00:00 C'est justement le grand paradoxe dans cette affaire.
00:02 Les accusations sont en effet historiques.
00:04 Ce sont certainement les accusations les plus graves
00:07 auxquelles un président américain a été confronté à travers l'histoire.
00:11 L'acte d'accusation parle littéralement de complot contre la démocratie,
00:15 contre l'Amérique.
00:16 Ça rappelle le livre du romancier Philippe Ross,
00:19 "Le complot contre l'Amérique",
00:20 qui parlait aussi d'un président d'extrême droite
00:23 qui avait utilisé le slogan "America first".
00:26 Mais en même temps, je ne suis absolument pas persuadé,
00:29 malgré toutes ces preuves accablantes rassemblées par le procureur,
00:34 que cela soit suffisant pour invalider ou plomber la candidature de Donald Trump
00:39 pour la simple et bonne raison, comme cela a été dit,
00:42 qu'il dispose d'une base électorale qui lui est entièrement dévouée,
00:46 corps et armes.
00:47 Il y a en effet un phénomène sectaire.
00:50 Comme disait Marshall Proust,
00:52 "Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances.
00:55 Les faits peuvent leur incliger les plus constant des mentis
00:58 sans les affaiblir."
01:00 C'est un peu ce à quoi nous sommes en train d'assister.
01:03 Les scandales se multiplient,
01:04 mais cela ne parvient pas à éroder la confiance des électeurs de Donald Trump
01:09 qui sont toujours persuadés qu'il est victime
01:12 d'une grande conspiration internationale
01:14 visant à l'empêcher d'occuper ses fonctions.
01:17 Donc il joue sur le registre classique
01:19 des leaders populistes, nationalistes, autoritaires.
01:23 Il se nourrit de ces attaques qui finissent par glisser sur lui.
01:27 Ce n'est pas la première accusation.
01:29 Même lorsqu'un jury à l'unanimité à l'État de New York l'a accusé de viol,
01:34 cela ne l'a pas du tout fait faiblir dans les sondages.
01:37 Et ce qui l'aide également,
01:39 c'est la grande médiocrité de ses rivaux à l'intérieur du parti républicain
01:43 qui ne décollent pas.
01:44 Monsieur De Santis, son principal rival,
01:47 ne dépasse jamais les 17%.
01:50 Quant aux autres, Mike Pence, l'ancien vice-président,
01:53 il est à peine à 3%.
01:54 Chris Christie, qui a parfois fait preuve d'un certain courage
01:58 dans sa confrontation avec Trump, est à peine à 2%.
02:01 Donc il y a fort à craindre que, malgré toutes ces accusations,
02:05 Donald Trump soit tout à fait en mesure d'être candidat
02:09 et même éventuellement de représenter une sérieuse menace pour Joe Biden,
02:13 quand bien même la situation économique aux États-Unis resterait très favorable.
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