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  • il y a 3 ans
Plus de deux semaines après le suicide de Lindsay, 13 ans, dans le Pas-de-Calais, le harcèlement que subissait la collégienne continue sur les réseaux sociaux. 

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Transcription
00:00 Nous sommes avec Maître Florence Roas, bonjour, vous êtes avocate, vous êtes spécialiste du harcèlement scolaire.
00:04 Arnaud Boutelier nous accompagne également, secrétaire régional, adjoint du syndicat Alliance Police Nationale dans les Hauts-de-France.
00:10 Audrey Chanonat également pour la voix du personnel de direction de l'éducation nationale, secrétaire nationale en charge de l'éducation et de la pédagogie.
00:17 Et puis Cécile Olivier, chef du service police-justice de BFMTV. Cette conférence de presse, pourquoi ?
00:24 Eh bien la famille veut alerter sur une série de dysfonctionnements. D'abord le fait que l'académie avait été alertée plusieurs mois auparavant de la situation,
00:33 avec des éléments médicaux précis qui attestaient de la souffrance de la jeune fille et ils estiment que très peu a été fait,
00:41 puisque l'adolescente, selon eux, avait même été exclue du collège 24 heures en décembre à cause d'une bagarre avec ses harceleuses.
00:50 Et d'ailleurs dans sa lettre d'explication de son geste, l'INSEE fait même référence au principal du collège en disant qu'il ne l'a pas aidée.
00:58 Et puis ils veulent dénoncer aussi la lenteur de la justice puisque deux plaintes avaient été déposées en février et un peu plus tard.
01:05 Si vous voulez bien, on va écouter l'avocat de la famille de l'INSEE qui explique comment ce harcèlement continue trois semaines après sa mort.
01:13 Les proches de l'INSEE continuent de recevoir des menaces de mort, des insultes, des messages absolument catastrophiques et je vais vous en lire quelques-uns.
01:20 Indiquant vouloir aller à l'enterrement et foutre le bordel, je cite, en indiquant être fier, indiquant sa tombe sera brûlée,
01:28 indiquant l'INSEE la grosse pute est partie à tout jamais et c'est bien mieux comme ça, avec une page sur Instagram "l'INSEE est enfin morte"
01:37 et un dernier message "sale pute, tu t'es enfin donné la mort depuis le temps qu'on attendait, tu ne reviendras plus dans le collège enfin,
01:43 tu ne peux pas savoir comment on est contentes, j'espère que durant tout ça tu as souffert, bisous".
01:48 Cécile Olivier, le ministre de l'éducation a annoncé hier avoir saisi l'inspection générale pour mener une enquête administrative.
01:54 Il dénonce des attaques ignobles qui se poursuivent sur les réseaux sociaux. Que répond l'académie aujourd'hui ?
02:00 Le directeur académique a fait une conférence de presse la semaine dernière où il a expliqué que l'INSEE avait été reçue notamment par l'infirmière,
02:09 par le CPE, par le principal du collège. Sa famille, elle, affirme qu'elle n'a pas été reçue par le principal.
02:16 Il dit aussi qu'il y avait eu un conseil de discipline qui avait mené à l'exclusion de l'une des jeunes filles qui pratiquait le harcèlement,
02:24 mais il a concédé quand même que l'établissement aurait pu faire plus pour accompagner cette jeune fille.
02:30 Il y a l'académie d'un côté et puis il y a les chefs d'établissement de l'autre, Audrey Chanona, on va revenir tout à l'heure vers Audrey parce qu'on vient de la perdre à l'instant.
02:39 On est avec Arnaud Boutelier aussi. Syndicats de police, ces enquêtes administratives s'ajoutent aux poursuites pénales qui ont été engagées contre 5 personnes,
02:49 4 mineurs, 1 majeur. Où en sont les auditions à votre connaissance ?
02:55 Et est-ce que les personnes qui continuent de harceler l'INSEE aujourd'hui sont les mêmes que celles qui sont mises en examen ?
03:01 Écoutez, je n'ai pas d'informations à ce niveau-là. Je sais que de toute façon les faits ont été dénoncés. L'enquête est toujours en cours.
03:13 Donc maintenant, la justice est en train de faire son travail avec la police. Mais je n'ai pas d'éléments supplémentaires concernant cette affaire.
03:25 Audrey Chanona, vous êtes membre du SNPDEN, secrétaire national en charge de l'éducation et de la pédagogie. C'est le personnel de direction de l'établissement de l'éducation nationale.
03:35 C'est une affaire qui dépasse l'école. Le collège a échoué à protéger l'INSEE de son vivant et même maintenant, ça continue.
03:42 Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous ?
03:45 C'est toujours une question extrêmement complexe, d'autant plus quand on arrive à des situations aussi dramatiques.
03:52 L'un des problèmes de cette situation, c'est qu'une partie du harcèlement est gérée sur des réseaux sociaux et que nous, chefs d'établissement, nous n'avons absolument aucun pouvoir là-dessus.
04:02 On peut agir sur ce qui se passe dans les établissements, mais nous ne sommes pas officiers de police judiciaire et nous ne pouvons pas agir sur ce qui se passe à l'extérieur, et encore plus quand il s'agit de réseaux sociaux.
04:12 Mais quand le harcèlement a commencé au collège et que le principal du collège de Vendin-le-Vieil conseille simplement aux parents de l'INSEE de lui enlever son téléphone portable,
04:22 c'est un peu comme si la petite avait de la fièvre et qu'on lui disait "arrête de regarder le thermomètre". Même l'académie a reconnu qu'il aurait fallu en faire plus.
04:31 On va laisser l'enquête se dérouler, y compris l'enquête administrative qui a été dirigentée par le ministre de l'Éducation nationale pour faire la lumière sur l'ensemble des faits qui se sont déroulés.
04:44 Et sur ce qui aurait peut-être dû se passer ou pas, moi je ne peux pas répondre sur ce qu'il aurait fallu faire ou pas dans cette situation-là, je n'y étais pas.
04:52 En revanche, il est clair que ce sont toujours des situations qui sont extrêmement compliquées à gérer. Et là, nous, on n'a pas de paramètres sur ce qui se passe dans la famille.
05:01 On peut faire de la sensibilisation, on peut accompagner, mais on ne peut pas contrôler ce qui se passe en dehors.
05:07 C'est intéressant Florence Croix, c'est parce qu'on parle de la famille et pas seulement des harcelés ou des harceleurs.
05:12 Il y a aussi le rôle des parents là-dedans qui intervient parce que quand on l'entend, quand on lit les insultes qui ont continué après, on tombe de l'armoire.
05:20 Oui, alors de toute façon, ce que j'entendais là depuis le début, c'est que ce cas est vraiment un cas d'école.
05:26 Et c'est assez symptomatique de ce que moi je suis amenée à rencontrer dans tous ces cas de harcèlement, que ce soit au niveau des auteurs comme au niveau des victimes.
05:34 J'entendais la dame du syndicat de l'Éducation nationale, je crois. Ils ont toujours le même discours en fait, c'est-à-dire qu'ils bottent en touche.
05:45 Et c'est un peu le problème de tout le personnel éducatif. Alors je ne jette pas l'opprobre sur quiconque parce que c'est vrai que le problème est complexe.
05:53 Mais là où ils en sont au compte, c'est que l'école s'enlève un peu les mains. Vous entendez, c'est les réseaux sociaux, c'est pas notre responsabilité.
05:57 Voilà, exactement. Et c'est tout le temps comme ça. Et c'est tout le temps comme ça du côté de l'école, du côté des policiers.
06:03 Des plaintes sont déposées et qui s'accumulent et qui ne sont pas traitées. Et si vous voulez, il faut arriver à des extrémités comme celle-ci, des catastrophes en fait.
06:14 Pour que la société, la justice, l'Éducation nationale s'emparent de vrais problèmes et prennent les choses au sérieux.
06:21 Mais les choses au sérieux, il faut les prendre en amont. Et quand les parents viennent me voir par exemple, et que leurs enfants sont harcelés,
06:28 j'en reçois des appels de gens qui me disent qu'ils subissent du harcèlement par un copain, par un prof. Après, il faut faire la lumière sur l'exactitude
06:36 entre le ressenti et la réalité. Ça, on est bien d'accord. Mais la lumière, il faut la faire. Ça veut dire qu'il faut prendre les choses au sérieux.
06:43 Ça veut dire qu'il faut s'emparer des sujets. Et donc, moi, ce que je constate de façon générale, c'est une forme de laxisme en quelque sorte.
06:51 Un laxisme où chacun se renvoie la balle. Et puis moi, j'ai des plaintes au cabinet pour harcèlement, mais qui attendent d'être traitées par le procureur de la République.
07:01 – Arnaud Boutelier, 5 personnes sont aujourd'hui sous contrôle judiciaire, mises en examen, donc dans le cadre des poursuites pénales engagées
07:08 dans cette affaire de l'INSEE. Elles sont soumises à quelle obligation, les personnes mises en examen ?
07:15 – Les personnes, elles sont mises à ne pas rencontrer les personnes auxquelles, éventuellement, elles auraient fait un préjudice.
07:24 Mais vous savez, le problème, la justice, elle rend une décision. La police a fait ce qu'elle peut, en fonction des éléments qu'elle a.
07:34 Elle a aussi des manques de moyens. Les procédures sont assez lourdes. Les effectifs sont peu nombreux.
07:43 On a beaucoup de priorités aussi également à traiter. Les dossiers de violence, les stups, les violences d'empreinte familiale.
07:51 – Vous parlez des parents. Est-ce que, par exemple, dans le cas de l'INSEE, la police, elle a entendu les parents ?
07:56 Pas seulement les parents de l'INSEE, mais les parents des élèves harceleurs ?
08:01 – Écoutez, moi, je dirais tout simplement que, là, il y a de l'instruction. Je ne vais pas entrer dans le débat.
08:09 Je dirais tout simplement que le dossier a été pris au sérieux, bien évidemment, comme tout dossier.
08:14 Les collègues sont en train de relever tous les éléments pouvant éventuellement éclairer un petit peu sur cette situation.
08:22 On est sur un drame. Le harcèlement, ce n'est pas n'importe quoi, surtout quand ça touche des mineurs et au niveau des écoles.
08:32 Oui, oui, bien sûr, je pense que les collègues ont fait le nécessaire. Ils ont rendu compte à la justice et il y a eu une décision qui a été donnée.
08:41 Maintenant, il faut laisser l'instruction se faire pour pouvoir déterminer les réelles conséquences et les responsabilités.
08:49 – Une question d'éducation des enfants qui se pose dans ces cas de harcèlement.
08:52 – Oui, d'éducation et puis aussi peut-être, vous voyez, les écoles pourraient peut-être organiser un certain nombre de choses,
08:58 notamment des groupes de paroles, de rencontres, avoir des médias.
09:01 – Ça existe, mais dans le cas présent, quand on voit que les harceleurs continuent de harceler à l'INSEE alors qu'elle n'est plus là,
09:08 qu'ils s'en prennent aussi désormais à ses amis. On écoute à nouveau l'avocat de la famille de l'INSEE.
09:14 – J'ai été aussi désigné par une proche de l'INSEE qui elle-même est terrorisée à l'idée de retourner dans ce collège.
09:22 – Encore aujourd'hui ?
09:23 – Encore aujourd'hui, puisque depuis la mort de l'INSEE, celle-ci continue de recevoir elle aussi des menaces de la part de l'environnement.
09:33 Effectivement, on peut s'en douter des ados qui ont été mis en examen, ce qui est absolument scandaleux.
09:39 – On hallucine en fait.
09:41 – Oui, mais alors à ce stade-là, c'est le procureur de la République qui doit s'en emparer et les services de police.
09:46 – Bon, conférence de presse des parents de l'INSEE, ce sera à suivre en direct sur BFM TV à 11h depuis Vendin-le-Vieille.
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