00:00 Je pense que la situation est encore plus dramatique aujourd'hui qu'elle l'était en 2005, pour deux raisons.
00:04 D'abord la première, c'est que la propagation aujourd'hui des informations va beaucoup plus vite.
00:09 Ça se passe sur les réseaux sociaux, alors qu'à l'époque les émeutiers se donnaient d'une certaine façon rendez-vous
00:15 tous les soirs à 20h pour faire une surenchère suivant les zones géographiques,
00:19 entre les zones de province et les zones franciliennes.
00:22 Et puis je pense aussi, c'est qu'on le voit bien, la mobilisation des émeutiers est très rapide et très efficace, et malheureusement.
00:33 Et donc de ce fait là, on est dans une situation préoccupante.
00:37 Est-ce que les mesures annoncées aujourd'hui par l'exécutif vous semblent conformes à la situation ?
00:42 Oui, je pense qu'elles sont totalement en adéquation et il devrait y avoir une forme d'unité nationale à soutenir aujourd'hui l'exécutif
00:48 quant à ses décisions qu'il vient de prendre et qu'il va prendre même à l'avenir.
00:52 Je pense que face à des phénomènes de ce type, qui sont à la fois des phénomènes sociaux mais aussi des phénomènes de sécurité,
00:58 il faut que l'ensemble des forces politiques soutiennent bien sûr le gouvernement.
01:04 Comment est-ce que la prise de décision a été conduite en 2005 ?
01:07 Je rappelle que vous étiez donc à Beauvau côté Nicolas Sarkozy.
01:11 C'était des décisions heure par heure en fin de compte parce que par rapport aux renseignements que nous pouvions avoir,
01:16 il fallait que les forces mobiles soient justement très mobiles.
01:19 C'est-à-dire qu'il faut que vous mettiez les forces mobiles à l'endroit où vous sentez que des tensions vont naître ou sont présentes.
01:25 Et c'est ça toute la difficulté en fin de compte, c'est que la police doit être mobile, les forces de gendarmerie doivent être mobiles.
01:31 Vous savez, la délinquance est mobile et en l'occurrence maintenant avec les moyens de communication, ça s'est amplifié.
01:38 Et cette propagation, elle était très forte donc il fallait prendre des décisions et il y avait une répartition des rôles.
01:43 Le chef de l'État bien évidemment était là pour apaiser, ce qui est le cas aujourd'hui pour le président Macron.
01:48 Et puis le ministre de l'Intérieur était auprès des hommes et des femmes qui intervenaient au front des émeutiers.
01:54 Donc on était vraiment dans, je dirais, une forme de binôme qui était parfaitement en adéquation.
02:01 Et c'est vrai que le Premier ministre a aussi à gérer les affaires du pays, ce qui n'est pas la moindre des choses
02:06 parce qu'au-delà des émeutiers, il y a tout le reste à gérer.
02:10 – Des manifestations d'ampleur sont annulées aujourd'hui, des festivals, des concerts par exemple.
02:15 Tout le monde ne se souvient pas de 2005, est-ce que vous aviez pris à l'époque des décisions semblables ?
02:20 – Alors on n'était pas dans la même période bien évidemment
02:22 et c'est vrai que la période estivale inquiète beaucoup d'élus locaux comme nous-mêmes.
02:25 Par exemple, je viens d'apprendre il y a quelques heures que nos forces, nos renforts de sécurité
02:31 n'étaient pas qui étaient prévus, c'est-à-dire une compagnie CRS pour l'instant était en suspens.
02:35 Et c'est vrai que malgré les tensions, il faut aussi penser que la population française, elle est mobile,
02:41 elle va aller quand même en vacances malgré les émeutes.
02:43 Donc ce n'est pas facile pour le ministère de l'Intérieur de pouvoir gérer les forces
02:47 à la fois dont ils ont besoin bien sûr face aux émeutiers,
02:51 mais dont on a besoin aussi du fait de la mobilité de la population qui arrive en vacances.
02:57 – Qu'est-ce qui avait conduit à la sortie de crise en 2005 ?
03:01 – Je pense que c'est surtout la volonté du président de l'apaisement
03:06 et les moyens du ministre de l'Intérieur qui avaient été mis en œuvre pour pouvoir arrêter la propagation.
03:12 Je pense que c'est ça aussi, il y avait eu toute une discussion par exemple sur les moyens héliportés.
03:16 Je vois qu'aujourd'hui on met des drones et c'est une très bonne chose,
03:19 mais à l'époque on voulait surveiller bien évidemment les quartiers
03:22 pour savoir si au dernier étage il y avait des armes etc.
03:25 Donc ça avait été une discussion par exemple entre le président de la République
03:28 et le ministre de l'Intérieur de l'époque.
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