00:00 [Musique]
00:05 Bonjour à toutes et à tous, ravi de vous retrouver ici même sur le plateau de Place aux Paysans,
00:10 l'émission qui s'intéresse à nos paysans dans la loi.
00:13 Aujourd'hui, on va s'intéresser au label, exactement.
00:16 Est-ce que le bio, le label, fait plus vendre ? Est-ce que c'est un gage de qualité ?
00:20 C'est la question qu'on va poser aujourd'hui à notre invité, Véronique Murat, de la Chambre de l'Agriculture.
00:25 [Musique]
00:35 Véronique Murat, je l'ai dit, est-ce qu'aujourd'hui, le bio, tous les labels, c'est un gage de qualité pour nos consommateurs ?
00:42 Ah oui, c'est un gage de qualité puisqu'il y a un cahier des charges,
00:45 donc les agriculteurs suivent ce cahier des charges, ont forcément des contraintes liées sur la production de leurs produits,
00:52 donc c'est un vrai signe de qualité, oui.
00:54 Mais il y en a de partout, c'est le label rouge, les terroirs, pour la forme de mont Brison que vous faites,
01:00 il y en a de partout, est-ce que tout ça, c'est la même chose ou c'est spécifique pour chaque...
01:05 Non, chaque label a une particularité, ça peut être soit lié à un terroir, comme les AOP,
01:12 soit lié à une méthode de fabrication, comme le bio, donc chacun a bien ses particularités.
01:18 Et après, chaque consommateur se retrouve en fonction de ses convictions.
01:23 Donc il faut regarder les étiquettes ?
01:25 Oui, très important de regarder les étiquettes.
01:27 Alors vous m'avez dit, c'est un cahier des charges, donc il y a des contraintes,
01:30 ou il y a une direction à suivre, est-ce que ça veut dire que pour nous consommateurs, ça va être plus cher ?
01:35 Pas forcément, ça ne change pas forcément le prix, simplement c'est une vraie assurance d'avoir un produit qui est contrôlé,
01:44 et du coup les agriculteurs sont contrôlés aussi, donc c'est important aussi pour le consommateur de savoir que c'est vérifié.
01:51 Aujourd'hui les consommateurs, dès qu'ils voient bio, ils achètent ou ça s'est un petit peu... la tendance est... changée ?
01:57 Alors ça a un peu changé, effectivement.
02:00 Aujourd'hui les consommateurs achètent du bio quand ils ont des convictions vraiment ancrées sur le bio,
02:06 sur la façon de produire sans pesticides, avec différentes choses,
02:12 mais aussi ils regardent que ce soit un produit local et un produit fermier,
02:17 donc c'est très bien parce que ça permet à tous les agriculteurs de produire des choses qui sont saines et qui sont bonnes pour eux.
02:26 Bio, ça veut dire forcément local ? Non.
02:29 Alors non, pas du tout.
02:31 Au contraire, il vaut mieux acheter un produit local parce qu'il est du secteur et qu'on peut rencontrer l'agriculteur...
02:37 En direct, c'est ça pour eux.
02:38 Non, un produit local, c'est-à-dire un produit de la région,
02:41 plutôt qu'un produit bio mais qui viendrait des autres pays et qui n'ont pas forcément les mêmes cahiers des charges que nous.
02:48 Vous, Véronique Murat, vous faites du lait.
02:51 Oui.
02:52 Moi, je suis un gros consommateur de lait, je pense qu'il y en a d'autres.
02:55 Comment je peux savoir que mon lait vient de chez vous, de votre ferme ou du coin ?
02:59 Alors quand vous l'achetez, c'est très important de lire la brique de lait.
03:03 Si c'est déjà un produit français, c'est déjà bien.
03:07 Et ensuite, vous pouvez aussi avoir des briques de lait qui sont vraiment estampillées,
03:12 lait local, lait d'une certaine zone géographique.
03:16 Et donc là, ça vous garantit un lait au top.
03:19 Un lait au top. HVA, c'est-à-dire quoi ça ?
03:21 Ça, c'est un nouveau label ?
03:22 Alors, ce n'est pas vraiment un label, mais c'est un diagnostic que les fermes font.
03:27 Donc ça veut dire haute valeur environnementale.
03:29 Et ça permet de recentrer bien l'exploitant avec ses animaux et le milieu, l'environnement autour de lui.
03:39 Là, on va prendre la direction de Forgeul-Espinas, où Patricia nous a ouvert ses portes.
03:44 Vous la connaissez, Patricia ?
03:45 Oui, je la connais bien.
03:46 C'est une ferme qui a bien évolué dans le temps, elle l'explique d'ailleurs,
03:52 et qui est vraiment dans l'air du temps, puisque justement, elle a fait le diagnostic HVE.
03:57 HVE, on regarde.
03:59 Notre histoire agricole a commencé il y a 18 ans.
04:04 Sébastien et mon mari s'est installés il y a 18 ans sur la commune de Saint-Forgeul-Espinas,
04:10 en horcade familiale, c'est-à-dire que ses parents n'étaient pas agriculteurs eux-mêmes.
04:14 Nous avons créé notre domaine, on s'est agrandi au fur et à mesure du temps,
04:20 des années, des possibilités.
04:22 On élève des vaches charolaises, comme vous pouvez le constater.
04:26 Là, on en a une petite partie autour de nous.
04:29 On est aux alentours des 260 bêtes sur l'exploitation.
04:33 C'est vraiment un changement de réflexion.
04:35 Je vais mieux valoriser, mieux travailler mon herbe.
04:38 Donc, le pâturage tournant, c'est quoi ?
04:40 C'est tous les jours, on leur change le terrain,
04:44 pour qu'ils aient toujours de la petite herbe toute fraîche, toute jeune,
04:47 et qu'il y a des valeurs nutritives beaucoup plus importantes pour la vache.
04:52 On est labellisé bio, c'est-à-dire qu'on certifie que le produit a été fait
04:58 selon un cahier des charges qui respecte l'environnement,
05:01 qui respecte l'animal qui nous a permis de vous offrir ce produit.
05:04 Mais pour aller plus loin, et pour aussi respecter le paysan, le terroir,
05:10 notre ferme et notre éthique environnementale,
05:13 on s'est fait certifier HVE, donc Haute Valeur Environnementale.
05:17 Ce qui fait que là, on peut vraiment vous garantir que ce qui sort de chez nous,
05:21 ce qui sort de notre terroir, il vous respecte, parce qu'il ne vous fera pas de mal.
05:26 Il n'y a pas de pesticides ou quoi que ce soit.
05:28 Il respecte le cahier des charges bio, et en plus, il respecte l'environnement.
05:35 On ne va pas gaspiller du fioul pour vous mettre à disposition un paquet de steaks ou quoi que ce soit.
05:42 C'est vraiment réfléchir à ce qu'on vous propose, mais comment on vous le propose.
05:48 Techniquement, on a évolué. Commerciellement, on a évolué.
05:52 Mais dire qu'on a pris notre système avant, on l'a collé en bio,
05:56 oui, ça aurait coûté beaucoup plus cher.
05:59 Nous, aujourd'hui, on est en bio, on fait de la vente directe,
06:02 et nos produits, on les vend, mais vraiment pas beaucoup plus cher que du conventionnel.
06:09 Et même quand on fait des études de marché, etc.,
06:12 on arrive même à être moins cher que la grande surface en conventionnel.
06:15 Conventionnel, non bio.
06:17 On a des étés de plus en plus secs.
06:19 Nous, on a toujours de l'eau disponible.
06:21 On a vraiment une ressource qui est extraordinaire.
06:24 Et en plus, ça sert de thalasso pour nos vaches,
06:27 parce que par forte chaleur, vu qu'elles ont accès à l'étang librement,
06:30 elles se mettent de l'eau jusqu'au ventre, et elles passent des journées tranquillement.
06:36 Donc je suis sûre qu'elles souffrent moins de la chaleur que nous.
06:46 Alors j'ai l'impression qu'aujourd'hui, être agriculteur,
06:48 c'est avoir des bottes vertes, blanches, et même mettre ses mocassins.
06:51 Effectivement, oui. On a plusieurs métiers, plusieurs casquettes.
06:54 Donc on met les bottes vertes quand on s'occupe de nos animaux.
06:57 On met les bottes blanches quand on est à la transfo,
06:59 que ce soit en charcuterie ou en fromage.
07:02 Et puis ensuite, on met les mocassins quand on va vendre nos produits sur les marchés.
07:06 - Prospection. - Et quand on va prospecter, oui.
07:08 Mot d'ordre à la fin, consommer local.
07:11 Alors oui, très important, bien sûr.
07:13 Et surtout que le consommateur n'hésite pas à revenir sur les marchés,
07:17 à venir dans les magasins de producteurs, les drives fermiers.
07:20 Il y a toute une panoplie, tout au bord des villes, pour tout le monde.
07:23 Et c'est facile de trouver nos produits.
07:25 Merci à vous. Merci d'avoir suivi ce numéro de Place aux Paysans.
07:28 Et à très vite pour un prochain numéro.
07:30 [Musique]
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