00:00 Europe 1, historiquement vôtre avec Stéphane Berne.
00:04 Tous les jours, vous le savez, historiquement vôtre,
00:06 vous raconte l'histoire sans se la raconter avec Jean-Luc Lemoyne
00:09 qui vient tout juste de mettre le point d'interrogation finale à son quiz à suivre.
00:12 N'est-ce pas Jean-Luc ?
00:13 Exactement Stéphane.
00:14 Et pour ce quiz, j'ai été gratté un petit peu dans ma discothèque
00:18 et j'ai redécouvert, on va dire, un morceau que j'avais oublié.
00:21 Écoutez-le.
00:22 [Musique]
00:28 Ah c'est ça de Dormo !
00:29 C'est Michel Sardou !
00:30 Ah mais oui !
00:31 Un Michel Sardou plus jeune qui chantait déjà "God Save the King", il était en avance.
00:34 Oui.
00:35 Et on va parler de ça.
00:37 On va parler de "God Save the King" aujourd'hui.
00:39 Parfait.
00:40 Mais avant cet affrontement avec Clémentine, on va lui laisser la parole.
00:43 Elle nous raconte des histoires dont elle seule a le secret.
00:45 Dans l'intimité de l'histoire.
00:48 Et aujourd'hui Clémentine, vous nous racontez le capitaine d'Anjou,
00:50 un officier militaire du Second Empire, héros de la bataille de Cameroun au Mexique
00:55 et de la Légion étrangère.
00:56 Lui, mais surtout sa main, une main devenue un symbole de gloire que des légionnaires
01:01 ont chaque année l'honneur de porter.
01:03 Eh oui.
01:04 Eh oui.
01:05 Jean d'Anjou.
01:06 Jean d'Anjou en un seul mot, je précise.
01:08 Ce n'était pas un nom à tiroir.
01:10 Ce n'était pas un départicule.
01:11 Ce n'était pas un nom à particule.
01:12 Il est né en 1828 à Chalabre, dans l'Aude.
01:15 Et il était le quatrième garçon dans une fratrie d'huit.
01:18 Alors son avenir était tout tracé.
01:19 Il aurait dû travailler dans la fabrique de bonnets familiales.
01:23 Et d'ailleurs, il va travailler dans cette fabrique de bonnets un certain temps.
01:26 Jusqu'à l'âge de 15 ans.
01:28 Et un jour, il y a un ancien ouvrier de la fabrique qui vient voir les parents de Jean
01:34 et qui est invité à déjeuner.
01:36 Et c'est un ouvrier qui est devenu militaire.
01:39 Il arrive en belle uniforme.
01:41 Il est à présent sous lieutenant.
01:43 Et à table, il raconte avec fougue sa campagne d'Afrique.
01:48 Ça, c'est très précieux.
01:49 C'est-à-dire que vraiment, quand vous avez un conteur qui sait vous emmener dans ses
01:52 récits.
01:53 En tout cas, le petit Jean d'Anjou, lui, il est fasciné par le lieutenant Canut.
01:58 Et cette rencontre va décider de son destin.
02:00 Parce qu'il se met du coup, alors qu'il aurait pu faire toute sa carrière dans l'usine
02:04 de bonnets, il se met du coup à bachoter comme un fou pour rentrer à Saint-Cyr.
02:09 Et on l'y retrouve quatre ans plus tard, en 1847.
02:12 1847, quand on est officier à cette époque, qu'est-ce qu'on fait ? Où est-ce qu'on
02:15 se bat ? En gros, en Algérie.
02:17 La conquête d'Algérie, c'est 1830.
02:19 Donc là, il est intégré au régiment étranger.
02:22 Et c'est là qu'il perd sa main gauche.
02:25 Alors, sachez-le, le capitaine d'Anjou n'a pas perdu sa main au combat, mais dans l'explosion
02:31 de son fusil.
02:32 Et voilà pourquoi il doit se procurer une prothèse articulée en bois.
02:36 Mais ça ne l'empêche pas de continuer à servir sous les drapeaux.
02:41 Donc, je disais Algérie.
02:42 Qu'est-ce qu'il y a aussi sous le Second Empire comme guerre ? La Crimée.
02:46 Il est capitaine pendant cette guerre.
02:48 Donc, il participe au siège de Sébastopol.
02:50 - Et l'Italie aussi, après.
02:51 - Exactement.
02:52 En 1859, il combat Magenta et Solferino.
02:55 Vous voyez, il est de toutes les campagnes de la France.
02:57 Et donc, tout naturellement, le Second Empire.
02:59 C'est aussi la guerre du Mexique.
03:01 Et donc, le 9 février 1863, d'Anjou embarque à Mersel-Québire.
03:05 Pouf ! Direction Veracruz.
03:07 Alors, je ne vais pas entrer dans les détails de Cameroun.
03:10 Je crois qu'en plus, vous y avez déjà eu droit.
03:13 Mais si elle est mythique, sachez-le.
03:15 C'est parce que ce jour-là, le 30 avril 1863, il y avait 63 légionnaires français.
03:21 63 légionnaires français qui ont fait face à 2000 soldats de l'armée mexicaine.
03:27 63 contre 2000.
03:29 Et ces 63 étaient retranchés dans une hacienda délabrée.
03:33 Et ils ont refusé de se rendre alors qu'ils croulaient sous l'attaque et la mitraille.
03:41 Et d'Anjou lui-même a été mortellement frappé d'une balle en pleine poitrine.
03:45 Alors qu'il traversait la foule et la cour pour inspecter ses positions.
03:50 Sa main articulée a disparu.
03:52 Et alors on la cherche parce que déjà on sait que cet événement va devenir historique.
03:57 Et donc on la retrouve deux ans plus tard.
03:59 C'est un lieutenant de la Légion Autrichien, Karl Gröber, qui retrouve la main du capitaine d'Anjou.
04:05 Elle avait été achetée par un français qui possédait un ranch à 100 km de Cameroun.
04:09 Un guerriero mexicain qui l'avait lui récupéré et qui avait participé à la bataille.
04:14 Alors il y a un certain nombre d'hypothèses autour.
04:17 Peut-être le général Ramirez qui l'avait conservée, on n'en sait rien.
04:20 Toujours est-il qu'elle est rapportée à Sidi Bélabès en 1865 par le colonel Guillem.
04:26 Et depuis, elle est présente tous les ans lors de la cérémonie de Cameroun.
04:31 Et chaque année, je le disais tout à l'heure, c'est un légionnaire particulièrement méritant
04:35 qui est choisi par ses pairs et il a l'honneur de porter la main du capitaine d'Anjou.
04:40 Et on l'appelle pour l'occasion le porteur de la main.
04:43 Tout cela est très solennel et au cours de cette cérémonie,
04:46 les légionnaires renouvellent leur serment de servir avec honneur et fidélité.
04:51 Alors tout ça pour en venir où aux justes soldats Bernays-le-Moine ?
04:55 Au fait qu'aujourd'hui, la Légion a besoin de vous,
04:59 non pas pour les crapahuter dans la jungle indochinoise comme le fit votre grand-père légionnaire Jean-Luc,
05:04 donc je vois déjà une larmichette perlée,
05:07 mais pour aider l'institution des Invalides de la Légion étrangère
05:10 à se hiberger au domaine capitaine d'Anjou bien sûr.
05:13 Et donc il y a un événement étonnant qui va se produire pour la première fois dans quelques temps,
05:18 c'est que la Légion pour la première fois organise deux concerts à l'Olympia.
05:22 Ça sera le 18 juin prochain, ça s'est jamais produit,
05:25 ça promet des tonitruants et c'est à l'Olympia le 18 juin prochain et Jean-Luc...
05:30 - Ça veut dire que potentiellement... - C'est fallché pas, mais Jean-Luc, ça vous allez pas pouvoir...
05:34 - Bah oui évidemment, j'ai d'y aller Jean-Luc.
05:36 - En hommage à son grand-père, bah oui. - Exactement.
05:38 - Bien sûr. - Merci Clémentine.
05:40 Bon, maintenant c'est le moment de l'émission, vous le savez chers auditeurs, je ne contrôle plus rien,
05:44 c'est Jean-Luc qui prend la main pour le quiz "Burn to be alive".
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