00:00 Pierre Pernaut, paix à son âme, il voit ça, il chope une barre, il appelle son équipe
00:03 et dit "écoutez, ce petit là, je veux faire un sujet sur lui, c'est trop marrant son
00:06 clip Marley Gaumont, ça me parle et tout, en plus il me cite dans le clip".
00:09 Salut Kita, c'est Camini, alors je vais me présenter, donc, auteur, compositeur, chanteur,
00:18 stand-upper, scénariste, charcutier et boulanger.
00:23 Faites-vous plaisir, le gars sait tout faire.
00:27 Je viens de Picardie, précisément de Marley Gaumont, ça a été un gros tube des années
00:31 2006-2007, j'étais le seul noir dans mon école primaire et dans ma classe, donc forcément
00:35 des fois je me faisais un peu enguirlander par les autres camarades.
00:38 J'ai grandi là-bas jusqu'à mes 18 ans, jusqu'au bac.
00:40 Le clip ne me coûtait pas grand-chose à tourner, il suffisait de partir dans le village, d'aller
00:47 voir les gens, les gens me connaissaient, les gens connaissaient mon père, j'arrivais
00:49 avec la caméra "c'est Camini, c'est le fils du docteur, allez viens, tu veux qu'on fasse
00:52 quoi ? Je le mets comme ça à la fenêtre ? Ok, allez hop, je le mets à la fenêtre
00:55 comme ça, t'es content ?"
00:56 Les gens nous racontent que c'est une stagiaire d'Universal qui a envoyé le clip pour rigoler
01:02 à des potes à elle, qui pour rigoler, il l'a envoyé à des potes à eux, qui pour
01:05 rigoler, ont envoyé des potes à eux.
01:06 Au bout d'un moment, t'avais 500 000 personnes en France qui avaient ce lien équiliqué
01:10 avec le clip qui se mettait en marche et à un moment forcément, 500 000 personnes,
01:13 ça arrive dans les bureaux du Parisien, dans les bureaux de chez Pernaut et c'est parti
01:16 comme ça.
01:17 Je suis arrivé au bon moment, avec le bon produit, avec le bon format, avec la bonne
01:23 dégaine, j'avais même pas internet chez moi à l'époque, c'est extraordinaire,
01:27 ça faisait le buzz, les gens m'arrêtaient pour me parler du clip qui s'avait vu sur
01:30 internet, à l'époque j'avais pas internet chez moi.
01:31 Je retourne à Marligomont, ouais ouais, bien sûr.
01:35 Avec ma famille, nous avons hérité d'un certain lot de maisons de campagne autour
01:40 de Marligomont.
01:41 Je comprends le Picard et j'affectionne particulièrement ces accents-là et ce langage, ce dialecte,
01:49 parce que j'ai baigné dedans, c'est mon enfance quoi.
01:51 La façon de parler, "sakenda", "baviollo", "keskiloï", "kovetbat", "bagar", "kopendant
01:56 ta gueule", "patate dans ce gueule".
01:58 J'ai croisé un vieux monsieur qui m'arrête, il me dit "oui, je suis quand même vraiment
02:03 dégoûté, moi j'ai mon petit-fils qui est métis et malgré votre chanson, à l'école
02:08 primaire, on lui fait des blagues racistes et tout, je suis vraiment dépité".
02:12 Et après bon, voilà, les enfants restent des enfants.
02:14 Mais moi, de mes 8 ans jusqu'à mes 18 ans, tous les jours, j'avais droit à des vannes.
02:18 Et parfois même des gens que tu connais, des fois c'est tes potes.
02:20 "Eh, Blanche-Neige, moi je disais, toi t'es lequel des 7 nains ?".
02:24 Tu vois, fallait trouver des répartis.
02:25 Au final, aujourd'hui c'est énorme quoi, j'ai une histoire fantastique à raconter,
02:28 une expérience de vie formidable à raconter que tout le monde n'a pas vécu forcément.
02:31 Même si je suis pas le seul.
02:33 C'est clair, je savais que je serais un artiste.
02:38 Alors après, chanteur, acteur, écrivain et tout, je savais pas trop.
02:41 Moi, dès que je voyais un noir à la télé, j'étais ouf.
02:42 Quand le Prince de Bélair, il est arrivé, j'ai crié "Qui est-ce que c'est ? Descends,
02:45 y'a un black à la télé, tu renates dans le matin".
02:48 C'était le Prince de Bélair.
02:49 Donc je rappais, je rappais, j'ai commencé, j'avais 11 ans, j'étais au taquet quoi.
02:52 Mais en parallèle, je dessinais, je faisais beaucoup de bande dessinée, ce qui me permet
02:56 aujourd'hui de faire des scénarios, d'écrire des trucs.
02:58 Ça a toujours été mon truc et aujourd'hui, je vis de mon art en tant qu'artiste indépendant
03:02 et c'est un confort, c'est un plaisir extraordinaire.
03:04 Les gens, ils viennent du jour au lendemain "Eh, c'est toi, Camille, le clip, bien,
03:11 on a vu ce matin".
03:12 Ils viennent te mettre leur pouce près de ton visage et tout.
03:14 Moi, j'ai découvré les trucs de la célébrité, je savais pas c'était quoi.
03:16 La suite, c'est premier album, disque d'or, on part en tournée, ça cartonne et tout,
03:21 tout va bien.
03:22 Les problèmes arrivent sur le deuxième album, suivant 10 fois moins d'albums, tu fais 10
03:25 fois moins de concerts.
03:26 J'aurais pu persévérer, mais mon père décède à ce moment-là.
03:28 Je mets la musique de côté et je décide d'écrire Marley Gaumont le film.
03:33 J'animais des trucs de trop bazar jusqu'à ce qu'on vienne me chercher pour être ambassadeur
03:38 des Hauts-de-France avec l'émission "Les gens des Hauts".
03:40 J'apprends le métier, ça me laisse le temps de développer d'autres projets, de jouer
03:44 dans des séries.
03:45 Je suis lié par aucun contrat par personne, je suis libre.
03:48 Mon père était très fier quand j'avais fait la chanson Marley Gaumont, il gardait
03:54 tous les articles et tout, il était très fier.
03:56 J'espère que de là-haut, il a vu le film pour lui rendre hommage.
03:58 La santé, la famille, le toit, machin et tout.
04:00 Après, une fois que tout ça c'est cité, tu peux dire "Oh oui, je suis fier de ce que
04:05 j'ai fait".
04:06 Mais il faut aller dans l'ordre.
04:07 [Rires]
04:08 [musique]
04:11 Merci à tous !
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