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  • il y a 3 ans
Rendez-vous de l'eau du 11 mai 2023

Atelier collaboratif " Renouveler et réparer les réseaux : un levier pour assurer la sécurité de l'approvisionnement en eau"

Animée par Christophe Ruas - Vice-Président des Canalisateurs

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00:00 [Musique]
00:00:09 Bonjour à toutes et à tous, merci d'être là pour ce rendez-vous de l'eau
00:00:14 qui est aujourd'hui consacré à la sécurisation de l'approvisionnement en eau potable.
00:00:18 Vous venez probablement d'assister à l'émission et nous passons maintenant
00:00:22 à un atelier collaboratif qui est organisé avec les canalisateurs
00:00:25 sur le renouvellement et la réparation des réseaux,
00:00:28 qui est un levier évidemment indispensable pour assurer la sécurité de l'approvisionnement.
00:00:32 Je suis Marie-Longlove Artelot, animatrice de Communauté professionnelle au sein du Pôle Eau
00:00:37 et j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Christophe Ruas,
00:00:40 PDG de la Société régionale de canalisation qui est une PME basée dans le Gard
00:00:44 et vice-président des canalisateurs.
00:00:46 Bonjour M. Ruas, merci d'être avec nous cet après-midi.
00:00:49 Pour vous expliquer un peu le déroulé de cet atelier,
00:00:53 nous commencerons donc par une présentation.
00:00:55 M. Ruas nous précisera d'abord qui sont les canalisateurs,
00:00:58 comment est-ce que les collectivités peuvent s'appuyer sur l'expertise
00:01:01 de ces associations, avant de nous proposer un peu un constat
00:01:05 sur l'état des réseaux sur le territoire national,
00:01:08 en revenant évidemment sur la situation de l'été 2022,
00:01:11 où la sécheresse a fortement impacté l'approvisionnement en eau potable
00:01:14 et vous le verrez aussi l'état des réseaux.
00:01:17 On reviendra également sur les annonces du plan Eau,
00:01:19 qui a été présenté fin mars par Emmanuel Macron,
00:01:22 et les problématiques rencontrées sur ce sujet du renouvellement des réseaux,
00:01:26 notamment les investissements, les taux de renouvellement
00:01:29 qui sont insuffisants, mais aussi et surtout une méconnaissance
00:01:32 de l'état des réseaux qui est pourtant essentielle
00:01:35 pour bien pouvoir prioriser ces renouvellements.
00:01:38 La présentation durera 15 à 20 minutes et nous vous proposerons
00:01:42 ensuite d'échanger, d'abord de répondre à quelques questions
00:01:46 via un sondage qui s'affichera à votre écran.
00:01:49 Cela nous permettra de cerner vos situations, vos besoins respectifs
00:01:52 et de lancer un peu les échanges.
00:01:55 On aura une bonne demi-heure pour cela et pour discuter des leviers
00:01:59 à activer, des solutions possibles pour diminuer les taux de fuite,
00:02:02 entretenir ce patrimoine essentiel et puis pour répondre
00:02:05 à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur ce sujet.
00:02:09 Pour les échanges, je vous inviterai à activer micro et caméra
00:02:13 grâce aux icônes Zoom que vous avez en bas de votre écran.
00:02:16 N'hésitez pas dès maintenant à vous renommer en ajoutant peut-être
00:02:19 à votre nom celui de votre collectivité ou de votre structure.
00:02:22 Cela nous permettra de savoir qui vous êtes et où vous êtes
00:02:26 sur le territoire.
00:02:28 Aussi, quand je vous donnerai la parole à vous présenter,
00:02:30 c'est toujours plus sympa et plus pertinent pour répondre
00:02:33 à vos questions, de savoir où est-ce que vous êtes.
00:02:36 Vous pourrez donc, comme je le disais, intervenir à l'oral.
00:02:40 Vous pouvez lever la main comme à l'école en cliquant
00:02:43 sur l'icône réaction.
00:02:45 Cela me permettra de distribuer la parole à celles et ceux
00:02:48 qui le souhaitent.
00:02:50 Si jamais le micro de votre ordinateur ne fonctionne pas,
00:02:52 vous pouvez brancher des écouteurs, un kit main libre
00:02:56 pour avoir un micro fonctionnel.
00:02:58 Je vais vous envoyer un petit lien test pour faire un essai
00:03:01 éventuellement pendant la présentation.
00:03:04 Et puis, vous avez toujours un module de discussion
00:03:07 qui est à votre disposition si vous souhaitez partager
00:03:10 des écrits, des questions, des réactions, des commentaires
00:03:13 pour celles et ceux qui n'auraient pas de micro fonctionnel.
00:03:17 Voilà pour le déroulé de cet atelier.
00:03:20 Je vais maintenant laisser la main à M. Ruas pour cette
00:03:24 présentation qui est déjà fichée à l'écran.
00:03:29 Bonjour à tous. Merci, Marie.
00:03:31 Merci à vous tous de vous être connectés.
00:03:33 Je me présente, Christophe Ruas.
00:03:35 Je suis le PDG d'une petite PME du sud de la France,
00:03:37 une trentaine de collaborateurs.
00:03:39 Et je suis aussi vice-président des canalisateurs,
00:03:42 un syndicat professionnel rattaché à la Fédération nationale
00:03:45 des travaux publics.
00:03:47 Alors, on a 332 entreprises adhérentes.
00:03:49 Ça va de la petite PME de 2 ou 3 salariés au major de la profession,
00:03:55 comme le groupe SAD.
00:03:57 Donc, nous sommes des spécialistes de l'eau et de l'assainissement,
00:04:00 du renouvellement, de l'entretien.
00:04:02 On a à peu près 35 000 collaborateurs répartis un petit peu
00:04:05 partout en France.
00:04:07 Et on fait un chiffre annuel de 6 milliards d'euros dans le domaine
00:04:12 de l'eau et de l'assainissement.
00:04:14 Donc, nous sommes effectivement incontournables dans le domaine.
00:04:19 Le sujet qui nous anime aujourd'hui, c'est d'assurer l'approvisionnement
00:04:22 à ONO.
00:04:24 Alors, effectivement, on a tous été sensibilisés à la problématique
00:04:27 avec l'été dernier.
00:04:29 Et on est tous bien conscients, au vu de l'hiver qui s'est passé
00:04:33 et de l'été qui est passé, 2023, qu'on va avoir un été 2023
00:04:37 qui va être au moins aussi compliqué que l'été 2022.
00:04:41 Donc, il va falloir qu'on fasse des économies et qu'on travaille
00:04:46 ensemble entre tous les acteurs, que ce soit les ménages,
00:04:50 que ce soit les industriels, que ce soit les agriculteurs,
00:04:53 à essayer de préserver notre ressources, préserver nos nappes.
00:04:57 Et ça ne passera que par un certain nombre de mesures,
00:05:02 qui passent bien évidemment par l'autre côté de nos réseaux,
00:05:04 et j'y reviendrai tout à l'heure, mais aussi la solidarité
00:05:07 entre les territoires. Dans le débat tout à l'heure,
00:05:09 M. Burleau l'a bien expliqué, aujourd'hui, on se retrouve
00:05:14 avec des bassins versants qui ont eu de vrais soucis sur l'été 2022.
00:05:18 Et à quelques kilomètres de là, des bassins versants où la nappe
00:05:22 a permis d'assurer une continuité du service public sans aucun problème.
00:05:27 Se pose la problématique de l'interconnexion entre les territoires,
00:05:31 qui nous paraît de plus en plus indispensable.
00:05:34 Alors il y a des endroits où ça se passe très bien,
00:05:36 où c'est déjà en place, et je félicite le département
00:05:39 des Côtes d'Armor qui tout à l'heure a présenté un petit peu
00:05:41 la structuration de leur département avec des barrages,
00:05:44 avec des filaires et des interconnexions sur tous les réseaux,
00:05:49 qui fait qu'ils ont pu passer un été 2022 à peu près normal,
00:05:53 même si ça s'est passé à pas grand-chose.
00:05:56 Mais c'est sûr que tout le travail qui a été fait dans ce département
00:05:59 mériterait d'être dupliqué, en tout cas expliqué un petit peu partout
00:06:04 sur tous les autres territoires.
00:06:06 Le plan O qui a été annoncé par le président de la République
00:06:08 est une bonne chose, c'est-à-dire qu'on est sensibilisé
00:06:11 au plus haut niveau de l'État, le président de la République
00:06:13 a pris le dossier en main.
00:06:14 Les 53 mesures qui ont été annoncées vont toutes dans le bon sens.
00:06:19 Une qui nous attire particulièrement, c'est l'enveloppe supplémentaire
00:06:22 de 475 millions d'euros par an via les agences de l'eau,
00:06:26 et pour nous les agences de l'eau, c'est vraiment l'acteur principal
00:06:29 dans ce domaine, donc c'est très important que ça passe
00:06:31 par les agences de l'eau.
00:06:33 Et sur ces 475 millions d'euros, 180 sont destinés à la lutte
00:06:38 contre les fuites, avec notamment l'identification de 175 points noirs
00:06:44 collectivités ou recouements de collectivités qui sont dans
00:06:47 une situation dramatique dès l'été 2022, avec soit des rendements
00:06:52 très très faibles, soit des coupures d'eau qui ont eu lieu
00:06:56 dès l'été 2022.
00:06:58 Donc là, ce qui est important, c'est que ces sommes-là soient
00:07:01 très rapidement activées, d'où l'importance des collectivités
00:07:05 se saisissent de cette problématique et aillent au plus vite
00:07:10 déposer des dossiers auprès de l'agence de l'eau pour qu'on puisse
00:07:13 lancer très rapidement des travaux d'urgence, et puis après,
00:07:17 on arrivera à un fonctionnement apaisé parce qu'on aura pris
00:07:21 l'habitude et ce fonds va être maintenu dans les années à venir.
00:07:25 Donc c'est une très très bonne nouvelle.
00:07:28 Mais malgré tout, il faut quand même qu'on aille vite et ça ne
00:07:30 soit peut-être pas suffisant pour arriver à passer un été serein
00:07:34 au niveau de 2023.
00:07:36 Alors pour ce qui est de l'approvisionnement en eau,
00:07:38 effectivement, notre enjeu, c'est de lutter contre les fuites.
00:07:43 Alors effectivement, lutter contre les fuites, c'est une vraie
00:07:47 problématique, une vraie problématique, dans la mesure où aujourd'hui,
00:07:52 le rendement moyen des collectivités, c'est 80%.
00:07:55 Donc on pourrait se dire, un rendement moyen de 80%, c'est bien.
00:07:59 Ça veut dire qu'il n'y a que 20% de l'eau qui est pompée,
00:08:02 traitée, qui est perdue.
00:08:04 Néanmoins, c'est un coût financier, c'est un coût en matière
00:08:07 de bilan carbone, et puis c'est de l'eau qui est bien utile
00:08:11 en période d'été.
00:08:14 Donc même si ce rendement paraît positif, il est aussi basé
00:08:19 sur les personnes qui remplissent les documents.
00:08:23 C'est-à-dire que 6PA est rempli, mais il y a quand même beaucoup
00:08:28 de collectivités qui ne le remplissent pas.
00:08:31 Donc c'est 80% de rendement sur les collectivités qui ont rempli 6PA.
00:08:36 Donc ça laisse imaginer qu'un certain nombre de collectivités
00:08:39 qui ont de moins bons résultats n'ont pas forcément rempli 6PA,
00:08:42 et que donc la moyenne nationale, 80%, c'est quelque chose d'optimiste.
00:08:48 Autre chose, c'est que ça ne concerne que l'eau potable, les 80%.
00:08:51 Si on allait sur les réseaux agricoles ou sur l'irrigation,
00:08:55 on serait avec des taux moyens nettement inférieurs.
00:09:00 Donc vous le voyez, on a une situation compliquée,
00:09:03 avec des fuites qui sont quand même significatives,
00:09:06 et surtout un indicateur qu'il faudrait peut-être suivre
00:09:10 de façon plus rigoureuse, c'est l'évolution du nombre de fuites
00:09:15 en fonction de la saison.
00:09:18 Moi, au niveau de Calisateur, énormément de nos adhérents
00:09:22 nous ont contactés en nous disant "l'été 2022 a été catastrophique,
00:09:27 on est énormément intervenus pour réparer les fuites",
00:09:31 ce qui n'était pas le cas les étés précédents.
00:09:33 Ce qui veut dire que la sécheresse fait bouger les sols
00:09:38 et crée des fuites qui n'étaient pas présentes les étés précédents.
00:09:41 On n'a pas d'indicateur officiel, d'ailleurs moi on s'est renseigné
00:09:45 auprès de certaines collectivités, certaines régies,
00:09:49 certains affermages, et on peut estimer un nombre de fuites
00:09:54 supérieur de 30% entre l'été 2022 et l'été 2021.
00:09:59 Donc c'est quand même un chiffre très important,
00:10:02 qui est très significatif et qui est très inquiétant.
00:10:06 Par ailleurs, un autre indicateur qui serait intéressant de suivre
00:10:10 dans une période critique comme on l'a, qui est le pompage dans la nappe.
00:10:17 On sait le volume total qu'on pompe, par contre ce qui serait intéressant
00:10:23 c'est de vérifier la différence entre le pompage sur janvier-février
00:10:28 et le pompage sur juillet-août, les moments les plus problématiques
00:10:32 au niveau de la nappe.
00:10:34 Là, il n'y a pas d'indicateur, nous d'après les éléments qu'on a,
00:10:38 on estime une surconsommation sur les périodes d'été qui peut dépasser
00:10:42 les 50-60 voire 70% entre l'hiver et l'été.
00:10:46 Donc là aussi c'est un phénomène qui se rajoute aux fuites supplémentaires
00:10:52 et qui forcément dans une période critique va engendrer et engendrera
00:10:57 des coupures d'eau malheureusement inévitables.
00:11:01 Avec un autre effet qui se coule, un autre phénomène qui n'a pas
00:11:04 forcément été très identifié l'été dernier, et là aujourd'hui
00:11:08 les médias commencent à en parler, ça commence à rentrer dans les clous,
00:11:13 c'est la problématique de la défense incendie.
00:11:16 Parce que même si la défense incendie est la compétence des collectivités,
00:11:21 les poteaux incendies sont raccordés sur le réseau public d'eau potable.
00:11:25 Donc le maire qui a la responsabilité ne maîtrise absolument pas
00:11:30 de savoir le débit ni s'il aura de l'eau ou pas à son poteau incendie.
00:11:35 Donc l'été dernier on s'est retrouvé dans une période très critique,
00:11:39 mais les deux phénomènes ne sont pas arrivés, c'est-à-dire des gros incendies
00:11:42 et en même temps une zone où il n'y avait pas d'eau au poteau incendie.
00:11:46 L'été prochain c'est une situation qu'il faut envisager,
00:11:49 beaucoup de SDIS dans les départements se penchent sur la question,
00:11:52 essayent de faire des stocks tampons dans des cuves au niveau des agriculteurs,
00:11:56 des viticulteurs, c'est une bonne décision, mais il ne faut pas oublier
00:12:00 que cet enjeu-là de défense incendie est un enjeu majeur pour l'été 2023
00:12:06 qui risque d'avoir des connaissances.
00:12:08 Donc l'important aujourd'hui ça va être vraiment de connaître notre patrimoine,
00:12:14 parce que les éléments qu'on a à notre disposition là aussi sont ambivalents.
00:12:19 On a un patrimoine très important, on a plus d'un million de kilomètres d'eau potable,
00:12:23 400 milliers d'assainissement, pour une valeur, c'est important de parler de chiffre aussi,
00:12:29 de 300 milliards, donc c'est pas rien.
00:12:32 Et ce patrimoine il est connu, il y a des indicateurs qui sont mis en place,
00:12:38 c'est la connaissance et la gestion du patrimoine des réseaux d'eau potable,
00:12:42 c'est un des indicateurs sur l'eau potable est à 100 sur un total de 120 points.
00:12:47 Donc vous me direz avoir 100 points sur 120 points c'est plutôt une bonne nouvelle,
00:12:51 ça veut dire qu'il y a une maîtrise relativement forte de la part des sociétés fermières,
00:12:55 des régies, de leur patrimoine.
00:12:59 Sauf que le bémol dans l'histoire c'est que la moitié des services ne renseignent pas cette donnée.
00:13:05 Donc les gens qui vont sur 6PA ne donnent pas les éléments à hauteur de plus de 50%.
00:13:12 Donc ça veut dire que cette donnée qui est plutôt une bonne nouvelle,
00:13:15 en réalité doit être sous-évaluée pour correspondre à une réalité de notre patrimoine.
00:13:23 Ce qui veut dire c'est qu'aujourd'hui notre mat patrimoine n'est pas connu
00:13:28 et ça sera un vrai problème dans les fléchages de nos investissements à venir,
00:13:32 car on est tous bien conscients que même si des efforts sont faits,
00:13:36 on ne pourra pas tout changer, nos réseaux sont trop longs, 1 million de kilomètres,
00:13:42 il va falloir cibler nos investissements et on ne pourra cibler nos investissements
00:13:46 que si on a une parfaite connaissance de notre patrimoine.
00:13:50 J'en viens au tableau suivant qui est de l'âge de nos réseaux.
00:13:54 Et là c'est très intéressant.
00:13:56 Alors les 6 premières colonnes que vous voyez s'afficher à l'écran,
00:14:00 ce sont les 6 agences de lot, avec des divergences entre les uns et les autres.
00:14:06 Et le dernier tableau c'est la fusion des 6 réponses.
00:14:11 Alors qu'est-ce qu'on peut en tirer comme conclusion ?
00:14:14 Elle est plutôt inquiétante cette conclusion.
00:14:17 On sait qu'on a 31% du linéaire dont on ne connaît pas la date de pose.
00:14:23 Donc 31% du linéaire c'est un tiers de nos réseaux, on ne peut pas dire l'âge.
00:14:27 Il y en a 25% dont on est sûr qu'il n'a plus de 50 ans,
00:14:31 et 40% du linéaire qui en a moins de 50.
00:14:34 Alors au niveau des canalisateurs, on a essayé d'affiner un petit peu ces chiffres,
00:14:38 et on estime qu'il y a plus de 40% du linéaire du réseau d'eau potable
00:14:44 qui a plus de 50 ans.
00:14:46 Donc là c'est un chiffre qui nous paraît tout à fait crédible,
00:14:51 et qui est plutôt inquiétant.
00:14:54 Parce que derrière il y a le rendement et surtout les renouvellements de ces réseaux.
00:15:00 Et quand on voit le tableau du renouvellement des réseaux,
00:15:04 on ne peut être qu'inquiet quand on voit qu'on a un taux moyen de renouvellement
00:15:09 du réseau d'eau potable en France qui est de 0,67%.
00:15:13 Donc 0,67% quand on fait une règle de 3 toutes simples,
00:15:17 ça veut dire que les réseaux qu'on pose aujourd'hui,
00:15:19 il faudrait qu'ils aient une durée de vie moyenne de 150 ans.
00:15:23 Alors on pose tous des réseaux comme il faut,
00:15:27 mais la durée de vie d'un réseau d'eau potable, il n'est pas de 150 ans.
00:15:32 On peut l'estimer selon la pose, selon le matériau, entre 60 et 80 ans.
00:15:39 Donc en clair, il faudrait renouveler deux fois plus de réseaux par an
00:15:46 pour arriver à un statut quo, sans parler de rattraper le retard.
00:15:51 Tout la nécessité d'un investissement dans le domaine.
00:15:56 Et là, il y a une vraie souffrance,
00:15:59 il y a un vrai déficit d'investissement sur les réseaux.
00:16:02 On va vous sortir, je vais vous présenter ce tableau
00:16:06 qui a été fait par l'UEI, qui dans un premier temps
00:16:11 a globalisé le déficit d'investissement annuel
00:16:14 dans les espaces secures de l'eau en France,
00:16:16 qui est de 4,6 milliards d'euros par an, le retard pris.
00:16:20 Vous voyez, en assaisissement, c'est 1,4 milliard,
00:16:23 en eau potable, c'est 1,8 milliard.
00:16:25 Et quand on focalise sur les résultats de l'eau potable,
00:16:29 on a un besoin de renouvellement annuel à notre potable
00:16:32 de 4,4 milliards par an.
00:16:35 Aujourd'hui, en France, on investit sur l'eau potable
00:16:38 uniquement 2,6 milliards d'euros par an, ce qui est déjà colossal,
00:16:42 je vous l'accorde, mais ça veut dire qu'on a un déficit annuel
00:16:46 d'eau potable de 1,8 milliard par an.
00:16:50 C'est un chiffre énorme.
00:16:51 Quand on le rapproche des propositions du président de la République
00:16:57 de mettre sur les réparations de réseau 1,180 millions d'euros,
00:17:02 on est à une échelle de 1 à 10.
00:17:05 Quand on parle de 180 millions d'euros d'investissement
00:17:08 via les agences de l'eau, on peut estimer qu'il y a un ratio
00:17:12 de x3 qui va faire que quand l'agence de l'eau donne 1 euro,
00:17:17 les collectivités rajoutent 2 euros au minimum.
00:17:20 Donc, quand on parle de 180 millions d'euros de financement
00:17:23 de l'agence de l'eau, on peut estimer entre 500 et 600 millions,
00:17:26 la réalité des travaux de renouvellement de réseau d'eau potable.
00:17:29 Mais entre 600 millions et 1,8 milliard, il y a un différentiel.
00:17:35 C'est-à-dire que malgré ce plan significatif et colossal
00:17:38 qui a été annoncé, on va continuer à prendre du retard
00:17:42 sur le renouvellement de notre réseau d'eau potable.
00:17:46 Cela veut dire qu'on va arriver inévitablement dans les années
00:17:50 à venir avec un réseau vieillissant qui, pour 40% a plus de 50 ans,
00:17:55 dans les années à venir, avec un risque de mur d'investissement
00:17:59 où les collectivités seront dans l'incapacité de financer
00:18:04 les travaux indispensables.
00:18:05 D'où l'importance d'avoir une maîtrise parfaite de nos réseaux
00:18:10 et de les identifier de façon très intéressante.
00:18:14 Ce n'est pas de connaître l'âge du réseau,
00:18:16 c'est bien de connaître l'âge et le diamètre et le matériau.
00:18:21 Il faut aussi qu'on travaille avec les sociétés fermières
00:18:23 et les régies sur les zones sensibles, sur les zones fuyardes
00:18:28 avec des compteurs intelligents pour qu'on arrive vraiment
00:18:31 à cibler au mieux nos investissements.
00:18:34 Et c'est que dans cette condition-là qu'on arrivera tant bien que mal
00:18:39 à passer les prochains étés sans de véritables catastrophes.
00:18:45 Avec de toute façon quelque chose d'indispensable,
00:18:47 on en avait discuté avant et je crois que dans le débat
00:18:50 qui a eu lieu tout à l'heure avec Thierry Burleau
00:18:52 et le représentant du département des Côtes-d'Armor,
00:18:55 la priorité, une des priorités, c'est aussi le maillage du territoire,
00:18:59 les interconnexions entre les réseaux, entre les bassins.
00:19:04 Pour faire en sorte que quand on a une collectivité
00:19:06 qui est dans une situation critique, son collègue d'à côté puisse la dépanner.
00:19:12 Donc voilà, j'ai essayé d'être le plus rapide, le plus succinct possible
00:19:15 pour qu'on puisse après discuter librement des présentations
00:19:20 que je vous ai faites et des solutions qu'on peut apporter
00:19:23 pour éviter que l'été 2023 ne soit aussi chaotique que l'été 2022.
00:19:29 Je vous remercie pour votre attention.
00:19:32 Merci beaucoup, merci beaucoup, monsieur Ruess, pour cette présentation et ces constats.
00:19:38 Alors du coup, je vais lancer tout de suite le sondage qu'on a préparé,
00:19:42 comme je l'indiquais au début.
00:19:45 Donc voilà, on va vous proposer de répondre à quelques questions
00:19:48 qui vont nous permettre de cerner un petit peu les situations
00:19:52 sur vos différents territoires qui sont autour de la table.
00:19:56 Voilà, du coup, je vous laisse quelques minutes pour y répondre.
00:20:00 J'espère qu'ils s'affichent bien pour tout le monde.
00:20:03 N'hésitez pas à envoyer un message dans le chat si jamais vous avez des difficultés.
00:20:09 Peut-être déjà pour commencer, comment est-ce qu'on peut expliquer du coup
00:20:13 qu'il y a un tel retard sur les investissements,
00:20:17 sur la méconnaissance du patrimoine ?
00:20:21 Ça, c'est pour vous, du coup, monsieur Ruess, le temps que les participants puissent répondre.
00:20:27 Alors, l'eau finance l'eau.
00:20:31 Donc, il y a des choix stratégiques qui ont été mis en place.
00:20:35 On n'est pas là pour nous dire ce qui est bien, ce qui est mal.
00:20:39 On est ravi qu'il y ait une structuration pour des agences de l'eau,
00:20:42 des agences de bassins qui vont vraiment dans le bon sens.
00:20:46 Sauf qu'au début, les agences de l'eau,
00:20:51 ils ont financé le petit cycle de l'eau, très largement majoritairement,
00:20:56 c'est-à-dire le petit cycle de l'eau, les stations de traitement d'eau potable,
00:21:00 les réseaux d'eau potable, les branchements, l'assainissement,
00:21:03 les stations de traitement de l'eau usée.
00:21:06 Et petit à petit, les agences de l'eau se sont mis, tout ce qui est naturel,
00:21:10 à financer le grand cycle et c'est une bonne chose
00:21:12 parce qu'on ne peut pas dissocier le petit cycle de l'eau du grand cycle de l'eau.
00:21:16 Et aujourd'hui, on arrive à un financement au niveau des agences de l'eau
00:21:19 qui est l'ordre de 40% pour le petit cycle de l'eau et 60% pour le grand cycle de l'eau.
00:21:25 Ce constat, nous, on le fait, il n'est ni bon ni mauvais,
00:21:28 mais peut-être que le grand cycle de l'eau pourrait être aussi financé
00:21:31 par d'autres moyens et focaliser plus ce qui est récupéré par la facture
00:21:38 des abonnés sur le petit cycle de l'eau.
00:21:41 Mais ça, ce n'est pas à nous de prendre la décision.
00:21:46 Est-ce que vous avez peut-être constaté une évolution,
00:21:49 du coup, depuis notamment le transfert de compétences aux agglomérations en 2020 ?
00:21:55 Est-ce que ça a permis aussi, justement, d'harmoniser un peu les pratiques,
00:22:00 de remettre à plat, d'améliorer la connaissance ?
00:22:04 Oui, alors ça permet beaucoup de choses, surtout qu'en règle générale,
00:22:10 quand vous êtes une petite collectivité, que vous êtes indépendant,
00:22:13 les services de l'État sont très indulgents auprès de vos services
00:22:18 et si vous ne répondez pas exactement aux normes,
00:22:21 on n'ira pas trop vous chercher des pouls.
00:22:23 Du moment où vous passez la compétence à une agglomération,
00:22:27 là, du jour au lendemain, si votre station d'épuration est obsolète,
00:22:31 vous allez recevoir des lettres commandées pour vous mettre en conformité.
00:22:34 Donc, effectivement, il y a le fait que ces collectivités
00:22:39 qui sont passées dans les agglomérations ont permis des travaux d'urgence,
00:22:43 ça, c'est indiscutable parce qu'effectivement, les agglomérations
00:22:47 se conforment plus facilement à la réglementation et ça peut peut-être
00:22:51 trouver les financements et les moyens adéquats.
00:22:55 Merci pour déjà ces deux premières précisions.
00:22:58 On a à peu près la moitié des participants qui ont répondu au sondage.
00:23:02 Merci à ceux qui l'ont déjà complété.
00:23:05 Je vous laisse peut-être encore une ou deux minutes avant du coup
00:23:08 des dix mètres fins et puis surtout de vous afficher, de vous partager
00:23:12 les résultats à toutes et tous.
00:23:14 Alors, je vous spoil un petit peu les résultats, mais déjà,
00:23:17 on a quand même pas mal de personnes qui indiquent qu'elles ne connaissent pas
00:23:20 le rendement du coup de leur réseau d'eau potable sur leur territoire.
00:23:24 Donc, forcément, on en revient à ce sujet de la connaissance.
00:23:28 Donc, peut-être est-ce que vous avez des…
00:23:31 Quand on n'a pas énormément de budget en tant que collectivité,
00:23:35 quelles sont les solutions peu coûteuses peut-être pour déjà améliorer
00:23:39 la connaissance de ces réseaux? Est-ce qu'il y a des leviers?
00:23:43 Oui, alors, surtout si vous êtes une petite collectivité,
00:23:49 vous rentrez pile-poil dans les financements de l'Agence de l'eau
00:23:52 et vous pouvez à ce titre-là déposer des dossiers.
00:23:56 La problématique est qu'on a des agos qui sont très opérationnels
00:24:00 pour les demandes de subventions et pour les demandes d'aide.
00:24:02 Et peut-être ce qui manque, et je crois que dans le plan eau,
00:24:05 ça a été fléché, il y a un budget qui va aller à l'ingénierie
00:24:10 pour aider les petites collectivités justement à demander des aides
00:24:15 et à pouvoir bénéficier des aides auxquelles ils ont droit.
00:24:18 Je ne me rappelle plus le point de question sur le point 53,
00:24:22 sur les 53 points, mais il y a un point qui est très clairement identifié
00:24:26 sur l'ingénierie.
00:24:28 Oui, de valoriser l'ingénierie territoriale et notamment à travers
00:24:33 les services d'assistance technique des départements, me semble-t-il.
00:24:37 C'est ça, ça peut être un bon levier pour aider les collectivités
00:24:44 à demander des subventions auxquelles ils ont droit.
00:24:48 Notamment sur la phase de diagnostic, qui est souvent la base
00:24:55 pour après obtenir des aides conséquentes.
00:24:58 Oui.
00:25:00 Alors du coup, je vais mettre fin au sondage.
00:25:03 On a un peu plus d'une vingtaine de personnes qui ont répondu.
00:25:07 Merci à vous.
00:25:09 Je vous en affiche maintenant les résultats.
00:25:11 La première question qu'on vous posait, c'était justement
00:25:14 sur le rendement de votre réseau.
00:25:16 Est-ce que vous le connaissez ou pas ?
00:25:18 On a quand même 40 % des personnes qui ont répondu,
00:25:21 qui ne connaissent pas le rendement de leur réseau.
00:25:24 On revient à ce sujet de la méconnaissance.
00:25:27 Et puis ensuite, on voit qu'on a quand même une vingtaine de pourcents
00:25:32 des personnes qui ont un rendement qui est plutôt bon,
00:25:35 entre 70-80 ou plus de 80-80 %.
00:25:38 Et puis, quelques-uns qui sont dans cette phase un peu entre deux,
00:25:41 entre 50 et 70 %, où là, en effet, ça représente quand même
00:25:45 des pertes conséquentes en termes de volumétrie.
00:25:49 La deuxième question, c'était la connaissance des réseaux
00:25:52 en termes de date de pose, de diamètre de réseau,
00:25:55 de matériaux, de ce que vous évoquiez au cours de la présentation.
00:25:59 Donc là, pareil, une situation un peu disparate.
00:26:02 Alors forcément, des personnes qui… J'avais rajouté le nom "concerné"
00:26:05 puisqu'on n'a pas que des agents de collectivité.
00:26:07 On a peut-être aussi des gens d'entreprises, de structures,
00:26:10 de services déconcentrés, de départements qui ne sont pas du coup
00:26:13 concernés par la question.
00:26:15 Donc là, on voit quand même qu'en majorité, les personnes
00:26:19 nous ont dit qu'ils connaissaient quand même les dates de pose,
00:26:22 les diamètres, les matériaux utilisés pour leur réseau,
00:26:25 mais 25 % qui n'ont pas ces informations-là.
00:26:28 Donc forcément, c'est plus délicat de prioriser ces renouvellements
00:26:31 dans ce cas-là.
00:26:33 Ensuite, on souhaitait demander, parce que c'est ce qu'on a évoqué
00:26:36 dans la préparation de l'atelier, on a évidemment une demande en eau
00:26:39 qui est accrue l'été.
00:26:42 Donc du coup, ce qui nous intéresse, c'est de savoir,
00:26:44 est-ce que vous connaissez justement cette évolution
00:26:47 entre période hivernale, période estivale ?
00:26:51 Donc là, sur ceux qui sont concernés, c'est moitié oui, moitié non.
00:26:55 Donc tout le monde n'a pas forcément ces chiffres en tête.
00:26:59 Ensuite, on demandait, pareil, ce que vous avez évoqué
00:27:04 dans la présentation l'été dernier, en raison de l'assèchement
00:27:07 des sols.
00:27:08 Ça a pu aussi avoir un impact sur les réseaux.
00:27:11 Ça a pu provoquer des mouvements de terrain et causer peut-être
00:27:14 davantage de fuites.
00:27:16 Donc on souhaitait demander, est-ce que vous avez constaté
00:27:19 une évolution du nombre de fuites sur les réseaux entre l'été 2021,
00:27:23 qui était quand même un peu moins sec, que l'été 2022 ?
00:27:27 Donc là, il y a des personnes qui ne l'ont pas mesuré.
00:27:31 27 % qui ont constaté, en effet, qu'il y avait eu plus de fuites.
00:27:35 Et puis 23 % qui n'ont pas constaté d'évolution particulière.
00:27:42 Ensuite, sur les compteurs intelligents, parce qu'en effet,
00:27:45 on a besoin de pouvoir connaître l'évolution des consommations
00:27:48 en direct.
00:27:49 Et puis pour avoir un levier aussi, je pense qu'on y reviendra
00:27:51 au cours des échanges, mais sensibiliser aussi les usagers
00:27:54 à cette consommation d'eau, et puis pour leur permettre
00:27:57 de pouvoir peut-être aussi identifier s'il y a une fuite
00:28:00 ou pas sur leur domaine privé.
00:28:03 Donc est-ce que le territoire est équipé de compteurs intelligents
00:28:06 pour connaître les consommations ?
00:28:09 Et bien là, donc 27 % qui nous disent que oui, 18 % qui nous disent
00:28:14 que non, mais que c'est en cours de réflexion.
00:28:17 18 % pour lesquels ce n'est pas prévu.
00:28:20 Et puis toujours ceux qui ne sont pas concernés.
00:28:24 Et enfin, du coup, qu'est-ce qui manque pour améliorer
00:28:27 le rendement des réseaux ?
00:28:29 Là, on voit quand même que c'est les moyens financiers
00:28:31 qui arrivent en tête.
00:28:34 En deuxième, du coup, les données.
00:28:36 Donc on revient à ce sujet de la connaissance.
00:28:39 Des moyens humains aussi, parce que ça demande forcément
00:28:42 des équipes.
00:28:43 On a vu le portrait de technicien en recherche de fuite.
00:28:46 Il faut aussi pouvoir recruter des personnes pour travailler là-dessus.
00:28:49 Et puis donc en dernier, quand même, l'accompagnement technique.
00:28:54 Voilà du coup pour les résultats de ce sondage.
00:28:57 Est-ce que déjà ça vous fait réagir, M. Ruas ?
00:29:02 Oui, c'est conforme à ce que je pouvais imaginer.
00:29:07 C'est un petit peu la sensation qu'on a, c'est-à-dire qu'on voit bien
00:29:11 notamment sur les fuites, qu'on a eu une problématique nouvelle l'été.
00:29:18 On verra si elle se confirme l'été prochain.
00:29:22 Et qu'on a, en règle générale, des gens qui connaissent plutôt bien
00:29:26 leur réseau, c'est une bonne chose.
00:29:28 Et qu'en matière de compteur intelligent, on va dans le bon sens.
00:29:32 Et puis pour ce qui est des abonnés, la problématique sera toujours
00:29:38 d'identifier les fuites en partie privative.
00:29:42 Parce que nous, les calculs qu'on a sur les 20% de fuites, c'est jusqu'au
00:29:46 compteur, comme ça a été très bien dit dans le débat tout à l'heure.
00:29:49 Ce qui se passe après le compteur, on ne le maîtrise absolument pas.
00:29:54 Et donc avec des compteurs intelligents, on va pouvoir prévenir les abonnés
00:29:58 d'une consommation anormale.
00:30:00 Le souci étant, c'est qu'on n'a aucune certitude sur le fait que les
00:30:04 abonnés derrière vont réagir rapidement et essayer de trouver leur fuite
00:30:08 et de la réparer.
00:30:09 Donc là aussi, c'est un volume d'eau qui est gaspillé et qui est
00:30:14 difficilement quantifiable.
00:30:17 Merci.
00:30:20 Merci beaucoup pour ces réactions sur ce sondage.
00:30:25 Maintenant, la parole est à vous toutes et tous qui êtes connectés
00:30:30 avec nous.
00:30:31 Du coup, je vous invite à vous manifester, peut-être en levant la main
00:30:36 ou directement en activant votre micro.
00:30:39 Si vous souhaitez partager une question, une remarque, un commentaire,
00:30:43 nous exposer peut-être votre situation, les difficultés que vous rencontrez.
00:30:49 Moi, j'ai préparé des questions, du coup, j'en aurais toujours des
00:30:54 questions à poser, mais je préfère que vous laissiez la parole pour
00:30:59 qu'on puisse répondre à vos interrogations.
00:31:03 Monsieur Gontier, vous avez levé la main physiquement, donc allez-y,
00:31:09 je vous en prie.
00:31:10 Bonjour, merci de me donner la parole.
00:31:13 J'ai une première question, effectivement, j'ai remarqué que sur la
00:31:17 base de données 6PA, il y avait un déficit de données.
00:31:21 Ma question principale est de savoir comment est-ce qu'on peut améliorer
00:31:27 ce taux de remplissage de données, inciter les régies et les syndicats
00:31:33 à remplir les bases de données pour qu'on puisse avoir une meilleure
00:31:36 vision de l'ensemble de notre patrimoine ?
00:31:40 Alors moi, je ne sais pas si quelqu'un d'autre est en mesure de répondre,
00:31:46 peut-être une collectivité qui elle-même a des soucis pour remplir 6PA
00:31:49 ou au contraire qui le remplit, qui trouve ça très facile.
00:31:55 Très clairement, je n'ai pas d'éléments à vous donner sur ce domaine-là,
00:32:01 parce que c'est relativement compliqué, surtout qu'à priori,
00:32:07 les communes de moins de 3 500 habitants n'y sont pas obligées.
00:32:11 Donc déjà, ça nous enlève quand même un volume significatif,
00:32:17 parce que les communes de 3 500 habitants en France, il y en a énormément,
00:32:21 énormément. Donc c'est une part non négligeable du volume qui n'est pas
00:32:27 enregistré dans 6PA. Et ça fait certainement, je ne sais pas si ça fait partie
00:32:31 des 50 % de personnes qui ne répondent pas, mais celles-là, de toute façon,
00:32:35 ne sont pas obligées de répondre.
00:32:37 Je vois qu'il y a Léa Goumard de Charenteau qui lève la main.
00:32:42 Du coup, allez-y, est-ce qu'on vous entend déjà ?
00:32:44 Oui, est-ce que vous m'entendez ?
00:32:46 Oui, très bien.
00:32:47 C'est juste pour répondre à la question. Nous, Charenteau, on est un syndicat
00:32:51 qui fait de l'assistance à maîtrise d'ouvrage, et donc notamment pour la
00:32:55 réalisation des RPQS et puis aider à mettre en ligne les données sous 6PA.
00:33:00 Donc c'est vraiment un travail de longue haleine où on revient à chaque fois
00:33:04 vers les collectivités pour qu'ils nous mandatent, pour qu'on puisse publier
00:33:07 leurs données. Après, un des points, ça peut être aussi les aides de l'agence
00:33:11 qui peuvent être conditionnées à la mise en ligne de ces données-là.
00:33:16 Mais voilà, c'est les seuls moyens qu'on a, c'est relancer les collectivités
00:33:20 pour avoir les données.
00:33:22 Mais du coup, si les aides de l'agence sont conditionnées au point de remplir
00:33:25 les données, ça peut être un ancêtre.
00:33:27 Donc, c'est un des moyens sur le secteur Loire-Bretagne. Je sais que ça a été
00:33:31 mis en place sur les demandes d'aide. Maintenant, il nous demande d'avoir
00:33:35 les données sous 6PA.
00:33:37 Et s'il vous demande de l'aide pour remplir 6PA, ça veut dire quand même
00:33:42 que c'est peut-être pas si simple. Quel est votre regard là-dessus ?
00:33:46 Après, nous, on le fait régulièrement. Donc, c'est vrai qu'on connaît.
00:33:51 Mais rien que pour remplir un RPQS, on sait que c'est compliqué d'avoir
00:33:55 les données et les collectivités, quand elles sont des petites communes
00:33:58 en régie et que c'est la secrétaire qui remplit les données, on n'a pas
00:34:02 toujours les infos facilement, on va dire.
00:34:08 Est-ce qu'il y a peut-être des outils aussi à disposition ?
00:34:11 Je ne sais pas moi, des formations qui existent justement pour savoir
00:34:15 comment renseigner ces données dans 6PA pour les accompagner aussi là-dessus ?
00:34:21 Je n'ai pas connaissance après de savoir s'il va y avoir un guide,
00:34:26 mais c'est vrai que du coup, là, on va dire qu'on les aide parce qu'on
00:34:31 remplit à leur place. Mais je ne sais pas après pour les collectivités.
00:34:37 J'avais fait une conférence avec la régie des eaux de Valence-Romand-Aglot
00:34:43 et eux, en fait, ils avaient mis en place, ils avaient récupéré la compétence
00:34:51 eau potable de pas mal de communes alentour. Et du coup, ils avaient mis
00:34:56 en place un plan d'action, puisque évidemment, ils avaient récupéré
00:34:59 des données très disparates. Et du coup, à chaque fois qu'il y avait une fuite,
00:35:03 ils avaient fait un gros travail aussi avec leur service Boiry.
00:35:06 À chaque fois qu'il y avait un renouvellement de Boiry, à chaque fois
00:35:09 qu'il y avait une fuite qui était identifiée, ils faisaient des prélèvements
00:35:12 systématiques de leur canalisation pour pouvoir les analyser,
00:35:15 pour pouvoir déterminer du coup l'âge, tous les paramètres que vous avez
00:35:20 mentionnés, donc la date de pose, le diamètre, etc. Donc, comme ça,
00:35:25 est-ce que ça vous paraît être en effet un bon moyen du coup déjà d'avoir
00:35:30 ces données et de les recenser du coup dans un SIG ?
00:35:34 Oui, c'est par là où on devrait commencer, effectivement, et de plus en plus
00:35:41 de collectivités vont là-dessus, ne serait-ce que par les DT, DICT,
00:35:45 où il y a une obligation maintenant d'identifier en zone A tous nos réseaux,
00:35:50 que ce soit eau potable, électricité et autres. Donc, petit à petit,
00:35:53 on va aller là-dessus, mais la problématique est toujours d'arriver
00:35:58 à identifier les zones rurales, parce qu'identifier un réseau en ville
00:36:03 où il y a un branchement tous les 5 ou 6 mètres, ça ne devrait pas
00:36:07 poser spécialement de problèmes. Par contre, on a des kilomètres
00:36:10 et des kilomètres en zone périurbaine où là, la conduite, on ne sait pas
00:36:17 où elle passe et si jamais il y a une fuite, elle est difficilement
00:36:21 identifiable parce qu'il faut y passer à côté et des fois, l'eau part
00:36:27 dans le sol. Donc, la problématique n'est absolument pas la même
00:36:32 selon où on se trouve, selon la collectivité dans laquelle on est.
00:36:36 Donc, c'est plus compliqué de gérer une zone isolée avec 2-3 branchements
00:36:43 au kilomètre plutôt qu'une zone en ville, d'où l'intérêt de la solidarité
00:36:48 entre les territoires qui, inévitablement, va venir sur la table,
00:36:54 parce que vous aurez beau multiplier par 5 ou par 6 le prix de l'eau
00:36:58 dans certains secteurs, la somme ne sera pas suffisante pour le renouvellement
00:37:02 des canalisations. Donc là, la solidarité va devoir, d'une manière
00:37:05 ou d'une autre, jouer via l'agence de l'eau, via je ne sais pas
00:37:10 quelle autre structure, mais il va falloir aider un certain nombre
00:37:13 de collectivités. Il ne faut pas simplement cibler les points noirs,
00:37:17 il faut aussi cibler les collectivités qui seront dans les capacités
00:37:21 d'investir massivement. Et tout à l'heure, le débat a été très intéressant
00:37:26 sur le prix de l'eau. Quand on parle d'évolution du prix de l'eau en pourcentage,
00:37:31 on a tous peur, mais quand on relativise, quand on regarde le prix de l'eau
00:37:37 au mois, c'est une dizaine d'euros par mois. Et donc, si on parle d'augmentation
00:37:43 de 20%, ça veut dire 2 euros d'augmentation du prix de l'eau par mois.
00:37:48 Donc, il faut le relativiser par rapport au prix d'électricité,
00:37:51 par rapport au prix de l'abonnement de votre portable. Et là, peut-être
00:37:54 qu'il y aurait une acceptation sociale qui serait plus forte, parce qu'inévitablement,
00:37:59 on va passer par une augmentation du prix sur certains secteurs.
00:38:03 C'est inévitable.
00:38:05 J'aurais une question justement sur ce prix de l'eau juste après.
00:38:09 Mais du coup, on a Olivier Franck sur le module de discussion qui nous demande
00:38:13 est-ce qu'en zone périurbaine, une technologie par satellite a déjà été testée ?
00:38:17 Parce qu'en effet, c'est vrai qu'en ville, une fuite qui apparaît sur une ouvoirie
00:38:21 goudronnée, on va la voir rapidement. Si c'est un sol terreux, c'est sûr que c'est
00:38:27 plus difficilement identifiable. Quelles sont les solutions justement
00:38:32 dans ces zones rurales ou périurbaines ?
00:38:35 Les solutions, c'est des compteurs qui sont positionnés sur les réseaux
00:38:41 pour identifier les zones plus ou moins fuillardes. Et après, c'est la méthode
00:38:46 classique qui est de l'écoute des réseaux, de préférence la nuit,
00:38:50 vu que la circulation de l'eau est uniquement due souvent à une fuite
00:38:57 entre minuit et 4 heures du matin. Donc là, ça permet d'écouter les réseaux
00:39:02 et d'identifier les zones fuillardes. Donc ça, c'est des campagnes qui sont
00:39:07 menées régulièrement et qui permettent effectivement de trouver des fuites.
00:39:12 Mais il n'y a pas de solution miracle à la technique qui a été proposée.
00:39:17 Moi perso, je ne la connais pas, mais si elle existe, il faudra la développer
00:39:23 parce qu'aujourd'hui, on n'a pas de moyens de ce genre pour détecter
00:39:26 des fuites en zone périurbaine.
00:39:28 Oui, parce que du coup, par satellite, ça pourrait être quoi ?
00:39:32 On arrive à détecter les différences d'humidité ?
00:39:39 Comme on a des radars pour les corps chauds, pour identifier,
00:39:42 on peut très bien avoir ce même système pour les zones humides, effectivement.
00:39:47 Mais à ma connaissance, la technologie dans ce domaine avance petit à petit.
00:39:52 Du coup, il y a des entreprises innovantes autour de la table,
00:39:59 peut-être une idée à développer, à creuser, se renseigner,
00:40:03 de savoir si ça existe.
00:40:05 C'est une journée de l'innovation au niveau des canalisateurs.
00:40:08 Si la technologie qui a la matière existe, on les invitera à y participer,
00:40:12 à nous présenter leur méthodologie parce qu'on est vraiment demandeurs.
00:40:16 Oui, ça peut être une bonne idée.
00:40:20 En tout cas, merci Olivier-Franck.
00:40:23 Alors, n'hésitez pas à Camille Herblot, si vous arrivez à trouver un micro.
00:40:28 Et évidemment, tous les autres qui sont autour de la table,
00:40:32 connectés avec nous.
00:40:35 Vous avez donc, je le rappelle, le module de discussion
00:40:38 dans lequel Olivier a posé sa question.
00:40:40 Si jamais vous n'avez pas de micro qui fonctionne.
00:40:44 Oui, je voulais revenir à cette question du prix de l'eau.
00:40:47 Alors moi, en plus, en tant que bonne Parisienne,
00:40:50 il y a aussi le problème que dans les copropriétés,
00:40:53 on n'a même pas de compteur d'eau.
00:40:55 Généralement, on ne sait même pas combien on consomme.
00:40:57 Moi, j'avoue, je ne sais pas combien je consomme.
00:40:59 Dans les immeubles collectifs, c'est inclus dans les charges de copropriété.
00:41:03 Et donc, du coup, il y a aussi ça, c'est que quand même,
00:41:05 on a peu de regard, autant sur le compteur d'électricité,
00:41:08 surtout l'hiver dernier, où il y a eu quand même beaucoup d'alertes
00:41:12 qui étaient formulées par le gouvernement sur les consommations,
00:41:15 sur les risques de délistage, etc.
00:41:17 C'est vrai qu'on a toujours un peu l'œil sur son compteur d'électricité,
00:41:20 sur sa consommation et aussi sur l'impact financier
00:41:24 que ça peut avoir, évidemment.
00:41:26 Mais c'est vrai que pour ce qui est de l'eau,
00:41:29 notamment dans les immeubles collectifs,
00:41:31 généralement, la plupart des gens n'ont pas accès à leur compteur
00:41:34 et à leur consommation.
00:41:35 Donc déjà, ils ne peuvent pas identifier les fuites,
00:41:37 mais en plus, ils sont même peu conscients
00:41:39 de combien est-ce qu'ils payent tous les mois,
00:41:44 parce que justement, ils n'ont pas cette donnée à disposition.
00:41:47 Oui, effectivement, c'est une problématique.
00:41:53 Alors, effectivement, c'est dans les collectifs.
00:41:55 Normalement, la consommation est assez limitée,
00:41:57 vu qu'il n'y a pas d'espace vert, il n'y a pas de piscine.
00:42:00 C'est assez limité au niveau consommation
00:42:04 et au niveau sur risque de fuite.
00:42:06 Par contre, par rapport à ce que je disais tout à l'heure,
00:42:08 d'être en capacité d'identifier les volumes consommés
00:42:12 sur les mois de juillet et août,
00:42:14 ça serait d'autant plus intéressant
00:42:16 qu'on commence à voir des arrêtés préfectoraux qui tombent
00:42:19 et qu'il y a de leur efficacité.
00:42:22 Si on avait cet indicateur sur les zones géographiques,
00:42:25 sur une commune, du volume d'eau sur les abonnés,
00:42:30 on serait en mesure de vérifier l'efficacité
00:42:32 des arrêtés préfectoraux ou pas.
00:42:34 Ça serait peut-être un indicateur intéressant
00:42:37 de vérifier les bonnes pratiques mises en place
00:42:41 et si effectivement, les abonnés sont conscients
00:42:45 de la problématique et jouent le jeu des arrêtés
00:42:49 ou pas non connaissance, tout simplement.
00:42:52 Oui, parce qu'il y a aussi un effet de jouer le jeu.
00:42:55 Souvent, on constate par exemple,
00:42:58 les personnes qui ont des piscines
00:43:00 et qui ont dit qu'il ne faut pas les remplir l'été.
00:43:02 Finalement, ce n'est pas si respecté que ça.
00:43:08 Du coup, chacun a peut-être dit
00:43:11 « c'est juste un petit peu pour la remettre à niveau »,
00:43:14 mais sauf que ça, multiplié par tout le monde,
00:43:17 généralement, ça finit par faire beaucoup de volume.
00:43:19 Il y a aussi comment est-ce qu'on contrôle.
00:43:22 C'est vrai que l'année dernière, il y avait peut-être
00:43:24 un peu de pédagogie à mettre en place.
00:43:26 On n'avait peut-être pas sanctionné
00:43:28 directement les citoyens, mais je ne sais pas,
00:43:31 est-ce qu'il y a des moyens de contrôle
00:43:32 qui sont un peu plus renforcés à prévoir
00:43:36 pour que les arrêtés de restrictions soient aussi respectés ?
00:43:41 C'est une question un peu ouverte.
00:43:45 Je vois que dans la discussion, je n'y accède pas,
00:43:47 mais il y a cette question, non ?
00:43:50 Oui, il y a deux questions.
00:43:54 Du coup, j'allais y venir.
00:43:55 Il y en a une de Chérif Moulaï qui est à la sorte.
00:43:58 Il nous dit « dans le cadre des PGSSE,
00:44:01 on a rencontré des problèmes de fuite
00:44:02 chaque année sur le réseau.
00:44:03 Presque 20 % est causé par des organismes extérieurs,
00:44:07 par exemple les télécoms.
00:44:08 Est-ce que c'est dû à une mauvaise connaissance
00:44:10 des plans de réseau ? »
00:44:12 Est-ce que vous avez connaissance
00:44:15 de cette problématique de fuite qui serait causée
00:44:18 par des entreprises annexes qui font des travaux
00:44:23 sur leur propre réseau souterrain ?
00:44:27 Alors ça, malheureusement, c'est un problème récurrent
00:44:32 et qui est dû au savoir-faire des entreprises.
00:44:36 On a effectivement une certaine casse sur les réseaux
00:44:39 qui sont dues à des travaux annexes d'autant plus problématiques
00:44:44 que normalement les réseaux d'eau potable,
00:44:47 on est les réseaux les plus profonds avec l'assainissement.
00:44:51 L'assainissement est plus profond que l'eau potable
00:44:53 et les réseaux secs, comme on dit, l'électricité,
00:44:56 les réseaux secs sont normalement 20-30 cm au-dessus.
00:45:00 Le souci qu'on a, c'est surtout au niveau des branchements
00:45:03 où là, comme c'est perpendiculaire à nos réseaux,
00:45:06 même s'il y a des bouches à clés, ils sont bien identifiés,
00:45:08 il y a une zone d'incertitude où normalement
00:45:10 les entreprises doivent intervenir sans engins mécaniques.
00:45:14 Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas.
00:45:17 Malheureusement, on a souvent des casses de conduite
00:45:20 qui sont dues à ce phénomène-là.
00:45:22 Autre problématique qu'on a, c'est effectivement
00:45:25 des réseaux secs qui sont posés sur nos canalisations d'eau potable.
00:45:29 Là, c'est beaucoup plus embêtant, c'est-à-dire que quand il y a du rocher,
00:45:34 certains préfèrent aller sur la canalisation qui est déjà ouverte
00:45:38 et se retrouvent à intervenir pour des réparations de fuite
00:45:41 avec des réseaux qui sont sur nos réseaux
00:45:44 et qui nous posent un vrai problème dans le cadre de nos interventions.
00:45:49 Est-ce que justement, au niveau des canalisateurs,
00:45:52 il y a des échanges avec toutes les entreprises
00:45:55 qui interviennent sur ces réseaux électriques,
00:45:58 que ce soit sur les réseaux de gaz,
00:46:00 sur tous les autres réseaux souterrains qu'on peut retrouver
00:46:03 pour essayer justement de coordonner les actions,
00:46:06 de rappeler ces points de vigilance,
00:46:08 de former peut-être les personnes qui travaillent à proximité
00:46:13 aux précautions à prendre ?
00:46:16 Alors oui, on fait beaucoup de choses dans le domaine.
00:46:19 On travaille en étroite collaboration avec tous les concessionnaires de réseaux,
00:46:24 que ce soit sur l'eau potable, l'assainissement, le gaz, l'électricité,
00:46:28 les réseaux secs, et on se réunit très régulièrement
00:46:31 pour identifier toutes les problématiques de casse rencontrée
00:46:35 et les mauvais élèves sont identifiés
00:46:39 et sont obligés de faire un certain nombre de formations,
00:46:42 même si de base, des formations sont obligatoires
00:46:46 pour tous les salariés qui travaillent à l'approche de réseau.
00:46:49 Donc, on ne peut pas intervenir comme ça du jour au lendemain
00:46:52 avec un engin de chantier pour creuser dans la rue.
00:46:57 Vous êtes obligés d'avoir une formation obligatoire.
00:47:02 Et la deuxième étape qui est malheureusement peut-être
00:47:06 pas assez mise en place, c'est que normalement,
00:47:10 les entreprises de travail public, quand elles interviennent,
00:47:13 normalement tous les réseaux doivent avoir été implantés
00:47:16 par les maîtres d'ouvrage.
00:47:17 C'est-à-dire que nous, normalement, quand on intervient pour ouvrir
00:47:21 une tranchée, on doit avoir une implantation physique au sol
00:47:24 de tous les réseaux avec leur zone d'incertitude,
00:47:28 ce qui permet à l'entreprise de travailler en toute sécurité.
00:47:31 Notre obligation est simplement d'entretenir le marquage,
00:47:34 le piquetage de ces zones où les réseaux sont identifiés.
00:47:38 Donc malheureusement, ça, quand ça n'est pas fait,
00:47:41 il n'y a aucun problème, on le fait, mais il faut vraiment
00:47:46 pousser les concessionnaires à contrôler et à surveiller
00:47:49 que cette implantation au préalable est bien réalisée
00:47:54 et que les sociétés travaillent dans la conformité.
00:48:00 On parle souvent de transversalité, c'est un peu le mot à la mode
00:48:04 en ce moment dans les collectivités.
00:48:06 Il y a aussi peut-être plus de liens à faire entre justement
00:48:10 tous les autres services de la collectivité,
00:48:13 notamment le service Boiry, pour que les interventions soient
00:48:17 aussi bien coordonnées entre les services eaux,
00:48:19 les services Boiry, que du coup les interventions puissent
00:48:23 se faire conjointement, qu'on ne renouvelle pas une Boiry
00:48:26 sans justement profiter pour aller vérifier l'état des réseaux
00:48:29 en dessous.
00:48:31 Bon, il y a peut-être encore un peu de chemin à faire,
00:48:35 mais ça commence quand même à se développer un peu
00:48:38 dans les collectivités.
00:48:40 Encore une fois, je vous invite.
00:48:44 La plupart du temps, quand il y a des casses,
00:48:49 c'est souvent aussi une erreur humaine.
00:48:53 Les implantations sont très largement faites,
00:48:56 il y a des exceptions où ça ne l'est pas,
00:48:58 mais la plupart du temps, c'est souvent une erreur humaine
00:49:00 ou alors une mauvaise pose de canalisation.
00:49:03 Forcément, quand vous avez un réseau qui n'est pas à la profondeur
00:49:08 voulue, qui n'est qu'à 20 ou 30 centimètres,
00:49:10 alors que vous attendez à le trouver à 60 ou 80,
00:49:13 c'est là où souvent il arrive des pépins.
00:49:17 Et oui, du coup, pour revenir à la technologie qui était évoquée
00:49:22 tout à l'heure, la détection par satellite pour les zones
00:49:26 périurbaines, Olivier Franck nous mentionne Delta Analyze,
00:49:30 apparemment qui travaille là-dessus, à creuser.
00:49:35 Je ne sais pas si vous le connaissez.
00:49:37 On va le creuser pour essayer de nous donner un petit peu
00:49:39 d'informations et voir si on peut les inviter à notre prochain
00:49:41 colloque sur les innovations.
00:49:43 Et du coup, c'est la deuxième question de Nicolas Maguin
00:49:46 qui s'intéresse justement à votre trophée de l'innovation
00:49:50 et qui demande quand aura lieu le prochain trophée
00:49:53 de l'innovation des canalisateurs et comment postuler.
00:49:56 La date, c'est le 19 octobre.
00:50:00 Il faut rentrer en contact avec Canalisateur,
00:50:04 nos permanents qui vous donneront les contacts et nous,
00:50:08 on rentrera après en contact directement avec les personnes,
00:50:10 voir si le produit qui présente peut correspondre
00:50:15 à nos attentes.
00:50:16 Et dans ce cas-là, bien évidemment, ils seront présentés.
00:50:20 Donc, n'hésitez pas à contacter Canalisateur ou par mail
00:50:23 ou par téléphone.
00:50:24 Les permanents sauront à même de vous aiguiller.
00:50:26 Je pense qu'il y a une adresse mail peut-être générique
00:50:30 que je peux diffuser tout de suite.
00:50:32 Pardon ?
00:50:33 C'est Alain Leblain-Veau au niveau des Canalisateurs
00:50:36 qui suit le dossier, mais il y a aussi…
00:50:38 Vous pouvez appeler.
00:50:41 Il y aura du répondant.
00:50:43 Super.
00:50:45 Du coup, l'information est transmise.
00:50:50 Oui, après, j'avais une autre question pour revenir au plan haut.
00:50:53 En effet, il y a 180 millions pour la lutte contre les fuites,
00:50:59 a priori renouvelées chaque année, qui ont été annoncées
00:51:02 par Emmanuel Macron et avec notamment un objectif aussi
00:51:05 de travailler avant cet été sur les points noirs.
00:51:10 Alors déjà, est-ce que ce montant de 180 millions
00:51:14 vous paraît suffisant dans un premier temps
00:51:17 au vu quand même de la montagne en effet d'investissement
00:51:21 que vous avez évoqué tout à l'heure ?
00:51:23 C'est un premier pas, disons-nous ?
00:51:28 C'est un premier pas.
00:51:30 La problématique, la question est super bonne.
00:51:32 C'est-à-dire qu'il faut aller vite.
00:51:34 Et donc là, de notre côté, on n'a aucune garantie
00:51:37 de l'efficacité des mesures en termes de timing.
00:51:43 Je crains que malheureusement, les 180 millions
00:51:46 qui sont affectés ne puissent pas être dépensés cet été
00:51:49 parce que malgré toute la bonne volonté des collectivités,
00:51:53 même si les dossiers sont prêts, même si les offres sont prêtes,
00:51:56 matériellement, je vois mal comment on pourrait arriver
00:52:00 au bout de la procédure et à commencer les chantiers
00:52:03 à moins qu'on puisse prendre une mesure d'urgence
00:52:07 et pouvoir faire des travaux en urgence par simple devis
00:52:13 comme c'est le cas aujourd'hui.
00:52:15 Une mesure qui a été très efficace, qui l'est toujours
00:52:17 pour les collectivités, c'est de pouvoir intervenir
00:52:20 avec des interventions à moins de 100 000 euros
00:52:24 sans être obligé d'appliquer une procédure lourde d'appel d'offres.
00:52:29 Donc peut-être qu'il faudrait étendre cette mesure,
00:52:32 la concentrer sur les collectivités
00:52:35 qui sont vraiment avec des problématiques fortes
00:52:38 et peut-être avoir une dérogation aux appels d'offres traditionnels
00:52:42 pour permettre à ces collectivités de commencer les travaux au plus vite.
00:52:45 Et ce qui sera important aussi, c'est d'avoir un indicateur
00:52:47 de suivi de ces dépenses et de fléchage pour vérifier
00:52:51 qu'effectivement, les 180 millions sont bien dépensés
00:52:55 et que derrière, avec l'effet de levier,
00:52:58 on a des travaux significatifs qui permettent de résolver
00:53:01 un certain nombre de problèmes.
00:53:04 Oui, je comprends bien, ça vous paraît quand même compliqué
00:53:07 d'arriver à engager des travaux sur ces fameux points noirs
00:53:12 avant l'été.
00:53:14 C'est vrai qu'en même temps, on est déjà le 11 mai,
00:53:16 donc on y est presque.
00:53:18 À moins que les appels d'offres aient déjà été lancés.
00:53:22 Oui, parce que c'est vrai que cette mesure n'a pas été…
00:53:26 Je ne me rappelle pas avoir entendu parler, en tout cas,
00:53:30 d'assouplissement sur les appels d'offres
00:53:33 pour accompagner et pour donner un coup d'accélérateur.
00:53:36 Mais bon, quand même, si une collectivité veut essayer
00:53:44 de rester dans des montants, quels sont peut-être les travaux…
00:53:51 Je ne sais pas, est-ce qu'il y a des démarches
00:53:53 qui peuvent être effectuées déjà auprès des particuliers aussi,
00:53:56 parce qu'il y a pas mal de collectivités aussi
00:53:58 qui développent des plateformes pour que les particuliers
00:54:01 puissent remonter justement les fuites qui sont constatées
00:54:05 pour que la collectivité puisse intervenir rapidement ?
00:54:08 Est-ce que vous avez peut-être, avant de clore cet atelier,
00:54:12 un petit conseil à donner aux collectivités
00:54:15 qui souhaiteraient faire des mesures un peu rapides
00:54:18 avant cet été ?
00:54:20 Les mesures, là, pour ça, le sens civique des abonnés
00:54:27 fonctionne bien, et en règle générale,
00:54:29 quand quelqu'un voit une fuite d'eau, ils préviennent de suite.
00:54:33 Nous, on a même des soucis en tant qu'entreprise de travaux.
00:54:36 Souvent, on est obligé de faire rincer nos conduites
00:54:39 après les avoir géabilisés pour permettre de vérifier
00:54:42 les analyses de potabilité avant le raccordement,
00:54:44 et souvent, on est très emberté par les voisins
00:54:46 qui viennent nous fermer le robinet en passant
00:54:48 que c'est une fuite d'eau.
00:54:49 Donc, les gens sont vraiment sensibilisés sur la problématique.
00:54:51 Les informations remontent assez fortement.
00:54:57 Les solutions, il n'y a pas de solution miracle
00:55:01 si ce n'est effectivement pour les collectivités
00:55:03 qui ont eu des problèmes cet été,
00:55:06 de se rapprocher des collectivités voisines
00:55:09 et voir si des interconnections rapides
00:55:11 peuvent être mises en place, ne serait-ce que provisoire,
00:55:14 parce qu'on n'a pas forcément besoin de gros travaux.
00:55:18 S'il y a quelques kilomètres de réseau,
00:55:20 on peut très bien, en provisoire, dérouler des PE
00:55:24 et faire des raccordements provisoires
00:55:26 et s'alimenter par rapport à un point B
00:55:29 en limitant le coût financier et la durée des travaux.
00:55:34 Donc, il y a des solutions.
00:55:36 Une autre problématique qui risque de nous arriver là aussi,
00:55:38 parce que je pense à ça, c'est la température de l'eau potable.
00:55:42 Là aussi, on a des règles à respecter.
00:55:44 Il y avait des très fortes chaleurs.
00:55:46 Si les calisations ne sont pas forcément très profondes,
00:55:49 on pourrait être embêté aussi par une non-potabilité des réseaux
00:55:53 dû à une température de l'eau trop élevée.
00:55:56 Et ça, c'est une problématique qu'on n'a pas encore abordée,
00:55:59 mais qui risque de nous pendronner dans les semaines qui viennent.
00:56:02 Merci en effet pour cette dernière précision.
00:56:07 Et puis, on le rappelle toujours, les agences de l'eau,
00:56:10 qui sont quand même des organismes bien connus, des collectivités.
00:56:14 Mais n'hésitez pas aussi à vous rapprocher de vos référents
00:56:18 agences de l'eau pour voir justement,
00:56:20 puisque j'imagine que ces 180 millions
00:56:22 ne vont pas être mis à disposition des collectivités au cas par cas,
00:56:27 mais peut-être plutôt via les agences et via des dossiers
00:56:29 qui pourront être déposés auprès des agences.
00:56:32 Donc, n'hésitez pas à prendre contact avec ces organismes,
00:56:37 avec vos référents que vous devez peut-être déjà connaître
00:56:41 pour voir aussi ce qui pourrait être engagé du coup avant cet été.
00:56:48 Écoutez, ça fait à peu près une heure qu'on a débuté cet atelier.
00:56:54 Donc, je pense qu'on va pouvoir conclure.
00:56:57 Finalement, il n'y aura pas eu tant de questions que ça.
00:57:05 Vous êtes plutôt venus prendre de l'information
00:57:08 que poser des questions.
00:57:10 Mais voilà, c'est on jamais, la porte est toujours ouverte.
00:57:14 Si quelqu'un souhaite se manifester ou faire un dernier commentaire,
00:57:19 une dernière remarque sur tout ce qui a été partagé par monsieur Ruas,
00:57:25 vous avez toujours le tchat à disposition.
00:57:28 Sinon, je ne sais pas si monsieur Ruas, vous avez un dernier conseil,
00:57:33 une dernière bonne parole à adresser du coup aux personnes connectées.
00:57:38 C'est une parole optimiste, c'est-à-dire que tout le monde
00:57:43 est conscient de la problématique.
00:57:45 Il va falloir partager l'eau et on va trouver tous ensemble des solutions
00:57:50 parce qu'on n'a tout simplement pas le choix.
00:57:53 Ce qu'il va falloir effectivement dans les années à venir,
00:57:56 parce que là, on parle de l'été prochain,
00:57:58 mais la problématique risque de se renouveler d'un été sur l'autre.
00:58:02 Malheureusement, il va falloir qu'on travaille de concert
00:58:05 entre tous les professionnels de la profession
00:58:08 pour faire en sorte de limiter la casse
00:58:11 et vraiment d'aller identifier les problématiques,
00:58:13 les collectivités qui posent problème
00:58:15 pour essayer de trouver des solutions au cas par cas
00:58:18 pour passer cette période compliquée.
00:58:21 Merci à tous de vous être connectés.
00:58:25 Merci à vous pour l'invitation.
00:58:27 Avec plaisir.
00:58:29 Merci à vous pour toutes ces informations, tous ces conseils.
00:58:34 Vous pourrez retrouver du coup le support de présentation
00:58:38 avec tous les chiffres clés notamment qui ont été partagés.
00:58:42 Et puis du coup, j'ai trouvé l'adresse mail de monsieur Leblancveau.
00:58:47 N'hésitez pas à contacter les canalisateurs
00:58:50 si vous avez des solutions innovantes à mettre en avant.
00:58:53 On rappelle que c'est en octobre, c'est ça les trophées.
00:58:56 Donc j'imagine qu'il y a encore un petit peu de temps.
00:58:59 Il y a encore un peu de temps.
00:59:01 On a encore tous nos intervenants,
00:59:03 donc on peut encore en matière d'innovation
00:59:06 prendre des propositions.
00:59:08 N'hésitez pas si vous avez des solutions innovantes.
00:59:14 Dieu sait qu'on en a besoin.
00:59:16 Et puis voilà, on espère que ça vous aura donné quand même
00:59:19 quelques idées sur ce qui peut être fait du coup avant cet été
00:59:24 pour essayer d'améliorer l'état de nos réseaux.
00:59:27 Et puis évidemment à plus long terme aussi,
00:59:30 parce que ce n'est pas uniquement pendant les trois prochains mois
00:59:33 qu'on peut agir, mais on l'aura bien compris.
00:59:35 On l'aura bien compris que c'est un sujet sur lequel il faut vraiment
00:59:39 se mobiliser pour améliorer, augmenter ce taux de renouvellement.
00:59:44 Parce qu'à ce rythme-là, on risque d'avoir malheureusement
00:59:49 des rendements qui seraient quand même impactés
00:59:52 dans les années à venir.
00:59:54 Merci beaucoup, monsieur Weers.
00:59:56 Merci beaucoup aux canalisateurs.
00:59:58 Et puis à toutes et tous d'avoir été attentifs,
01:00:03 en tout cas à tout ce qu'on avait à vous partager cet après-midi.
01:00:07 Et puis moi, je vous retrouve très bientôt.
01:00:09 On aura une webconférence sur la réutilisation des eaux usées traitées
01:00:14 et la réalimentation de nappes, sujet qui a été évoqué pendant l'émission.
01:00:17 Parce qu'évidemment, il faut travailler sur les réseaux d'eau potable.
01:00:22 Il faut travailler à la diminution des consommations.
01:00:25 Mais il faut aussi penser à ce sujet de la valorisation
01:00:28 des eaux non conventionnelles, parce qu'on n'a pas besoin
01:00:31 d'eau potable pour tous les usages qu'on en fait aujourd'hui.
01:00:35 Donc, je vous donne rendez-vous le 25 mai, dans deux semaines,
01:00:40 pour ce sujet sur la réut et la réalimentation de nappes.
01:00:44 Merci beaucoup. Bonne fin de journée.
01:00:46 Et puis à bientôt. Au revoir.
01:00:49 Au revoir.
01:00:50 [SILENCE]

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