00:00 Effectivement, c'est une vraie question.
00:02 S'il y a une assurance d'attaque,
00:04 il vaut mieux que les gens soient préparés.
00:06 Dans la majorité des cas, il n'y aura jamais d'attaque.
00:09 Est-ce qu'il faut les inquiéter ?
00:12 Après, ça dépend aussi de la préparation.
00:15 Il faut que la préparation soit bien faite
00:18 par des gens compétents.
00:20 Ça peut ne pas toujours être le cas.
00:22 Il faut savoir que dans la communauté de psy,
00:24 il y a environ 15 000 psychiatres,
00:26 environ 80 000 psychologues.
00:29 Tous ne sont pas formés à tout ça.
00:32 Un psychane n'égale pas un psychiatre,
00:34 un psychologue n'égale pas un psychologue
00:36 dans sa formation et ses compétences.
00:38 Donc, si c'est bien fait, c'est toujours un plus.
00:41 Sinon, ça peut être effectivement une source d'anxiété,
00:44 d'angoisse, etc.
00:46 Et encore une fois,
00:48 la majorité des écoles ne seront pas concernées.
00:51 Mais ceci dit, c'est toujours bien d'avoir
00:54 des plans d'avertissement,
00:56 notamment auprès du personnel scolaire,
00:58 et puis une sensibilisation peut-être plus légère
01:02 pour les enfants,
01:04 de façon à ne pas surinquiéter
01:08 quand il n'y a pas matière à le faire.
01:09 Mais pour les personnels encadrants,
01:11 ça me paraît de très bonnes initiatives.
01:13 -Vous l'avez rappelé, dans la majorité des cas,
01:16 le fait qu'un tel acte se produise est rarissime.
01:19 Il n'empêche que dans le cas de ce qui s'est passé à Annecy,
01:21 si l'ensemble de la population est choqué,
01:23 c'est parce qu'il y a un pouvoir d'identification très fort.
01:26 Cela se passe dans un parc,
01:28 avec des enfants, toutes les familles
01:29 qui vivent sur le territoire français
01:31 connaissent ce genre de scène du quotidien ?
01:34 -Bien sûr, ça existe absolument dans toutes les villes,
01:37 ce genre de parc.
01:38 Là, c'est l'agression d'enfants,
01:41 mais aussi l'agression d'adultes.
01:42 Il aurait pu y avoir d'autres personnes agressées aussi,
01:46 on ne sait pas,
01:47 s'il n'y avait pas eu des personnes
01:50 qui aient capté l'attention et qui aient éloigné l'agresseur.
01:54 Donc tout le monde peut s'identifier à ça,
01:57 mais évidemment, c'est pour ça que je dis toujours
01:59 que c'est un pouvoir anxiogène très important,
02:02 ça a des zones d'impact extrêmement larges
02:06 au niveau national, au niveau international,
02:08 et les attentats, ça vous réactive des victimes
02:10 dans les pays étrangers, y compris ceux qui ont eu en France,
02:13 parce que l'impact médiatique est très important,
02:17 c'est d'ailleurs ce que recherchent
02:18 les auteurs d'attentats terroristes,
02:21 ce fameux écho médiatique
02:25 et cette terreur imposée aux populations,
02:28 et donc ça peut être une onde de choc extrêmement différente.
02:31 Mais il faut toujours penser
02:32 qu'en fonction du degré de proximité d'impact,
02:37 en fonction de la gravité de ce qu'on a vécu,
02:41 donc physiquement, psychiquement, visuellement ou pas,
02:45 ou en fonction de l'éloignement,
02:47 mais après, il y a aussi les critères de résilience personnelle
02:50 qui ne sont pas les mêmes chez tout le monde,
02:53 et vous avez aussi les critères de vulnérabilité
02:55 personnelle, vous avez des gens pour qui ça tombe mal,
02:58 ils sortent d'une maladie grave, ou ils y rentrent,
03:01 ils viennent de se séparer, etc.,
03:03 et là, c'est plus impactant pour certaines personnes, par exemple.
03:06 -Dernière question, docteur.
03:09 On parle aussi malheureusement régulièrement
03:11 dans l'actualité de ce genre d'actes de violence.
03:15 On sort des attentats il y a quelques années,
03:17 et certains actes malveillants comme ça
03:20 surviennent très souvent à la ligne de l'actualité.
03:23 Est-ce que ça, notamment auprès des jeunes,
03:25 de plus en plus exposer à cette violence du quotidien,
03:27 ce n'est pas quelque chose d'intrinsèquement anxiogène,
03:30 qui rend difficile le fait de passer outre
03:33 et de se dire, comme vous le dites, "C'est un cap, c'est une crise,
03:35 on passe, malheureusement, il y en aura d'autres."
03:38 -Oui, bien sûr.
03:41 S'il vous plaît, il y a plusieurs choses.
03:43 Il y a la réalité des faits,
03:45 qui a toujours plus ou moins existé,
03:47 et puis maintenant, tout ça est relié, est amplifié.
03:50 Il y a des caisses de résonance médiatiques
03:52 qui n'existaient pas autrefois,
03:53 il y a les réseaux sociaux,
03:54 ce qui fait que les jeunes, vraiment, baignent là-dedans.
03:57 Donc, c'est à la fois une source d'angoisse pour certains,
04:02 d'imitation pour d'autres.
04:03 Encore une fois, la violence est un océan.
04:05 Il y a des violences de différentes natures
04:07 et de différentes raisons,
04:09 avec des passages extrêmement différents.
04:11 Donc, c'est difficile, là aussi, de généraliser.
04:13 Mais on est dans un monde
04:15 où le moindre phénomène criminel est médiatisé.
04:19 Moi, je me souviens d'une époque,
04:21 avant tout ça,
04:22 c'est un peu le mérite de la longévité de l'expérience,
04:27 avant les réseaux sociaux,
04:29 moi, j'ai connu des homicides sordides,
04:31 ça faisait un an et quart dans un journal local, point barre.
04:35 Maintenant, ça a un écho extrêmement important,
04:39 et puis vous connaissez donc les règles médiatiques.
04:42 S'il y a un trou dans l'actualité,
04:44 vous avez des affaires qui s'emballent,
04:46 alors qu'elles sont tout à fait banales
04:48 d'un point de vue criminel,
04:49 et puis vous avez d'autres affaires,
04:51 parce qu'il y a de la concurrence dans l'actualité,
04:53 qui ont moins d'impact.
04:54 Donc, il y a tout ça,
04:56 et tout ça peut donc impacter,
04:58 ou du moins avoir un effet sur les gens en général,
05:01 et les jeunes en particulier.
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