00:00 Donner naissance à un enfant en bonne santé,
00:02 jouissant de toutes ses facultés physiques et mentales,
00:05 tels sont les vœux des femmes enceintes.
00:06 Pour certaines mamans, la joie de l'enfantement
00:09 se transforme malheureusement en un véritable cauchemar
00:12 du fait de malformations ou de signes apparents de maladie
00:15 que présentent leurs enfants.
00:17 Au nombre des maladies, l'hydrocéphalie,
00:23 pathologie invalidante caractérisée par un aspect énorme de la tête
00:27 et dont les causes sont multiples.
00:28 L'hydrocéphalie, c'est une affection du système nerveux central,
00:33 donc à l'intérieur de la boîte crânienne du cerveau,
00:36 qui est en rapport avec une augmentation du liquide
00:43 qui circule dans le système nerveux chez tous les êtres humains.
00:47 Donc il y a une augmentation de ce liquide dans la boîte crânienne.
00:51 Cette augmentation peut être due à plusieurs choses.
00:54 Elle peut être due soit à une hyperproduction de ce liquide,
00:58 soit à un défaut de réabsorption de ce liquide,
01:01 soit enfin à un trouble de la circulation,
01:04 c'est-à-dire qu'il peut y avoir un obstacle sur la circulation de ce liquide.
01:08 Donc, quelle que soit la cause, ce liquide va s'accumuler,
01:12 grossir dans la boîte crânienne, comprimer le cerveau.
01:17 Et lorsque c'est un enfant, modifier l'aspect du crâne,
01:22 le faire grossir parce que quand on est un petit enfant,
01:27 l'os du crâne est mou, donc il peut être modifié.
01:30 Et lorsque c'est un adulte, c'est plutôt le cerveau qui est pris en sandwich
01:36 entre l'os d'un côté et la pression du liquide.
01:39 Obligés de préjugés et marginalisés par une fonge de la société,
01:43 ces enfants qui supportent difficilement le poids de leurs têtes volumineuses
01:47 sur leurs frêles épaules restent cloués au lit pour la plupart.
01:51 Leur droit à l'éducation est ainsi fortement compromis.
01:55 En plus du manque de moyens financiers des parents pour faire face
01:58 au coût des interventions chirurgicales, les commentaires désobligeants
02:01 et autres propositions indécentes de la société.
02:04 Mon parent m'a dit qu'il n'a pas le...
02:06 On n'a qu'à le jeter.
02:07 C'est pas bon l'enfant.
02:08 Même le jour que je suis, j'ai fait...
02:10 J'ai fait de la remise.
02:12 On dit que c'est pas bon l'enfant.
02:14 On était à l'hôpital.
02:15 Ils avaient demandé qu'on envoie au moins un million, un million cinq.
02:19 On n'a pas eu les moyens.
02:21 On n'a pas eu les moyens pour ça, vraiment.
02:24 C'est ça qui a fait que j'ai oublié de me retourner à la maison avec l'enfant.
02:28 Moi, une fois, je me suis montée dans des tasses,
02:30 des tasses métallières.
02:31 Mon enfant m'a dit de descendre.
02:33 Donc, vraiment, c'est difficile.
02:34 À Anyama, dans le lieu de la capitale abidjanèse,
02:38 Kwako Akissi Estelle, vendeuse ambulante,
02:41 parcourt chaque jour les artères de la ville pour vendre ses beignets
02:44 en vue de subvenir à la prise en charge et aux besoins de sa fille
02:48 atteinte de l'hydrocépanie.
02:49 Seule face à l'adversité,
02:52 elle ne cache pas son calvaire et appelle à l'aide.
02:54 Quand j'ai accouché, la première chose,
02:56 c'est la vieille, elle m'a appelée.
02:58 Elle a dit à l'enfant, "Non, non, non, moi, je vais aller oué ça là.
03:01 Tu vas aller oué ça là, ça là, ça fait pas de chez nous.
03:03 Y en a pas dans ma famille."
03:05 Et puis, c'est ce qu'elle devait dire.
03:06 Elle a dit, et puis ils m'ont laissé, puis ils sont partis.
03:09 Maintenant, quand on est arrivé à la maison ici,
03:10 elle a dit que papa, il va rentrer dans sa maison ici avec l'enfant.
03:13 Qu'est-ce que ça là, c'est pas un enfant.
03:14 Les chats, ce que Dieu fait ici,
03:16 ils veulent prendre l'eau pour me laver,
03:18 pour me laver les cheveux, pour me guider l'enfant.
03:20 Là, ils veulent prendre l'eau pour me laver l'enfant.
03:23 Tu ne te camarades pas d'enfant,
03:24 toi, ce que tu as fait ici, c'est un enfant.
03:25 Ça, c'est pas un enfant.
03:27 Ça là, c'est parce que tu es méchant,
03:28 que Dieu t'a donné un enfant comme ça.
03:30 Ça, y en a pas dans notre famille.
03:32 Qu'est-ce que tu fais pour l'enfant, c'est comme un fils.
03:35 À ce jour, il n'existe pas de mesure de prévention spécifique
03:39 concernant l'hydrocéphalie.
03:41 Toutefois, la prise en charge précoce de l'affection
03:45 doit être de mise.
03:46 En prenant assez tôt de l'acide folique
03:49 chez les jeunes filles en âge de procréer,
03:51 on réduit la survenue de malformations du système nerveux.
03:55 Donc, à ce niveau, ça peut être un axe
03:59 pour réduire les causes malformatives.
04:01 Mais en utilisant cet axe,
04:04 on ne réduit pas forcément les causes infectieuses.
04:07 Comment faire pour ne pas avoir une infection ?
04:09 Ce serait difficile de le dire.
04:11 Quelle que soit l'hydrocéphalie,
04:13 quand elle est prise en charge trop tôt,
04:16 les résultats sont meilleurs.
04:18 Des ONG, en l'occurrence,
04:20 l'ONG Coeur de Maman Amour d'Enfants
04:23 et l'ONG Efrata volent au secours des mamans et leurs enfants.
04:27 Que ce soit pour les opérations, que ce soit pour les examens,
04:30 que ce soit pour les couches,
04:32 qui sont très importantes dans la prise en charge de l'enfant,
04:34 que ce soit pour les rééducations,
04:36 pour que l'enfant puisse marcher un jour,
04:38 nous venons accompagner ces mamans-là dans tout ce combat qu'elles mènent.
04:42 Parce qu'une mère ou bien un couple à une enfant hydrocéphalique,
04:47 en règle générale, soit la maman s'en va ou alors le papa part.
04:52 Et donc l'un des parents se retrouve seul sans ressources.
04:55 Alors après avoir pris soin de l'enfant,
04:58 nous essayons de collecter des fonds
05:01 pour essayer d'aider le parent qui a la charge de l'enfant
05:05 pour essayer de les remettre dans le circuit social.
05:09 Selon l'OMS, il y a 2 à 4 cas d'hydrocéphalie pour 1 000 naissances.
05:14 En Côte d'Ivoire, l'on ne dispose pas véritablement de chiffres.
05:17 Toutefois, les enfants atteints de l'hydrocéphalie
05:20 représentent 9% des hospitalisations neurochirurgicales
05:24 selon la revue de l'Université Félix-aux-Fouettes-Boigny.
05:27 ♪ ♪ ♪
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