les jeunes de mon quartier.
01:43 Je leur dis "allez, remontez à la cité, etc."
01:45 Je suis un peu un médiateur.
01:46 Madame, c'est votre voiture ?
01:47 Descends de sa voiture, descends de sa voiture.
01:49 Moi, je fais un peu comme une interview,
01:51 comme font les journalistes.
01:52 On est au cœur de l'action, etc.
01:53 Voilà ce qui se passe.
01:55 C'est le feu, la prison derrière.
01:57 Nous allons interroger les jeunes casseurs qui sont ici présents.
02:02 Mais j'essaie de tempérer, je me mets quand même loin
02:05 pour pas qu'on dise que c'est moi qui est là en tant que casseur.
02:08 Il est avéré qu'il n'était absolument pas présent.
02:10 C'est démontré en procédure.
02:11 Il était bien éloigné de la zone où l'attaque a eu lieu.
02:14 Il y a certains médias qui s'amusent à dire que j'étais présent
02:16 lors de l'attaque de la prison.
02:17 Je leur explique que non, j'étais pas présent,
02:19 ça ne sert à rien de sortir d'Arctique.
02:20 Ils ont fait en sorte de sortir un article en disant que j'étais présent.
02:23 Et je reçois une perquisition.
02:24 Et le jour de la perquisition, les policiers me disent
02:26 "On a vu ta story et on sait très bien que t'as rien à voir,
02:30 mais malheureusement, on dit que t'étais là,
02:32 nous on est obligés de faire notre travail tout simplement."
02:34 Vraiment, on arrive à un point où les policiers me disent
02:37 "Mais qu'est-ce que tu fais là ? T'as rien à voir."
02:38 On sait que t'as rien à voir dans tout ça.
02:39 En fait, ce qui se passe, c'est que moi, on m'a mis dans le même sac
02:41 que des gens qui ont commis des vraies violences.
02:44 En fait, j'ai l'impression qu'ils veulent pas que je continue à faire ce que je fais
02:47 et que je laisse les jeunes traîner en bas des quartiers
02:49 à la limite de vendre de la drogue et à rien foutre.
02:51 Ça les arrange.
02:52 On a le sentiment qu'il arrive à réaliser ce que les différentes mairies
02:55 et les différentes politiques de la ville n'ont pas réussi à faire
02:57 dans ces 30 dernières années.
02:59 Et le poursuivre à ce titre, c'est aujourd'hui un non-sens.
03:01 C'est un antidote contre les violences entre la police et les jeunes.
03:04 C'est un antidote entre les violences entre bandes rivales.
03:06 Et aujourd'hui, le poursuivre, on a l'impression qu'on marche sur la tête.
03:09 J'ai un autre exemple, c'est que j'ai fait un collant test
03:12 dans le 78 à Mante-la-Jolie.
03:14 C'est une grosse cité, il y avait plus de 300 personnes.
03:16 Ça s'est super bien passé, aucune dégradation, tout se passe très très bien.
03:19 Quelques temps après, on reçoit une convocation du maire de Mante-la-Jolie
03:23 qui a porté plainte parce qu'on n'avait pas d'autorisation pour dégradation.
03:26 Moi, j'ai été déféré pour ça.
03:28 La police, dans leur déposition, ils ont dit que tout s'était très bien passé.
03:30 Pour vous dire à quel point c'était inutile sa plainte,
03:33 on a été relaxés, mais ils veulent juste salir notre image.
03:35 Depuis l'organisation du collant test à la maison d'arrêt de Freyne,
03:39 on sent que les procureurs de la République font quand même un excès de zèle avec lui.
03:42 La première fois, c'était le procureur de la République de Versailles
03:45 qui a décidé de le placer en garde à vue, de le déférer,
03:48 simplement parce qu'il avait organisé un collant de test à la mairie du Val-Fouré.
03:51 Et derrière, à partir du moment où on s'est présenté face à des juges indépendants,
03:54 on a été relaxés.
03:55 Que les collants de test puissent, d'un point de vue extérieur, déplaire,
03:58 que le fait qu'ils soient influents puisse déplaire,
04:01 très bien, on ne peut pas être d'accord avec tout le monde.
04:03 En revanche, on ne peut pas le poursuivre et le condamner pour des infractions
04:06 qui ne sont pas caractérisées, parce que la réalité,
04:08 c'est que Gibril n'a jamais commis d'infraction.
04:10 Et à partir du moment où on se retrouve devant des juges indépendants,
04:12 comme c'était le cas à Versailles, on est relaxés.
04:15 Il y a également aussi une tempête de harcèlement.
04:18 Il reçoit énormément de menaces.
04:20 On a toute l'extrême droite qui lui envoie des messages.
04:23 Et c'est extrêmement violent aussi à ce niveau.
04:25 On a certaines publications dans les médias qui sont quand même plus qu'approximatives.
04:29 Donc évidemment qu'aujourd'hui, il faut répliquer et puis on va déposer plainte.
04:31 Donc aujourd'hui, nous ce qu'on demande, c'est simplement
04:34 à ce que Gibril puisse continuer ses activités qui sont d'utilité publique
04:37 et qu'il puisse capitaliser en continuant ses activités.
04:40 [Générique]
Commentaires

Recommandations