00:00 Comment ils vont faire sans toi ?
00:02 Tu vas rester là, tu vas contrôler quand même un peu.
00:06 Peut-être.
00:07 Tu ne vas pas rester sans rien faire, ça ne se fait pas.
00:10 1er juillet 1976, ça a été mon premier jour de travail au Provençal.
00:23 Un stage d'été, puis un deuxième à l'été 78 et j'ai été embauché en novembre 78.
00:29 Donc voilà, ça fait à peu près 47 ans.
00:32 Une vie qui se termine et une autre qui commence.
00:34 Il y en a eu tellement. Jean-Pierre Papin évidemment, mais aussi Chris Waddell,
00:41 Eric Dimeco, Frank Soze, Didier Drogba, Fabrizio Gravanelli, Laurent Blanc, Mathieu Valbuena.
00:47 Pour moi, mon idole reste Josip Skoblar et j'ai eu la chance de le connaître et de devenir son ami.
00:54 Donc c'était parfait pour moi.
00:57 Il y en a eu beaucoup aussi, Gérard Gilly et Raymond Goutals, on va dire que ce sont mes préférés.
01:01 Mon plus beau match, ça reste sans doute France-Portugal, la demi-finale de l'Euro 84 à Marseille
01:10 avec cette action de dernière minute de Jean Tigana et le but de Michel Platini.
01:16 C'était ma première grande compétition.
01:18 C'est un moment extraordinaire, extraordinaire pour moi.
01:24 Le plus beau but pour moi, c'est celui de Basile Boli contre le PSG le 29 mai 1993 au Stade Vélodrome.
01:31 Un but irréel, impossible à répéter.
01:35 Mon pire souvenir, c'est évidemment Furiani le 5 mai 1992 avec tous ces morts, tous ces blessés,
01:46 tous ces gens qui sont restés paralysés, beaucoup d'amis qui ont été gravement touchés.
01:51 Moi j'ai eu la chance de l'être peut-être un petit peu moins.
01:54 J'ai toujours des problèmes de dos mais bon, je suis là, contrairement à d'autres.
01:59 J'ai eu tellement de beaux souvenirs dans ma carrière avec 5 Coupes du Monde et 7 Euros.
02:06 Ma dernière finale de Coupes du Monde, quand j'ai regardé au Maracana le Cris du Corcovado,
02:11 je sentais que j'étais privilégié.
02:13 Mais les autres, ça reste quand même, évidemment le 26 mai 1993, la victoire de l'OM en Coupe d'Europe.
02:20 Évidemment le 12 juillet 1998, la France qui gagne la Coupe du Monde.
02:25 Pour moi c'était totalement irréel.
02:27 Et puis le doublé de l'OM en 1989, aussi bien le titre de champion
02:30 que cette fantastique finale de Coupe de France contre Monaco.
02:33 J'ai couvert à peu près 2000 matchs officiels, mais c'est difficile.
02:42 Bon, 180 je crois de Coupes d'Europe de l'OM, environ 220 de l'équipe de France.
02:47 Le reste, je suis très imprécis parce qu'il y a beaucoup de matchs aujourd'hui,
02:51 je ne me souviens plus si j'y étais ou pas.
02:53 Donc voilà, j'ai eu cette chance.
02:56 Je voulais faire ce métier quand j'étais enfant et j'ai réalisé mon rêve.
03:01 Voilà, merveilleux.
03:04 Non voilà, on ne va pas faire les vieux combattants, mais c'était une autre période.
03:09 Et bon, après il y a malheureusement les aléas de la vie qui ont fait que,
03:14 notamment avec ce qu'on a pu malheureusement vivre à Furiani,
03:18 où Mario a été évidemment beaucoup impacté d'être là.
03:22 Il n'y a pas question de journaliste.
03:25 Voilà, il fait partie de la famille et dans ces moments-là,
03:30 ça reste un mauvais souvenir, mais ça reste toujours
03:33 et ça marque évidemment humainement les personnes.
03:37 Après il a repris sa route, avait sa plume aussi brillante, acide,
03:42 très acide des fois, mais bon, c'est comme ça, c'est Marseille.
03:45 Moi, sans trop y croire, je souhaite à tous mes confrères les plus jeunes
03:49 que dans 30 ans, ils puissent avoir les mêmes rapports avec des joueurs d'aujourd'hui.
03:53 Mais je n'y crois pas trop.
03:55 C'est plus compliqué.
03:56 Je n'y crois pas trop.
03:57 Allez, on tire le rideau.
03:58 Pas complètement quand même.
04:01 C'est tout simplement une des mémoires de l'OM qui s'en va.
04:05 C'est le grand spécialiste de l'histoire du club.
04:08 Il connaît l'histoire de ce club depuis des années.
04:13 Je suivais particulièrement ses rubriques sur les anciens matchs,
04:18 les compos des années quand j'étais gamin, quand je suivais l'OM.
04:23 C'est toujours dommage quand un journaliste comme ça,
04:29 qui représente l'histoire et la mémoire du club, s'en va
04:32 parce qu'on se dit que c'est un peu du club qui s'en va aussi.
04:35 Qu'est-ce qui m'a trouvé ?
04:38 Je ne suis pas mort.
04:39 Non, mais c'est surtout le fait que les jeunes,
04:44 on va arriver à des gamins qui n'auront pas connu notre génération.
04:48 Et c'est normal, c'est l'histoire de la vie.
04:51 On est content parce qu'il part à la retraite en pleine forme.
04:54 Il va pouvoir faire de la musique.
04:56 Et il va pouvoir profiter de ses petits-enfants.
04:58 [Musique]
05:05 [Musique]
Commentaires