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  • 3 years ago
"J'adore travailler cette matière. Il faut vraiment lui apporter de la délicatesse pour la travailler." Thierry Pain est souffleur de verre en verrerie scientifique pour le CNRS. Nous l'avons rencontré et il nous a présenté les dessous de son métier.

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Transcript
00:00 L'instant que je suis derrière mon chalumeau, être derrière ma flamme, j'adore.
00:04 C'est génial en fait.
00:05 Beaucoup de gens sont surpris de notre métier parce qu'ils ne connaissent plus ce souffleur de verre à la canne.
00:09 Mais c'est vrai que le souffleur de verre en verre et scientifique, ça ils ne connaissent pas.
00:12 Ils pensent toujours au bécher, au tube à essai, le truc classique qu'on trouve dans les lycées, dans les écoles.
00:18 Beaucoup de gens pensent que les pièces sont faites par des machines et non par des personnes derrière un chalumeau.
00:24 Je suis Thierry Pain, je suis souffleur de verre en verre et scientifique.
00:28 Je travaille au CNRS depuis 30 ans.
00:31 J'ai les chercheurs et les étudiants qui passent me voir me demander pour soit des réparations ou pour fabriquer des pièces.
00:36 Donc ils viennent avec des plans et je vois avec eux si ça réalise à bout pas.
00:40 Et ensuite je fabrique leurs pièces une fois que tout a été établi ensemble.
00:44 Il y a beaucoup de pièces uniques.
00:45 Il y a des pièces en fait que je fabrique ici, on ne va pas trouver ailleurs.
00:49 Parce que c'est une pièce bien spécifique par rapport à la recherche que l'étudiant ou le chercheur faisait.
00:57 Donc là je vais préparer une boule anti-retour.
00:59 Je vais former un autre tube qui va venir s'introduire dans une boule.
01:03 Donc là je suis toujours en rotation, tant que mon verre n'est pas figé, il faut que je reste toujours à tourner.
01:08 Donc ça c'est les premières choses qu'on apprend au lycée, c'est à tourner le verre.
01:11 Dès l'instant que je suis derrière mon chalumeau, derrière ma flamme, j'adore, c'est génial en fait.
01:17 Mais là c'est vrai, je me suis trouvé vraiment une grande passion en fait.
01:21 Et puis ouais, c'est de la matière qu'on transforme, c'est ça qui est génial.
01:25 Et puis après c'est des pièces en plus qui servent par la suite.
01:29 Il y a de la recherche qui est faite derrière, c'est quelque chose d'utile en fait.
01:32 Il y a un but en même temps.
01:34 Mes appareils après vont servir pour fabriquer par exemple de la fibre optique,
01:38 pour pouvoir détecter la pollution dans le sol, détecter des maladies, enfin sur plein plein de choses en fait.
01:46 La pièce en verre c'est pratiquement, je ne vais pas dire le début d'une recherche, mais presque en fait.
01:51 Là j'ai soudé ma pièce sur le ballon.
01:55 Et là je vais simplement faire une petite recuisson en flamme,
02:00 qui va permettre d'abaisser un peu sa température tranquillement.
02:03 Une petite boule, une boule anti-retour.
02:06 J'adore travailler cette matière.
02:08 Il faut vraiment lui apporter de la délicatesse et tout pour la travailler.
02:11 Et on ne peut pas l'obliger à aller dans un endroit où elle ne veut pas.
02:14 Il ne faut pas du tout forcer dessus, ni rien du tout.
02:16 Sinon le verre ne va pas du tout aimer et à un moment donné il va casser.
02:20 Alors moi je l'ai connu ce métier en allant voir un fileur de verre à Vinant.
02:25 Donc lui c'est quelqu'un qui ne souffle jamais dans le verre.
02:27 Mais à partir de baguettes en fait, il fait des personnages, des oiseaux, il fait plein de choses.
02:31 Donc il m'a fait connaître l'école de Dorian, lycée technique de Dorian à Paris.
02:34 Parce qu'il faut savoir qu'il y a une seule école en France.
02:36 Et donc j'ai appris la vérité scientifique.
02:38 Et après j'ai eu la chance de trouver un poste dans ma région, parce que je suis de la région de Bretagne.
02:43 Et donc ça va faire 30 ans que je travaille au CNRS.
02:46 Alors on va passer à côté.
02:49 Donc là je vais travailler sur le tour.
02:52 Donc là je vais travailler une pièce en silice d'un plus gros diamètre.
02:56 L'ancien souffleur de verre en fait qui était en poste,
03:03 lui au moment qu'il est parti en retraite, le poste était supprimé.
03:07 Et ce sont les chercheurs ici, en fait les directeurs, qui ont fait le nécessaire
03:11 pour que le CNRS en fait réouvre le poste du souffleur.
03:15 Mon poste ou les deux de mes collègues, oui oui c'est indispensable.
03:18 Là quand je vois le nombre de pièces que je fais par jour, que je fais pour les laboratoires,
03:23 sans mentir je ne sais pas comment ils auraient fait pour pouvoir faire leur manip.
03:27 Là par exemple pour des délais en fonction de ce qu'on nous demande,
03:30 ça peut varier quoi, ça peut mettre deux jours, jusqu'à une semaine pour qu'ils aient leurs pièces.
03:36 Que s'ils passaient par l'extérieur, ce serait un mois, un mois et demi d'attente.
03:40 On est 10 souffleurs de verre au CNRS sur toute la France.
03:43 Et à l'université, je pense qu'ils sont une trentaine.
03:46 Donc ça a beaucoup diminué du fait qu'en fait ils suppriment les postes pas mal.
03:51 Il y a de moins en moins de souffleurs de verre au milieu universitaire.
03:55 Là c'est une ampoule en verre et ça, ça va servir de moule pour pouvoir réaliser un verre à l'intérieur.
04:01 On essaye de recycler au maximum les pièces par au coup en fait.
04:07 Pour justement que ça coûte le moins cher possible au labo.
04:10 Et surtout en même temps pour éviter de gaspiller du verre.
04:12 Même des pièces qu'on va modifier. Avec deux pièces, on va en faire une.
04:16 Par exemple, je peux vous montrer.
04:19 Là ce qu'on fait par exemple sur une bouteille comme ça.
04:23 Donc je vais la couper. En fait ici je vais en faire un bécher.
04:26 Et là le haut, je vais faire un entonnoir.
04:28 Et ça va repartir dans les laboratoires.
04:30 On ne s'amuse pas à faire du neuf automatiquement. Dès qu'on peut réparer, on répare.
04:33 Depuis 2019, il y a une convention qui a été signée.
04:37 Et donc je travaille avec les étudiants des Beaux-Arts pour leur projet.
04:40 Il y a des choses un peu farfelues.
04:43 Faut... Voilà.
04:45 Je vais me permettre de le montrer. Même je ne vais pas demander son accord.
04:48 Donc voilà pour faire le son de la pluie.
04:51 Donc c'est plusieurs pièces qu'elle va mettre l'une derrière l'autre.
04:53 On va mettre des billes en verre à l'intérieur.
04:55 Et elles vont tomber. Et ça va faire comme si la pluie tombait en fait.
04:58 Donc c'est ça qui est super en fait aussi.
05:00 De travailler avec eux parce que ça change complètement du laboratoire.
05:02 Et ça permet aussi de, je dirais, de redonner de la valeur au verre.
05:06 Ah j'adore.
05:09 Donc j'ai eu le prix Cristal en fait par le CNRS en 2020.
05:13 Une récompense par rapport à tout ce que j'ai pu faire en fait pour le CNRS depuis 30 ans déjà.
05:18 Sur 90 ans, je suis le troisième souffleur de verre à avoir le prix Cristal.
05:22 Bon on n'en parle pas beaucoup en fait de ce métier là.
05:24 Et le fait d'avoir eu un prix, ça a permis de nous faire connaître.
05:28 Puis c'est vrai que c'est une belle reconnaissance quand même par rapport à tout le travail qu'on fait et tout.
05:32 Donc c'est vrai que ça fait plaisir.
05:34 Ça fait plaisir.
05:36 [Musique]
05:40 [Générique de fin]

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