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  • il y a 3 ans

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Transcription
00:00 et l'invité du 6/9 de France Bleu Isère est le patron de cette course.
00:03 Oui, même carrément folle.
00:04 Une course de barjot, Vanessa, la Chartreuse Terminorum.
00:07 Je vous donne l'émensuration, un trail de 300 km avec 25 000 m de dénivelé positif.
00:13 C'est simple, en 4 éditions, personne n'a réussi à la terminer.
00:17 Et la 5e édition, elle débute ce matin depuis Saint-Pierre-de-Chartreuse
00:22 où l'on retrouve Benoît Laval. Bonjour.
00:25 Bonjour.
00:25 Merci d'être avec nous. Vous êtes l'un des organisateurs de cette course.
00:28 Vous êtes par ailleurs le PDG de la marque Red Light.
00:31 Merci d'être avec nous ce matin.
00:33 D'abord, est-ce que la course est partie ?
00:37 Eh bien, donc, à 3h48, les coureurs ont été informés par un corps de chasse
00:43 qui partira à 4h48.
00:44 Voilà, je vous posais la question parce que, effectivement,
00:46 votre rituel de départ est un peu particulier. Décrivez-le-nous.
00:51 Donc, les coureurs savent qu'ils vont partir aujourd'hui entre minuit et midi.
00:55 Ils sont informés une heure avant,
00:57 donc ils ont une heure pour finir de se préparer.
00:59 Ils ont eu la carte hier après-midi qu'ils ont recopiée sur la carte
01:03 qu'ils avaient apportée eux-mêmes, un roadbook,
01:05 et donc ils ont cette année 15 livres à trouver.
01:08 Les 15 livres nous permettant, étant juste un moyen de contrôle,
01:11 puisque la course n'est pas balisée, il n'y a pas de contrôleur,
01:13 il n'y a pas de ravitaillement.
01:14 Donc on les met sur les points hauts, sur les points bas,
01:16 aux endroits où il faut absolument qu'ils passent.
01:18 Et ils nous ramènent la page de leur dossard qu'ils ont sur ce tour-là
01:21 pour nous confirmer qu'ils ont bien fait l'ensemble du tour.
01:23 - Et donc ce matin, le clairon a sonné à 3h48
01:28 pour leur annoncer le départ une heure plus tard.
01:31 - Voilà exactement, 3h48 à 4h48, donc nous avons allumé un cierge.
01:36 Dire que dans la tradition, ici,
01:39 sur la carte sur laquelle ils courent,
01:41 qui s'appelle le désert de Grande-Fertreuse,
01:44 il y a quatre monastères,
01:45 et donc ils parcourent ces chemins
01:48 qui ont été pour la plupart tracés par des moines
01:50 pour naviguer entre les différents habers, les différents alpages.
01:53 - Et vous l'avez dit, le parcours n'est pas balisé,
01:56 personne n'a droit au GPS ni à une assistance sur le circuit.
02:00 Pourquoi ces règles aussi dures, Benoît Laval ?
02:02 - Parce que si c'était facile,
02:06 il y a déjà plein de trails qui sont bien plus faciles.
02:07 Et l'objectif, c'est de faire quelque chose qui semble impossible.
02:11 Alors jusqu'à aujourd'hui, ça a été impossible puisqu'on a zéro finisher.
02:13 Mais les coureurs les plus aguerris qui sont déjà venus plusieurs fois
02:18 pensent que c'est possible, savent que c'est possible.
02:21 À la Barclay, qui est notre modèle, ça a mis dix ans avant que quelqu'un réussisse à la finir.
02:24 - Vous vous inspirez en fait d'une course américaine qui est presque aussi folle ?
02:29 - Voilà, qui est dans les mêmes racines.
02:32 Donc l'histoire de celle-ci, c'est l'assassin de Martin Luther King
02:36 qui s'était évadé d'une prison dans le Tennessee
02:38 et qui, pendant 60 heures d'évasion, avait parcouru 12 kilomètres.
02:44 Et donc, l'organisateur de cette course s'était dit, lui, avec un ami,
02:48 "Nous, on est des coureurs à pied,
02:50 "en 60 heures, on aurait fait au moins 100 milles, 160 kilomètres."
02:53 Et donc il s'est tracé une épreuve dans cette forêt assez compliquée.
02:56 Et voilà, il y a eu depuis 35 ans seulement 18 finishers,
03:01 dont cette année le premier Français qui a fini cette course,
03:04 Aurélien Sanchez, et qui est sur la termine aujourd'hui.
03:06 - Qui court effectivement cette année.
03:09 Est-ce que donc vous pensez que c'est pour cette année
03:12 que quelqu'un peut peut-être terminer cette course ?
03:14 S'il y a quelqu'un, c'est lui ?
03:16 - Ah, il y en a plusieurs, Aurélien.
03:19 On a aussi un Belge qui, lui, a le record du monde de backyard,
03:23 c'est-à-dire pour aller vite, qui a couru pendant 101 heures en continu.
03:26 Voilà. Et puis on a d'autres.
03:27 On a aussi le vainqueur du tord des géants,
03:29 qui est une course qui fait 350 kilomètres
03:32 avec 20 000 mètres de dénivelé en Italie.
03:35 Il y a vraiment du beau monde.
03:37 - Et donc, pour expliquer concrètement cette course,
03:40 c'est une boucle de 60 kilomètres à faire cinq fois.
03:43 - Donc une boucle de 60 kilomètres avec 4 500 mètres de dénivelé.
03:48 Sur des petits sentiers perdus non balisés
03:51 qui sont plus sur les cartes pour la plupart,
03:53 mais qui existent bien sur le terrain.
03:55 Pas de ravitaillement, pas de GPS, la carte la boussole.
03:59 Et ils ont 16 heures pour faire chaque tour.
04:01 Après 16 heures, ils sont éliminés.
04:03 Et donc, 16 heures fois 5, ça fait 80 heures.
04:06 Et donc, il faut qu'ils arrivent leur cinquième tour
04:09 avant lundi à 12h48.
04:11 - Qu'est-ce qui motive ?
04:12 Je vois Vanessa complètement perplexe à côté de moi.
04:15 Qu'est-ce qui motive les participants ?
04:17 Ils sont 40 cette année.
04:19 - Donc on limite à 40.
04:21 Il y a une liste d'attente chaque année.
04:23 Ce qui les motive, c'est de se confronter aussi
04:25 à quelque chose de différent et puis à leurs limites.
04:28 Faire les courses plus classiques, elles sont très bien.
04:30 Il y en a tous les week-ends, on en fait tous.
04:32 Mais voilà, ici, c'est autre chose, un autre gifle.
04:36 On a quand même 99% de chances de ne pas y arriver.
04:39 Et on vient justement confronter ses propres limites.
04:41 Et cela dans une magnifique forêt, une nouvelle fois.
04:44 Magnifique paysage, la nature.
04:46 Avec 40 cours, on est souvent tout seul et on en profite pleinement.
04:49 - Et vous, qu'est-ce qui vous motive ?
04:51 Est-ce que le but, c'est aussi de faire de cette course
04:54 la plus dure au monde, d'avoir ce label-là ?
04:57 - L'objectif, ce n'est pas de faire la plus dure au monde.
05:01 C'est de faire une course qui se rapproche aussi
05:04 de l'aspect culturel local,
05:07 avec beaucoup de choses qui se rapprochent des moines.
05:09 Dans cette forêt, on habite à Saint-Pierre-de-Chertreuse.
05:11 On la fait ici parce qu'on habite ici.
05:13 Et l'objectif, ce n'est pas de faire la plus dure du monde.
05:16 C'est en tout cas que pour les cohorts qui viennent,
05:18 elle semble quasiment impossible avec cet espoir de la finir.
05:21 Et quelqu'un la finira peut-être cette année.
05:23 - Peut-être cette année. On va suivre en tout cas ça avec intérêt.
05:25 Merci beaucoup Benoît Laval d'avoir été avec nous ce matin
05:28 depuis Saint-Pierre-de-Chertreuse.
05:30 Le camp de base, le départ en tout cas de cette Chertreuse,
05:32 Termino-Rome, 300 km, 25 000 m de dénivelé.
05:36 Merci beaucoup Benoît Laval. Belle journée.
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