00:00 - Effectivement, le symbole a du bon d'être reçu par un président de la République, là où il n'y a plus de régalien.
00:04 Parce qu'on a géré une période, pour moi, à Aulnay-sous-Bois,
00:08 c'était pas du maintien de l'ordre, c'était pas du rétablissement de l'ordre public,
00:12 c'était de la gestion du désordre, où j'ai eu deux nuits où je n'avais même plus de force d'État disponible.
00:17 Pas qu'elle ne faisait rien, c'est que ça n'était plus possible.
00:19 J'ai 50 véhicules...
00:20 - Pardonnez-moi, vous nous dites que l'État vous a abandonnés ?
00:22 - L'État n'était pas là.
00:24 De fait, quand le préfet à 2h du matin vous disait "je n'ai pas de renfort, j'ai trois véhicules pour Aulnay-Sauvrant,
00:31 petite ville de Seine-Saint-Denis assez calme, où vous avez 200 individus qui viennent attaquer votre police municipale
00:38 et il n'y a pas de renfort".
00:39 Et donc effectivement, on est encore dans la sidération.
00:43 Faut pas se leurrer.
00:44 Et quand je dis "on", je regarde mon collègue maire, c'est pas le maire,
00:47 c'est dans certains quartiers, les populations qui ont vu ces scènes,
00:50 avec des services municipaux qui, tous les matins, déblayaient des scènes qui sont hallucinantes.
00:56 50 véhicules municipaux incendiés, la cuisine centrale où on fabrique les repas,
01:01 où les mamans des quartiers travaillent pour fabriquer les repas pour les enfants, brûlés.
01:06 50 caméras de vidéoprotection, brûlées.
01:09 La mairie annexe dans le quartier le plus difficile de Nessouboua, pillée, saccagée.
01:14 Donc, le fait qu'il y ait du retour du régalien, ça c'était bien.
01:18 - Ça veut dire quoi le retour du régalien ?
01:20 - Pardonnez-moi, parce que c'est plus...
01:22 - C'est le retour de l'État ?
01:23 - Ces villes, un président de la République qui n'a pas été un élu local, se dit "tiens, ça existe".
01:28 Parce que le problème des maires, c'est qu'on n'est pas sûrs que le président de la République
01:32 soit en capacité, parce que c'est du vécu.
01:35 Vous savez ce que c'est qu'à 2h du matin, en tant que maire, d'avoir peur pour ses policiers municipaux,
01:39 parce qu'ils sont 30 face à 200 types avec des mortiers.
01:42 - Ça ne fait pas de vous, d'écriture président de la République, excusez-moi,
01:44 de même que ça ne fait pas pour le président de la République,
01:46 une incapacité à se comprendre ce qui se passe sur le terrain.
01:49 - Et le deuxième côté, par contre, oui, alors moi ce n'est pas de la kalinothérapie,
01:53 je n'ai pas besoin de kalinothérapie.
01:55 - Non, je l'ai bien compris.
01:56 - Par contre, j'aurais aimé qu'on parle, avant de parler des grands plans,
02:00 et il faudra en parler, mais il y a encore cette nuit.
02:02 Moi c'est, est-ce qu'il y aura les forces disponibles, oui ou non,
02:07 pour assumer la tranquillité publique ?
02:09 Et deuxième chose, avant de parler de grands plans, sur l'urbanisme, on a tout entendu,
02:14 comment on va rapidement redonner les signes que la vie revient,
02:18 remettre des véhicules municipaux, reconstruire le basique.
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