00:00 Ça fait 16 ans que je suis ici, c'est la première fois que je vois autant d'incidents.
00:03 Même par rapport aux émeutes des étudiants en 2013, c'était petit à côté.
00:06 C'était vraiment petit. Là c'est beaucoup.
00:08 C'est beaucoup et il en reste encore au moins une trentaine dans les ruines en terre.
00:11 Alors qu'on en a déjà fait au moins 90 déjà.
00:13 Après plus de 40 ans dans ce métier, moi je n'ai jamais connu ça.
00:40 Jamais. Je me rappelle des émeutes de 2005, 2007.
00:44 Jamais nous n'avons connu ça. C'est un moment exceptionnel.
00:47 De par le volume des véhicules brûlés que nous avons à retirer
00:53 et qu'on doit remplacer dans les fourrières est exceptionnel aussi
00:55 parce que le personnel travaille jour et nuit et que ce n'est pas facile.
01:00 Il faut faire des rotations sur un autre type parce que sinon on est saturé,
01:03 là ce n'est plus possible.
01:04 Ce qui va être compliqué avec les assurances,
01:07 ils ne sont ni plaqués ni les numéros de série sont bien fondus.
01:12 Les premiers jours c'était tendu.
01:13 On fait ça le matin pour ne pas avoir de problème l'après-midi
01:15 mais les premiers jours c'était tendu.
01:17 Il y a des quartiers comme les Pablos où on n'y allait pas.
01:20 On y était le 2 jours après.
01:22 On a attendu que ça se calme.
01:24 On sent qu'il y a une tension qui n'est pas normale.
01:27 En espérant que ça se calme.
01:28 Mais bon, la 14 juillet qui va se pointer à Nanterre,
01:30 je l'ai toujours vu dès 14 juillet avec des voitures brûlées.
01:33 14 juillet, jour de l'an, ça a toujours brûlé ici.
01:35 Donc en espérant que ça se calme un petit peu.
01:37 Il y a des bus brûlés, il y en a beaucoup.
01:39 Sur les Hauts-de-Seine, il y en a 6 au moment où je vous parle.
01:44 Sur la Seine-Sainte-Denis, il y en a 3.
01:47 Sachez qu'il faut à chaque fois déplacer des grues,
01:50 deux grues par bus et un porte-chars pour les transporter
01:54 parce qu'ils se couperaient dès lors qu'on les tirerait sur 10 mètres.
01:57 Et cette opération coûte entre 8 000 et 12 000 euros.
02:02 Et quand il s'agit de le refacturer à l'administration,
02:04 on dit « non, ce n'est pas identifiable,
02:06 c'est considéré comme des déchets, donc on ne les fait pas ».
02:09 Donc on demande aux dépanneurs d'assumer ce coût.
02:12 Et c'est impossible.
02:14 [Bruit de moteur]
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