00:00 Moi je crois qu'il y a un raccourci fait entre le sujet de l'immigration et les émeutes qu'on a pu avoir,
00:06 les délinquants identifiés pour beaucoup des jeunes, des mineurs.
00:10 Et je crois qu'il y a un lien et un biais qu'il faut surtout s'éviter de faire.
00:15 Et je suis navrée que votre collègue sénatrice, en face à l'audition de Gérald Darmanin,
00:20 ait pu tenir des propos qui pour moi étaient assez choquants.
00:23 Quand elle pose la question "ils sont comment français"
00:27 Vous voulez que l'on l'entende ? On va l'écouter, ce sera plus simple.
00:30 Votre collègue sénatrice Les Républicains, Jacqueline Eustache-Brignaud,
00:34 qui a donc prononcé hier ses mots en commission face à Gérald Darmanin.
00:38 Force est de constater que oui, vous allez me dire,
00:42 la plupart des gens qui ont été arrêtés sont français, d'accord,
00:46 mais ça ne veut plus rien dire aujourd'hui. Ils sont comment français ?
00:49 Et moi ça m'interroge.
00:51 "Ils sont comment français" ? "Français" ça ne veut plus rien dire.
00:54 On se défend de ne pas être raciste, mais écoutez, pour moi,
00:57 ce sont quand même des propos racistes.
00:59 On vient couvrir avec l'immigration des paramètres qui pour moi n'ont rien à faire.
01:06 Vous l'avez dit, en fait, la réponse c'est "ils sont français, point".
01:10 La question c'est, est-ce qu'on a loupé d'autres choses sur l'immigration ?
01:13 Alors attendez, on va rester sur l'accusation que vous portez.
01:15 Propos racistes. "Ils sont comment français" ? "Français" ça ne veut plus rien dire.
01:20 Je présidais la séance hier au Sénat, donc j'ai assisté à tout cela.
01:24 Je connais parfaitement Jacqueline Eustache-Bregnot, c'est tout sauf quelqu'un de raciste.
01:28 En revanche, c'est quelqu'un de très mobilisé, très engagé sur la défense des valeurs de la République,
01:33 de ses symboles, et qui a une appétence particulière sur le sujet.
01:37 "Ils sont comment français" ? "Français" ça ne veut plus rien dire.
01:40 Vous imaginez ? Les jeunes dont on parle, les gens qui entendent ça ?
01:45 Laissez-moi vous dire ce que je pense. Je ne justifie pas ce que dit ma collègue.
01:48 Je prends plutôt une distance par rapport à ce qu'elle dit, une distance amicale.
01:51 Je pense qu'effectivement, ils sont français, et nous avons affaire à des concitoyens.
01:55 La question qui se pose, c'est pourquoi des concitoyens français se mêlent à des émeutes
02:03 en visant directement les symboles de la République, pas n'importe lesquels, les symboles de la République.
02:08 Il y a quand même un sujet de fond qui se pose.
02:11 Il faut bien qu'on accepte de se poser la question, qu'est-ce qu'on a loupé pour que cette génération-là,
02:16 notamment les mineurs, c'est ça qui est le plus angoissant, se mobilise à ce point contre leur propre pays.
02:22 Mais vous dites à votre collègue "là non, là non, pas ces mots-là, pas ces mots-là".
02:26 Je lui dis amicalement "il faut faire attention à la manière de dire les choses".
02:31 Je lui dis gentiment, je la connais tellement et je sais parfaitement qu'elle n'est pas raciste, évidemment.
02:36 Mais il faut accepter de poser les problèmes tels qu'ils sont, de regarder absolument tout correctement.
02:42 D'ailleurs j'indique que le ministre de l'Intérieur hier à l'audition a signalé que le président de la République
02:48 avait demandé une étude sociologique sur les événements.
02:50 Absolument, c'est vrai.
02:51 Ça c'est très très intéressant parce que c'est vraiment le débat de fond.
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