00:00 Quand vous parlez, professeur Molimar, du plus grand essai thérapeutique sauvage connu,
00:05 qu'est-ce que vous reprochez concrètement sur cette étude-là ?
00:09 Vous parlez d'essai, lui parle d'étude.
00:11 Qu'est-ce que vous reprochez concrètement ?
00:13 - C'est un détournement de la législation qui est faite pour protéger les patients
00:18 qui participent à des essais cliniques.
00:21 Lorsque l'on donne un médicament dans une indication qu'on ne connaît pas,
00:25 qui n'est pas reconnu par l'AMM, on doit déposer une demande
00:30 auprès d'un comité de protection des personnes,
00:33 qui est là pour s'assurer que la sécurité des patients et l'éthique est respectée,
00:36 qui doit être en dehors de son établissement.
00:38 C'est tiré au sort au niveau de la France, c'est ce qu'on appelle les CPP.
00:41 Les CPP ont d'ailleurs signé cette tribune s'indignant devant le fait
00:46 qu'on n'ait pas respecté la réglementation.
00:47 - Il n'y avait pas de comité d'éthique dans ce qu'a fait Didier Raoult ?
00:49 - Non, le comité d'éthique est local, c'est-à-dire des gens de son équipe
00:52 ou à côté de son équipe, dépendant de lui.
00:54 - L'IHU c'est privé ? C'est un institut privé ?
00:56 - Non, ce n'est pas privé, c'est ce qu'on appelle un IRB,
00:59 c'est-à-dire quelque chose qui est là pour vous conseiller
01:01 s'il faut faire appel au CPP ou pas, manifestement incompétence,
01:04 et surtout ami.
01:07 Or, l'éthique doit être jugée par d'autres personnes qui sont extérieures
01:11 et qui ne vont pas gober tout ce que vous leur demandez de prendre.
01:13 Donc ça c'est la première chose.
01:14 La deuxième chose, comme c'est un médicament,
01:16 il devait y avoir une autorisation de l'agence du médicament,
01:18 ce qu'il n'y a pas eu.
01:19 Donc ils contournent ça en disant, c'est une étude,
01:22 on va regarder nos pratiques et on va regarder a posteriori,
01:25 ça on a le droit de le faire.
01:26 Sauf que pour faire les pratiques,
01:28 les pratiques c'est ce qu'on appelle la prescription hors autorisation
01:32 de mise sur le marché, ça c'est autorisé, mais dans trois conditions.
01:35 La première, c'est que ça soit exceptionnel au cas par cas.
01:40 - En raison des 30 000 ?
01:41 - Oui, c'était un protocole qui disait pour tout patient
01:44 qui arrive avec un prélèvement positif dans le nez,
01:45 on le donne de l'hydroxychloroquine, quels que soient les symptômes.
01:48 Donc ce n'est pas au cas par cas, c'est systématique.
01:51 Deuxièmement, ça doit être dans l'intérêt du patient.
01:53 Je suis désolé, mais quelqu'un qui a 18 ans et un Covid positif
01:56 et pas de symptômes, je ne vois pas l'intérêt d'aller lui donner
01:58 de l'hydroxychloroquine, donc ce n'était pas dans l'intérêt du patient.
02:01 Et troisième élément, il faut que ce soit selon les données de la science.
02:05 Or, les données de la science, moi, pharmacologue,
02:07 je disais depuis mars 2020 que ça ne pouvait pas être efficace.
02:10 Il y a même une publication chinoise avec un tirage au sort
02:14 qui montrait que ça ne faisait rien le 3 mars.
02:18 Et ça ne faisait rien du tout. Et ça a été confirmé.
02:21 Et les autorisations temporaires d'utilisation pour utiliser
02:24 hors AMM de l'ANSM ont été interdites en avril.
02:30 On a dit stop, mais en octobre, il a fait demande d'utilisation temporaire
02:33 qui a été refusée par l'ANSM. Et malgré ça, il a continué jusqu'à...
02:37 Et c'est là qu'on est vraiment tombé par terre.
02:39 - C'est notamment la durée jusqu'au 30 décembre 2021.
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